LXXXXV/ N. GASPARD - JEAN - ANDRÉ- JOSEPH JAUFFRET
Né à la Roque-Brussarie, département du Var, M. Jauffret était chanoine de Lyon lorsque, le i5 juillet 1806, il fut promu à l'évêché de Metz. Son intronisation est du 29 janvier 1807.
M. Jauffret s'était déjà fait connaître, dans le monde littéraire, par plusieurs ouvrages où, philosophe chrétien, il démontre l'excellence de la morale évangélique. En 1789, il avait publié une brochure intitulée : de la Religion , aux F rançais ; elle fut réimprimée en 1801. En 1796, Traité des consolations , ou Recueil choisi de tout ce que la raison et la religion peuvent offrir de consolations aux malheureux ; Paris , 1 5 volumes in- 18. En 1802, du Culte public et de Uexcellence du Culte catholique en particulier; Paris, un vol. in-8°. En 181 4, Entretiens sur le Sacrement de la confirmation, un vol. in-8*.
Le i5 janvier i8n , M. Jauffret fut obligé de s'éloigner de son diocèse pour aller prendre l'administration de l'archevêché d'Aix, et il fut immédiatement remplacé sur le siège de Metz par M. Claude-Ignace Laurent,, curé de Saint-Leu à Paris. Sous le titre d?Evêque élu, il gouverna cette Eglise jusqu'au commencement de i8i49 où il retourna dans la capitale.
Après la première restauration, M. Jauffret rentra dans son Evêché. C'est sous son épiscopat que se sont formées à Metz l'institution des Sœurs de Sainte-Chrétienne, vouées à renseignement des pauvres et au soin des malades , ainsi que la Congrégation des Dames de Sainte - Sophie , consacrées à l'éducation des demoiselles ^ il a aussi aidé à rétablir dans cette ville les Frères de la Doctrine chrétienne,
La bulle donnée par le Pape, le 37 juillet 1807^ par suite du concordat arrêté, le 11 juin, entre le Roi et Sa Sainteté , a réduit le diocèse de Metz au seul département de la Moselle*
On vient de voir que l'Eglise de Metz le dispute d'ancienneté et d'illustration aux autres Eglises de France, Vingt-neuf de ses Evêques furent canonisée ; cependant il n'y en eut que seize dont on fit la fête à la cathédrale. Plusieurs furent du sang royal de France : d'autres appartinrent aux maisons souveraines d'Allemagne et de Lorraine. Onze furent revêtus de la pourpre Romaine.
Jusqu'à la réunion des Trois Evêchés à la France par le traité de Munster , 1 evêché de Metz fut compris dans le cercle du Haut-Rhin. Il était taxé, dans les matricules de l'Empire, à vingt cavaliers et à soixante-dix fantassins par mois romain.
La coutume de FEvêché qui a eu force de loi jusqu'à la publication du Code civil, a été rédigée par ordre du grand Cardinal, Charles de Lorraine, en 1601.