EX POTESTATE ATRICI PUBLICE
Ce que Ton peut interprêter ainsi : fondé par l'autorité de celui qui est préposé à la garde de cette porte,
La troisième était placée au carrefour de la rue des Juifs 1 en face du pont Saint Georges 5 et se nommait la Porte - Moselle*
Le pont des Roches et la rue du même nom , furent établis sur les anciennes murailles de la ville. Fondées par les Romains , elles avaient la dureté du rocher et elles en ont donné le nom au quartier qui les remplace.
L'île qui forme les quartiers de Saint Livier , de Saint Marcel et de Saint Georges , n'a commencé d'être habitée que dans le dixième siècle.
Celle du Saulcy , où est l'hôtel de la préfecture et la salle du spectacle , ne l'a été qu'au commencement du 17.* siècle. C'était auparavant un chantier de bois et le marché aux chevaux. Il y avait à la pointe de File qui regarde le pont S.* Georges, un moulin à vent.
• On serait porté à croire que très-anciennement h ville ne s'étendait pas au - delà du bras de la Seilie qui traverse l'intérieur de la ville , et que le*
paroisses de Saint Maximin et de Saint Eucajre en étaient séparées ; !a permière de ces Eglises s'appelait Saint Maximin aux F ignés, comme ou disait !es Pucelles de la l'igne-Saint- Marcel , pour distinguer ce couvent de l'autre qui existait sur les Murs.
La rue de la Vigne-Saint-Avalà^ près de Saint Maximin , tire sans doute son nom d'une vigne qui appartenait , dans ce quartier , à l'abbaye de Saint Avold.
De même la rue de la Vignotte , près de Saint Marcel , rappelle une petite pièce de vignes qui existait là jadis.
Cependant quoique ces trois îles fussent dépourvues d'habitans , la ville ne comptait pas moins 60,000 ames , parce que les plaines du Sablon et de Montigny étaient couvertes Je maisons.
Ces beaux quartiers , que les rivières ne pouvaient défendre, souffrirent prodigieusement sans doute des invasions de Chrocus et d1 Attila, des sièges de 1 444 et de *552. Enfin, la construction de la Citadelle en consomma la destruction.
Ce grand ouvrage projette en i556, par M. le maréchal de la Vielleville , ne fut achevé qu'en i563 (1). C'était un carré long très - régulier et
(1) Voici comme s'expriment à ce sujet ses mémoires , tome 3 v P*f>e 377 : ri M. de Vielleville montra au Hoi le plan de la citadelle qui fait le comble de son contentement , car il n'avait jamais Tu chose pareille : le Roi lui dit qu'il ne seroit jamais à son aise qu'il ne l'eust veu parfaicte..... M. de Vielleville répliqua qu'elle né couteroit pas un million , et sans les Eglises de religieux , de nonains, ensemble de deux parochialcs et d'environ deux cent
flanqué de quatre bastions, dont deux dominaient la ville. Les fossés étaient d'une largeur et d'une profondeur extraordinaire. Du haut vies remparts qui étaient très- élevés, ou aurait aisément foudroyé les habitans (i)
En 1790, on entreprit de démolir celte Citadelle , sur l'avis que Louis XVI avait eu le dessein de s'y réfugier.
La suppression eu a été ordonnée par une loi du 22 août 1797} mais on n'a commencé les ouvrages qu'en 1802 5 les murs du rempart avaient dix pieds d'épaisseur et ils étaient d'une telle solidité , que lorsqu'on voulut les faire sauter , on vit des blocs énormes de maçonnerie s'élever à une asseï grande hauteur et retomber sur leur base, de manière que le mur semblait n'avoir pas été endommagé.
Ce fort, qui avait coûte tant de travail, n'a
claquante maisons qu'il faull achepter , il" la v ©ni droit rendre toute complctte pour 5oo,ooo liv. ; maie puisqu'il l'entreprend il veuit jetter tous les habitans dehors et y faire multiplier, eue peuplade Françoise , pour dormir en senr-ete et bon' repos... Je ferai voir , Sire, ajouta— t— il , l'honneur, le proufict, et la très grande commodité que «este citadelle apportera au bien de rostre servie© et cemme elle tous rendra redoutable à toutes les Tilles deçà le lUim : elle meure hors d'èspe'ranee tous les Etat» d'AUemaigne de jamais plus rëincorporer à l'Empire les trois Evéchés de Mets* Xoul et Verdun, t»
(1) Le maréchal de la Vielle ville prétendait tf que , une Tille t> sans chasteau, comme est celle de Mets, n'est jamais asscurée «n en sa garde : car s'il survenoit quelque sédition poptriaiie -, on w contre la garnison, ou bien une furieuse mutinerie entre les com- » paignies ou contre le Gouverneur roessne, s'il n'y a quelque w lien leur de retraiete» il est en danger de sa vie et la Tille k d'estre perdue *.
duré que trois siècles et demi. II n'en reste aujourd'hui que les fortifications qui regardent la campagne : en 1660, on supprima laporfe d Enfer qui conduisait sur la route pratiquée alors au bord de la Moselle , et Ton ouvrit celle qui subsiste encore. M. de Vauban la couvrit par un grand ouvrage à corne , retranché d'une demi-lune. Cet ouvrage fut encore augmenté en 1728. Les terrains achetés dans cette dernière année pour la continuation des travaux, s'élevèrent à la somme de 520,296 L Les casernes qui regardent l'Esplanade furent hâties en 1753. En 1791 , on construisit la Lunette , projettée par M. d'Arçon dont elle porte le nom. Elle ne fut complettement achevée qu'en 181 5.
Mais les deux forts les plus importans qui défendent la ville , sont ceux de Belle-Croix et de la Double- Couronne.
Le premier, commencé en 17^1 , couvre toute la partie orientale de la ville , depuis la porte des Allemands jusqu'à la Moselle. Il est établi sur le coteau de Desiremont et qui prit le nom de Belle- Croix , à cause d'une grande croix plantée sur son sommet et qui était un objet de vénération particulière, sur-tout pendant le carême.
La science des fortifications a été, pour ainsi dire, épuisée dans la construction de ces ouvrages qui ont un très - grand développement.
On a mis plusieurs années à les construire : les. troupes qui y travaillaient étaient campées dans l'île de Chambière.
L'achat des terrains et les indemnités ont seuh coûté 459,i38 f.
La première pierre du fort de la Double-Couronne ou de la Ville-Neuve , a été posée par M. le maréchal de Belleisle, le 29 juin 1728} les troupes qui y ont travaillé ont campé pendant deux ans dans la plaine du Ban-Saint- Martin. Ce fort, qui a une triple enceinte de fossés remplis d'eau et dont les fortifications rasantes sont d'une approche très-difficile , a été achevé en trois ans ; Tachât des terrains où il est bâti , quoique trèsé tendus, n'a coûté que 79,761 f., parce qu'ils avaient moins de valeur que ceux de Belle-Croix et du Champ-à-Panne.
Ce grand et bel ouvrage défend la partie septentrionale de la ville.
En 1737, on construisit entre les portes de Saint-Thiébaut et de Mazelle , une redoute considérable en terre et qui prit le nom de Pâté. Lorsqu'on élève les eaux de la Seille , elle forme une île , et Ton y pénètre de l'intérieur de la place , par une galerie souterraine (1).
Deux autres forts devaient encore se construire entre les portes de Mazelle et des Allemands : l'un appelé le fort de Gizors, est resté imparfait, et l'autre qui devait former un camp retranché sur la côte de Seille dite Lormeché , n'a pas été entrepris.
Ces grands travaux sont dus à M. Fouquet, comte de Belleisle, nonimé en 1727 , gouverneur de Metz et des Trois-Evêchés. U comprit l'impor-
(i) Au moyen de la retenue qui se fait an pont des Arènes et aux écluses des Allemands, les eaux de là Seille s'exhaussent de 24 pieds, et forment un lac qui s'étend a prés de deux lieues.
tance de cette place , qui est la clef d'une longue étendue de frontières, et il épuisa toutes les ressources de Part pour la fortifier, en profitapt de$ avantages inestimables de sa position au confluent de deux rivières. Il voulut y réunir les magasins et les e'tabljssemens militaires de tout genre ; ruais en faisant de cette ville une place (Tarmes du premier ordre , il s occupa aussi de ses embellissemens. Il ne se borna donc pas à frire bâtir de magnifiques casernes ; l'alignement de? ruçs fuç redressé, et leur pente adoucie; de nouvelles communications s'ouvrirent 5 des quais, des ponts et des boulevards s'établirent comme par enchantement , en peu d'années. Metz ancienne disparut pour ainsi dire , et il se forma une nouvel!? ville. Le détail de tous ces ouvrages ne sera pas sans intérêt,
ET A BBLISSERJEBiS MILITAIRES.
La ville était dépourvue de casernes, et les troupes étaient logées chez les habitans. Cette charge, très -incommode, avait prodigieusement réduit la population qui, au commencement du i3.e siècle, n'était plus que de 30,000 âmes.
De 1726 à i73i, M. le duc de Coislin fit construire, à ses frais, les casernes qui partent le nom de ce vénérable Prélat (1).
Convaincu que la discipline militaire et les
r i) Ces ça^raes <pi ferment un çarre\ se comfH30mi à* <jua*e pavillons, dont les deux principaux ont 47 toises et demie sur 9 de largeur 5 ils contiennent 44 a^rtein^dM&cier* «t 1 »u charnues 4e priais ; ils *o*t peroé» de ?oo crois**, «ternes aM* q^y* angles par de grandes grilles de fer,
mœurs publiques souffrent beaucoup de la dispersion des troupes dans les maisons des particuliers , M, le comte de Belleisle engagea la ville à leur bâtir des casernes. Ses désirs furent accueillis des Magistrats.
En 1727, on fit en Chambière des casernes pour l'infanterie , sur l'emplacement des anciens murs de la ville : elles ne furent achevées qu'en 1733, et coûtèrent 275,075 fr.
Celles de cavalerie, qui sont parallèles au* premières, furent construites de 1782 à 1736, et coûtèrent 259,990 f. Le 27 mai 1 766 , elles furent entièrement consuinées par le feu du ciel.
En 1738, on fit le bâtiment qui est en face de ces casernes et qu'on nomme Pavillon des Fours, parce que la Munitionnaire est au rezde-chaussée.
Le Roi avait fait construire ces fours, à ses frais, sur l'emplacement d'un ancien cavalier 7 où les Calvinistes avaient leur cimetière,
Le quartier de la Basse-Scille date de 1726; il est établi sur d'nnciçnnçs murailles de !a ville, qui avaient douze pieds d'épaisseur. Cette muraille aboutissait au pont de la Grève, où étaient placées deux grosse^ tours, et se prolongeait, par la rue qui porte encore le nom d'Epaisse Muraille, jusqu'à la porte dçs Allemands.
La caserne de la Ba6se-Seille a coûté 1 40,102 f. Celles de la Yille-Neuve ou de la Double- Couronne , vulgairement appelée le Fort , furent
commencées en 1733 pour l'infanterie , et pour la cavalerie en 174°-
On doit à la munificence du Roi, le magnifique hôpital militaire qui est eontigu à ces casernes» Les bâti mens qui le composent, placés au bord de la Moselle, forment deux carrés longs, 'dont les cours spacieuses sont plantées d'arbres ; ils sont traversés par un large canal , tiré des eaux supérieures de la Moselle, et qui entraînent les déjections et les immondices. On y compte onze vastes salles, percées de 194 croisées, ou circule un air pur. Ces salles peuvent contenir aisément i5oo malades; on y eu a même vu 1800.
Cet établissement , très-salubre , n'est surpassé par aucun autre en Europe (i)*
(1) H y * toujours eu dans cet hôpital une école où l'on a enseigné , à de nombreux élèves , toutes les parties de Fart de guérir t. et sur-tout la médecine militaire. Il en est sorti une foule de chirurgiens habiles et même d'un mérite supérieur.
Quoique supprimés en 1793 et eu 1 806 , les anciens professeurs n'en ont pas moins continué de donner leurs leçons , et de former d'excelleus élèves.
Enfin le Roi a rétabli, en 18 cette école qui a ouvert ses. eours au mois de juin i8i5, jtl sans doute elle soutiendra la célébrité qu'elle s'est acquise à si juste titre.
On compte que depuis 1792, il en est sorti plus de sept cents officiers de santé, dont les deux tiers ont péri dans nos armées.
Cet hôpital, où la mortalité avait toujours été si faible, qu'à peine les sorties étaient comme un à trente— huit, est devenu toutà-coup un vaste cimetière, lorsqu'à la tin de 181 3, les militaire» malades refluèrent ici de la désastreuse campagne de Léipsick.
Trente-un mille de ces malheureux, exténués de misère, furent évacués sur Mets: ils y étaient tous arrivés dans le dénuement lapins déplorable, lorsqu'un Ordonnateur eut la barbarie d'écrire de Majence qu'il allait s'occuper de les faire transporter*.
En 1 754 , on a formé , près de la Seille , deux pavillons qui portent le nom de Quartier de la Haute-Seille : il est affecté au logement des Officiers d'artillerie.
Les casernes de la Citadelle ont été bâties Tannée suivante , aux frais du trésor royal : elles sont loin d1avoir la solidité et Télégance dé celles qui ont été entreprises par la ville.
Enfin, il a existé jusqu'en 181 6, sur le quai Saint - Pierre , une caserne bâtie par la ville en 1691 , pour loger les troupes de passage } elle avait été augmentée en 1745. On Ta détruite pour prolonger le quai qui est maintenant planté d'arbres.
Toutes ces casernes peuvent contenir onze mille hommes et deux mille chevaux.
En 1740, le Roi fit construire, sur remplacement des anciens fossés de la ville et dans un
De ceux qui restèrent à Meta, il en e«t mort, soit à Phdpi— tal, soit dans ses succursales, savoir: dans les derniers jours de
novembre i8i5 . . . 463 en maM i6m
En décembre. . . . i6os Dix jours d'avril
En janvier 1814. . . i36o jusqu'à la levée du
En février a365 blocus.. 34o
Total ..... 77531 Malgré* toutes les précautions qu'on avait prises pour empêcher la contagion du typhus de se communiquer aux habitans, plusieurs ont été victimes de leur zélé imprudent à secourir les maladès. Il en est mort iao4
Total général 9046
Le mois de février a été le plus meurtrier pour eux comme pour les militaires. I! en est mort dans ce mois 371.
coin de la place Saitit-Thie'baut, une fonderie de canons qui ne subsista pas long-temps.
Rétablie en 179,4 , on y travailla peu et ses fourneaux furent employés à faire le départ du métal des cloches qu'on y amena de tous les département circouvoisius.
Cette fonderie reprit encore ses travaux en 1804 } on y fabriqua surtout un grand nombre de mortiers , et Ton y mit beaucoup de canons étrangers au calibre français. Enfin elle fut encore supprimée en 1814.
Metz n eut d'abord d'autre arsenal que celui de la citadelle; mais lorsque, dans le siècle der^ nier, le Roi en fit une grande place d'armes, alors ou établit un second arsenal dans le retranchement de Guise. Lies vastes bâtimens r les attelle rs , les forges et les grandes salles d'armes dont ce fort est couvert, ne datent que de soixante à quatre-vingt ans (1).
En 181 1 , fut créé un arsenal particulier pour l'arme du génie , dans le couveut des Célestins. On y a fait, de grands travaux pour l'approprier. Il est unique en France. Ainsi le corps entier des. sapeurs et des mineurs 3 possède à Metz un arsenal qui doit fournir à leurs besoins, et qui est en même temps pour eux une école d'instruction.
Les deux autres sont réservés à l'artillerie.
(x) Pour donner une idée de* travaux de cet arsenal, il suffira, de dire que, pendant les deux premiers mois du blocus rigoureux que la viHe subit dans Ifiirer de iSi4, on y monta sur leurs affûts. d«»r> eenu pièces dVftftlerte de campagne , avee tout leur attirait de guerre et leurs eaksons. On parvint même à habiller et à équipe* 7000 hommes de troupe» avec les ressources qu'offrait la YiUe*
PORTES, PLACES, POINTS, QUAIS et RUES,
Les portes de Mazelle , de Saint-Thiébau.t (i), et du Pont-des-Morts , étaient aussi maussades et aussi obstruées que l'est encore aujourd'hui celle des Allemands.
De 1738 à 1740, ces trois anciennes portes furent démolies , les fossés comblés et reportés plus loin pour établir une place intérieure. On y fit des remblais considérables; c'est alors que s'ouvrirent les rue» d'Adfeldt , celles du rempart de Belleisle et du rempart de Saint-Thiébaut ; on procura des débouché» aux rues de la Vignc-Sainl- Avold , de» Magdelaines , de» Augustius , de Chaudellerue et de la Yignotte, qui étaient des culs de sac.
Les fortifications qui défendent au midi le corps de la place , sont de la même date; une grande partie des rues de ce quartier , telles que la rue de Cbatillon , celle des Prisous- Milita ires , sofrt bâtie» sur les anciens fossés de la ville.
Les écluses du pont des Arènes ont été
construites aussi en r74o (:*).
(1) La porte 4e Saint-Thiébaut était défendue par un vieux château.
(a) Pendant l'investissement de la place, dans la nuit du 21 au *a janvier i8i4> nn dégel subit ayaut élevé les eaux de la Seille à une hauteur de plu* de 35 pieds , une partie du chemin couvert qui soutenait l'inondation a été enlevée , et s1est écroulée sur une longueur de plus de trente pieds. Le mur a été emporte* an loin. La rivière a pris sou cours dans les fosses du corps de place, et fe'est éooulée en grande partie dans h Moselle par le rempart de Serpcnoise.
Metz n'était alors qu'un vaste chantier.
En 1735, la ville avait vu construire le pont du Saulcy (1) ou de la Comédie, et pratiquer la rue qui y conduit de la place de Chambre } en 1737, le pont Moreau et celui de S.l-Marcel, ainsi que la rue du même nom, dont le prolongement jusqu'au rempart s'est feit en 1804.
De même en 1737, furent percées les rues d'Elz et des Bénédictins, la rue Belleisle , le boulevard qui communique de la place du Pont-des- Morts au Pontiffroy -, la rue Gizors en 1738.
En 1 740 , le grand mur qui soutient la rampe de l'Esplanade, fut construit ainsi que le quai Saint- Louis , et les murs du Jardin d'Amour. ' Dans le même temps on rasa les maisons qui couvraient les places Saint - Martin , du pont Sailly, des Charrons et la place au Lièvre.
En 1745, a été construit en pierre le pont de Chambière ou des Grilles - Basses 5 il s'appelait auparavant le Rhinport ou Port-du-Rhin y il était fait en bois et couvert 5 il ne servait qu'aux gens de pied et datait de i36o.
En s'occupant des établissemens de la ville , on n'oubliait rien de ce qui pouvait contribuer à sa salubrité. En 1749 , on obligea tous les propriétaires riverains du canal de la Seille , à en paver le fonds , chacun endroit soi. Une ordonnance de police exigea qu'il serait nettoyé tous les samedis.
(1) Ce pont coùu 8^376 fr., et les deux autres ensemble seulement 76,319 fc.
En 1750 , on refit huit arches du Pontiffroy. <Ce pont ainsi que le Pont-des-Morts , ont été construits à la fin du i3.e siècle.
Sur la place du grand Saulcy où était le chantier de bois, sVleva i.° en 1739 la Salle du spectacle , la première en France qui ait été construite en maçonnerie } c'est un bel édifice orné d'un long péristile d'ordre Toscan; 2.0 en 1739, l'Hôtel de l'Intendance, aujourd'hui de la Préfecture ( 1 ); 3.° en 1733, le Pavillon de la Douane (2); 4«° en 1753, le pavillon de Saint-Marcel qui est parallèle à celui de la Douane (3). Ces divers corps de bâtimens simétriquement coordonnés , forment un bel ensemble.
La rue Neuve-de-Saint-Louis a été ouverte en 1749, et en 1743 la rue de la Garde; celle-ci a entraîné la démolition d'un grand nombre de maisons qui aboutissaient sur la rivière.
Mais l'ouvrage le plus considérable qui fut entrepris alors, c'est l'abaissement de la place de l'Hôtel-de- Ville et des rues adjacentes. Plusieurs Eglises ou Chapelles, ainsi que le Cloître du chapitre de la Cathédrale disparurent ; on abaissa le sol de quinze pieds sur cette place. Les Autorités ayant protesté, contre les arrêts du Conseil qui avaient prescrit ces grands travaux , M. le maréchal de Belleisle ne trouva pas d'autre expédient pour mettre fin à ces oppositions, que de faire exé-
(1) Brûlé au mois de septembre i8o3, il fut rétabli en 1806.
(2) Mais il n'a été achevé qu'en i^55.
(3) 'Je pavillon, destiné à loger les colonels, fut vendu i vil prix pendant la révolution.
enter les déblais au flambeau par la garnison, ce qui eut lieu dans la nuit du g août 1 755 , avec une singulière activité. Le lendemain matin plusieurs maisons se trouvèrent entièrement déchaussées. La rue du Haut Poirier et du Fourdu-Cloitre furent abaissées de vingt neuf à trente pieds; celle de Fournil ue de six pieds, ainsi que la rue des Tapes et (a place de Saint- Jacques.
On perÇa la rue des Jardins 5 et pour en adoucir la pente , on exhaussa de trois à quatre pieds le quai Saint-Pierre où elle aboutit»
Les indemnités accordées aox propriétaires qui souffrirent de ces ouvrages, s'élevèrentà la somme de 3i a,5o5 Iiv.
L'Hôtel* de -Ville qui décore cette nouvelle place , fot construit en 1771, ainsi que les bâtimens qui forment » l'entour de la place un ensemble régulier.
Eu 177G, on jetta les fondemens de FHôtel du Gouvernement sur 1 Esplanade. Ce monument construit sur un va»te ptanf est d'un style sévère qui a ses beautés. Les deux façades qui regardent PEtpkmade et la Moselle , sotrt imposantes par leur masse et par Tordre parfafll qui règûé dafts leurs proportions. Cet édifiée nVst pas fhri (<). Où y a dépensé Jusqu'en 179T, une sowime de 960,000?.
(1) lï était décore de sculptures en bas-relief: il n'en a échappé que detrx à ta destruction. L'une déciles consacre flmmanilé du duc de Guise envers les soldais mourans de l'armée impériale, après La levée du siège. Cette noble et généreuse conduit*} avait porté* Binnecourtà épargner la ville de 'J erouanne qu'il avai: prise d'awaut j mais Charles-Quint la fit raser sans pitié.
La ville était sur le point de s'embellir encore d'un Palais épiscopal, commencé en 1785, près de la cathédrale, sur de beaux plans qui font vivement regretter que nos troubles politiques en aieqt interrompu les ouvrages (1). Vendu à trèsvil prix en 1797, il a été racheté en 18 10 par le Département qui Ta payé 4 1,000 fr., dans le dessein d'en faire un Palais de Justice , et de rendre à l'autorité militaire l'hôtel du Gouvernement où siègent actuellement .les Tribunaux ] mais jusqu'à présent, les fonds imposés sur la province pour faire ces ouvrages , ont été divertis (3).
On conçoit aisément, d'après les grands changemens qui se sont exécutés à Metz depuis que cette ville appartient à la France , et surtout dans le milieu du dernier siècle, que ses rues étaient auparavant étroites , très-mal alignées, tortueuses; que les pentes en étaient roides , la fréquentation pénible; queles divers quartiers communiquaient entre eux difficilement : il n'existait même qu'une seule place spacieuse, celle du Champ-d- Seille (3).
(t) Le quart en réserve de la forêt de Rémilly avait été affecté à cette construction.
(a) Les projets et les dévis estimatifs ont été rédigés par M. de Launay, architecte envoyé de Paris par le gouvernement , en i8i3.
(3) La Bulle dW a été publiée en i356 sur cette place, qui, au rapport des annales, pouvait contenir 10,000 hommes en bataille.
Au milieu était un égoûl dans lequel ou plongeait les condamnés suspendus à une poulie, après les avoir exposés au carcan.
La moins petite après celle-ci était la place de Change, ainsi appelée parce que les changeurs y avaient leurs comptoirs (i).
Le sol de la place de Saint Jacques qui n'était pas même applani, avait long-temps étépresqu'entièrement occupe' par l'Eglise de ce nom: des maisons obstruaient les places de Saint-Martin et des Charrons.
La place de Chambre n'avait presquaucune issue. La rue d'Estrées qui y conduit de la cathédrale , celle qui débouche sur le pont du Saulcy, sont très -récentes.
Mais depuis 70 ans , la ville s'est embellie successivement des places de l'Hôtel de-Ville, delà Comédie et de la Préfecture , des places de Mazelle , de Saint Tliiébaut, du Pon t- des- Morts 7 de Saint Vincent, et de l'Esplanade ou de la place Royale.
C'est sur cette même place que se donnaient les tournois. Le plus ancien dont les Annales messines fassent mention., date de ï>6q: il y avait plus de dix mille spectateurs.
Elles eu décrivent un entre autres qui eut lieu en ifàf, à l'occasion des noces de "WiTry-Roussel , et à la suite duquel on consomma dix queues de tïu, une demi— queue d'hypocrat et 5oo quartes d'avoine.
11 paraît qu'au i3.« siècle les Messius ne pouvaient s'assembler en armes que dans la cour de l'Evêche : ils l'ont reconnu par une lettre du i." février i3oo,où ils disent: Et le champ des batailles » qui faits fuct en Champ— àSeille , nous recognoissons que nous
n'eûmes droit ne raison aVon soffiir à faire.
(1) C'est sur celte place que se jouaient les Mystères: elle prit le nom de Saint-Louis, parce qu'en 1707 ou décora d'une statue de ce saint Roi de France, la fontaine qui est à l'entrée de la place-
On ne parle pas des places d'exercice de Chambière et de la Ville-Neuve qui sont très-spacieuses.
De nos jours, une rue a été percée au travers de l'abbaye de Saint Louis, en 1799 : elle a pris le nom de Rue de la Paix , parce quelle a été ouverte au public le jour où s'est publié le traité de Campo Formio-
La ville en a fait pratiquer une autre en 1812, au travers du couvent des Anlonistes : ces deux rues établissent une communication directe des quartiers de la Seille a ceux de la Moselle, ainsi que de la porte de France à la porte des Allemands.
Une place s'est formée en même temps sur le lieu qu'occupait l'Eglise de Saint Simplicc , ensuite de la rue des Anlonistes.
Mais une communication des plus utiles , c'est celle qui a été entreprise en 1 8 1 1 , et qui s'accomplit actuellement, pour conduire directement de la rue du Ncuxbourg à l'Esplanade, en substituant une rue large et droite au dangereux passage ou guicliet établi sous la voûte d'une chapelle collatérale de la paroisse de Saint Martin (1), ainsi qu'à la ruelle impraticable aux voitures qui termine la place du même nom.
Ainsi, d'un des principaux quartiers de la ville, d\ine de ces portes les plus importantes , celle de Saint Thiébaut, on arrive par un chemin très-
(1) On lui a imposé le nom du gênerai Lasalle , né à Metz et qui s'est illustré dans les darntôres campagnes.
court, au centre de la ville, à Tune des plus belles promenades qui existent en Europe.
Les premières allées de cette promenade , furent plantées d'arbres en 17905 mais elle s'agrandit beaucoup lorsqu'en 1802 on entreprit de combler les fossés larges et profonds de la citadelle, sur lesquels elle est établie. Achevée en 1816, elle olïre à la vue le plus riant spectacle. Delà se découvre aux yeux le superbe bassin de la Moselle , un paysage riche et varié , de vastes prairies, de nombreux villages groupés en amphithéâtre sur les coteaux qui bornent l'horizon du sud au nord , et qui , tapissés de vignes , couronnés de bois , présentent l'aspect le plus gracieux.
Entre les rues et cette promenade, on forme une grande place d'armes pour les exercices et les parades militaires.