‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 13 sur 87 · CONFESSION · texte numérisé non relu

CONFESSION

du cnltc catholique est d'un grand secours. C'est la seule institution qui ait une sorte de juridintion sur ces turpitudes intimes , le seul tribunal devant lequel elles viennent se dérouler. Mais nous reproduirons ici encore la réflexion que nous avons faite cidessus : certaines questions indiscrètes, de trop grands détails sur les impressions génésiques peuvent déflorer une flme qui no songeait point à mal, et mettre son innocence en péril. Disons de plus que les mauvais elTets sont souvent produits à IMnsu du confesseur ; il faut moins cq ac.cuser une coupable concupiscence qu'un zèle outré et Tinexpérience. Ces dangers pourraient être facileroent évités si le clergé comprenait ses véritables intérêts. Il lui suffirait pour ceU d'établir deux catégories de confesseurs : les premiers, composés déjeunes prêtres et de ceux qui n'auraient point dépassé l'âge de 50 anSj ouïraient au tribunal de la péni» tence, les bommHS mûrs et les agonisants. Il leur serait défendu » sous les peines canoniques, de confesser les femmes et narticolièrement les jeunes personnes et les adolescents. Ceux-ci s'adresseraient aux prêtres âgés composant la seconde catégorie. Par cette sage modification apportée dans la Discipline ecclésiastique et qu'un Pontife éclairé ne manquera pas d'introduire un jour, il n'y aura nul danger pour une jeune femme d'entendre ies conseils d'un prêtre vénérable auquel l'ardeur des sens amortie 6t «ne profonde connaissance du cœur humain oe laissent voir les choses <}u*à travers les voiles de la foi et de la chanté. Mous savons d'ailleurs de bonne source que de jeunes lévites, désireux de conserver (a pureté de parole comme la pureté d'action et de pensée, regardent comme une position fausse la aécessité oii ils se trouvent de sonder les pensées intimes, les émotions secrètes de leurs jeunes pénitentes. Nous souhaitons que Ton prenne en bonne part notre observation ; elle nous a paru juste, utile, [praticable, et nous n'avons pas hésité à la signaler en toute indépendance de conscience.

C'est d'ailleurs le vrai moyen d'étouffer les plaintes des adversaire^ déclarés 'du culte catholique, auxquels certains scandales, renouvelés de temps è autre, fournissent uo spécieux prétexte pour demander l'abolition d une institution excellente en soi. »

Nous ne reprocherons pas à 11. Devav 4e supposer que les Pontifes n'ont pas été eelai^ r£f jusqu*ici ; mais nous lui dirons l' que la me&ure qu'il propose est déjà en vigueur dans ce qu'elle a de praticable ; 2" quelle est pleinement impraticable dans les termes qu il formule. On sait en effet que la plupart des jeunes prêtres commencent par être vicaires; qu'ils sont cbareés d*abord de confesser les enCeKits; et enuo que ies femmes et les jeunes filles, comme ies hommes euxmêmes, s'adressent tout naturellement àceux des prêtres .qui parleur Age et leur expérience appellent plus particulièrement la confiance. 11 en est ainsi par la force des choses, sans qu'il soit besoin d'obliger les

DiCTioifsr. nu Parallèif.

fidèles, par une mesure disciplinaire, è un choix qu ils font librement. Il est vrai qu'on ne fait pas tout ce que demande M. Devay » mais la raison en est simple , c'est que le plan qu'il propose est impraticnble. D'abord dans la plupart {\es paroisses, il n'y a qu'un prêtre; des catégories de confesseurs sont là une chimère. Puis, dans les paroisses mêmes où les fidèles peuvent choisir, pense-t-on que les hommes mûrs, et les agonisants surtout, ne désireront pas, autant que les femmes, s'adresser aux piètres Agés qui les auront confessés enfants, et auront vieilli près d'eux et avec eux? Et puis quelle singulière idée de charger un petit nombre de prêtres Agés d'entendre en confession les troisquarts des fidèles, tandis que la portion la plus nombreuse et la plus robuste du cierge ne pourrait entendre que les hommes mûrs et les agonisants! M. Devay me dira sans doute qu'il accorde les enfants hceiie seconde catégorie de confesseurs. Soit, mais dans son système, le prêtre qui à l'Age de 25 ans aura confessé des enfants de 7 ans , sera obligé, après dix ans d'expérience, de rompre Tes liens qui l'attachent à ces enfants devenus adolescents I Certes, cette séparation est souvent nécessaire à cause du changement de résidence ou du prêtre ou des enfants ; mais souvent aussi elle est fatale aux habitudes pieuses de ces derniers , surtout dans les classes inférieures. Concluons donc oue la meilleure discipline en cette matière, c est la liberté de choisir laissée aux fidèles» liberté que l'Ëglise, toujours sage et éclairée , accorde aujourd'hui sans restriction. Cette liberté ne fut pas toujours aussi grande; mais quand elle était restreinte, elle l'était dans un sens tout opposé & celui que recommande M. Devay. Les tidèlcs de tout Age et de tout sexe devaient se confesser au même ministre, à celui qui exerçaità leurégard la charge pastorale. De graves raisons peuvent être invoquées à l'appui de cette discipline. L'Eglise, par condescendance, s'est relAchée depuis, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, de sa sévérité primilive; elle a donné plus de champ à la liberté, et les résultats justifient pleinement cette condescendance. La sollicitude éclairée des chefs de famille est un contre-poids suflfisantàla libertéactuelle. Le jeune prêtre commence à entendre au saint tribunal les petits enfants; à mesure qu'ils grandissent , il grandit lui-même en maturité, et peut ainsi non^seulement les suivre dans leur développement, mais encore être utile è tous ceux qui veulent avoir recours à sen ministère. Les scandales dont parle M. Devay ne proviennf nt uas de la confession, aussi utile, aussi édifiante pour le confesseur nue pour le pénitent. La fausse position qu'il aécrit est imaginaire ; il n'est jamais besoin, au saint tribunal, d'enfreindre la pureté de la parole; pour pe rien dire ici de la grAce d'éut , tout prêtre qui a étudié suffisamment, et qui a confessé oeux fois, trouve, dans la vérité de sa position^ de quoi faire face aux difficultés qui peuvent survenir.

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— Comment s*expliquer que des hommes sensés aient substitué au moyen établi par 1 Homme-Dieu pour la rémission des péchés^ la justification par la foi en la non-imputation? Indépendamment de toutes les objections que Ton peut faire contre cette invention par laquelle Thérésie essaye en vain d'endormir ses remords, et se berce d'un pardon que Dieu a promis à la seule pénitence, il y a dans le système de !a justification par la foi une contradiction flagrante, et qui doit suffire pour ouvrir les yeux à tout homme médiocrement prévenu. 11 faut en effet, selon les docteurs protestants, que pour jouir de la non-imputation de mes péchés, je croie fermement à cette non-imputaiion : car on sait que ce n'est pas la foi aux vérités chrétiennes qui, selon eux, justifie le pécheur ; c'est la foi en la non-imputation , ce qui rentre plutôt dans l'espérance , ou pour mieux dire dans la présomption» Je dois donc, pour être justifié, croire que mes péchés ne me sont pas imputés. Cette foi est donc une condition nécessaire pour que la non-imputation ait lieu. Mais d'un autre côté cette non-imputation est une condition nécessaire pour que je puisse croire que mes péchés ne sont pas imputés. Chacune de <îe$ deux choses , la foi et la non-imputation, doit donc, dans Je système protestant, précéder Tautre, au moins logiquement, ce qui est impossible. Si la non*imputation est l'effet de ma foi, elle lui est logiquement postérieure. Je commence donc par croire h une non-imputation qui n'est pas réelle, et cette foi erronée donne enfin naissance è la non -imputation véritable. Si au contraire la non-imputation est déjà réalisée dès que j'y crois, elle n'est pas l'effet de la foi, elle en est indépendante, et il faut dire que les péchés ne sont imputés à personne, pas même è ceux qui manquent de la foi en la non-imputation. De tous côtés ce sont des impossibilités et des contradictions, le tout pour aboutir à une vaine confiance qui encourage à multiplier les fautes ^ et qui i)réci|)ite le pécheur dans la damnation, en lui faisant oublier le seul moyen qui puisse lui rendre l'état de grftce, le sacrement de pénitence , reçu ou désiré.

CONVERSIONS. — Devant traiter fort au long, k Vsiri\c\e Prosélytisme f plusieurs des questions que rappelle le mot de conversiont nous devons nous borner ici à comparer les changements individuels de religion qui s'accomplissent en pleine liberté à l'Age de la réflexion et de la maturité. Cette comparaison est facile è faire, et le résultat en est tellement notoire, qu'il n'est pas un de nos lecteurs dont la pensée ne prévienne ici nos paroles. La vérité sur ce sujet peut se résumer en deux mots : L'Eglise catholique ne perd que le rebut de ses membres, et elle attire à elle l'élite des autres cultes. Cela est. vrai de l'Eglise k toutes les époques de son histoire ; cela esterai particulièrement des trois derniers siècles qui, k cet égard, présentent pour nous plus d'intérêt que les précédents : car dans ces trois siècles,

l'Eglise a eu à lutter contre une hérésie qui existe encore, ou plutôt, oui n'a pas encore achevé de mourir. On a lait des vo« lûmes, et même des dictionnaires avec les noms des protestants instruits et honorables qui , par suite d'un examen consciencieuxt sont revenus à la religion de leurs pères. Le nombre en est si grand que, dans un ouvrage dogmatique comme celui-ci, nous ne pouvons pas même citer les noms de ceux qui se sont convertis les derniers, de ceux que nous avons vus revenir depuis quelques années. Le nombre de ceux oui reviennent chaque jour du pavs rationaliste n'est pas moins grand. On les connaît moins, parcA que leur infidélité est moins notoire, la plupart ne cessant pas d'appartenir extérieurement k l'Eglise, et qu'ainsi leur retour ne fait de bruit que dans le cercle étroit où leur égarement était connu. Mais il n*en est pas moins vrai que, fort heureusement, la plupart, après avoir pratiqué la religion aux grandes époques de leur vie, se convertis**sent à la mort, quand ils ne le font pas auparavant.

LeSostonGaxetis publiait,en juin 1856, une lettre d'un protestant américain parcourant l'Inde anglaise dans le but spécial de connaître les établissements religieux de ce pa^s. En voici un passage : < La plupart des ministres protestants de l'Inde sont mariés, ils ont une nombreuse familier ils cultivent de vastes terres et s'occupent presque en** tièrement des choses de ce monde. Il leur reste donc peu de loisir pour propager leur doctrine. Dans leurs prônes, Ils parlent de la sévérité de l'Evangile, de la mortification, de la vanité des plaisirs de la terre, etc. , tandis qu'en même temps ils s'adonnent au luxe, habitent des maisons belles et com^ modes, entourées d'agréables jardins, sont servis par de nombreux domestiques, entretiennent des chevaux et roulent dans d*élégantes voitures. Leur bonheur terrestre parait si grand qu'il excite vivement la jalousie des Hindous. Je ne veux pourtant pas leur en faire un crime ou dire que leur temps est mal employé, mais je ne peux m'empécher de constater qu'aux yeux des indigènes il y a un contraste trop grand entre leur manière de vivre et leur inème de prédication sur la sévérité chrétienne.

« L'état des missionnaires catholiques dans ce pays est tout k fait différent \ c'est un état réel d'abnégation et de privations diverses; n'est-ce pas k cela qu'on doit attribuer leur grand succès dans ces missions ? Ils ne sont pas entourés de femme et de famille; leur mission ne paratt être que de s'occuper des choses de Dieu et d'appuyer; leurs paroles par l'exemple. Ils reçoivent k peine annuellement 200 dollars par tète, et sont souvent obligés , dans leurs besoins , s d'avoir recours aux fidèles. Au lieu de jouir des objets de luxe européen , ils couchent sur une nalte et se contentent d'une nourriture très-ordinaire: se mêlant au peuple , ils connaissent vite ses dispositions et gagnent son affection. Ils portent remède aux

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