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EXTRAITS ORGANIQUES

cipales de ces substances. Quant au mode d'admi nistration, il n'est pas moins varié. On a employé la greffe sous-cutanée ou intrapéritonéale de glandes ou de tissus frais, empruntés à des animaux vivants, notamment dans le cas où l'action glandulaire n'est pas transmissible aux extraits ; les injections intraveineuses, intrapéritonéales et sous-cutanées d'extraits, dans le cas où le suc est altéré par les ferments digestifs (ce qui est l'exception, semble-t-il), ou quand on cherche le maximum d'efficacité et de rapidité d'action ; enfin, l'ingestion de l'organe frais ou conservé, ou de ses principes actifs, soit par la bouche, soit par la voie rectale, quand il y a intolérance gastrique; dans ce dernier cas, il ne faut, autant que possible, administrer en lavements que des sucs solubilisés par les ferments protéolytiques ou par certains sels minéraux.

Je ne m'occuperai ici que des sucs ou extraits organiques, tant au point de leur préparation que de leurs applications.

Préparation des Extraits opothérapiques. — Qu'il s'agisse de l'organe total ou de l'extrait, l'animal auquel on emprunte l'organe doit être l'objet d'un choix rigoureux : il faut qu'il soit non seulement exempt de toute maladie infectieuse, mais encore en parfaite santé. Suivant la nature de l'organe à prélever, on prendra des sujets jeunes (thymus, corps thyroïde, capsules surrénales) ou en pleine activité sexuelle (testicules, ovaires) ou musculaire (muscles, poumons); on doit, en général, éliminer le cheval, presque toujours sacrifié dans de mauvaises conditions, et le liœuf s'il s'agit des capsules surrénales; pour ces dernières on préférera le veau, pour le corps thyroïde le mouton, pour le foie le porc.

L'organe prélevé peut être utilisé en nature, frais ou desséché, ou sous forme d'extrait, soit total, soit partiel.

Pour l'organe total utilisé en nature, il faut le prélever aseptiquement aussitôt l'abattage; on peut le consommer immédiatement, — ce qui est toujours préférable et devient nécessaire pour certaines glandes dont les propriétés opothérapiques ne se transmettent que faiblement aux extraits ou n'agissent que quand les organes sont encore vivants, pour ainsi dire, — ou bien le consommer ultérieurement : dans ce dernier cas, il est réduit en poudre et desséché dans le vide entre 20" et 30" ctg. ; ainsi traité, cet organe se dissout dans l'eau, le lait, le bouillon ou est incorporé dans des pastilles, des dragées, des pilules.

Pour la préparation des extraits totaux, il existe trois méthodes principales :

1° L'organe, réduit en pulpe ou râpé, est mis à macérer pendant 2 heures dans l'eau tiède; on filtre la macération, et le produit obtenu est administré par la bouche ou en lavement. La filtration se fait sur la bougie, qui paraît retenir une partie des substances actives; la stérilisation est obtenue par l'acide carbonique sous pression; mais ce procédé n'est pas sûr, et l'addition d'antiseptiques est souvent toxique. Pour parer à ces inconvénients, Gilbert et Carnot broient l'organe avec du sable fin lavé et le mettent macérer quelques heures dans une eau acidulée avec de l'acide clîlorhydrique: ils neutralisent alors avec de la lessive de soude, qui transforme l'acide chlorhydrique en chlorure de sodium inofïensif.

2" Le procédé de Brovvn-Séqnard et d'Arsonval consiste à faire macérer les organes réduits en pulpe dans la glycérine, qu'on filtre à travers une bougie

d'alumine et sous pression d'acide carbonique. Ce procédé a des inconvénients déjà signalés. Ces inconvénients existent du reste également pour les extraits aqueux filtrés sur bougie, mais la stérilisation paraît moins incertaine quand ces extraits sont ensuite desséchés dans le vide.

3" Enfin, une méthode toute récente, fondée sur ce fait que, la plupart du temps, les propriétés des substances opothérapiques ne sont pas altérées par les ferments protéolytiques, consiste à solubiliser les glandes par digestion artificielle. Les divers extraits ainsi obtenus (peptique, trypsique, pancréatique), desséchés dans le vide, sont solnbles dans l'eau.

Différents procédés (solution aqueuse à 10 % de chlorure de sodium pour solubiliser les globulines,, solution aqueuse à 3 % de carbonate de soude pour solubiliser lesnucléo-albumines, traitement par l'alcool, par l'éther, méthode deBaumann pour lathyroïdine, etc.) ont été employés pour isoler certains principes, réputés actifs, des extraits totaux d'organes ; mais ces procédés aboutissent en général à une diminution des propriétés opothérapiques, et leurs produits se sont presque toujours montrés inférieurs à l'extrait total correspondant.

Je vais indiquer, dans une brève énumération, les principales substances opothérapiques et leurs applications :

Corps tliyroïde et glandules parathyroïdiens (mouton). — Organe frais ou desséché, extraits, principe actif (thyroïdine, thyréoïdine, tliyréopotéïde, thyroiodine). Le thyroïde paraît avoir une action surtout trophique, les glandules une action antitoxique. — Indications : myxœdème, crétinisme endémique, accessoirement infantilisme, maladie de Basedow, diabète, obésité, ostéomalacie, ichtyose, eczéma, psoriasis, peut-être goîlre exophthalmique. — Contre-indication : hypeithyroïdie, dégénérescense graisseuse du cœur, altérations du rein. — Mode d'administration : frais ou en poudre (tablettes, capsules gélatineuses), en ingestion plutôt qu'en injections sous-cutanées.

Thymus (veau ou mouton). — En suppléance du corps thyroïde, et pour éviter l'amaigrissement et les troubles cardiaques, on emploie l'organe frais ou ses extraits. — Indications : goitre et aussi athyroïdie et hypothyroïdie on disthyroïdie ; maladie de Basedow, hérédo-syphilis, myopathies {'?). — Mode d'administration : frais ou desséché (tablettes, capsules), en ingestion ou injections sous-cutanées de 1 à 3 cm. cubes.

Corps pituitaire. — Mode d'administration : on emploiel'organe frais ou desséché, quelquefois la matière extractive obtenue par Lyon, surtout en ingestion. — Indications : acromégalie et athyroïdie ou dysthyroïdie.

Capsules surrénales (veau ou mouton). — Mode d'administration : organe frais ou en poudre (tablettes, capsules),, en ingestion, ou bien, en cas d'intolérance gastrique, injections sous-cutanées d'extrait glycérine. Les tentatives. ^ pour isoler les principes actifs de l'extrait ont donné des^ résultats contradictoires. — Indications : maladies d'Addison, diabète sucré et insipide, affections cardiaques, hémorrhagies (en raison des propriétés vaso-constrictives de-i l'extrait), fièvre des foins.

Rate (mouton ou porc). — Mode d'administration : la ' pulpe fraîche ou pulvérisée en ingestion, l'extrait aqueux ou glycérine en injections sous-cutanées. — Indications impaludisme, leucémies.

Testicules (suc orchitique de Brown-Séquard : taureau ovt bélier). — Mode d'administration : de préférence extrait , glycérine en injections sous-cutanées.— Indications : neu-j rasthénie, hystérie, impuissance (?), sénilité, longues convalescences, chlorose, maladies mentales à formes dépres-i sives.

Ovaires (vache ou brebis). — Mode d'administration ti l'organe frais ou pulvérisé (ovarine en tablettes, en dra-d

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