‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 21 sur 87 · CI · texte numérisé non relu

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EGLISE

ileuï faits se recherchent 'pour s'embrasser, et, de tous les deui, le témoin c*est vousmAme. Il y a un fait intérieur auquel toute roascieuce rend témoignage, et qui, par cela même, est unirersel comme la nature humaiDe ; et un fait public correspondant, dont tout homme peut être témoin avec l'univers. il n'est donc pas nécessaire d*entrepr6ndre tJes voyages pour le trouver, ni de secouer la poussière des bibliothèques pour le découvrir, ni d'ouvrir un seul livre, fût-il divin, pour s*en assurer.— Le fait dont je parle e<>t en effet Tœuvre de Dieu aussi bien que k$ livres inspirés, avec cette différence qu*il prouve à lui seul son origine; car il parle, )l est vivant. Ce fait du dehors répond au lait de conscience, è ce qui le réclame au fond de notre flme, et il lui répond avec une si divine justesse, qu*en te regardant, tout bnmme qui cherche véritablement Dieu s'écrie infailliblement : te voilà I »

< Toute la démonstration chrétienne et catholique, du la Revue catholique (novembre 1836), peut donc, d'après l'auteur, se résumer en ces termes : C'est un fait de conscience et (le conscience universelle que dans les choses de religion l'homme veut une foi, une certitude appuyée sur le témoignage de Dieu lui-même, témoignage que l'univers a appelé r^^o/ton; qu'il veut ce lénoignaffe vivant dans l'enseignement tra* fiiiionnet{ou la religion de 5e« pêres)^ et qu'il le reconnaît aussitôt au caractère qui le distm^e infailliblement des œuvres et des |M*osées humaines, l'unité. Or il est une .«euleautorîtë vivante et traditionnelle sur iaierre.qui montre aux hommes le cachet de cette nniié complète, ou de la Catholicité^ véritable nom propre de la vérité divine, et ce fait est si clair et si universellement reronna que non-seulement l'Eglise prend ce nom en fiace du monde entier, mais qu'elle seule a pu se le faire donner par tous les peuples et tous les siècles.

■ La démonstration est donc achevée, en quelque sorte, dès le premier entretien ; les suivants n'en seront qu'un commentaire, et renfermeront la solution des questions philosophiques, tbi^ologiques, bistoriques,auxquelles elle peut donner lieu.

« La méthode de l'auteur consiste, comme on a pu s'en convaincre, h mettre en relief laeoDdaite ordinaire de la Providence dans l'Mvre de la génération de la foi, c'est-àdire k signaler a notre attention ûes faits qui se passent en nous et autour de nous, et qui suffisent, dès qu'on y rétléchit, pour porter la lumière et la conviction dans tous les esprits ou du moins pour forcer l'incrédulité a rougir d'elle-même. ^

Citons encore quelques phrases du P. Dechamos : « Qui ne sent, » dit-il, « qu'en cherchant la vraie religion, on cherche une chose toute faite^ et non une chose à faire, H que si elle était è faire, elle ne serait éternellement pas? Qui ne sent qu'à tout homme qui se présente avec la prétention de donner 1a vérité au monde, le tion sens répond par <c mot victorieux : Y oui arrivez trop tard!

—Toute la ronirovcrse se réduit donc, pour riiomme de bonne foi, à celle simple ques* tion : Où est-ellcj cette autorité vivante^ chargée de l'éducation divine de la grande famille humaine?

«... £t nous voici en présence du fait du dehors qui répond divinement au fait intérieur, en face du grand fait dont tout à l'heure vous demandiez le nom » quoique vous le connussiez si bien, et qui seul sur la terre répond aux exigences du bon sens ou aux poa(u/a/a de la raison attestés par toutes les consciences. 11 n'y a, en effet, qu'une seule société religieuse en ce monde qui nous apparaisse marquée du grand signe de Dieu, Vuniié, l'unité maltresse du temps^ de l'espace et des hommes. Une seule qui découvre en elle ce que cherche i'flrao humaine, rimmuable vérité descendant comme la vie le cours de toutes les générations; une seule qui soit et se dise contemporaine de l'origine de l'homme, et fasse lire à tous sa généalogie soixante fois séculaire; une seule grande famille spirituelle, où l'autorité parlant au nom de Dieu, eicut potestatem habens, montre sa trace profondément empreinte dans tous les siècles de l'histoire, à la différence des faux cultes qui s'appuient sur des fables sans liens avec les temps historiques, quoique pleines encore des ombres de la vérité; une seule dont la puissance désarmée et toute spirituelle s'adresse à tous les hommes, tencle les bras à tous les peuples, proteste divinement contre toute religion exclusivement nationale, se trouve hsti place dans tous les lieux malgré la diversité des climats, comme elle appartient à tous les temps, malgré la diversité des âges, prêche la même loi sous tous les cieux, et fasse chanter son symbole dans toutes les langues. •

Nous empruntons maintenant à M. Dulac une défense du P. Dechamps contre M. de Broglie :

«t Voici le jugement de M. de Broglie sur le livre du P. Dechamps :

Entre le fait interne de notre désir et le fait externe de renseignement de VEglise, il y a coïncidence exacte et parfaite. Cest cette concordance qui est, aux yeux du P. De^ champs, la grande preuve de la divinité de VEglise, Il y voit une n harmonie de la na^ ture • pareille^ en quelque mesure, à celle que développait l'éloquence mélodieuse de l'auteur de « Paul et firainie. » L'ail est fait pour la lumière , r oreille pour le son; ainsi Vdme pour V enseignement de r Eglise. Elle t attend, elle V appelle, elle V aspire; c'est l'air de ses

Soumons, c'est Valiment de sa faim, c'est le reuvage de sa soif. L'âme avec ses besoins^ l'Eglise avec son enseignement^ sont pièces d'un même tout. L'ajustement parfait de ces deux parties d'une même œuvre décèle le même ouvrier. Telle est la vive et ingénieuse démonstration du P. Dechamps.... Il y a tant de grandeur et une vérité si touchante dans cette conception: elle rappelle si bien d'ailleurs à tous les cœurs chrétiens ce qu'ils on$ éprouvé: elle leur peint si vivement les im^ pressions qu'ils ont goûtées en arrivant à la

DICTIONNAIRE DU FAUALLhLb.

foi^ quHl en coûte de la déMiurer par une analyse décharnée^ et plu$ encore d'y apporter quelques restrictions. Le P. Deehamps nous permettra cependant de lui exposer nos diffir cultes avec toute la liberté à laquelle a droit un sincère appréciateur de sa pensée. Dans notre humble opinion^ la preuve de la foi chrétienne que le nouvel apoloqiste nous dé-* veloppe avec une chaleur entrcnnante et con* iagieuse est moins une démonstration proprement dite que la vive description d'un fait. C'est la peinture historiée de la manière dont^ le plus souvent, sous Vinfluence de la grâce, une âme se convertit à la foi; ce n'est pas précisément l'arme dont elle peut se servir pour fortifier en elle-même contre les désirSf les tentations, les objections, cette foi chancelante» C'est l'histoire de la conversîon des âmes ; ce n'est point proprement la preuve de la vérité. C'est ainsi qu'on prend terre sur le rivage de la foi; ce n^est pas tout à fait ainsi qu'on pe%U y creueer un port et y élever des digues,

« Suit ici le déTeloppement que nous avons reproduit dans noire dernier article sur le procédé prati^e à l'aide duqtÂel l'es-* prit découvre la vérité : inspiration sponta* née, illumination, instinct, Qi^,, procédé dont la démonstration du P. Deehamps ne serait qu*une description. Selon M. de Bro^lie, cette démonstration n^est pas démonstrative; elle ne donne point la preuve de la vérité de la foi. Il est donc bien évident que, selon lui, le procédé pratique, les inspirations, les illuminations, 1 instinct,ïïQ iadonnentpas non plus; que tous ceux qui s'en contentent croient sans preuve, c'esi-à-dire sans raison suffisante de croire, et que pour avoir \et preuvede la vérité delà foi,pouravoir une foi raisonnable, itjfaut quelque chosejde plus.Ce-

Ïendant, en dehors de son procédé pratique, I. de Bro^tie ne reconnaît qu'une voie légitime de démonstration, et cette voie, de son aveu, exige des travaux et une science inaccessibles a la plupart des hommes. Les savants mis à part (bien entendu quand ils ont fini leurs études» car jusque-là ils ont le même sort que les autres mortels), le genre humain est donc, par lui, condamné à croire sans raison ou à ne pas croire. Fanatisme ou incrédulité, illumintsme ou scepticisme; la doctrine du Correspondant ne laisse pas d'autre alternative.

« Nous préférons l'enseignement du P. Dechamps, de saint Thomas, de saint Augustin, ou plutôt l'enseignement même de r£glise, disant : que personne ne doit croire légèrement et sans raison suffisante, c'est-à-dire sans avoir la preuve certaine de la vérité de sa foi, — ce qui exclut le droit de se confier aveuglément, en matière aussi grave, auxinspirations,aux illuminations, à l'instinct, etc.; — mais ajoutant : que la preuve certaine de la vérité de la foi catholique est donnée à tous comme la lumière du soleil, et qu'il suffit pour la voir de ne pas fermer les yeux; ce qui exclut la nécessité des longues recherches, des études laborieuses, de la science, pour avoir la certitude de la vérité de la foi.

c La foi est le ferme assentiment de l'Ame aux vérités que la sainte Eglise lui ordonne de croire comme révélées de Dieu. Cet assentiment suppose deux choses : le mouvement intérieur de l'Ame, qui la porte à le donner, et la connaissance de l'autorité divine qui l'exige. Le mouvement intérieur élevant l'homme aundessus de sa propre nature, puisqu'il le porte aux vérités surnaturelles, ne peut venir de Thomme lui-même, il fautqu*il lui vienne du principe surnaturel, de Dieu, qui l'imprime par la grêce. La grêce est donc nécessaire pour croire, mais elle est donnée à tous, et de ce côté Dieu ne laisse à personne un juste motif de se plaindre. Seulement l'homme est'libre sous l'action de la grAce, il peut résistera l'impulsion divine, il peut accumuler les obstacles, et quand il les a accumulés, il peut encore refuser de faire ce qu'il doit pour les écarter. Dans cet état, la grAce lui faisant défaut par sa faute, il ne peut croire; les preuves ks plus manifestes n'entratnent point sa conviction ; un miracle même, en fût-il témoin, ne le convertirait pas. Il faut donc, pour avoir la foi, la grAce, et pour avoir la grAce, que Dieu donne à tous, ne pas la rejeter; il faut des dispositions intérieures, la droiture, la sincérité du cœur, la bonne volonté, et quand un homme livré à ses vices, à ses passions, à son orgueil, vient nous dire : Je ne puis croire, il est semblable à Kaveugle qui s'est volontairement crevé tes yeux et qui se plaint d'être privé de la lumière. Si votre ail est pur, tout sera /umtneux, noas dit le Sauveur (Matth. vi, 22) : ceux dont l'œil n'est pas^ pur demeurent dans les ténèbres.

« Avec la grAce qui donne la puissance d'adhérer aux vérités surnaturelles, il faut à rhomme la révélation qui fait connaître ces mêmes vérités, et, comme la grAce, cette révélation ne peut venir que de Dieu.

L'homme aurait beau être capable de ta foi, si aucune vérité surnaturelle ne lui était connue, il ne pourrait en croire aucune. Or les vérités de cet ordre dépassent sa raison; ce n'est donc pas sa raison qui peut les lui faire connattre. Elles dépassent toute raison créée, il n'y a donc pas de créature qui puisse les voir par sa raison, et dont le témoignage suffise par lui-même pour les faire accepter; elles ne tombent sous la connaissance que par la révélation divine. Quclques<uns reçoivent la révélation de Dieu immédiatement : tels les apôtres et les prophètes. Mais l'homme étant de sa nature un être social, Dieu a voulu que, dans l'ordre ordinaire, la révélation une fois faite lui fût transmise par une autorité sociale, par la sainte Eglise, et pour que cette tradition demeurAt fidèle et inaltérable, il a fait l'Eglise infaillible;

r>ur que les hommes ne fussent pas réduits la nécessité de chercher laborieusenient la société divine dépositaire de la révélation, il a fait A son Eglise une si grande existence, qu'elle est connue de toute la terre; et il l'a revêtue d'une telle lumi'ère, il a mis en elle des caractères si manifestement divins, qu'i*

£GUSE.

est impossible, des qu'on est en rap{iort avec elle* de la confondre avec aucune autre, de ne pas reconnatlre en elle Tœuvre du Tout- Puissant (13). Comme la grAce est donnée à iou$, de même i*Rglise est dans le monde fisible è tous, accessible à tous, prAle à répiodre sur lous les richesses divines. Hais de mÂme qu'au dedans Tbomme résiste à la grâce» de môme, et uour les mêmes causes, au dehors il résiste a rSalise. Son œil n'est l^às pur, la lumière ne I éclaire pas; sa recberohe de la vérité n'est pas sincère, il ne la trouve pas; souvent, dans sa brutale insouciance, il ne songe pas même à chercher i ouvrir les yeux, et on le voit pousser la démence jusqu'à fuir la lumière et la vérité, jusqu'à donner tout son amour au^ ténèbres ^t au mensonge. Dans cet état, il ne voit ni 1« fait divin de l'existence de l'Eglise, ni les marques divines qui de toutes parts resplcnplendissent en ejle, ouj s'il ne peut s'empêcher de les voir, leur lumière lui est imporiune; il en détourne la vue, il entasse entre die et lui tous les obstacles que sa raison peut inventer, et ce ne sont plus qu'obscurités, (linicultés, questions ei obiections sans fin. Contre une telle mauvaise loi, la méthode de M. de Broglie devient nécessaire; il faut ré^- |)ondre aux sophismes, résoudre les problèmes, dissiper les nuages, suivre Terreur pied à pied et la confondre sur tous les points pour l'empêcher de répandre ses (loisons. Mais s'ensuit-il que cette méthode savante, cette arme indispensable contre reuxqut font la guerre à l'Eglise, soit également nécessaire pour procurer une entière et pleine certitude de la vérité de la foi au mut simple et droit qui a reçu la fui des maios de l'Eglise^ ou qui, n ayant pas encore le bonheur de connaître l'Eglise, cherche i«cifiquement la vérité, non pour la a»mi)atlre, mais pour l'aimer. Entre M. de Broglie et le P. Dechamps, c'est là toute la

question.

« En dehors de ce vague instinct gui nous porte vers la vérité, mais qui souvent nous jette dans les plus ridicules erreurs, qui est la source de toutes les superstitions, de tous les funaiismcs, ei en dehors de la démonstration savante inaixessible à la plupart des hoaimes. Dieu nous a-t-il donné un moyen simple et facile de savoir, avec une irréiragable certitude, où est la véritable Eglise? ^ si ce moyen existe, quel est-il 7

■ Le P. Dechamps répond que ce moyen cW l'Eglise elle-même, dont les caractères divins prouvent l'origine divine à tout esprit sincère et de bonne loi.

t Cela est-il vrai? Est-il vrai que l'Eglise ail des caractères divins, et qu'ils soieiU

(M) Le aophisic court aux objections et va les ^lierclier au milieu des sauvagpes, où il iiuus monire <k*» hommes <|ui oe penveni comiaUre TEglise. Il MlKt 4c lui répofiilFe que si ces hommes sont ton- ^amiiés, oe ne sera poini pour avoir ignoré ce qu'ils B*-' pouvaient savoir, et qu'on peut s*6n rapporter

DgcT^ONN. pu Parall^i-^.

assez lumineux par eux-mêmes pour qu'il soit facile de les voir, pour dissiper toute obscurité, pour chasser de l'esprit toitf doute raisonnable, toute incertitude? Estril vrai, en un mot, que je sois sûr de ne pas n)e tromper, moi simple fidèle, qui ne sais ni théologie, ni histoire, ni pnilosophie, lorsque, voyant et entendant rEglise,jedis : C'est bien elU^ cesl elle qui vérilablemfini e$t la fille ie Diffu, réponse du Christ^ et que je répète Tactede foi : MonDieuJe crois fermemeni tout ce que la sainte Eglise catholique^ apostolique^ romaine^ m'ordonne de croire^ wrc$ que vous le lui Qvex révélé, vous qui êtes la vérité même,

• Si je ne sais pas avec une entière certjr tude que l'Eglise est véritablement l'infaillable dépositaire de la révélation, commeni puis^je prononcer ces paroles? Et cetle cerr titude, comment puis-je l'avoir, si elle dépend d'une démonstration dont je suis incapable, si je ne la trouve pas dans le témoi- Î^nage mime de TEglise, par lequel seul If oi et tout ce qui est la foi m'est connu ?

« En faisant Tacte de foi, je donne nonseulement la raison, le motif de ma foi : «I)jeu,qui est la vérité m£me, » mais encore la raison, le motif qui me fait reconncltn» l'existence de sa parole, c'est-à-dire le tait, de la révélation, le motif suprême et dernier de crédibilité^ celui qui comprend, qui supplée tous ies autres et sans lequel les autries ne sont rien : l'Eglise. Si rSglise n'est pas ce motif, si elle ne porte pas en elle-même la preuve de sa mission ei de son autorité; s*il faut remonter plus haut et trouver un motif supérieur qui me donne le droit dé croire l'Eglise, Tacle de foi n'en dit rien et la formule est fausse.

« D'ailleurs, où m'arréterai-je? Quc^l nutrn motif me donnera-t^n dont îl ne faille pas demander la raison et la preuve? Si on la trouve, à moins qu'on n'arrive è un motif suprême et dernier, évident ))ar lui-même, c^ui n'existe point, puisqu'on ne l'a pas encore découvert, je demanderlii la raison do la raison, la preuve de la preuve, et toujours aihsi indéOuiment. Ifais Dieu n'a pas voulu que rhomme fût condamné à marcher dans cette «^oie absurde d'une recherche sans ierme possible, et c'est pourquoi, dans tous les ordres, son infinie sagesse a établi des points fixes ei inébranlables.

« Dans Tordre des counaissances natureU les, dont la raison est la source, et le raisonnement l'instruo^ent, nous avons ies premiers principes, qui sont évidents, c'est-àdirjB qui Se démontrent par eux-mêmes, qu'on ne peut démontrer par d'autres, sans lesquels ei hors desquels oo ne démontre

lent d'elle et contre die. Pe sa naiuie^ l'EgUae esc visible ei connue universellement. La situation de ceui qoi ne peuvent la voir ne vient pas d*el1e, pag

Sus qne la situation de ceux qui se trouvent aii •nd des mines, dans les entrailles de la terre, un vient an soleil. Il Tavi sans devie à eevx-ci quel? que autre moveii de 8*écUirer, hmIs itia n\ivfr pèclie pas que le soleil ne soit Tastre universel, •

sa?

rien. Quiconque est en parfait accord avec eux a raison; quiconque est convaincu de les contredire est déclaré absurde; quicon-

3ue prétend se passer d^eui et leur trouver es principes supérieurs, se met hors de la raison et tombe dans la folie. Ils forment la loi immuable et souveraine, la règle première et dernière, de laquelle tout procède, à laquelle tout se rapporte dans le domaine de la raison. SMIs nVxistaient point, le rai- !ionnement humain n'aurait ni onse ni terme, il serait impossible; et ce n*est que parce quMIs existent, parce qu'ils sont communs à tous, parce qu'il suffit h Tesprit de les voir pour en reconnaître la souveraine vérité, que les hommes peuvent se comprendre, qu'ils ont une même raison.

ff De même, dans Tordre des connaissances surnaturelles, dont la révélation est la source, et le témoignage l'instrument, nous ne pourrons pas nous entendre et nous n'aurons pas une même foi , si nous ne reconnaissons pas l'autorilé d'un même témoignage. Mais comment reconnaître une telle autorité, s'il n'y a pas un premier et dernier témoignage revôtu de tels caractères, qu'à lui seul il suffise pour légitimer notre assentiment, et qu'après lui il ne soit besoin d'aucun autre. Un témoignage ne peut 6tre donné que par un témoin. Il faut donc un témoin dont ta parole se suffise à elle-même et ne réclame pas des garanties étrangères. Et le témoignage étant toujours nécessaire, il faut que le témoin soit toujours vivant. Personne ne pouvant se passer .de lui, il faut que tous puissent le voir et l'entendre. Si ce témoin n'existe pas, c'est en vain que la révélation nous a été faite, pui.'^que sans lui nous ne pouvons la connat« tre que par des témoignages transmis à travers les Ages, oralement ou par récriture, et sujets , comme rex^)érience le prouve, à toutes sortes d'altérations, d'obscurités, d'interprétations diverseset contradictoires. Mais qui oserait dire que Dieu a parlé en vain? nous avons donc le témoin universel et immuable, le témoin nécessaire, le témoin qui ne peut être récusé, par qui la révélation nous est connue avec une entière certitude, sans qui nous n'en aurions qu'une connaissance incertaine, contre qui aucun autre ne peut prévaloir. Le témoin avec qui il suffit d être d'accord pour être assuré d'avoir la vérité, qu'on ne peut contredire sans être dans l'erreur, dont on ne peut douter sans douter de Dieu même, ce témoin, c'est l'Ëglise. Ne réunit-elle pas toutes les conditions que nous venons d'énumérer; n'est-elle pas une autorité toujours vivante, une, immuable, per- ))étuelle, universelle, sainte, infaillible, et tous ces divins caractères, marques indubitables de la mission divine, ne lui sont-ils pas tellement inhérents au'elle les porte toujours et partout avec elle, que toujours et partout les cœurs droits, les esprits sincères, ceux que la passion ou l'orgueil n'aveuglent pas, la reconnaissent à ces grands ftignes?

« Si cela est vrai, comme M. de Broglle est

bien obligé de le croire, la démonMratiiMi du P. Decnamps est irréfutable. D'où vient donc que l'honorable directeur du Correspondant ny voit qu'une vive description, qu'une touchante et poétique peinture? Cela vient peut-être de ce qu'il néglige et laisse dans 1 ombre tout un côté, le côte essentiel, de la démonstration. Si le P. Dechamps s'était borné à faire remarquer qu'entre l'enseignement do TEglise et les besoins de l'Ame humaine il y a de profondes et indestructibles affinités, s'il n'avait donné d'autre preuve de la divinité de l'Eglise qu'une harmonie de la nature, pareille en quelque mesure à celle que développait Céloquence mélodieuse de Vauteur de Paul et Virginie, M. de Brogiie aurait raison; cette harmonie ne serait pas une preuve irréfraj^able, et il ny aurait pas démonstration. Mais le savant rédemptoriste ne se contente pas à si bon marché; il ne parle pas seulement de l'enseignement de l'Eglise, il parle de l'Eglise elle-même; il ne dit pas simplement: Voyez combien son enseignement est beau; il dit: contemplez-la elle-même et avouez que sa beauté est vraiment divine. Il insiste, en un mot, sur les caractères divins de TEglise, il les montre visibles, éclatants comme le soleil, et il en conclut que le divin ne pouvant venir que de Dieu, l'Eglise revêtue de ces caractères, l'Eglise catholique est vrainoent de Dieu : que dès lors celui qui méprise l'Eglise méprise Dieu môme.

« Tout préoccupé, tantôt de son procédé pratique et n'en apercevant pas les inceriitudes et l'insuffisance, tantôt de sa méthode savante et ne prenant pas garde que tous les hommes ne sont pas savants et que les savants eux-mêmes ne le deviennent qu'après beaucoup de temps, de travail, et au risque de beaucoup d'erreurs, M. de Brogiie ne semble tenir aucun compte au P. Dechnmps de cette partie de son livre, qui est pourtant la partie principale, ou plutôt qui est le livre même. Qu il me permette donc de lui en rappeler quelques passages. Je lis vers la fin du premier entretien :

« V Eglise est la arande œuvre du divin ouvrier^ et il a dit îui-méme que l'unité de cette Eglise serait pour le monde le signe de sa divine mission : nVt omnesunum sint... u( eredat mundus quia tu me n^isisti. )» Quils soient « tin, » disait Jésus-Christ (Joan. xvu, 21), afin que le monde croie que vous m' ares envoyé, c'est-à-dire ^ selon la remarque de Mœlher dans sa Symbolique , que runité de l'Eglise , dans sa doctrine et sa vie, sera un signe aux infidèles^ que fai agi par votre toute-puissance, car une telle unité

ne peut dériver des forces humaines?

Comment le prouver aux incrédules ? En les priant de me montrer quelque chose de semolable dans les œuvres des puissances intelUctuelles ou sociales de ce monde : « Le nationalisme caractérise toutes les sectes : les plus puissants des faux cultes n'ont jeunesis été que des cultes de « race; » et les plus grandes philosophies que des « écoles » dont les maîtres ont rarement formé deuxdisciptes qui fussent

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