JEUX, FÊTES ET DIVERTISSEMENS
Le peuple de Metz était si avide de spectacles, qu'il transformait les choses saintes en # pieux di~ vertissemens 5 témoin la cérémonie de la bénédiction des palmes, qui ressemblait à une marche triomphale , depuis l'abbaye de Saint Arnoult au Champ -à -Panne jusqu'à la cathédralé. Plus de soixante mille personnes assistaient à cette procession , qui rentrait en ville par la porte de Serpenoise. Les dames de Sainte Glossinde la tenaient fermée et chantaient du haut du rempart, gloria laits , tandis que l'Evêque forçait la barrière.
Le reste de la journée se passait en dévotions et en spectacles religieux.
On sait qu'il était d'usage de danser dans les Eglises 5 seulement on y mettait une certaine décence et Ton avait soin d'en exclure les courtisannes.
On ne saurait passer sous silence la fête donnée par la ville, depuis i3so jusque dans ces derniers temps , au corps des tonneliers, pour les récompenser de l'engagement qu'ils avaient pris'de porter du secours dans les incendies.
Cette fête, fixée au 25 août, durait trois jours, pendant lesquels les tonneliers promenaient leur muid dans divers quartiers et recevaient un dîner à l'Hôtel-de- Ville , après avoir offert ufc bouquet au maître - échevin*
Le troisième jour, le cortège s'arrêtait au car-* refour du Plat-d'Etain , de Taison et de Fournirue. Les servantes des maisons qui forment les
quatre angles , étaient obligées de balayer soigneusement le pavé et de se ranger aux quatre coins , le balai sur l'épaule. Le maître des tonneliers les remerciait , en disant à haute voix : Pucelles , vous avez fait votre devoir.
À la fin du dernier banquet, le premier sergent de ville montait sur une escabelle et interrogeait ainsi le maître : mâtre des tonnelis , ateiir-ve sault ? il répondait : friatemes ica si saults que je ne boirimmes beunn schekin treus caups , ico et iké.
Alors on se remettait à table , on servait une collation et chacun emportait ce qu'il n'avait pu manger. (
A la fin de chaque repas, le secrétaire de la ville passait en revue les tonneliers et faisait payer trois sous d'amende par chaque bouton qui pouvait manquer à leur habit.