CIVILISATION
sioQs par an , ce qui montre la satisfaction qa*ils éproa?ent de leur traitement , et l'on u*a YU de leur part que deux suicides et deux tentatives d'assassinat depuis ie corn* mencement du siècle. PourraitH)n en dire autant de Bicètre ou do Charenton? Dans les ftaiflles de cultivateurs, le prix de la pension pour l'aliéné ne s'élève pas au-dessus de la modique somme de 70c. par jour; mais dans les fiimilles bourgeoises de Gheel, on reçoit des h6tes au prix annuel do500fr., et alors le malade trouve dans ces intérieurs tout le confortable de la vie. Le bien fait (M)ur le ciel est souvent récompensé dès celte terre. Le traitement des aliénés » commencé et entretenu è Gheel par la charité, a apporté dans le bourg une aisance relative, et les families des malades y versent chaque année one somme d'environ 250,000 fr. Aussi la commune de Gheel se trouve-^t-elle élevée tout entière è un degré de prospérité que lui envie le reste de la Campiue.
« La conclusion de Tauteur est de se demander si l'on ne pourrait pas naturalise^ dans d'autres pays une institution qui donne en Belgique de si* bons résultats. Hais la cause première, c'est la dévotion en sainte Df mtibne ; c'est elle qui change en sympathie la répulsion instinctive que l'on éprouve pour l'insensé. Et comment inspirer ce senlifflent k des populations qui ne l'éprouvent pas par l'effei d'une tradition religieuse?
t Si Fon reconnaît j dit H. Du val , les atwtages du êystime de liberté ^ avec le tra^ rail et la vie au grand air , dont Gheel ett l application la plus complète qui existe, on tu amené à rechercher s'tl ne serait pas possible de créer 9 soit en Belgique , soit ai7ktiri, des insiituis pareils^ çut seraient corn-me des imitations et des succursales médi^ cales de la colonie-mire.^ La question est du flus haut intérétf car si le système est bon, i/ convient de Fintroduire partout , et Gheel $u[At à peine à un cinquième des cUiénés de la Belgique. Dans la Campine^ où les conditiom matérielles sont à peu pris les mêmes quà Gheel , où l'exemple de cette localité est partout connup une fondation pareille ne sem» lie pas impossible. Habitants et médecins consentiraient probablement à émigrsr au dihorp de la commune ^ pour y réaliser le mtmebien de la mime manière. A Tappui de cette idét^ un plan de colonie agricole a été proposé. Elle consisterait dans dé petites firmes dé deux à six hectares^ sur des landes fui suffiraient , comme r expérience locale , à procurer un modeste bien-être à autant de [amiUes ^ouvriers cultivateurs qui recC" traient tous des aliénés pensionnaires,
i En pays lointain, fimitation serait plus difficile^ a raison du refus au opposeraient sans doute les natifs de Gheel à un déplace-neni. Leur confiance en eux-mêmes a sa source dans leur foi à sainte Dymphiie ; elle est ùreonserite à un certain territoire ; elle dimimuerait en. raison directe de la distance. Tout au moins se trouve-t-il • nous en som- ■lef certain^ des médecins disposés à se dé^ teuer à cette ctutre de charitable propagan*
de, et ils auraient à dresser d'autres paysans â cette éducation toute nouvelle^ si aucun de ceux de Gheel ne i^oulait émiçrer. On trouverait remplacement de telles institutions dans les lieux les plus analogues à la Campine « solitaires^ calmes^ éloignés des rivières et des marais^ d'un aspect plus variée si c'était possible , sous un climat tempéré plutôt qu'ardent , au milieu de populations bonnes» et simples^ douces et religietÂses. Entre au-^ très provinces de (a France ^ la Breta* gne et F Auvergne offriraient probablement^ au sein de leurs vastes bruyères et de leurs pacages verdoyants /des sites très-convenables pour de pareils asiles.
« Ainsi, dans la vie religieuse comme dans la vie de famille, c'est au dévouement inspiré par la foi que la médecine est obli-
fée d'avoir recours, pour assurer des soins l'humanité soutTrante. »
CIVILISATION. — M. Noël Le Mire, fjoricant à Lyon, a publié un ouvrage intitulé : Coup d*œil sur l'Angleterre^ ou démonstration de Vimpuissance du protestant tismepour le bonheur des peuples. On y lit ce qui suit :
« Dne enquête fut ordonnée par .e parlement anglais, il y a quelques années, sur l'éducation des classes pauvres. Nous ne sachons pas que depuis cette époque il se soit opéré des progrès réels à ce sujet. Nous emparant du rapport qui fut présenté aux chambres, nous nous contenterons des armes que nous y trouverons, et le lecteur conviendra qu'il nous eût été difficile d*ètre mieux servi.
« Rien n'est flus déplorable^ y est-il dit« ma frétât d'éducation des classes pauvres en Angleterre^ soit pour la nature de cette éducation^ soit pour le petit nombre de ceux qui sont appelés à en user.
«( Il existe certains préjugés qui tendent h jeter le discrédit sur la profession d'instituteur, préjugés tels, que celui -Ih seul qui en est réduit à mourir de faim peut se décider à embrasser cet étal. D'un autre côté, les émoluments sont tellement faibles, qu'il est très-difficile de recruter convenablement les professeurs. Il en résulte que ceux-ci sortent ordinairement de la dernière classe de la société. La misère, les banqueroutes, l'incapacité de remplir aucun autre emploi, tels sont les mobiles qui décident des vocations professorales.
« Ainsi donc, voici une des plus nobles fonctions, et à coup sûr unes ces plus importantes, qui se trouve, par la force des choses, abandonnée au rebut de la société.
ff Mais, è supposer que les professeurs anglais réunissent encore toutes les qualités requises pour leur emploi, comment pourraient-ils obtenir un résultat satisfaisant? Les enfants entrant à l'âge de dix ans dans les manufactures, il faudrait qu'à cet âge ils eussent terminé le cours de leur instruction. II est vrai qu'il existe une loi qui impose aux manufactures l'obligation de donner l'éducation aux enfants de dix à treize ans, employés par eux ; mais le rapport au par*
temeni constale qae cette loi est invariable- Eient éludée,
« D*aprësce rapport, les nombreuses salles d*élndes visitées par les^merobres de la com<^ mission sont des pièces étroites, situées dans des caves ou des mansardes, servant de chambre à coucher et de salle à manger à la famille du maître d'école. L'atmosphère y est étoutrée et viciée par les mauvaises odeurs de toute espèce. Souvent la maîtresse d'école fait la lessive, lave son linge et le fait sécher dans cette môme chambre pendant les heures d'école.
« Un des témoins appelés devant le comité a vu, dans un galetas de dix pieds de long; sur neuf de large, une école de quarante enfants. Il y avait un coq et deux poules sur une perche, et sous le ht trois gros chiens qui aboyaient.
« La détresse des pauvres diables qui remf)lissent l'oftice de pédagogues est telle, •qu'un grand nombre d'entre eux reçoivent des secours sur la taxe des pauvres.
« Du reste, le système d'éducation employé par ces professeurs indignes est au niveau du genre de civilisation qui règne dans le pays. Les punitions corporelles sont en pleine vigueur dans les écoles anglaises. De même que dans les prisons, le fouet y joue un très-grand rôle pour faciliter renseignement des connaissances élémentaires et inoculer les principes de morale.
« A Londres même, sur 1&,000 enfants dei hhlk ans, 4,820 seulement fréquentent les écoles, et 1,600 n'v vont que uour que Toa ait soin d'eux en rabsence de leurs parenjls. Sur 1,669 maîtres auxquels on fit subir un examen, il ne s'en est pas trouvé 256 de compétents,
« En mai 1850, l'union des écoles du Lancasbire témoignait que pr^s de la moitié de cette nation ne sait ni lire ni écrire^ et de Fûutre moitié^ une grande partie ne possède ipM la plus misérable instruction. Cest ce qui faisait dire à un écrivain moderne : Les enfants des classes indigentes se trouvent non hors la toit *^oJ' hors les mœurs.
« Mous ne nous arrêterons pas è faire observer ici combien il en est autrement dans les sociétés catholiques. Sans parler des innombrables corporations religieuses d'hommes et de femmes qui n'ont d'autre occupation que celle d'enseigner è lire, k écrire, è calculer, aux enfants des classes indigentes, il est sumsamment connu qu'il est peu d'enfants de dix ans qui n'aient été appelés è se confesser. Or, l'exercice de cette pratique religieuse nécessite un commencement assez sérieux d'instruction. L'enfant qui s'aj)prochQ du tribunal de la pénitence doit indisbensablement être en état de distinguer le bien du mal. 11 doit savoir qu'il existé un Dieu, lequel veille sur nos actions; il n'ignore pas que notre vie sera récompensée ou panie par une éternité de bonheur ou de malneur, selon que nous nous serons conformés aux préceptes de Dieu. Ce sont là des connaisaances élémentaires que l'on chercherait en
vain dans les classes pauvres ou indcstrielles de l'Angleterre.
« Du reste, l'éducation de la jeunesse anglaise appartenant aux classes élevées de la société est loin de répondre elle-même à l'opinion généralement accrédilée en France au sujet de l'étendue de l'instruction et de sa bonne direction... D*abord on ne donne en Angleterre aucun cours public et gratuit... Quant à l'instruction secondaire, il n'existe pas de pays catholique où elle soit si négligée. Les vacances dans les pensions et les universités prélèvent quatre ou cinq mois sur les douze mois de Tannée, et encore les quelques mois restants, consacrés k des études si souvent interrompues, sont-ils morcelés par des plaisirs et des exercices complètement étrangers au but principal. »
^ c La population anglaise, » dit lé baron d*Haussez, « a une recnerche de grossièreté qui la ravale au-dessous de quelqiie nation que ce soit. Ses mœurs sont a la fois dépravées et féroces. Son instinct la dispose a un étal permanent d'agression contre le reste de la société. Quand elle n'a pas de moyens plus positifs de nuire, elle insulte les passants, les heurte, leur dispute le passage. Sa mise est d'une saleté dégoûtante, son langage est ignoble, se démarche est lourde et maladroite.
« Ses mœurs de famille répondent k ses habitudes des rues. Des coups, voilà pour le mari le moyen d*exercer sa supériorité; pour la femme celui de faire l'éducation de ses enfants. Souvent ces corrections ont les suites les plus funestes. Les journaux constatent chaque jour des meurtres domestiques, résultant d'une violence sans frein, dont il ne paraît pas que, tout iuulile qu'il fût, un tardif repentir vienne amortir l'horreur.
« On ne s'occupe pas de corriger par les principes, ni même par les pratiques extérieures de la religion, les penchants vicieux de la populace. Linslruction qu'on lui donne se borne à des éléments de lecture et d'écriture. La seule modification qu'elle procure, c'est de faire des voleurs et des filous adroits d'individus qui, sans elle, n'auraient été que des êtres abrutis par la misère ei la plus abjecte débauche.
« Les plaisirs sont rares pour la populace anglaise. Ses jeux prouvent qu'elle ne s'entend pas à s'amuser ; ses danses sont monotones et durent jusqu'à ce que les danseurs tombent épuisés de ratij^ue. £l|e boit jusqu'à l'ivresse; elle mange jusqu'à satiété, sans
foût, sans ordre, sans mesure. Pour elle, amour n'est qu'un complément de brutalité.
« Prise collectivement, elle est d'une remarquable lâcheté. Sa disposition turbulente, tom'ours prèle à se manifester, est toujours aisément comprimée par le bston, souvent même par la seule présence de quelques agents de police... »
H.Jules (jondon,(1ans un ouvrage intitnlé: De Vétat des choses à Naples et en Ao/ie, justi» De le gouvernement najiolitain des calomnies
IIB
dVILISATKMI.
IIS
dooi il a été abreuve par la presse anglaise ; et il proaYo que Ton retrouve précisément dans les prisons anglaises les horreurs injustement reprochées au roi de Naples. Il a été
reconou ï la Chambre des lords en 1856 que la torture était encore pratiquée dans une grande partie de Tlnde anglaise {)our le recoorrement des impdts. Les journaux ont publié des détails navrants sur ces cruautés et sur l'indicible détresse à laquelle la Cornpagme ia Inde$ a réduit les malheureux indiffènes de son vaste empire.
Ne suffit-il pas d'ailleurs de se rappeler les atrocités dont l'Angleterre s*est rendue coupable envers les Catholiques depuis trois siècles, pour se convaincre qu'elle n*a le droit de jeter la pierre à aucun gouverue** meot? Aujourdliui encore, n*est-il pas avéré qu*en Irlande, les Catholiques, réduits pour la plupart à Tindigence et ayant à soutenir leurs prêtres, sont obligés de paver les dîmes auK ministres protestants, qui les ont dépouillés de leurs propriétés?
M. Jules Gondon dit encore dans rUnion du 10 janvier 1857 :
€Les Anglais ont pour habitude de fiiire très-grand Bruit des arrestations de voyageors signalés de loin en loin sur quelque grande route des Etats-romains ou en toute autre partie de Tltalie. Mais Tetra nger ne se douterait pas au*en Angleterre, au sein de la capitale» où Von exprime tant d'étonnément à la nouvelle de ces vols possibles en tout pays, le brigandage» Tassassinat et le vol aient créé un état social qui nécessite la publication dans les journaux d*annonceS| comme celle-ci :
GarroUer les gem et forcer tes maisom.
c Les couteaux anti-garrotteurs et les sa-
< bres domestiques de Happin sont les meils- «leurs armes de défense; elles sont fabri- «auées expressément pour les exigences
< Je ces temps effroyables. Ces armes sont « entente au magasin de MM. Mappin frères, « k Londres, ou a leur manufacture de cou*
< tellerie à Sheffieid. »
« Le mot garrotUi populaire depuis quelques mois chez nos voisins, vient de Tespagnol. On appelle de ce nom rinstrument par lequel, en Espagne, on met à mort les
! rends criminels. Ce supplice consiste à être trangié a Taide d'un collier de fer qiie Ton serre au moyen d'un écrou. En Angleterre, chacun sait que les criminels sont pendus; mais ce que Ton ignore, c*est que les bonoêles gens, les citoyens les plus paisibles, les plus inoffensifs, subissent ou sont exposés à subir le supplice de la garrotte. Ce sont les criminels, les voleurs, les assassins Qui ont adopté ce système d'attaquer, et qui I appliquent sur une gi^ande échelle dans les bubourgs, les parcs, Tes quartiers retirés de Londres et môme dans les rues les plus fré-
iuentées de la capitale, après une certaine eure de la nuit...
. « Les garrotteurs sont des individus peu scrupuleni; ils entrent dans les magasins et assassinent aussi lestement qu'ils étrangjlent. Le récit de leurs forfouta remplit les jour-
naux. aA seule eoosoiation que trouve le Moming-Pù$i au milieu de cette terreur générale, c'est que le mot garrotte vient de Pétranger. L'Espagne, il est vrai, a le mot, ' mais l'Angleterre a le crime... Le Uoming* Po$t^ qu'on n^accuse pas d'exagération, dit
S lue Londres gémit 9ou$ le despotisme des «o* eurs. Ce journal raconte qu'on fabrique non-seulement des couteaux-poignards con« tre les garrotteurs (anti'garrotte'Knife)^ mais
Îu'on pose dans les maisons des sonnettes 'alarme, des trappes-à-homme (ma«-lrajp«), ' et que le fabricant de ces trappes fait fortune. « Chaque villa, dans les environs de la capitale, se met en état de soutenir un siège, tandis que, dans nos rues peu fréquentées, la garrotte se naturalise. On entend des personnes qui ont quelque souci de leur cou, parler très-sérieusement de porter le soir des colliers de fer k pointes aiguës et de recourir k d'autres précautions de noli me tanaere^.. Les choses en sont au point que la foi de la défense personnelle doit être substituée k la loi qui ne nous couvre d'aucune protection. Partout on désire gue la police soit augmentée et gu^elle redou^ oie de vigihmce: mais encore ne voit-on en cela qu^un palliatif à ce régime de terreur^ dont le remède 9 ajoute le Morning-Postf fa* ratt être encore fort éloigné... Il est parfaite^ ment notoire que tous ces scélérats font leurs affaires aussi systématiquement que lee bou^ chers et les taiUeurs^ »
M. Gondon cite d'autres extraits de journaux anglais qui attestent que la capitale seule n'est pas en proie à ce fléau, et qui demandent que l'on ait recours aux moyens les {>lus énergiques pour en purger les villes et es eampagnes. Ils l'attribuent pour une bonne part à la dernière réforme pénitentiaire, qui rend h la société une classe d'hommes Qu'ils appellent brigands patentés (/teensea brigands).
Si maintenant nous passons k l'Allemagne, il nous suffira de consulter le travail d'un ministre protestant, M. Kapff, pour arriver aux mômes résultats. Voici un extrait de l'analyse qu'en donne M. Cornet dans l'I/niveradfu^ik juillet 1856:
« Le peuple, dont plus de la moitié ne fréquente plus les temples, du moins dans les villes, se distingue par sa sauvagerie. Une presse impie inocule les principes les plus désastreux k la jeunesse, qui devient elle-même de plus en plus indifférente.
s Les crimes se multiplient depuis 1848. n y avait, avant cette date, l,iOO causes crimmelles en Prusse. Depuis lors, le nombre ^en est élevé k 26,000. En Wurtemberg, on en comptait 1,500 avant 184^, et notre auteur voit avec horreur ces causes parvenir aujourd'hui au chiffre effrayant de 8.200. Si M. Kapff voulait se donner la peine d'ouvrir, les statistiques criminelles publiées par le; protestant Caspar, il trouverait en Prusse les causes criminelles des provinces catholiques infiniment moins nombreuses que celles des proYinces protestantes
« Les cabarets sont la source de la plupart
DICTIONNAIRE BU PARALLELE
US
de ees crfmes. Les classes instruites ellesmêmes, s*y laissent gagner à rindiflérence religieuse, tout en se livrant aux principes de la démagogie. L*esprit de famille a cédé h l'influence des tavernes, qui sont devenues une puissance épouvantable. Comment serait-il possible d'en douter? Dans toute TAllemacne, il y a, terme moyen, un cabaret par 1U> habitants, et le Wurtemberg consomme è lui seul pour 35 millions de francs en boissons spin tueuses. Or ce pays n'a pas tout h fait 2 millions d'habitants. En 18fc7, dans le grand-duché de Bade, 50 meurtres ont été commis le dimanche, et les meurtriers étaient en état d*ivresse; mais le mal est plus çrand encore dans les régions do nord, qui sont exclusivement protestantes. A Dantzig, par exemple, 275 personnes sont mortes do delirium tremem dans Je laps de dix ans. La Prusse fait une consommation en boissons alcooliaues du quart de sa moisson annuelle. Il ne faut donc pas s'étonner si l'immense majorité pense comme ce soldat wurtembergeois, qui répondait à son pasteur : Mon Dieu, c*est mon roi; mon église est là où on sonne avec les verres, et ma Bible est un jeu de cartes 1....
« Presque partout les temples sont yides. A Breslau, le nombre des communiants, qui était, il y a un siècle, de 40,000, est descendu k 5,000; è Stettin, le nombre des per^ sonnes qui vont encore au temple peut être évalué à 7 sur 100, comparé è la population, et le nombre des crimes a augmenté de 300 depuis deux ans; k Berlin, U),000 habitants assistent de temps en temps k Toffice religieux , et U)0,000 autres ne sentent aucun besoin d'y i^araltre.
« Partout il y a disette de prédicants. Dans le Heklembourg, leur nombre est descendu de 193 k 28; en Prusse, de 902 k 576, grâce au rationalisme et k la mauvaise liuérature.
« Ce qui ruine le peuple allemand, sous le rapport religieux et moral, c'est d'abord le faux humantsmCf ou l'adoration des classiques de l'antiouité païenne. Nous disons avec M. Kapff : Bien des savants sont encore infatués de l'antiquité j^alenne ; ils ne voient pas combien la dissolution intérieure et exté' rieure de la Grèce et de Rome atteste que ce genre d'éducation est incapable de porter re^ tnêde aux maux qui affligent la société. La plupart des professeurs s^extasient devant leurs élèves sur Athènes et sur Rome bien plus que sur Jérusalem. De là vient que les établis^ sements d'instruction envoient 'si souvent dans le monde des hommes qui ne connaissent pas même les rudiments du christianisme ^ et qui^ parvenus à TUniversité^ ont par conséquent moins de religion que les païens eux - mêmes.
« Une seconde cause de Textinction de Fesprit chrétien, c'est le réalisme matéria^ liste comme l'expliquent Vogt et Moleschott, par exemple, qui prétend, entre autres choses lumineuses, que l'Ame humaine n'est que la phosphorescence du cerveau. Les sciences naturelles, telles qu'elles sont enseignées
dans la plupart des Universités, sont devenues une calamité publique. 11 faut que te mal soit bien grand, dans un pars où un professeur peut impunément dire a ses élèves, en disséquant un cadavre : Hé bient Messieurs, voyez- vous ici la trace d*une âme? Des rires d'approbation sont la réponse du jeune auditoire; aussi la plupart des médecins, botanistes et naturalistes, pensent comme ce professeur.
« Les doctrines libérales démocratiques^ qui ont pour but la ruine de toute autorité, n'ont pas peu contribué non plus k amener un pareil état de choses. Le pasteur Dulon, de Brome, par exemple, n*a pas craint de publier les lignes suivantes dans une feuille dominicale : 7/ n'y a de péché que Tesclavage. Le plus saint des exercices religieux ^ c'est la haine du despotisme^ et il ne peut être question des commandements de Dieu. Le droit divin, le voici : Manger son soûl^ être proprement vétu^ former son esprit ^ en un mot 9 être homme, homme véritable.,.. Lorsque, à cause de ces doctrines perverses, cet homme fut renvoyé de ses fonctions, il se trouva 10,964 signatures pour appuyer la pétition, qui demandait le retrait de i'.ette mesure. Le pasteur Dulon prêche aujourd'hui le libre amour en Amérique.
« Ceux qui tiennent encore au christianisme font partie du peuple et des classes moyennes. Pour les classes supérieures, » dit M. Kapff, « elles ne demandent qu'une seule chose, c'est que le peuple soit pieux, et qu'on les laisse elles-mêmes en repos dans le repos des jouissances matérielles, le repos de la chair et de ses exigences. »
Nous allons emprunter maintenant le compte rendu de M. Léon Aubineau {Univers du 27 juillet 1856) pour faire connaître un ouvrage qui a pour objet l'état actuel de l'Eglise et des sectes dissidentes, non plus seulement dans un pays en particulier, mais dans tout le monde civilisé. Laissons parler H. Léon Aubineau, en omettant seulement une partie de ce qu'il dit sur la Nouvelle- Grenade, une protestation de M. Mosquera nous ayant appris que M. Eyzaguirre a exagéré la corruption de ce pays :
« M. Pabbé Ejrzaguirre, doyen de la Faculté de théologie et ancien vice -président de la Chambre des députés du Chili, auteur d'une histoire ecclésiastique et politique de ce pays, a publié, sous le titre du Catholicisme en présence des sectes dissidentes^ un ouvrage que nous avons déjà annoncé, et
Ju'une traduction française nous permet 'apprécier aujourd'hui m}. C'est une apo* logie de la religion catholique, une apologie purement historique, et 1 auteur se borne aux faits de l'histoire contemporaine. Son plan est des plus vastes et des plus simples : il examine, et il montre la situation de l'Eglise catholique dans toutes les contrées du monde civilisé. Pour accomplir ce grand travail, M. l'abbé Eyzaguirre n'a rien é()argné : il ne s'en est pas rapporté k des récits. 11 a
($) Tiaduîlo pnr M. Verdot, chanoine liotioraire ei curé de Saint-Maurice de Besançon.
CnriLISATION.
ISf»
Ta, 6t il raconte ce qoMI a tu. SoKi àe son jrs, après aroir traversé le Pérou et la oavelle-GreDade, visité Cuba et les Etats- Unis, il aborde en Angleterre, et de là parcourt, pendant plusieurs années et dans tous les sens, TEurope entière et les contrées limitrophes d*Asie et d'Afrique. C'est non pas le récit de ses voyages , mais IVtat des choses qu'il a reconnu pendant ces pérégrinations, qui Ait le sujet des deux gros volumes que DOQS avons sous les ^eux. Nous n'avons pas k énumérer en détail tout ce qu'ils offrent d*intér6t, et contiennent de renseignements., M. Eyzaguirre est un observateur judicieux et un enfant dévoué de l'Eglise. C'est l'amour de l'Eglise qui Ta poussé k vouloir connaître la véritable situation de cette Mère dîrine dans le monde. Partout il. Ta vue lutter avec ce qu'on appelle si malencontreusement les doctrines du progrès, et partout oiï ces doctrines ont pu prendre un avantage quelconque contre 1 Eglise, fauteur a trouvé la cause de la civilisation attaquée, la paix altérée au milieu des hommes, et la tMrijarie montrant son affreux visage à travers les machines politiques les plus compliquées et fonctionnant le mieux. La tyrannie aussi n'est pas mise k l'écart, et les principes de la vraie liberté sont offensés partout où la puissance de l'Eglise est atteinte. En dehors d'elle, en effet, les hommes ne sauraient jouir d'aucun bien.
« L'auteur avait à peine quitté son pays, il était encore dans ce beau continent, si neureosement doué par la Providence de toutes ces sortes de dons et de richesses, dont les bommes sont particulièrement avides, que déjà, en parcourant les villes du Pérou, il pouvait reconnaître les traces d'une civilisation efbcéft et non remplacée. L'Espagne, la catholique Es;^gno, avait multiplié dans ses colonies toutes sortes de bienfaits. Les écrivains philosophes et protestants ont beau l'accuser de monopole et de cruauté. l'activité et la puissance de sainteté et d intelligence répandue dans les possessions espagnoles témoignent de l'inexactitude et de rinjnstice des écrivains. Lima était pour les deux continents américains un centre de lumière. An lieu de la culture des sciences, qui rendit autrefois l'Dniversité de celte ville si célèbre; au lieu des germes de sainteté qoe l'exemple y développait, que l'enseignement y faisait naître dans les Ames, le Pérou n'offre plus que les symptômes de la décadence. En vain s'enorçueiilit-il de s'être affranchi des liens qui l'unissaient è la mèrepatrie ; depuis qu'il a conquis son indépendance, il ne s'est guère montré di^ne d'en jouir. L'expérience de la monarchie es|)agoole lui indiquait ce qui importait k la prospérité d'un peuple. Il suffisait de laisser faire, et de seconder l'Eglise. Plus son action est libre, et plus la prospérité se répand sur les ji^nérations des bommes. Les prospérités intellectuelles, les gloires de la sainteté ne sont pas seules k se multiplier. Dieu ne se refuse pas k combler les siens de ces iiicQS d*un ordre inférieur, que malheureu-
sement les hommes d'auiourd*hui recherchent uniquement ; la cité de saint Turribe et de sainte Rose était appelée la Cité des Rois, et son opulence dépassait tout ce qu'on
Ïeut imaginer. Toute cette splendeur est nie. L'esprit d'animosité contre la papauté a dévasté ces belles régions : les préjugés de la Réforme et du jansénisme ont desséché tonte vie, et ont attaqué même l'espérance de l'arenir; non - seulement les brillantes Universités ne sont plus qu'un souvenir, mais l'Eglise, qui instruisait autrefois les peuples, a été privée du droit de former elle-même ses ministres. Les séminaires ont' été fermés, Tinstruction a été livrée k l'esprit de schisme et de particularité; en même temps l'avidité des biens de ce monde, aftn de propager, aisait-on,.la colonisation par* des étrangers, essayait de ravir k ce malheureux pays Tunique bien qu'il eût encore conservé de tous ceux que TEspagne . lui avait légués. Au nom de la tolérance, on a voulu proclamer la liberté des cultes, et atteindre de la sorte l'uqité religieuse d'une contrée déjà si ravagée. Au milieu de ses superstitions, le peuple, en effet, a conservé l'attachement de ses ancêtres k la foi catholique, et cette horreur indéfinissable pour l'hérésie, qui est une des grandes grâces que Dieu accorde k ses enfants. Mais une foi qui ne se relie pas étroitement au roc de saint Pierre est une fot fragile et sans défense dans le nouveau monde comme dans l'ancien.
« Toutefois, au milieu des révolutions et des secousses qu'il a subies, et où il a perdu tant de ses biens véritables, une lueur d'espérance parait se lever sur le Pérou. L'Eglise y est rentrée dans $on droit de former et d'enseigner elle-même ses ministres; une loi plus généreuse^ et partant plus politique que celles dont nous avons parlé, a rendu k la fî)i catholique quelque peu de la place, que, par tout pays jaloux de sa civilisation, elle doit occuper dans l'enseignement de la jeunesse
« En même temps les missionnaires anglicans cherchent k pénétrer dans la Nouvelle- Grenade. L.eur audace est allée jusqu'k prier les évêques catholiq^ues de répandre Iles bibles de la Société biblique. On a peine a comprendre une pareille aémarche; elle est tout a la fois une Insolence inimaginable et l'aveu de cette forte constitution catholique, dont, nous avons parlé, que l'Espagne a donnée à toutes les populations qui ont vécu sous sou
gouvernement. Malgré la dépravation des abitants de la Nouvelle-Grenade, malgré les éloges que le Congrès décerne au protestantisme et tout l'appui donné k ses efforts par le gouvernement , le peuple corrompu, sans frein, sans loi, sans vertu pour ainsi dire, a gardé pour l'hérésie une répugnance
Ju'elle n'a pu encore entamer, et dentelle ésespère de triompher si elle ne parvient k se glisser sous le couvert de l'autorité catholique. Il est inutile de dire de quelle manière MKr Mosquera, archevtoue de Rogota, a répondu k la lettre de lord Bexley, prési. dent de la Société biblique anglicane. C'est
rimmoralité seule qui pourra introduire le proteslantifliûe dans la Noufelie-Grêuade. Avec GQ reste d'attachement pour la foi catholique subsistant au milieu d*un oubli oomplet de ses enseignements, il faut compter encore au profit de ce malheureux peuple les souffrances des évèques confesseurs et la fidélité d*une iiartie du clergé associé aux prélats pour la défense de la reli^on de Jé« sos*Cbristet delalibertéde sa sainte Eglise*
« En faisant connaître la position de l'Eglise catholique dans tous les pays qu'il parcourt, M. Eyzaguirre fait connaître le caractère et le degré de cifilisation des peuples. Il admire les progrès de la foi aux Etats- Unis, et insiste sur tout ce qu'il y a de faux et de fnagile dans la prospérité uniquement iDâtécielle' de ce pays de la fausse liberté, comme il rappelle, où l'esclavage s'étale avec toutes ses bontés, où l'égoïsme et la soif des richesses sont les mobiles de toute action, où la cause de la civilisation ne )JOurra être assurée et ranimée que si l'élise catholique parvient à transformer et modifier le caractère national, la politique et toutes les aspirations de ces peuples orgueilleux et appliqués à jouir.
« G est par l'Irlande et l'Angleterre que le voya(;eur aborde en Europe. C'est dans l'ancien monde qu'il vient surtout voir le catholicisme en présencedes sectes dissidentes. La pauvre Irlande, au milieu de son oppression et de sa misère, lui montre nn grand nomt>re d'œuvres de zèle et de charité, actives et fortes, soulageant les pauvres
est riche , et , maigre certains symptômes éclatants de faiblesse et de prudence, elle est orgueilleuse de ses lumières et de sa force. Tous ceux qui l'ont visitée ont néanmoins constaté la dégradation et la misère deson peuple. MT. Eyzaguirre en a été frappé, et il a trouvé dans la ville de Londres des monstruosités etdes ténèbres inimaginables. Cette civilisation dont l'Angleterre est fière ne pénètre pas jusqu'au peuple. La religion anglicane ne touche ni le cœur ni l'esprit des malheureux. Elle ne s*occupe pas davanlaçe du soin de leurs corps. Ces faits ont déjk été révélés maintes fois. Les journaux anglais ont beau vouloir s'inscrire en faux contre les assertions des voyageurs, les enquêtes eâ toutes sortes de documents confirment ce que ces derniers ont dit de l'abjection où tombe ce peuple comblé et oujvré des biens de ce monde, mais privé du seul bien qui fait la force de l'homme et sa no- |>lesse, séparé de la vérité. Quand la vérité s'éloigne, elle emporte avec elle toutes les vertus et tous les dévouements ; il reste l'égo!smè,la mécaninue des administrations et surtout la crainte des dangers que la misère enfiinte. Cette crainte est inintelligente et elle est peu prévoyante. Elle attend que les périls aient surgi pour chercher à les conjurer, et elle réussit mal dans ses entreprises. Toute l'attention des hommes politiques i
tous leurs sentiments de bienftisance et même tous leurs désirs ()epop\îlarlté ne parviendront pa^, sans HnierYention d*une vertu supérieure et divine, à créer une école où l'enfance reçoive des impressions salutaires, ni un hôpital où les pauvre^ trouvent tes soins et le soulagement qui l|9ur sont nécessaires. La charité catholique accomplit ces œuvres comme en se jouant ; elle les muliiplic avec un luxe infini, que le^ excès seuls de la misère et des besoins empêchent de trouver superflu. En vain on veut imiter TEglise et ses œuvres. Les gouvernements et les sectes dissidentes usent leurs ressources et leurs efforts. Les administrations bienfaisantes et la taxe des pauvres en Angleterre sont impuissantes a soulager matériellement la misère, et les Bithanies du roi de Prusse, non plus que les autres contrefaçons où le protestantisme s'ingénie è imiter nos instituts de charité, ne porteront pas la lumière et l'esprit de vie au milieu des populations dégradées par l'ignorance.
« La seule force de l'Angleterre pour résister k la barbarie qui se fomente dans son sein, est préparée et suscitée par le catholicisme. Il serait long d'énumérer toutes les couvres catholiques qui fleurissent et se propagent en Angleterre, brisant chaque jour davantage le réseau des lois répressives et rigoureuses que le schisme avait étendu sur la Grande-Bretagne. Les progrès de la foi dans ces contrées sont aussi meryeilleux qu'aux Etats-Unis, et ces deux contrées ressentent l'une et l'autre la vertu surnaturelle de l'Eglise de Jésus-Christ. Des deux côtés de l'Océan, TEglisè se trouve en présence d'un peuple hostile. Les lois les plus dures l'affligent en Angleterre; aux Etats - ÛniSt Tabsencède toute répression la livre souvent aux violences dés dissidents, des illu.mlnés. et des fanatiques de toutes sortes, qui» par un singulier contraste, abondent dans co pays de l'égoïsme et da positivisme.
« L'Eglise est toujours vivante : c'est un admirable spectacle de la voir conquérir des régions nouvelles et répandre ses enseijsnements divins parmi les pe.uples qui les avaient toujours ignorés ; c'est un spectacle non moins ravissant et plus singulier p^utêtre encore de la voir reprendra posse^sioa des peuples qui l'ont méconnue et chassée. C^est ce spectacle que TEurope montre en ce moment. L'Angleterre n'est pas seule à être ébranlée. La Hollande elle-même, ce boulevard, ce refuge, ce centre de toute hérésie, se sent envahie. Les lois les plus odieuses se sont usées contre la patience et la persévérance des Catholiques. Il à fallu finir parleur reconnaître quelques droits, et ces droits leur ont servi è faire de nouvelles conquêtes. Ces sortes de conquêtes» du reste, ne portent atteinte à personne, sinon au démon. Elles se résument en bienfaits, en lumières^ en dévouement. Ce sont surtout les Dominicains et les Jésuites (]ui, durant le temps des plus dures répressionsi ont soutenu le zèle de la foi du troupeau fidèle bol* landais. Ce sont ces congrégations aussi
aVILlSATIOM.
'^ai ODlélet^ les premières églises catboliqoes à là fin du xtii' siècie, après une inter* raption de pràs de cent ans de tout exercice de culte puDtic. Encore la liberté n'étafi pas grande : la dimension (\&s édifices fut réglée, tout signe extérieur, cloche ou clocher, fut i rigoareusement interdit; aucune porte mè- * me ne dut ouvrir sur la rue. Aujourd'hui, la hiérarchie catholique est rétablie dans cette eootrée, et dans de vastes églises une population immense s*empresse de reconnaître et d'adorer ce Dieu de TEucharistie, que les presses hollandaises ont si longtemps insulté et mécoonu.
< On comprend que le protestantisme, en présence de ces progrès, rallie ses efforts et cherche è ranimer le zèle de ses adhérents. Mais quoi, la baine ne peut durer toujours! Le protestantisme, qui a été à sa naissance une négation furieuse, n'est plus «ujour- «iliai qu'une négation hésitante et embarrassée. Ses efforts sont stériles, et tout leur rfeoltat sert à manifester une fois de plus son impuissance d*6tre. C'est la Prusse qui a été le centre et Tinspi ration de ce qu'on peut regarder comoae le dernier effort au protestantisme. Au sein de la décomposition que le libre examen a développée , la Prusse cherche à trouver un point aappuî pour lutter encore contre l'Eglise. Elle n*a trouvé rien de mieux que d^ssajer k contrefaire rSglise elle-mfime et ses œuvres. Nous ne dirons rien des résultats de la tentative sur ce dernier point. Les Béthanie$ du roi de fnuse, les aiaconesses et les compagnes de miss N^ghtingale peuvent être mises sur la oéoe ligne ; et s'il n'est pas permis de dire que leors entreprises sont stériles, il est uifficilede voir entre leurs mains les fruits <{u*on attendait de leurs efforts. Mais c'est Cessai de constituer une unité, qui a été une hizarre invention. En tout temps les sectes dissidentes, tout en s'anathématisant les ooes les autres, se sont montrées soumises à une discipline merveilleuse, toutes les fois qu'elles attaquaient l'Eglise catholique. Tout ce qui était hostile à cette Estise avait droit k une certaine confraternité a leurs yeux, et les doctrines les plus immondes ne perdaient l^stout à fait ce droit. Ainsi, tanilis que la Hollande proscrivait le catholicisme, elle laissait les frères moraves s'installer au milieu de ses populations. Aujourd'hui cette usité par opposition à l'Eglise, ne parait pas suffisante, et on a voulu constituer une unité dogmatique. Nos lecteurs se rappellent la distinction entre les vérités essentielles sur lesquelles les chrétiens protestants sont obli- K^ de s'entendre pour former leur prétendue unité, et les mystères livrés k la libre ioterpréiation de chacun. On peut douter que cette anité soit bien vigoureuse, et les révélations du prélat Kapff ont appris k nos lec- |eursles beaux résultats que les sectes dissidentes en ont déjà tirés et s'en promettent suçote. Aussi^ la Prusse ne s'en tient pas à Attendre les bienfaits que doit procurer cette ttoité : c'est par les lois et l'application sur- ^^ des lois d'enseignement que ce gou-
yerneoieot entretient la luttq contre le catholicisme. Le refus de secours aux écoles catholiques, l'introduction de professeurs hérétiques et hostiles è la foi dans les académies catholiques, lui paraissent un bon moyen de s'opposer aux progrès de l'Eglise. Il ne faut pas s'étonner si les universitaires de France ont si longtemps pris la Prusse comme un exemple et un modèle dans les matières d'enseignement. Fendant qu'elle s'oppose ainsi k Ta propagation de l'Eglise, la Prusse ne peut s*empècher de ressentir les bienfaits oe la chanté catholique. Une congrégation charitable de France, les Sœurs Saint-Charles de Nancy, vouées principalement aux œuvres gui concernent les Allemands, ont construit k leurs frais un magnifique hospice k Berlin. L'établissement n'a aucun revenu assuré et il est ouvert gratuit* tement ktous ceux qui ont besoin de soulagement. Il contient en outre un asile pour les vieillards. Avant que les Sorars ne fussent établies dans leur nouveau bâtiment, elles soignaient plus de six cents malades par an ; le nombre des lits a dû être augmenté dans la nouvelle construction.
« C'est la môme histoire partout : TKglL^e répond aux attaques, aux vexations, aux persécutions, par des bienfaits. C'est sa mission, c'est sa gloire et son triomphe; elle a la charité comme elle a la vérité, et ses combats sont de bonnesœuvres. Partout les populations sont touchées, instruites, consolées, guéries ; les obstacles tombent, les résistapces cèdent; c'est plus, c*est moins: c'est partout quelque chose, et rien n'est beau et doux k voir comme cet épanouissement de la charité sur le monde. Les endurcissement sont grands, il est vrai; fasse le Ciel que les cœurs des générations de ce siècle, si longtemps nourris de fausses doctrines et attachés aux seules jouissances matérielles, goûtent enfin la vie vraie et délicieuse de la foi, et
Ju'ils succombent sans retour sous l'atteinle e la charité I C'est Ik la dernière victoire du bon Dieu et de sa sainte Eglise; elle amènera la paix du monde, elle éteindra les révolutions. Verrons-nous ce triomphe ? Les symptômes qui peuvent le faire espérer sont déjk une grande joie; et c'est Ik l'intérôt du livre de H. Eyzaguirre; on y sent partout l'amour ardent de l'Eglise ; il en analyse les progrès, il en suit les succès avec délices. II reconnaît avec tristesse et respect les traces des bienfaits qu'elle distribuait autrefois aux bommes, et que leur perversité a détruits. En présence des mendiants qui pullulent eu Danemark, il rappelle les travaui des moines de ces contrées, leurs aumônes et leurs soins charitables de toutes les faiblesses qui aflligenl l'humanité. On sait sous quelle dure législation gémissent encore les Catholiquesde Suède. Dans ce pays, où la fête du Soleil est célébrée avec une pompe toute païenne, où le divorce est établi et ruine chaque jour la société davantage, on trouve partout des traces de la puissance catholique. Pendent opéra inierrufla. Le protestantisme ne réclame pas cette mission de dévouement
lâff
DICTIONNÀmE DU PARALLELE.
Ses ministres et ses distributeurs de Bibles cherchent k pénétrer en Italie, travaillent en France» aiment à tourner leurs efforts vers les pays heureux et riches, vers ceux où quelque commerce peut ôtre uni à la propagation de l'Evangife. La Suède catholique possédait au monastère de Bure le siège ues missions des prorinces du Nord. Douze moines et un abbé parcouraient constamment la Laponie pourévangéliser et instruire les peuples: Le monasière de Bure est détruit. Ses ruines sont abandonnées et couchées dans une vaste solitude. L*Œuvre que ce monastère accomplissait est abandonnée aussi, à moins que les travaux des missionnaires catholiques qui viennent de pénétrer de nouveau dans cette contrée n excitent cette rivalité du protestantisme qui lui a toujours tenu lieu de zèle. Jusqu'à présent, les ministres chargés du soin spirituel de cette contrée se contentent de vivre sous le climat le plus doux de leur mission, et ils en visitent régulièrement les points les plus éloignés une fois par an... pour réclamer la dlme de la pèche et des rennes. Du reste, ce n*est pas seulement le peuple de la Laponie
8ui est abandonné : le pauvre peuple de uède est privé de toute instruction; il n'en recevra que lorsque, en dépit des lois, TEglise catholique se sera répandue dans ces contrées.
« Nous ne pouvons suivre notre voyageur dans tous les pays qu'il parcourt. Partout il porte un esprit de curiosité, un œil observateur et un enthousiasme ardent de la vérité. On sent dans toutes ces pages qu'il a suivi avec amour les traces de rBglise au inilieii du monde, pleurant sur son oppression, joyeux de ses succès, et trouvant partout le protestantisme et les sectes dissidentes dans une décomposition et une stérilité dont le spectacle défie et surpasse toutes les descriptions. H. Eyzaguirre a fait de longues stations aux Lieux-Saints, et Técrivain n'a rien oublié des impressions qu'il a ressenties : c'est le Chrétien, c'est le prêtre qui a visité le Calvaire, a prié au Saint-Sépulcre, au jardin des Oliviers, à la vallée de Josaphat, à la grotte de Bethléem, sur les rives du Jourdain, qui a célébré les saints mystères dans plusieurs de ces lieux sacrés, et qui vient aujourd'hui parler avec amour de tous ces lieux mémorables. Combien les sentiments du Chrétien communiquent de force et de lumière 1 M. Eyzaguirre est un de ces esprits h qui on peut se confier. 11 voit bien les choses et il les fait bien voir. 11 y a de l'élévation, de la force et de l'entraînement dans sa manière de penser et d'écrire. C'est un homme habitué aux çraves études et aux pensées sérieuses. Son livre, d'une lecture toujours attrayante, est de ceux qui font réfléchir; il est aussi de ceux qui font aimer l'Eglise. L'auteur n'a rien négligé pour connaître la vérité. La vérité ne s'est point dérobée, et elle est toujours un grand attrait. Les traducteurs ont rendu service à la cause catholique en France; et on conçoit qu'un lirétre aussi occupé du ministère des Amus
que H. le curé de Saint-Maurice de Besan- t çon,ait pris sur ses veilles pour faire connaître à la France cette brillante et ferme apologie de l'Exlise. Le bien des Ames y est intéressé, en eneL L'auteur n'a pas un nom nouveau dans la littérature, mais ce dernier travail lui assure désormais une grande place et donne à ses témoignages une grande valeur. »
— M. Coquille dit dans TUnmr$ du SB janvier 1857 :
« La liberté municipale est une des gloires de l'ancienne France; M. Augustin Thierry, dans la Préface qu'il a mise en tële du deuxième volume du Recueil des monument$ inédiU de Vhiitoire du tiers itat^ nous offre un résumé de nos institutions municipales à partir du xu* siècle... A la Rochelle, un maire, vingt-quatre échevins, et soixantequinze pairs ayant pleine juridiction au civil et au criminel... Poitiers avait un collège municipal décent membres. Le maire, choisi annuellement par ces cent membres et parmi eux, était capitaine général de la ville, et juge avec les écbevins dans toute cause civile et criminelle. Le collège, sorte de patriciat bourgeois, nommait tous les magistrats et se recrutait lui-même par élection. (Suivent d*aulres exemples). Administration, police, impôt, pouvoir judiciaire, ils avaient tout. En général, ces droits dérivaient du suffrage universel, c'était la démocratie dans la bonne acception du mot. Elle recevait la part d'actioh et de prépondérance qui lui revient dans l'Etat, car elle suppose, comme tous les anciens l'ont remarqué, un territoire restreitU etun petit nombre de citoyens. A la rigueur, quinze ou vingt mille citoyens ont une dose d'intelligence suflîsaote pour discerner les intérêts de leurs villes. Ces mêmes hommes seraient sans capacité pour le gouvernement général de la France. Toute l'Europe chrétienne a connu ces antiques libertés qu'on a diffamées après les avoir renversées. L'érudition les lire de la poudre des archives... A partir de 89, il s'est formé une école de publicistes qui ont reconnu que la liberté consistait dans le pouvoir absolu: ce pouvoir absolu ils l'accordaient généralement à des assemblées centrales... L'instabilité du pouvoir date de là; c'est quel-
3ue chose d'avoir à surveiller 38 millions 'individus. Il est plus facile de surveiller 36,000 communes. Les corporations vont toutes seules... Elles absorbent la plus grande partie de l'individu, et né le laisse pas k la charge de l'Etat. Si depuis 60 ans, l'ambition privée s'était dirigée sur l'administration communale et provinciale, TEtat eût été constamment en repos. »
-rM. de Laroche Héron rendait compte dans CUniverê du 7 août 1856, d'un ouvrage de M. Ampère, intitulé Promenade en Amérique et formant 3 vol. in-8*. « Nous avons ouvert ces deux volumes avec déOanse* & dit M. de Laroche Héron, « trompé par le compte rendu trop inexact qu'en a donné* dan:> \fi Journal des Débats^ M. H. RigauU, qui
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