‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 114 sur 118 · MONNAIE · texte numérisé non relu

MONNAIE

La ville avait un Hôtel des Monnaies qui a subsisté jusqu'en 1793. On y établit momentanément, en 1796, un atelier pour la fabrication de la monnaie de cuivre avec le métal des cloches. On en fit une si grande quantité , que le pays en fut inondé. On donnait 7 fir. en gros sous pour un ecu de 6 liv.

L'Hôtel de h Monnaie, situé dans la rue qui

en porte le nom , fut donné en 1 8o4 au bureau de Charité' , en dédommagement de ses biens vendus par l'Etat.

La ville a fait long-temps battre monnaie à son coin. On ne sait précisément quand elle a obtenu ce droit. On avait prétendu qu'elle Pavait acheté des Evêques. A la vérité , le 3 1 janvier 1 29 1 , Bouchard d'Avesnes vendit à la ville sa Monnaie pour cinq ans; en i334, Adémar la lui aliéna pour deux ans} Thierry de Boppart pour dix ans en 1376, et enfin en i383, le môme Evêque Fengagea à perpétuité pour 4ooo francs d'or, avec faculté de rachat. Le Cardinal de Lénoncourt usa de cette faculté en 1 553 5 mais en i56i , le Roi, se substituant aux droits du Cardinal, prit l'engagement envers la ville de racheter le coin des Evêques, en lui remboursant les 4000 francs valant alors 1 i,55o f.

Mais la monnaie des Evêques était indépendante de la monnaie de la cité , qui 5 sans doute , était préférée à l'étranger, parce que Metz était plus puissante d'armes , de commerce et de richesses. Les Evêques trouvèrent donc plus avantageux de lui aliéner leur monnaie, que de fabriquer à leurs frais des pièces difficiles à faire admettre dans la circulation. •

Ce qui prouve d'ailleurs que Metz battait monnaie avant qu'elle eût acheté le coin des Evêques , c'est une ordonnance de PEvêque Bertram , sur le change des matières d'or et d'argent : elle est de 1190, par conséquent d'un siècle antérieur au

premier engagement des monnaies de l'Evêché: dans cette ordonnance, Bertram soumet les changeurs à une redevance annuelle de 12 liv., en monnaie de Metz , Metensis monetœ ; or , si la monnaie eut appartenu à l'Evêque , il aurait dit nostrœ monetœ, ou monetœ EpiscopL

La ville usa encore du droit de battre monnaie, long-temps après son incorporation à la France.

En 1601 , Henry IV avait ordonné l'érection à Metz d'une Monnaie Royale, mais ses lettrespatentes restèrent sans effet.

Plusieurs actes des Magistrats attestent qu'ils continuèrent la fabrication des francs du coing de Metz. Un entre autres du 5 février 1619, permit au maistre de la monnaie d'en frapper jusques à la quantité de deux mille marcs d'or et d'argent. En 1647, on fit fabriquer, pour les besoins du peuple, 1200 marcs de liards, 4°o marcs de beugnes et 4°° marcs de gros et de demi -gros.

Un édit du mois de décembre 1657 , porta que les Officiers de l'Hôtel-de-Ville ne jouiraient du droit de battre monnaie que par provision, et à charge de substituer les armes de France à celles de l'Empire.

Un arrêt du Parlement du 11 février 1662, défendit expressément à la ville de frapper désormais aucune pièce de monnaie. Cet arrêt excita de vives réclamations et une grande rumeur dans la ville. Metz fit porter ses doléances au Roi

par une députation qui ne put rien obtenir. Un arrêt du Conseil du n janvier i663, ordonna que les coins seraient brisés et qu'il serait établi dans la ville des Officiers des Monnaies.

Ainsi s'éteignit le droit dont la ville avait joui pendant cinq siècles environ.

Ce ne fut cependant qu'en 1666, que Ton commença débattre monnaie aux armes de France ; et en 1693, la monnaie de Metz cessa d'avoir cours , d'après une déclaration de Louis XIV , du 5 mai de la même année.

Les pièces frappées à Metz ont toujours été de très-bon aloî, et souvent les Magistrats de la cité ont été obligés de publier des ordonnances pour en arrêter l'exportation.

Les principales pièces de monnaie étaient ! j.° Le nouveau florin d'or de Meu,

valant 3 1. 18 s. »

Le vieux florin 3 14 »

Le franc de Metz » i3 6

La demi - pièce » 6 9

Le demi-gros de Metz, S.1 Etienne. » 1 3

Les huit liards » 1 »

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