‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 110 sur 118 · IU ES · texte numérisé non relu

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Il serait difficile de donner l'étymologie des noms de chaque rue : plusieurs d'entre elles le doivent aux établissemens ecclésiastiques qui y existaient autrefois : elles en rappelleront le souvenir encore long-temps après qu'ils auront disparu \ telles que les rues des Clairvaux, des Prêcheresses , des Magdelaines , des Antonistes , des Capucins, des Récolets , etc. } celles de Saint Gengouf, de Saint Livier , de Saint Marcel , de Sainte Croix 5 les places de Saint Jacques et de Saint Simplice , ont pris leur nom de Paroisses supprimées à diverses époques.

La rue des Clercs fut ainsi nommée, parce

qu'elle était occupée par les Chanoines de la cathédrale.

La rue de Serpenoise conduisait à la porte de Scarpone, ville détruite , sur la route de Nancy à Pont-à- Mousson.

Nexirue était une place où se faisaient les exécutions à mort : elle vient du mot latin neoc , necis, mort violente.

La rue du Cloître aboutissait au cloître de la cathédrale, démoli en iy55.

La rue de Juifrue s'appelait autrefois Jurue, nom que portait Tua des Papaiges de la cité. Si cette rue eut été le quartier des Juifs , comme on fa prétendu , Tune des six familles Patriciennes de la République se serait bien gardée d'en prendre le nom. II faut donc lui reconnaître une plus haute origine , et il est permis de penser que cette rue conduisait a un temple de Jupiter et qu'on en a fait par contraction Jurue. Qui sait d'ailleurs si la rue de Taison, où Ton dit que s'arrêta Saint Clément lorsqu'il était à la poursuite du serpent , rue qui est parallèle à Jurue, n'est pas celle où les premiers Chrétiens , transportés d'un saint zèle , s'arrêtèrent , sans doute sous la conduite de Saint - Clément, pour se rallier et tomber ea silence sur }ç temple du faux Dieu , désigné sous ^emblème dti serpent. Peut-être aussi après avoir triomphé de l'idolâtrie , ils plantèrent une croix sur l'emplacement du temple renversé 5 et dans la suite, pour en perpétuer la mémoire 7 on y bâtit l'Eglise de Sainte Croix..

Les rues de la Crête et de Châtillon , ont pris leur nom de deux Abbayes qui y possédaient des maisons.

La rue Goussaud , percée en 1810, consacre le souvenir d'un Maire qui s'est illustré dans des temps malheureux. Son neveu marche noblement sur ses traces dans l'exercice des mêmes (onctions,

HOPITALX,

Si nos pères ont fait à PEglise de grandes lîberalités, ils n'ont pas oublié le soin des pauvres 5 et à côté des établissemens religieux se sont formées des maisons de charité : elles remontent à des temps reculés et les époques de leur fondation demeurent ignorées.

Le plus ancien hôpital , dont les Annales messines fassent mention, est celui de SVNicolas qui est destiné aux pauvres vieillards des deux sexes.

Il fut doté par des persounes pieuses et par la Cité. Le premier legs dont on ait gardé le souvenir est de 1 162 : il est de Gérard Baudouin, qui fit don du quart qui lui appartenait dans la terre de Fleury. La ville , qui possédait le second quart, Ta réuni , en 1 284 , au domaine de l'hôpital.

En 1217, Philippe de Moutigny lui fit une donation considérable.

Le 6 janvier 1 236 , la ville donna la moitié des moulins de la Seille à l'Hôpital, et l'autre moitié à la Léproserie de Saint Ladre }

Le 26 janvier 1206, le droit d'octroi sur la chaux , le charbon , les sons , les fruits 3 etc $

Le 27 juin 1282, les pe'ages sur le Pontifïroy , le Pont-des-Morts et le pont de Moulins (1) ;

En 1228, la Léproserie des Bordes;

En i36o, Foctroi du franc métier et le droit de mesurage des grains, du pesage du bois , ainsi que l'étalage sur les degrés de la place de Chambre (2) ;

En i366, le péage établi sur le pont de Mazelle;

En 1371, le droit exclusif de fabriquer et de vendre de la bierre, ainsi que de l'hydromel (3);

En janvier 1^21 , la place de la Grève pour

(1) La concession fut faite an grant ospitalz de Saint-Nicolas y que siet en Nuef-lfourg de lou passaige dou pont à moulin et des pons des Morts et dou pont Tiejfroft, et de toutes les rentes de ces ponts et les warnemens (vélemeus), corn prant des morts y à la condition que ces trois ponts seront construits en pierres par l'hôpital, dans le délai de vingt-six ans.

Il est probable que le tribut prélevé sur les morts, fut causa que le Pont— des- Morts fut ainsi appelé, puisque cette prestation fut établie le 8 mars 121a par l'Evéque Conrard de Scharpeneck, qui dou conseil de la Clèrgiet et de lou commun de Metz , statua

que qui oneques morroit donnereit az novel pont que nous

faisons permi Mezelte, endroit Vospital en Chambre (la com— manderie de M al die ) le meilleur warnement de robes quyil averoit au jour de sa mort.

On aurait au surplus tort de croire que ce pont tire son nom des exécutions criminelles qui s'y fesaient, puisqu'elles n'y ont eu lieu qu'a dater de i34$, et qu'en 128a il s'appelait déjà le Pont— des— Morts.

( «) On était dans l'usage de faire les criées de justice, les adjudications , les ventes de meubles , sur les degrés de la place de Chambre, qui subsistent encore en partie. Cependaut en janvier i3o6, les magistrats firent la défense d'y rendre la justice pour contrarier l'évêque qui y avait tenu les plaids- annaux.

(3) La ville en donna pour raison que les administrateurs n'ont de coy governer les pour es mallaids , ne les povres femmes gissans que chacun jour viennent on dit ospitalz.

y étendre les draps, ainsi que les étalages des tripiers sur la place du Quarteau }

En i5io, la terre de Vry.

En i5i4) le pré dit de l'Hôpital, dans ffle actuelle du Saulcy 5

En i5a5, la Léproserie de Saint Ladre;

Ses autres domaines lui proviennent de libéralités particulières (i)*

Les chartes de la ville font mention de phisieurs autres hôpitaux dont on ne connaît ni l'origine ni la suppression.

Un atour du 25 avril 1222, porte que l'hôpital du Pontiffroy et l'hôpital du même nom seront inséparables 7 et que l'administration des biens de cet hôpital ainsi que la perception du péage établi sur le pont, seront confiées à la même personne.

Des titres de 12^6 k 1278 prouvent qu'il existait dans la rue de la Vieille-Boucherie, une maladrerie ou hôpital pour les lépreux.

En i334, Jean - le - Hungre avait fondé et doté, sur la place du Champ-à-Seille , un hospice de la Maternité dont l'église subsiste encore sous le nom de Chapelotte. Elle était desservie par deux Chapelains. Cette pieuse institution fut confirmée par des bulles du Pape Clément VI , en |337 (2).

Plus de quatre siècles après, des Dames cha-

(1) Telles que la terre cPOgy, donnée par Henrial en i3ioj Hessange, en i4381 par Marguerite «THennery, eue.

(a) Cette bulle porte : ad recipiendum mulieres in iectç puer-m. p$ri decumbentes.

ritables s'associèrent pour secourir les femmes en couche. En 1804 , elles créèrent, dans l'ancienne maison de force, un hospice provisoire qui, en 1808, fut définitivement établi dans l'ancien couvent des Trinitaires. Les lits y sont au nombre de dix.

Cette maison est desservie par quatre Sœurs de la Charité Maternelle , dont l'institution a été autorisée par une ordonnance du Roi, en date du 2 décembre 181 4. Ces Sœurs accouchent les pauvres femmes dans la ville et leur portent des secours. ^

À cet hospice sont attachés deux chirurgiensprofesseurs qui font le cours gratuit d'accouchement, établi depuis 1802 par le conseil général du département.

H est fait mention d'un hôpital de la porte Muselle; c'est tout ce qu'on en sait.

Il a existé jusqu'au 17,° siècle, dans la rue de la Boucherie-Saint-Georges, un hôpital de Saint- Jacques. Les pauvres voyageurs avaient le droit d'y rester trois jours.

Cette maison fut transférée auprès du pont de la Grève, sur l'emplacement des vieilles tours qui défendaient ce pont; en 1728, il fut supprimé et réuni à l'hôpital Saint-Nicolas (1).

On a conservé l'acte de fondation d'uu hôpitaj

(l) L'Arrêt du Conseil ts\ du 19 mai 17*5,

de la Trinité 5 il est de 1464. La date de sa suppression n'est pas connue.

L'hôpital de Saint-Georges, destiné aux malades du sexe masculin, a été bâti et doté eu i683 y dans la rue du Passe-Temps (1), par M. d'Aubusson de la Feuillade, Evêque de Metz : en divers temps, il y fonda trente-un lits pour les pauvres malades, et il en confia le soin aux Frères de Saint-Jean-de-Dieu ; son acle charitable fut imité par plusieurs Messins qui y ajoutèrent 1 1 lits.

Les biens de cet hôpital consistaient tous en rentes , dont la plupart des capitaux furent remboursés en papier au commencement du dernier siècle. L'hôpital perdit alors les deux tiers de ses revenus, et en 1721 , il fallut réduire à moitié le nocibre des lits ; mais les pieuses donations des habitant fournirent par la suite les moyens d'en établir trsnte-huit.

Le cœur de M. de la Feuillade qui était religieusement conservé dans la chapelle de l'hôpital (3), a été transporté dans celle de Bon-Secours ^ lorsqu'en i8o5 les bâti mens de Saint- George» furent réunis à la Manse conventuelle de Saint Vincent pour rétablissement du collège.

(1) Celte rue, appelée depuis rue des Péres-Saint-Georges , tirait son nom de Pliotel du Passe-Temps, qui appartenait à ta ville. Cest dans cette maison qu'elle donnait des fêtes, des bals, des divertissemens , des banquets, et qu'elle recevait les princes et les seigneurs qui passaient à Metz. Les joutes sur l'eau avaient lie» dans le canal de la Moselle qui baignait les murs du jardin.

En 1804, les restes de cet hôtel ont été démolis pour agrandir le. Collège Royal.

(a) Cette chapelle est aujourd'hui celle du collège.

La maison de Bon-Secours a été fondée en 169T , par M. Morel, chanoine de S.'Thiébaut, et par M, Roi lin , échevin de ville. Les lits furent dabord au nombre de quarante, pour les pauvres femmes malades , et ils s'augmentèrent successivement.

Lorsque l'hôpital de Saint -Georges fut supprimé, on construisit dans le premier étage de la maison de Bon-Secours des salles pour les hommes. Les femmes occupent le rez de-chaussée.

Il y a maintenant, dans cet hospice, cent vingt lits pour les malades des deux sexes.

Il est dans une position avantageuse et salubre, au bord de la Moselle, €t les morts y sont dans une proportion très - faible avec les sorties.

L'hôpital des vieillards à Saint-Nicolas et celui des malades à Bon-Secours, sont réunis sous une même administration charitable, depuis .1797} ils sont desservis par les Sceurs de Saint-Viucent-de- Paul} leur revenu total est de i3o,ooo f.

En 1662, la Reine Anne d'Autriche fonda une maison de Charité près de l'Eglise de Sainte Croix : elle en confia le soin à huit Sceurs de Saint- Vincent-de-Paul, dont la principale occupation fut de porter aux pauvres malades du bouillon et des remèdes.

Cette utile institution se rétablit en 1802 et recouvra quelques revenus. En 1804, elle fut transférée dans l'ancien couvent des Récolets, ojh l'on commença l'usage des soupes économiques.

On y construisit de vastes atteliers de filature , pour les enfans des deux sexes.

En 1813, les Sœurs de la Charité furent rappelées dans cette maison qui occupe aujourd'hui plus de 5oo enfans auxquels on apprend à lire , à écrire, à calculer et à pratiquer les premiers devoirs de la religion.

Indépendamment du bouillon et des raédicamens pour les malades, on y distribue journellement a5oo soupes gratis r et 3000 livres de pain à bas prix.

On doit compter encore an nombre des établissemens de charité , le Mont-de-Piété créé en 1776.au profit des hôpitaux par des lettres-patentes du Roi : ruiné par le papier monnaie en 179$, époque ou il a cessé ses opérations , il a été rétabli en 180 1 , avec l'autorisation provisoire du . gouvernement, qui devint définitive en *8i3.

Cette maison prête sur nantissement à douze pour cent, sans aucun autre frais. Son capital en circulation est de 100,000 écus; il a été fourni presqu'en totalité par les remboursemena de rentes aux hôpitaux y par la vente de leurs maisons urbaines et par les legs pieux qui leur ont étéfaits en argent depuis quinze ans.

Le Mont-de-Piété est une ressource avantageuse à k classe des ouvriers qui, dans les momens difficiles , y trouvent de l'argent à un taux modéré.

Les articles engagés varient de vingt à vingt-

quatre mille; leur valeur est, au taux moyen , de de i3 à i4 f-} on nen vend pas, année commune, la vingt-quatrième partie» Les emprunteurs ont soin de les retirer avant que Tannée ne soit révolue et notamment au retour de la belle saison (i).

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