CONVERSIONS
maax physiqueB des malheareux, et ils les coosolenl; partout ils édiflent par leur exem* pie en prêchant les yérités sévères de TE* îangile. D*uDe conduite si exemplaire* il résulte qu'un missionnaire catholique * arec 200 dollars de reYeno» a un succès bien plus grand que le ministre protestant, dont le revenu annuel surpasse 2000 dollars.
« Un capitaine de navire anglais, récemment arrivé de Sumatra * me raconta l'autre jour le fait suivant illya auelques semai' ne$f dit- il y éiam au port ae Padana^ fy vis arriver deux missionnaires eatholiquesf tttec ardre de pénétrer dans Fintérieur de Vile pour éwsngéliser les sauvages^ ou au moins d'amoir un entretien avec eux. Les mdigênes de Sumatra sont grossiers et cruels * tirent sur les arbres^ et on les croit eanni^ baies. Les habitants de Padang leur firent le portrait le plus sombre de ces sauvages , et déconstillirent vivement une entreprise si hardie et si dangereuse. Mais rien ne put arrêter la détermination des ministres de Dieu. Ils quittent leurs amis de Padang ^ le bâton à la main et la besace sur le dos^ et pénétrent dans des forêts inconnues» Deux $emaines apris^ des Malais « à leur retour de la chasse des tigres^ rapportèrent les os ron^ qés de ces missionnaires avec quelques-uns de leurs restes^ entre autres deux petits cru^ cifix qui leur avaient appartenu. Il est incertain s'ils ont été dévotes par des animaux sauvages f ou dévorés par les cannibales.
• Je nu suis demandé maintes fois si nos ministres protestants auraient autant à cœur fenêvre de leur maittCf et s*ils seraient pré* farés à de tels sacrifices. Je dois avouer que |€ me sens tout à fait porté à supposer la négative. »
On trouvera kl^article Civilisation un certain nombre de détails qui se rattachent à ceux qui précèdent*
M. le comte Théodore de Bussière, dans son livre intitulé : Histoire de rétablisse-' ment du protestantisme à Strasbourg et en Alsace^ a très-bien montré que la cupidité et la sensualité furent les principaux motifs qui excitèrent les premiers réformateurs à 1 apostasie. Ceux-ci, ensuite, api>elèrent à leur aide la violence, afin de grossir le nombre de leurs adhérents. Ils supplièrent le sénat d'obliger tous les Catholiques à suivre le culte protestant (ce que fit le sénat, le 30 février 1520). « C'est ainsi que le protestantisme a procédé dans tous les lieux oil U s*esl établi, sans aucune exception^ dit M. de Bossière; c'est ainsi qu'il a appliqué les deux grands principes de tolérance et de liberté de conscience au nom desquels il prétend exister. »
H.deLatour a publié ùms YVnivers une analyse de Touvrage dont nous venons de parler. Nous en extrayons les lignes qui suiveDt:c Un artisan nommé Salzmann (i Strasbourg} se crut appelé k enseigner mieux que personne la pure parole de Dieu, et prétendit qu'il fallait n'admettre que les cinq livres de Moïse. Jésus-Christ, disait-il, n'est qu'un faux prophète, et on avait bien
fait de le crucifier. Il eut bientôt quelques disciples, entre autres un cordonnier nommé Zell, qui se mit aussi k prêcher. Le sénat (déjà plus protestant que Luther, au sujet des sacrements, de la Trinité et des deux natures en Jésus-Christ), arrêta leurs succès en condamnant Salzmann au supplice du feu. Le malheureux demanda {^rAce et confessa se$ erreurs» Le sénat, qui voulait un exemple, lui épargna le bûcher, mais le fit décapiter. Ce fait prouve, k côté de mille autres, que le protestantisme a sévi, dès ses premières années, de la manière la plus cruelle contre ses coreligionnaires dissidents. On a vu que la répul)lique de Stras- I>ourg, qui a été un de leursgouvernements les plus modérés, a elle-même appliqué la peine de mort en matière religieuse. Il serait facile de prouver que les protestants ont fiiit mourir plus d'hommes par la main du bourreau, dans Tespace d'un demi-siècle, comme coupables de lèse-religion, que les inquisitions n'en ont fait supplicier depuis la création de leurs tribunaux jusqu'à l'avéneraent de la réforme. »
Nous trouvons dans la même analyse le récit suivant de la suppression du culte catholique k Strasbourg : « Les magistrata ' interdirent la prédication aux pop j«^e«, tant que ceux-ci n*auraient pas réponauvictorieu* sèment aux arguments des reformés. » *— On commençait par leur défendre de parler et d'écrire , puis on les condamnait pour n'avoir pas répondu. Justice et lovauté proies-* tantesl
« Guillaume de Honstein (l'évêque de la ville) fit tous ses efforts pour conserver k Strasbourg la conservation de la Messe (on n'en pouvait plus dire que quatre). Il invoqua l'empereur, qui envoya dans la ville Baltbasar de Merkel, évêque de Hildesheim, vicechancelier de l'Empire. Les magistrats répondirent vaguement k ses instances et k ses représentations, en alléguant les mœurs dépravées d'un grand nombre de prêtres avant la réforme; ils se gardèrent bien d*avotter que ceux-ci étaient devenus leurs pasteurs et leurs oracles. Balthasar ne put rien olMenir d'eux; et il menaça vainement les sénateurs nobles de les faire priver de leurs fiefs s'ils ne s'opposaient pas k rabolition de la Messe. Sa mission resta sans résultat.
< Guillaume adressa au sénat, le 15 avril 1528, une lettre qui le conjurait de laisser aux Catholiques la célébration de la Messe. 11 n'en reçut aucune réponse. Alors il recourut k la chambre impériale; celle-ci dé- Euta vers la république trois de ses memres, qui employèrent en vain les prières el les menaces. Le sénat répondit encore par la peinture des désordres du clergé. Sans doute, dit M. de Bussièref le clergé allemand était déchu ; il Cillait qu'il comptât beaucoup de membres ignorants et relAcnés pour que la réforme se répandit si rapidement. Mais les députés répliquèrent avec raison au sénat que l'Eglise avait toujours condamné les infamies dont on parlait, et que ces mauvais prêtres désobéissaient au Pa(>e. — Les ma-
gistrats de Strasbourg congédièrent la dépulation, résolus à frapper lo grand coup.
« Le sénateur Egenolf Rœder y poussait avec violence» et Capito s'écriait en chaire : Il faut que la Messe disparaisse. En décembre, une foule d*artisans portèrent h ram-* meislre Berlin une pétition qui exprimait ce vœu.
« Le 20 février 1529, l'assemblée générale des échevÎDS délibéra sur la question. L'évèque Guillaume luttant jusqu'au dernier instant, fit venir un messagerde la chambre impériale, qui défendit à rassemblée de passer outre. Le sénat déclara que le message était considéré comme non avenu. Deux cent soixante-dixneuf échevins sur trois cents s'étaient rendus à la réunion. Quatre-vingt-quatorze opinèrent pour le maintien provisoire de la Messe jusqu'au futur concile ; un seul membre vota pour son existence perpétuelle; cent vingt-quatre membres en votèrent la suppression, juiquà ce qu'on eût prouvé quelle fiait agréable à Dieu : réserve hypocrite, selon le système protestant.
« Dès le lendemain, un décret abolit la célébration de la Messe, sous des peines sévères. La dernière Messe avait été dite à la cathédrale, la veille, le 20 février.
a Les deux chapitres de Saint-Pierre et les chanoines de la cathédrale adressèrent des protestations impuissantes. — Mais Dieu veillait sur eette aveugle ville. Gloire à lui 1 Depuis long-temps, la cathédrale a été rendue k de saints évèques, et au culte régénérateur de Jésus-Christ. »
Le major Fridolin, dans un article de la Bévue de$ DeuX'Mondeê [15 déc. 1856), où d'ailleurs il ne rend pas justice aux anciennes missions des Jésuites au Maduré, |»arle ainsi des missionnaires protestants et de leur prétention d'avoir converti 103,000 tmes : ^ A Texceplion d'un petit nombre d'esprits d'élite qui ont accepté avec enthousiasme la révélation chrétienne, il ne se rencontre guère parmi les natifs convertis
2ue des individus des plus basses castes, brétiens du lendemain , si l'on peot om- {»runt6r cette expression à la langue révoutionnaire, géoéraiement les plus corrompus d'entre les indigènes, que l'appât des secours que les missionnaires prodiguent autour d'eux, ou de pires motifs encore attirent au banquet de la communion évangétique. C'est avec regret que nous constatons ici cette opinion, unanime parmi les homiaes qui ont ao<^is une connaissance sérieuse du caractère hindou , que les prédications des missionnaires protestants n ont fiiit aucune impression durable sur ces races endurcies dans Tidolàtrle, et que si quelque accideni imprévu enlevait subitement A l'Inde les missionnaires évangélistes, de la communauté de cent mille ftmee qu'ils disent avoir amenée aux vérités chrétiennest un bien petit nombre seulement ne retomberait pas dans les erreurs groesières des religions natives. » Et Cependant vingt-deux sociétés d'Angleterre ei d'Amérique entretiennent, dans llnde, huit cent cinquante-trois mission-
naires prolestants dont trois cent soixante Kuropéi.*ns et quatre cent quatre-vingttreize natifs, et leur envoient annuellement 187,000 livres sterling!
« Le gouvernement de l'Inde, dit encore le major Fridolin, est loin d'avoir satisfait à la charge civilisatrice qui lui est échue en . partage... Pour la plupart, les heureux de Vlnde, possesseurs de magnifiques palais, de somplueuiL ameublements, d'une riche argenterie, vivent dans leur vie intime comme vivaient leurs pères, sans soupçonner même l'usage de toutes ces belles choses. En appelant de jeunes sauvages, tout frais émoulus de la sauvagerie, à iaire les hautes études qni conviennent aux enfants de l'Europe civilisée. Ton a violé les lois de la logique et de l'équilibre, on a commencé par le faite l'édiGce de l'éducation en ces contrées loin* taines, et il ne faut pas s'étonner s'il chancelle de toutes parts sur ses bases. L'expérience a prouvé, et cela presque sans excep-* tion, que les lauréats des collèges indiens, de jeunes lettrés qui prendraient rang avec honneur dans les universités de l'Europe, retombent, au sortir du collège, dans les pratiques dégradantes de religions dont leur esprit éclairé fait intérieurement justice. Les collèges de l'Inde reçoivent de îa^ natiques idolâtres, ils rendent des hypocrites. Est-ce là ce qu'on peut appeler civilisation, progrèst L'avenir de la civilisation, dans l'Inde, n'est pas dans ce haut enseignement factice; il est dans les écoles primaires natives, sur lesquelles peut seul s'étayer un système d'éducation h larges bases, capable de régénérer le pays... Suivant les tables dressées par M. Adams dans les districts oik l'éducation est le plus répandue, 16,05 enfants sur 100 vont à l'école, et dans les districts où elle l'est le moins 2,05, soit comme moyenne proportionnelle de la population des écoles h la population totale, 7 3/4^ pour 100. Le chitTre est encore inférieur pour les adultes ayant reçu des rudiments d'éducation. Il s'élève seulement k 5 Sfk pour 100. » Il faut avouer que la race espagnole, dans les pays qu'elle a colonisés, a mieux réussi que les gouvernements protestants à civiliser les indigènes idoiAtres.
M. Emile Montégut, dans la Revue des Deux-Mondei du 15 décembre 1856, parle ainsi du résultat des missions protestantes aux lies Sandwich : « La prostitution est devenue nécessaire et légale par suite de rétablissement d'un système d imp6t régulier; mais sous l'inQuence de ce triste régime, la population continue à décroître. Tel est le résultat qu'a ameâé l'administration civilisée de M. Judd, ancien ministre du saint Evangile, si je ne me trompe, résultat contre lequel, il faut le dire è leur louange, les mis- ^ sionnaires catholiques ont plusieurs fois réùlamé. Ainsi» les finances de l'Etat reposent indirectement sur la prostitution , moyen h peu près unigue d'acquitter l'impAc exigé par les nécessités d'un gouvernement civilisé. Cette prétendue civilisation dont on a fait tant de uruit dans ces dernières an-