CIVILISATION
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8 apprécié récemmeiil le livre de H. Am« père, et a cru pouvoir le résamer dans qai^tques sentences de la force de celles-ci : fl L'esprit de famille est avec le goût de rinstruction , le trait le plus saillant des mœurs de rAmérique. — Un autre trait du |ieuple américaini c*est le sentiment reli- 'gieox.--OD objecte la multiplicité des sectes. C'est une preuve de foi. Les pays les moins religieux ne sont pas ceux où il y a le idoIds de sectes, car les sectaires sont encore des croyants, mais ceux où il n*y eo a pas, et où, eo fiice de Torthodoxie, il n'y a plus que Tincrédulité. »— Or si de pareils aphorismes pouyaient 6tre extraits du livre de M. Ampère, cet ouvrage aunil été pour nous condamné à Tavance.
Il serait, en effet, plus exact de dire que Tabseoce de Tesprit de famille est le trait le plus saillant des mœurs aux Etats-Unis. Chacun sait que la passion de la liberté nes>e limite pas aux choses qui touchent k la politique. En Amérique, I*enfant suce Fespril d'indépendance avec le lait ; et la puissance paternelle n'y est pas plus respectée que les autres puissances. Pour le jeuoe homme et la jeune personne è peine entrés dans Tadolescence , ne consulter ses parents ni sar ses lectures, ni sur ses amitiés, ni sur son mariage; sortir seule pour la promenade, le bal ou le spectacle; recevoir seul une nombreuse société au salon, quand le vieil homme et la vieille fem^ me sont retirés dans leur chambre à coucher, est-ce là Tesprit deiamille? £ertet7 kemme^ tkeold man ( c'est ainsi qu'un Améncain de vingt ans appelle son père), sait si bien ne pas gêner les libres allures de ses enfants, que souvent il leur laisse le choix de la secte religieuse è laquelle il leur plaira d^appartenir. Tout culte est réputé également non, excepté la religion catholique, parce que c'est la religion des («uvres Irlandais, et la morgue démocratique ne s*aGCommode i^as de coudoyer la misère même i l'Eglise.
«Quant k dire que la multiplicité des sectes est une preuve de foi et de la profondeur du sentiment religieux, nous nous inscrivons encore en faux contre un pareil sophisme. C'est Tesprit de révolte religieuse qui crée la multiplicité des sectes et qui éteint la foi. Le pays où l'incrédulité se montre en face de l'orthodoxie est plus religieux que le pays protestant où tl n'y a pas d'orthodoxie. Ne devrait-on pas savoir d'ailleurs qu'aux Etats-Unis les sectes protestantes ne peuvent toutes ensemble revendiaucr plus des trois septièmes de la population? Et encore plusieurs de ces sectes qui ne reconnaissent, ni le baptême, ui la Trinité, ont-elles cessé d'êtres chrétiennes, ne professent-elles qu'un déisme philosophique. Les Catholiques forment un septième du nombre des habitants ; il reste donc trois septièmes, soit près de dix millions d'âmes, qui ne sont attachées k an- (^UQ culte religieux, qui ne s'occupent exclusivement que des choses de la terre,
et n'élèvent jamais leurs pensées vers le ciel. Nous voyons dans ces faits la preuve qu'aux Etats-Unis la foi se perd dans les masses, et les organes des sectes protestants sont les premiers à le reconnaître...
« Toutes les relations de société de M. Ampère ont été dans le monde protestant et infidèle ; il a fréquenté surtout les sommités de la secie unitaire; mars il ne parait pas avoir parlé k un évêque ou même k un prêtre catholique aux Etats-Unis.
Voici cependant ce qu'il écrit : Je demande eHl y a beaucoup de proleslanle qui embrasnnt le catholietsme ; on me répond^ comme on fa déjà fait plusieurs fois y aue ce sont des cas rares et exceptionnels. La population catholique augmente considér(d)lement par V émigration ; mats on ne cite guère de conversions que celles de quelques personnes qui ont voyagé en Europe ou des enfants m'on a envoyés à des écoles catholiques. En rwanehsy on me dit que les petits Irlandais qui fréquentent les écoles de la ville deviennent souvent protestants. ^Le catholicisme n*est aux Etats-Unis Vobjet d'aucun préjugé malveillantf mais Je ne crois pas que la majorité soit disposée a Fadopter.
« Si M. Ampère, au lieu d adresser sa question k M. Ogden, de Chicago, l'avait faite k l'archevêque de New-York, par exemple, l'illustre prélat lui aurait cité parmi les membres les plus éminents de son clergé, un grand nombre de prêtres distingués qui ont été des ministres protestants, et parmi les laïques qui honorent l'Eglise, soit dans la presse, soit dans la littérature et le haut enseignement, un plus grand nombre d'anciens sectateurs de l'hérésie. M. Ampère aurait pu voir un évêque catholique , Mgr Bailey, qui a été ministre, et comme contraste, un modeste professeur, Te docteur Yves, qui a généreusement abandonné la diguité et les richesses d*un évêché protestant pour embrasser le catholicisme. Lenteur aurait appris que la secte épiscopale d'Amérique est travaillée des mêmes velléités de régénération qui travaillent l'anglicanisme, et que périodiquement un certain nombre de ministres, les plus pieux et les plus instruits, désespérant de rencontrer le repos de la conscience en dehors de Rome, rentrent dans le giron de la véritable Eglise. Ces pasteurs exercent, une grande iiiiluence sur leurs coreligionnaires, et chaque conversion du ministre détermine le retour à l'unité de plusieurs laïques. En un mot, le nombre des convertis est devenu aujourd'hui si considérable qu'ils constituent un élément important dans la population catholique des Etats-Unis. Les Jésuites et les Rédemptoristes ont même des classes d'adultes pour les personnes qui se montrent disposées à abjurer l'hérésie ; Ik on les instruit par groupes, le petit nombre des prêtres ne permettant pas de catéchiser séparément chaque protestant. On voit fUir ce tableau qu'il ne s'agit plus uniquement de fue/fuea personnes ayant voyage en Europe f quoi-
DIGTIONNàlBB W PARALLELE.
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qa*il soit vrai que ee TOjrage ail él6 soi^ Tant on instrumaal de cooTersion. Las Américains ont été trompés si effrontément par leurs ministres sar les dogmes* les ce* remontes et les mcsars des Catholioues, que leurs topristes n*ont pas de peine a reconnaître les mensonges de Terreur» en parcourant la France ou ritalie....
« Quant k l'assertion de M. Ogden» répétée par H. Ampère» que des enfants irlandais perdent la foi clans les écoles protestantes^ elle n*est malheureusement que trop Traie, k la honte de la législation des Etats-Unis. En dépit de la liberté des cultes que garantit la constitution, les Catholiques sont taxés pour le soutien d*un détestable système d*écoles publiques où sont admis les enfants appartenant à toutes les sectes. On veut leur donner une éducation nationale, et sous prétexte de respecter les di- Ters cultes, on ne donne dans ces écoles aucune instruction religieuse ; il en résulte que les enfants apprennent l'indifférence en matière de foi, et les grands pro« grèft de Tinfidélité aux Etats-Unis sont le^ résultat des écoles publiques. La déplorable influence de cet enseignement se fait même sentir sur les pauvrjes enfants catholiques que leurs parents sont contraints d'envoyer à ces écoles. Aussi les évêques s'imposent les plus grands sacrifices pour fonder partout des écoles spéciales, et la population catholique, déjà si obérée Yolontairement pour le soutien du culte, est obligée de contribuer pour ses propres écoles, en outre des taxes qu'elle paye à l'enseignement public.
« Au moment ou M. Ampère se laissait dire que le catholicisme n est aux Etats- Unis robjet d'aucun préjugé malveillant, la francrmaçonnerie américaine procédait dans l'ombrô à ses attentats contre les églises et les droits des Catholiques....
« L'auteur est moins inexact dans sa description de plusieurs sectes protestantes ; mais il montre pour les unitaires une sympathie marquée. Les unitaires qui ne croient pas en la divinité do Jésus-Christ, sont les philosophes et les universitaires de l'Amérique. Ils n'admettent aucun sacrement, pas même le Baptême, et ils ne se recrutent que parmi la classe intellectuelle et littéraire des Etats-Unis. Aussi les unitaires ont-ils conquis toutes les affections de la MevuB dei aeux' mondes et du Journal des Débais ^ et l'on voit dans ces feuilles de fréquentes études sur la doctrine et sur les écrivains de cette secte. On y célèbre même l'immense inUuence des discours de docteur Channrng sur les masses populaires, assertion dénuée de toute vérité. Les unitaires, comme les éclectiques, considèrent leuè doctrine comme trop épurée pour être comprise par la foule. Ils répètent sans cesse qu'ils ne s'adressent qu'à l'élite des esprits, et les écrits de Chan- Ding sont totalement inconnus en Amérique en dehors d'un petit cercle de philosophes. M. Ampère n'échappe pas è la
oontaglon de son enlottrage de lettrés, et il écrit celte phrase non moins exagérée qu'injurieuse pour Fénelon : L'homme apos^ tolique doni le nom vénéré est béni de totu^ Véloguem écrivain unitaire ChanninÇf qui a mérité d'être appelé le Fénelon de VAmérique, »
M. de Laroche-Héron relève ensuite quel-
Sues erreurs historiques de M. Ampère; lui apprend que ta ville d'Ogdensburg n'est pas des plus nouvelles de l'Union ; que la Caroline a été ainsi nommée en
I honneur de Charles II roi d'Angleterre, et non pas de Charles IX roi de France, qui n'a donné son nom qu'k un fort de la Floride. 11 rappelle aussi à M. Philarète Chastes, que le Marjrland doit son nom à la reine Henriette^Marie, femme de Charles r% fille d'Henri IV» et non à Marie Tudor, morte 76 ans avant, et il termine ainsi : « Nous dire donc, pour nous résumer, que l'ouvrage de M. Ampère sort de la classe ordinaire des livres de voyage par l'agrément du style, la justesse d'un grand nombre d*observations et la profondeur d'aperçus scientifiques d'un haut intérêt. Mais l'auteur n'a pas pris la peine d'étudier par lui-même les Catholiques, et dans son ap-
Eéciation des sectes protestantes, il s'est issé influencer par les idées universitaires dont il est malheureusement imbu. » Nous pouvons ajouter que la Promenade en Amérique avant d'être publiée en volumes a paru dans la Revue des deux ^mondes f en une longue série d'articles.
— Nous avons analysé h l'article Progrès un travail de M. Pierre Dufour, sur la manière étroite dont M. Guizot entend le dé* veloppement de l'humanité et la ctet/tfa^ion. Voici un passage de ce beau travail que nous n*avons pas cité ailleurs, et qui se place ici naturellement : « Il but que l'école moderne ait été bien préoccupée pour prononcer naïvement et sans sourciller ces étranges affirmations : On ptui tout dire de la vie aeluelUf on peut épuiser l'histoire de la eiviliscuion^ sans tenir compte de la plus noble partie de l'homme : la civilisation est en deçà des hatUes facultés par lesquelles Hiomme s'élève à Dieu; et ce qui est tout un, la civilisation est en dehors de Dieu ; pour l'étudier et pour l'enseigner, il faut en faire abstraction, sauf à y revenir uuand tout est dit, et à poser ce dernier problème 1 «C'est ainsi pourtant que M, Guiaot a traité de la civilisation. L envisageant (il le croit du moins) toujours à un point de vue purement humain (lect. 2, p. 2^), il n'a vu dans rhistoire que le jeu sanglant ou pacifique des passions. Il n'a pas tenu compte des principes, ce qu'il décore de ce nom, ce ne sont que des origines de faits. Ku contemplant la vérité et l'erreur aux prises, il a fermé les ^eux sur le eroi et sur le faux, |jour ne voir en eux gue des combattants.
II n'a pas désiré le triom|)he de la vérité; il avait un bien autre souci ; il ne se sentait les entrailles émues que quand il vovait la lutte manquer de liberté Il écrit u après
CIYIUSATION.
Ma
celle préoceapatîon {prossière» que le 9ce)iii-> que seul esl aple à juger les nommes, le9 rails, les (kxtlrines, la foit .«,. La pari de la f érité religieuse fol au moips pour moilié dans le coure de la période historique que M. Guizol parcourt eu juge. D'où il suit que son point de Tue n'est pas m6me purement humain; il ne Test qu'à moitié. Ce n'est qu'une demi-perspective h l'aide de laquelle il oe peut voir que des objets n*on* qués. »
Le mdme auteur s'exprime ainsi dans un second article publié le 17 août 1856 : < Les trois dogmes générateurs de la civilisation moderne sont inscrits dans l'Evangile comme des dogmes révélés, et non pas comme des iavenlions dues au hasard ou à des découvertes scientiûques. L'unité du genre bumaio, fondement de notre droit ioternatiODal ; la fraternité humaine, principe de la véritable égalité civile et de l'abolition de l'esclavage païen ; la commune origine de l'homme et de la femme, base de l'unité et de rindissolubilité du mariage; ces trois principes se trouvent dans l'Evangile, comme tombes du ciel et ils le sont en eÏTet ; car ré^ vélés ne veul pas dire autre chose. Et voyez : à peine aujourd'hui, malgré les progrès des sciences naturelles et la puissance toujours croissante des moyens d^observatioo, k peine est-on arrivé à résoudre scientifiquement ce qo*on apoelle le problème des races humiRes. D'trn autre c^ié, les Turcs en sont toajoors à ne pouvoir croire aue la femme est un homme féminin (etrngo), les Indous ({oe les parias sont leurs semblables , les chinois que les enfants difformes ont le droit de vivre. Hais à la lecture de l'Evangile on voit qu'il n'a coûté ni études ni ef** forts à celui que di^-huit siècles appellent l'Homme-Uieu pour proclamer ces vérités et en déduire les conséquences. Encore une fois, elles sont tombées du ciel, elles sont réfélées...
cLa fraternité humaine 1 l'unité et rindissolubilité du mariage I le respect de l'enfance 1 mais c'est tout simple, tout rationnel, s écrie4-on, c'est de la morale et de la philosophie la plus élémentaire. Hélas I c'est vrai. Quoi de plus simple en apparence aue de dire ans nommes : vous êtes frères f et pourtant toates les raisons humaines séparées ou réunies, pendant quatre mille ans, n'ont pas trouvé cette parole si simple, si patorelle, si rationnelle, si élémentaire! £l ilalallu que le Verbe divin, exauçant le vQu de Platon et de quarante siècles, vint renseigner an senre humain, et faire reluire celte Yérilé rationnelle devant l'œil obscurci de la raison humaine. »
-On sait qu'en Suède, malgré la G>nstitutioo, des peines sévères sont prononcées encore contre ceux qui abandonnent l'erreur protestante pour se faire catholiques. Les "goes suivantes, extraites de VUnivers (18 décembre 18S6), révèlent un nouvel effet du
« U discours du roi de Suède a promis oae toi portant que désormais les femmes
seront déclarées majeures à vingt-cinq ans. £n reproduisant le discours royal, nons fîmes remarquer combien était étrange Tétat de choses que révèle un tel projet de loi. Toutefois, nous étions loin de nous en rendre compte; car. dans notre ignorance de la législation suédoise, nous nous figurions (}ue les femmes, en Suède, deviennent majeures, après vingt-cinçi ans» ï un âge quelconque. Il n'en est rien. Les femmes, en Suède, ne sont jaoîais majeures. Mariées, toute leur fortune passe à leur mari, qui peut seul en disposer. One femme peut, du consentement de son futur et de ses proche, demander au roi d'èire déclarée majeure, ce que le roi peut accorder par ordonnance spéciale ; mats la règle est que la femme soit toi^ours en tutelle. Les mœurs sont encore plus sévères que la loi; une femme oe peut pas même aller k la communion sans être accompagnée de son mari. Nous remercions robligesnt étranger qui a bien voulu nous mettre h môme de faire cette rectification. » — ^ Alon cher Monsieur, » écrivait sir Charles Napier en 1850, « vous vivez dans un cercle enchanté, à Calcutta, vous ne connaissez le gouvernement indien qu'en théorie... Les atrocités qui se commettent ici sont impossibles h décrire... Il n'est pas un régiment dont la marche ne soit une série d'horribles oppressions, et cela* non par le fait de Tindiscipline des soldats, mais par le fait du système de souvernement... Nous arrachons de force l'Hindou k sa charrue, lui et ses bœufs, et nous robli^^eons k faire des mar* cbes de plusieurs milliers de milles pour transporter les bagages des régiments»*. Et après six ou huit mois, —j'en sais pour qui le supplice a duré des années, -— on le ren-^ voie ruiné k sa demeure. Il peut y trouver sa femme et ses enfants en vie ; il peut, si sa femme est laide, la retrouver fidèle narmi ses amis de village ; mais si elle est jolie, il apprendra aue Te magistrat européen Ta prise pour lui J'ai appris que ces roagis* Irais n'ont guère de scrupule en ce qui re«
Srde les femmes des indigènes. La seule ose qu'on unisse dire en leur faveur, c'est qu'ils n'ffinploient pas la violence ouvertCt comme font«les indigènes. »
— H. Pedro Maria de Torrecilla dit, dans un travail intéressant sur l'Eglise du Mexique, dont nous regrettons de ne pouvoir faire de plus longs eztraits (Univers du 1** novembre 185G):
« Des églises d'une grandeur et d'une magniflcence prodigieuse pour une époque aussi voisine de la conquête, des couvents d'hommes et de femmes, des collèges pour les deux sexes, des collèges et des écoles exclusivement pour les indigènes, des maisons de refuge, des hospices, des hôpitaux magnitiques, parfaitement administrés, des établissements publics de tout genre s'élevaient comme par enchantement sui toute retendue de la Nouvelle-Espagne, aux frais du clergé, sous sa direction, et presque toujours aaprès /inspiration d'un prôlre ou d'un religieu]^. Tant de monuments élevés
ia
pour la gloire de Dieu et pour le plus grand Dieu des habitants du Mexique, sont un témoignage impérissable du zèle, de la charité et de Faction civilisatrice du dergé séculier et régulier. La conversion si prompte du Mexique au christianisme, et les progrès presque surhumains des Indiens dans les voies de la civilisation^ forment un des tro« phées les plus glorieux de l'Eglise catholique
• . . Les Indiens convertis étaient tellement
généreux envers TEglise et ses ministres, que les prêtres et les missionnaires étaient obligés de faire intervenir Tautoriié ecclésiastique pour modérer leurs libéralités : or, argent, bijoux, objets précieux, terres, fruits, maisons, jardins, tout était offert par les Indiens avec une telle ferveur, quMIs se trou^ vaient blessés ou humiliés si Ton ne recevait tout ce qu'ils donnaient. Malgré la sage retenue avec laquelle Tautorité ecclésiastique acceptait les dons des Indiens, l'Eglise du Mexique, au commencement du xvu* siècle, était, sans contredit, l'Eglise la plus riche du monde. Les évéc^ues et les prélats des ordres religieux fiiisaient servir ces dons à la splendeur du cuite, à la fondation d'ins* titutions religieuses, à la construction d*églises, d'hôpitaux, de collèges, et de toute sorte d'établissements d'utilité publique. Xes legs ou bieud-fonds étaient plus que suffisants pour la dotation des prébendes, pour l'entretien des églises, pour la subsistance honorable du clergé La France catholique n'oubliera jamais le nom de l'illustre Lorenzana, archevêque de Mexico, transféré plus tard au siése primatial de Tolède. Environ mille ecclésiastiques français, émigrés par suite de la révolution de 1793, furent accueillis avec une charité vraiment apostolique par ce vénérable prélat, qui les plaça tous dans les divers établissements religieux de son vaste diocèse. Epuisant les ressources de ses grands revenus et de son ingénieuse charité, il sut trouver le moyen de consacrer annuellement !a somme de plus de M0,000 francs au soulagement de tant de nobles infortunes Les mendiants n'ont paru au
'Mexique qu'après la malheureuse lutte fratricide dite de V'Indépendance. Le mendiant n'exista dans aucune partie de la Nouvelle- Espagne pendant les trois siècles écoulés depuis sa conversion au christianisme. N'estce pas là un fait capital et presque inouï? Le vol à main armée et les voleurs de grands chemins étaient également inconnns dans ce pays, qui n'avait ni armée, ni police. La sécurité des routes et des voyages étaient tellement inviolable dans la conviction publique, qu'on envoyait Icu conducicu reales (envois d'argent du trésor), montant ordinairement h plusieurs milliers de pesos (pièces d'environ 6 francs), sans autre escorte que les muletiers ou conducteurs. La conduciareal portait toujours le drapeau royal qui la signalait de loin à tous les regards. De mémoire d'homme, il n'y avait pas d'exemple au*une conducia eût été attaquée. Aujourd liui, il faut des l)ataillons
pour Tescorter, et il est rare qu'une conducia arrive à sa destination sans avoir eu quelque attaque à repousser. Ces faits n'ont pas besoin de commentaire; ils disent assez te que la religion avait fait du Mexique, et quel progrès il doit à la révolution. » "— M. de Vernouillet, dans la Revue coniem' poraine des IS et 31 juillet 18S6, a réfuté les calomnies que nombre de voyageurs ont imprimées sur les Etats romains. M. de Corcelles, dans le courant de la même année, a consacré un travail, inséré dans le Corres^ pondant t k une autre partie de la même
auestjon. Voici un extrait d'un des articles e M. de Vernouillet :
c La supériorité de la grande culture dans les Etats romains, consacrée par l'expérience des siècles, se trouve en même temps d'accord avec les plus saines théories aàricoles. Basée sur deux principes féconds, I associalion des forces et la division des travaux, elle dispose en même temps de capitaux immenses. Elle peut exécuter avec la plus
Srande rapidité les travaux qui ont besoin e promptitude; elle peut améliorer un genre en s*y adonnant exclusivement; elle peut profiter de mille cin^onstanees, dont les avantages seront perdus pour la petite eulture qui ne saurait disposer une de faibles sommes à la fois. En effet, les dépenses de la petite culture sont incessantes et de tonte sorte, ses bénéfices moins assurés, Suppo*sons un instant une tenuta (on appelle ainsi une vaste étendue de terre réunie sous la même main) transformée en plusieurs colonies. Les besoins vont se multiplier d'une manière effrayante. Chaque colon doit avoir sa fontaine, ses bœufs, ses chevaux, son fourrage, ses fèves, son blé, son orge, son avoine, qu'il doit lui-même battre, vanner, etc. Il passe continuellement d'un travail à un autre, ce qui l'empêche de se perfectionner dans aucun. Aussi tons ses travaux sont-ils moins bien faits et plus coûteux, le labourage, par exemple. Il faudra, dans chaque colonie, presque autant de bâtiments que sur la tenuta elle-même, et tes nombreuses constructions sont ruineuses pour le propriétaire. Il faudra une vaste cour pour servir de point de réunion, pour charger, décharger, etc. Chaque héritage devra s'entourer de fossés, de haies, être coupé de routes, de sentiers. La perte de tous ces terrains réunis surpasse certainement ce que les colons peuvent cultiver do plus. La petite quantité des produits rend le choix et la séparation des diverses qualités tout à fait impossibles. Aussi les denrées répandues dans le commerce sont-elles nécessairement inférieures. L'élève du bétail n'est pas moins (KKnpromis. Chaque colon ne peut avoir le taureau et l'étalon, et perd un temps précieux à y conduire ses vaches et ses juments. Le lait obtenu en petite quantité, à raison du petit nombre des vaches, occasionne une nouvelle perte de temps pour être porté au lieu de la vente; et si I on fait du fromage, il sera presque toujours mauvais, parce que tout le monde