LXXII.C ADÉMARE DE MONÏHIL
f Le Pape Jean XXII choisit, en i328, le neveu de Louis pour lui succéder : il était alors doyen de la cathédrale de ïoul. Ce prélat fut constamment rallié des Messins , qui lui furent d'un grand secours pour recouvrer ses domaines.
Il faisait la visite de son diocèse lorsqu'il fut inopinément attaqué à Saint- Avold par le sir de Rodemach. L'E\êque repoussa vaillamment cette
injuste agression , tua beaucoup de monde à l'ennemi, et lui fit quatre-vingt-six prisonniers.
Ce châtiment imposa à tous ses voisins , et lui valut douze années de paix, pendant lesquelles il reprit en i33o, la construction de k cathédrale que le malheur des temps avait fait abandonner, et qu'il conduisit depuis le chœur jusqu'à Notre-Dame de la Ronde, Il s'entendit avec les Magistrats pour réforme** les mœurs des Moines, Il favorisa la fondation de l'hospice de la Maternité à la Chapelotte, et d'une collégiale de Chanoines à Briey.
Mais depuis i34o, il n'eut ni repos, ni trêve t et fut constamment obligé de se défendre contre ses voisins.
Attaqué par Raoul, duc de Lorraine dans cette même année, ils dévastent les terres l'un de l'autre, et font la paix en 1 342. Sur la foi des traités, Adémare va dans sa famille à Montélimart, et Raoul conduit des troupes à Philippe-le-Bel contre les Anglais. Mais Isabelle d'Autriche, régente de Lorraine, ayant construit sur les terres de l'Evêque un fort qui prit le nom de Château-Salins , il s'en suivit une guerre ruineuse pour les deux pays, Jean de Bohême est pris pour arbitre en 1 344 ? et conclut la paix.
Mais en i348 la guerre se rallume au sujet de Château-Salins, que- le frère de l'Evêque avait essayé vainement de surprendre dans la nuit. Les Lorrains en revanche courent sur Saint-Avold, mais les bourgeois font une vigoureuse résistance.
LTEvêque et les Messins ses alliés volent à leur défense, culbutent Farinée Lorraine, lui tuent deux mille trois cents hommes, et profitant d« la victoire, ils se portent rapidement sur Château- Salins, et le détruisent.
Adémare, au Jieu de poursuivre ses avantages j accorde «une amnistie à la régente de Lorraine j contre Pavis de son frère qui , mécontent, se retire à Montélimart.
Les événemens prouvent que FEvêque avait commis une faute. Les Lorrains refusent d\>bserver les conditions de la trêve , et Ton reprend les armes en i35i. La fortune seconde la bonne cause de PEvêque. Il rase une seconde fois Château-Salins; il détruit trois autres forteresses de la Lorraine, et en construit lui-même plusieurs dans ses états.
La régente de Lorraine appelle à son secours des Allemands et des Français. Elle ose s'avancer sur Metz , niais obligée de se retirer précipitamment par le chemin de Nommeny, elle laisse à découvert la route de Pont-à-Mousson. Les troïdpes de Févêché et de la république se portent sur Nancy , saccageant les campagnes qui bordent les deux rives de la Moselle et de la Meurthe. Après avoir misie feu aux faubourgs de Nancy, elles sont, à leur retour, rencontrées par les Lorrains sous les murs de Pont-à-Moussson , les mettent en déroute et rentrent à Metz victorieuses.
Le Roi de Frarice Jean II et'PEmpereur Charles IV font faire la paix en i352. Elle est encore près de se rompre en i354î l'Empereur
ordonne à tous les Princes et aux Evêques de garder entr'eux la bonne harmonie qu'ils lui avaient juré d'observer, lorsqu'il était à Metz.
Cette ville lui avait plu, et après son couronnement à Rome, il la choisit pour y publier la Bulle d'Or (i). L'Evêque alla le recevoir, à la tête de tout son clergé , hors de la porte du Pontifroy , sous un dais de paille ouvragé et escorté de 200 flatobleaux , pour le conduire à la cathédrale. L'Impératrice marchait à côté de lui sous un dais pareil.
Les compagnies blanches qui se formèrent après la paix de Brétigni, s'étant jetées dans le Barrois en i36o, l'Evêque conduisit i5oo hommes au duc de Bar pour l'aider à se débarrasser de ces brigands. Après l'expédition, plusieurs de ses sofdats furent dépouillés par les gens du due de Bar; il demanda satisfaction de cette déloyale ingratitude, et ne pouvant l'obtenir, il fondit < avec les Messins sur le Barrois , et en réparation de l'outrage qu'il avait reçu, TEvêque força le duc à lui faire remise de 57,000 liv. sur 70,000 qu'il lui devait.
Enfin , après trente-trois ans d'une vie presque toujours agitée et tumultueuse, A^démare deMonthil mourut en i36i , regretté des Messins qui avaient toujours honoré en lui le preux chevalier et le prélat distingué.
(1) Voyez page io5.
LXXffl.« JEAN DE VIENNE.
Dans la même année , le Pape Urbain V transféra de l'archevêché de Besançon à févêché de Metz Jean de Vienne, Bourguignon de haute naissance.
Il ne négligea rien pour maintenir Tordre et la sûreté dans ses domaines. A l'exemple des Messins, il prit à sa solde plusieurs seigneurs du voisinage; mais, moins habile que son prédécesseur, il se brouilla avec la cité au sujet d'un bourgeois que le tribunal de rOfficialité avait fait arrêter , et que les Treize délivrèrent en faisant enfoncer les prisons de l'évêché. En vain , Jean de Vienne crut pouvoir intimider les Messins en lançant çpntre eux les foudres de l'excommunication; il trouva même tout le clergé rebelle à ses ordres, et en conçut un si vif déplaisir, qu'il fit demander son changement par le cardinal de Clency son oncle. L'évêché de Basle étant devenu vacant en i365, il l'obtint.
J>XXIV.e THIERRY ou THÉODORIC DE