LXXXXH.C CLAUDE DE S.* SIMON
Depuis un an M. le comte de S.' Simon, pair de France, était évêque de Noyon, lorsqu'en 1733 il fut nommé par le Roi à FEvêché de Metz ; cependant il n'y fit son entrée qu'au mois
juin 1734. Ce siège fut occupé par lui vingt-sept ans. Il mourut à Metz, en 1760,
Souvent il fut en querelle avec son chapitre, avec divers corps ecclésiastiques et même avec le parlement. Sous les plus frivoles, prétextes , H intenta des procès à une foule de particuliers, moins par esprit de chicane que par un certain travers qui lui faisait aimer la dispute.
Il avait néanmoins l'esprit juste et un amour éclairé de la religion. Le cathéchisme qu'il donna , en 1736, à son diocèse, en est une preuve irrécusable. La simplicité et la concision avec laquelle y sont exposas les dogmes de l'Eglise et la morale de l'Evangile , en feront toujours un excellent ouvrage,
(1) jU fit* par «on testament, des ieg4 pieux et i^mun aratoires pour 510,000 fr. .«
En 1743, il supprima un grand nombre de fêtes, et en fit reporter plusieurs autres, au dimanche. Quoiqu'il n'eût fait en cela que suivre l'exemple de S.* Godegrand et même de M. delà Feuillade, «on prédécesseur, qui les avait déjà réduites en 1670, il éprouva néanmoins de fortes contradictions dans son chapitre et dans le parlement 5 mais il les fit cesser par des lettres - patentes du Roi , qui confirmèrent son ordonnance (1) : elles sont datées du camp devant Menin, le i.er juin 1744»
Mais ce qui honorera toujours la mémoire de Bt de S1. Simon , c'est rétablissement du grand séminaire qui porte encore son nom. II employa cinq ans à le construire et y mit la dernière main en 1 748. Il le fit approuver pap des lettres-patentes du 7 mars de la même année.
(1) En parlant de l'abus qu'on faisait des fêtes trop multipliées, l'Evêque dit : v La licence prit la place des exercices de la reli-
r> glon Un jour de fête absorbait, dans des diyertissemens
» criminels, le gain d'une semaine entière de travail. ... La pro— 7> fanation de ces jours sacrés devint un scandale, n Une autre considération le toucha, ce fut la nécessité de diminuer le nombre des jours fériés dans une province accablée de tant de charges par l'effet de sa position* n Les peuples de notre diocèse placés 7) sur une frontière, exposés à tous les inconvénient de la guerre , » ont mille distractions de leur travail journalier par la multitude* 9) des corvées et des convois qu'on leur impose m (*)
(*) D'après on Rituel imprimé ce i5*a, les fêtes chômées étaient au nombre de cent deux. L'ordonnance de M. de la Feuiiladelea réduisit attente, et il y ajouta la fête de Saint-Lonigt M. de Saint-Simon n'en conserva eue deuse et transféra celle de Saint-Louis aa dimanche. Eafîa un iudutt 4u 9 auit 1802 les réduisit à quatre.
En 1762, renseignement, y fut confié à de* Lazaristes.
Par des lettres-patentes de 1 735 , le Roi Pavait autorisé à le doter de 13,000 liv. de rentes, et pour les obtenir, il supprima les chapitres de Hombourg et de Notre-Dame-de-la-Ronde , ainsi que le prieuré de Vie. Les revenus de bénéfices mutiles tournèrent dès -lots à l'encouragement des études (1).
Un beau trait aussi de la vie de Mi de Saint» Simon, c'est que lorsqu'en 1754, la ville menacée de famine, résolut d'acheter des blés à l'étranger, il mit à sa disposition, pour cet objet , une somme de 3o,ooo liv.
LXXXXIIL* LOUIS-JOSEPH DE MONTMO- RENCY LAVAL.
Ce prélat, qui vit naître les troubles de la France et qui mourut en exil à Al ton a, en 1808, avait été Evêque d'Orléans, depuis 1753 jusqu'en 1757, où les querelles du Jeansénism* auxquelles il avait pris une part trop active , for* cèrent le Roi à lui demander la démission de son siège. Il alla par obéissance se reléguer dans le petit évêché de Condom. Il n'y resta que trois ans. En récompense de sa soumission, le Roi lui donna en 1760, l'Évêché de Metz, auquel il
(1) Le séminaire de Saint-Simen , dont on avait fait un hôpital militaire en 1793, et en 1798 une caserne pour les prisonniers Russes, a été rendu à son ancienne destination par un décret du 90 juii* kt 1807. • '
joignit bientôt après, plusieurs riches abbayes , la grande aumônerie de Franee et le chapeau de Cardinal.
Déchu des grandeurs et d'une immense fortune , par les événemens de la révolution , M» le duc de Montmorency supporta en pays étranger ses longues adversités avec une courageuse piété et une sage résignation qui le firent vénérer de son clergé exilé comme lui, et qui lui valurent l'admiration et le respect des étrangers qui lui avaient donné asile.
Expulsé de son diocèse , M. de Montmorency soutint tant qu'il le put, le zèle des ecclésiastiques restés fidèles au saint siège. De Trêves où il s'était d'abord réfugié , il leur fit distribuer des secours sur les aumônes du Roi; mais après le ioaoût, cette ressource leur manqua.
Les suffrages du collège électoral avaient en 1 79 1 , porté sur le siège épiscopal , M. Francin , curé de Kœnismaker, qui, loin de s'y attendre, balança quelque temps pour accepter cette dangereuse mission. Il ne tarda pas de s'en repentir. Le premier il fut exposé à la persécution des Proconsuls , qui en 1793, le firent arrêter et jetter dans les cachots de .Clermont-Ferrant. Il n'en sortit qu'en 1795. De retour à Metz , il essaya vainement de relever les autels. Délaissé du gouvernement, repoussé par un grand nombre de fidèles , il n'eut qu'une autorité faible et très -incertaine.
Dans ces temps orageux , tous les Ministres des aufels furent poursuivis avec un acharnement sans
exemple. Le 16 janvier 1794, un conventionnel lança de Sarrelouis un arrêté fulminant où il les rendait responsables de tous les troubles. L'article XI de cet arrêté portait : les sociétés populaires vomiront de leur sein les Prêtres qui n'auraient pas abjuré. C'est de la même ville que le i5 avril Suivànt , partit Tordre donné par un autre conventionnel, d'enfermer tous les prêtres dans la citadelle de Verdun 5 ils y restèrent près de seize mois inhumainement entassés et mepacés sans cesse de massacres ou de déportation; La crainte de la mort en fit renoncer plusieurs à l'état ecclésiastique. Le seul district de Metz en compta cinquante - deux*
Ces douloureuses épreuves eurent enfin un terme : par son concordat du 10 septembre 1801 , le Pape releva l'Eglise de France et mit fin au schisme dont elle était déchirée. Le 3 décembre de la même année , il fit une nouvelle circonscription des diocèses. Celui de Metz comprit les dépar- , temens de la Moselle, des Ardennes et des Forêts (1).
Sans se démettre de son siège , le cardinal de Montmorency permit aux ecclésiastiques de son diocèse d'accepter les pouvoirs et même des titres, de l'Evêque qui serait institué en vertu du concordat. U fit ce sacrifice à la paix de l'Eglise et aux intérêts de la religion.
(1) Aujourd'hui le grand— duché de Luxembourg*
LXXXXtV.* PIERRE FRANÇOIS BIÈN-