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Tautel cinq nouvelles croix , composées de cinq grains d'encens chacune, et il les allume au moyen de petites bougies sur lesquelles sontplacés les grains d'encens. La cérémonie est terminée par la célébration de la messe , pendant laquelle on encense continuellement l'autel.
Anciennement on enfermait dans l'autel , avec les reliques, le corps de J.-C. ; cet usage était encore suivi au XIV® siècle.
La plupart des églises sont seulement bénites ; mais les cathédrales sont toujours consacrées. Comme cette dédicace peut avoir lieu à diverses époques, de là est venu l'usage de célébrer en divers temps de l'année la dédicace dans un diocèse ou un autre. Pour l'ordinaire^ cette fête se célèbre au même temps où la cathédrale fut dédiée. Le décret du légat, en date "du 9 avril 1802 , par lequel il était ordonné de célébrer la dédicace de toutes^ les églises de France le dimanche qui suit l'octave de la Toussaint, ne nous paraît pas avoir été exécuté pendant longtemps.
DÉGRADATION. Cette triste cérémonie, qui n'a plus lieu depuis le xvii^ siècle, avait de grands rapports avec la dégradation des chevaliers félons ; elle atteignait aussi bien l'évêque que le simple clerc tonsuré. Quand un meBâ>re du clergé devait être livré au bras séculier, on dressait un vaste échafaud sur lequel on plaçait un siège pour le pontife qui devait procéder à la dégradation; une table recouverte d'une nappe était disposée pour recevoir les insignes de l'accusé. Quand tout était préparé, le pontife se plaçait sur son s4ége, ayant à ses côtés le juge séculier et plusieurs clercs assistants . 'On amenait ensuite
y ont transporté le repos observé le samedi sous la loi judaïque. 11 est fait mention dans les écrits des apôtres de la sanctification du dimanche ; saint Justin noug dit qu'au II*" siècle tous les chrétiens de la ville et de. la campagne s'assemblaient en un môme lieu, pour célébrer ce saint jour ; cependant , la stricte observance du dimanche ne fut prescrite par une loi publique qu'en 322, sous Constantin-le-Grand. Le travail de la campagne fut8pécialementdéfendu,en558,parunconciled'Orléan8, et la loi civile forma pour ainsi dire un même code avec la loi ecclésiastique, jusqu'à la fin du siècle dernier, pour rendre la sanctification du dimanche obligatoire. La convention nationale, qui bouleversa tout, inventa la Décade, c'est-à-dire un jour de repos tous les dix jours ; le dimanche fut rétabli comme jour libre pour les fonctionnaires en 1803; Louis XVlll rendit une loi favorable en 18H ; la monarchie de 1830 sanctionna plus d'une fois la profanation de ce saint jour par ses travaux publics ; depuis quelques années, le repos du dimanche est plus respecté par le gouvernement.
Autrefois le premier mot de l'introït servait à indiquer chaque dimanche de l'année ; cet usage n'est re&té que pour les dimanches de carême et pour Quasimodo . Les deux dimanches les plus solennels sont ceuj[ de Pâques ertde la Pentecôte; les autres se divisent en trois classes : i ** privilégiés dont on fait toujours l'office ; 2° privilégiés dont on ne fait pas l'office, quand ils se rencontrent avec certaines fêtes ; 3^ non privilégiés dont l'office peut être su;pprimé, lorsqu'ils se trouvent en occurrence avec les fêtes de certain rit. Ces règles n'étant pas les ix^mes
dans tous les diocèses, nous n'entrerons dans aucun détail. Nous dirons seulement qu'on doit toujours faire mémoire du dimanche, quand on n'en fait pas roffiçe ; il faut excepter les dimanches où arrivent les vigiles de Noël et de l'Epiphanie, ou bien les fêtes de Noël et de la Circoncision.
DIOCÈSE. Ce nom était appliqué sous les empereurs romains à la circonscription de plusieurs provinces soumises à un gouverneur ; il fut aussi quelquefois employé à peu près dans le même sens pour désigner une métropole ecclésiastique ; peu à peu , il se restreignit à la juridiction d'un évêque. Primitivement, les patriarches, les métropolitains et les conciles provinciaux jouissaient du droit de créer de nouveaux diocèses ou d'en changer les limites; mais, depuis longtemps, ce droit s'est trouvé réservé au pape.
DIPTYQUES. Aux premiers siècles de l'Église , on déposait sur l'autel une double tablette, qui plus tard devint une espèce de tableau à deux colonnes, sur lequel on inscrivait les noms des personnes pour lesquelles il devait être fait des prières. Il y avait le diptyque des évêques , celui des vivants" et celui des morts. Sur le premier, on inscrivait le nom des pontifes qui s'étaient distingués par leur sainteté, et on le récitait au canon de la messe [voy. Canomsàtion). Sur le second, on plaçait les tïtims des dignitaires de l'Église, des souverains , des bienfaiteurs et de ceux qui avaient fait une offrande. Sur le troisième, on mentionnait les noms des bienfaiteurs défunts. On lisait le diptyque des vivants avant la consécration ; la commémoration des morts se faisait après.
Quelquefois les diptyques étaient lus par le sous-diacre; le plus souvent, le prêtre les récitait lui-même. Lorsque les noms devinrent trop nombreux, on se borna à recommander en général ceux qui figuraient sur les diptyques.
Les diptyques étant devenus très-étendus , on en fit des livres qu'on déposait sur Tautel, et dont on partageait la lecture entre les divers jours de Tannée. Ces livres reçurent les différents noms de Martyrologes, d' Albums de Nécrologe, d'Obituaire, d'Annales, de Règle, de Catalogue, de Mémorial, de Matricule, de Calendrier o\x Rouleau des Morts, de Livre du Chapitre, etc. On effaçait quelquefois des diptyques le nom de ceux qui se montraient rebelles à l'autorité de l'Église; c'était une espèce d'excommunication .
Depuis plusieurs siècles , l'usage des diptyques a disparu, et la recommandation des vivants et des morts au Saint Sacrifice est purement mentale, ou au moins secrète [voy. Commémoration).
DOCTEURS DE L'ÉGLISE. Parmi les Pères de l'Église, on donne le nom de docteurs à ceux qui ont le plus écrit, ou dont l'autorité est plus grande et plus suivie. Entre les docteurs de l'Église, il en est quatre principaux qui ont écrit en grec, et quatre autres qui ont écrit en latin. Les grands docteurs de l'Église grecque sont : saint Athanase , saint Bazile , saint Grégoire de Naziance et saint Jean Chrysostôme. Les grands docteurs des Latins sont : saint Ambroise, saint Augustin, saint Jérôme et saint Grégoire, pape. Dom Bonaventure d'Argonne, chartreux, signale une singulière manière de fixer la
mémoire sur les écrits de ces quatre docteurs de l'Église latine. Il s'agit tout simplement de les comparer aux rois du jeu de cartes. Saint Ambroise , à cause de son style fleuri , est représenté par le roi de trèfle ; saint Augustin, docteur de la grâce et de la charité, est caractérisé par le roi de cœur, d'ailleurs il est toujours peint tenant un cœur enflammé; saint Jérôme est piquant dans ses ouvrages, et le roi de pique le rappelle ; enfin, reste le roi de carreau, qu'on applique à saint Grégoire, eu égard au peu d'élévation de sa manière d'écrire (1).
DOMINICAL [voy. CoxMmunion). Un concile d'Auxerre, tenu en 578, défend aux femmes de recevoir l'eucharistie sans dominical.
DOMINUS VOBISCUM. M. l'abbé Pascal cite un concile de Prague qui ordonne cette salutation du prêtre, et qui la considère comme une tradition apostolique. Dans la plupart des diocèses , le prêtre supprime ces paroles, quand il récite seul son office. En effet, ce salut, suivi de la réponse : Et mm spiritu tuo , parait assez étrange dans la bouche d'une seule personne ; toutefois, il est conservé dans le rit romain. La salutation Dominus vobiscum se trouve au livre de Ruth et au second livre des Paralipomènes.
DOUCINE. C'était une bande de soie noire, liserée de blanc, large de trois à quatre centimètres, que les ecclésiastiques portaient encore, en Normandie, il y a vingtcinq ans. Cette bande tenait lieu de cravate et remplaçait le rabat [voy. ce mot] hors du chœur.
(1) Communication de M. l'abbé Malais.
DOXOLOGIE. Nous parlerons plus au long de ce mot aux articles Gloria in excelm et Gloria Patri. Nous dirons seulement ici que la doxologie est une formule de glorifier les trois personnes de la sainte Trinité. Le dernier verset des hymnes est une * doxologie poétique qui à proprement parler n'est que la traduction du Gloria Patri,
DRAPEAUX (Bénédiction des). Cet usage est trèsancien. Au IX® siècle, l'empereur Léon ordonna aux chefs des légions de demander cette bénédiction aux prêtres avant de combattre. Elle a fourni à Massillon le sujet d'un beau discours.
EAU (Offrande de l'). Quoiqu'il ne soit pas prouvé que l'usage de mélanger de l'eau avec le vin pour la messe soit d'institution divine, un prêtre qui ne mettrait que du vin dans le calice commettrait une faute grave. Saint Justin nous apprend qu'au milieu du ii* siècle le vin qu'on offrait dans le calice était mêlé d'eau. Vers la même époque, il y eut des hérétiques appelés ÀqtMrii, qui ne mettaient que de l'eau dans le calice. En 680, le concile de Constantinople condamna les Arniéniens qui consacraient du vin pur. Primitivement, l'eau était versée par le prêtre, dans le calice, en forme de croix; plus tard , il se borna à faire un signe de croix sur la burette. Ce mélange rappelle l'eau et le sang qui jaillirent du côté de J.-C. attaché à la croix; il rappelle aussi
l'eau qui fut probablement ajoutée dans le calice, selon l'usage des Juifs, à la dernière cène. En tous cas, l'eau doit être ajoutée en petite quantité, le cinquième ou le tiers tout au plus de la quantité du vin. Anciennement, à la messe haute ou solennelle, le célébrant versait l'eau lui-même ; au xiii® siècle, c'était le diacre, et, vers la fin du siècle suivant, on le permit au sous-diacre.
EAU BÉNITE. L'usage de bénir l'eau et d'y mélanger du sel est de tradition apostolique (1), et nous le trouvons indiqué, vers l'an 120, parle pape Alexandre P', uiaqua aspersionis cum sale benediceretur. Un concile de Nantes, cité par G. Grimaud, nous apprend que, vers 658 (et non au X* siècle, comme le dit cet auteur) , les chrétiens emportaient de l'eau bénite dans leurs maisons, pour en verser sur les pâtures, les vignes, le bétail, le boite et le manger. De nos jours, l'usage existe encore de bénir, les samedis de Pâques et de la Pentecôte, une grande quantité d'eau que les fidèles se partagent et conservent chez eux ; ils mettent de cette eau bénite dans un petit bénitier j^lacé auprès de leur lit, et s'en signent le matin et le soir. On réserve aussi de cette eau bénite pour le cas où le prêtre serait requis d'administrer la communion ou l'extrême onction à quelque membre de la famille. Nous venons de dire qu'au vu* siècle les chrétiens pouvaient emporter de l'eau bénite dans leurs maisons ; cet usage ne devait pas être généralement observé, car le 4® canon du concile que nous avons cité recommande aux curés d'aller visiter
(I] Saint Clément, qui fut élu pape en Tan 67, attribue l'institution de l'eau bénite à saint Mathieu.
leurs paroissiens nlalades et de porter de l'eau bénite pour en répandre sur eux et dans leur chambre, en disant l'antienne Asperges (voy. Aspersion et Bénitier). Il n'y a pas longtemps , les enfants de chœur portaient encore, chaque dimanche, de l'eau bénite par les maisons, en certaines paroisses du diocèse de Rouen : à Auffay, à Enverraeu, etc. Dans le pays de Bray, les instituteurs portent aussi de l'eau bénite à domicile le Samedi-Saint, à titre de sacristains , et ils aspergent les maisons avec une branche de buis bénit.
Lorsque l'évéque entre dans une église, le curé lui présente l'eau bénite avec le goupillon ; un bedeaii la présente ainsi, à Paris, à toutes les personnes qui entrent dans l'église. Autrefois, le prêtre officiant la présentait de la même manière aux seigneurs de paroisse et aux hauts justiciers ; mais un arrêt du parlement de Paris statua, en 1678, que le prêtre devait se contenter de faire une légère inclination devant ces dignitaires et les asperger comme les autres fidèles.
ÉGLISE. D'après une tradition constante, le cénacle ou salle à manger dans laquelle J.-C. institua l'eucharistie fut convertie en église. Il y en eut beaucoup d'autres de cette sorte , pendant la persécution des premiers siècles (voy. Crypte) ; saint Paul nous apprend, dans son épître aux Colossiens, qu'il y en avait une dans la maison de Nymphe. Ce ne fut qu'au commencement du iv^ siècle que, le nombre des idolâtres ayant diminué, les chrétiens purent avoir des églises plus spacieuses et en plus grand nombre ; mais nous ne saurions dire qiioUe fut leur forme. On pense que ces anciennes églises