‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 25 sur 87 · BH8CI0NEMENT · texte numérisé non relu

BH8CI0NEMENT

nenl de Tefta. *^ Oa encore : Il esl ia»poesible qa*on homme bA tisse une maisoo; car an homme ne suffit pas pour cela sans des instruments; d'un autre côté, les ii^truments ne suffisent pas non plus sans rhom« me; donc la réunion de l*homme el des instruments ne suffira pas non plus.

Le philosophe de VÀmi de la religion s^e^ force ensuite de prouver que des eonsé-

Joences d'une trii-haute gravité découlent u système de M. de Bonatd. La première Gonsëaueoce» qu'il présente sous trois formes différentes, revient è dire que» si la pensée esl impossible sans le langage»

f'bomme ne pourra acquérir aucune vérité nouvelle, rar il lui faudrait pour cela de nouveaux mots, qui eux-mêmes ne peuvent pas être trouvés sans des idées nouvelles. Rien de plus superficiel que cet argument. Il suppose des hommes n*a.yant que deux ou trois idées, et deux ou irois mots correspondant à ces idées. C'est un cas chimérique. Mais, même en nous plaçant dans vMie hy- |)0tbèset nous disons que la théorie de U. de Bonald n*empêcbera{t nullement de trouver des vérités nouvelles; caries vérités nouvelles que trouve Thomme sont des rap- |M>rts entre celles ciu*il possède déjà; il suffit donc, pour les découvrir, des mots que Ton possède. D'ailleurs cette objection peut être rétorquée. L'adversaire avoue que les mots sont nécessaires, sinon pour former les idées métaphysiques, au moins pour les isfrimer. Donc, si son raisonnement est juste, il faut en conclure que Tbomme en trouTSnt une idée nouvelle devra forger un mot nouveau pour l'exprimer. L'expérience, BOUS dira-t-il, prouve qu'on peut exprimer une foule de vérités différentes avec les mêmes mots. Donc les anciens mots peuvent larflr aussi è former des idées nouvelles.

La seconde e^oséquence, objectée par le critidue, el délayée par lui en deux parafrapoes, esl celleH)i : Si Tbomme n'a que les idées gravées dans son âme par la parole, il sera inca^ble d'en api^récier la vérité et la fausseté; il sera donc le jouet de l'erreur et des passions, s'il rè^ne dans un pays ou règneot uneiiBUsae religion et une morale corrompue.— Franchement, ne vaudrait-il pas mieux nrder le silence aue de di vagner de la lorte? D'abord l'incon veulent dont on parle existe, quelque système que l'on adopte; c'est un fait qu'on ne peut nier : une foule d'bommessubissentd'une manière invincible TinQuence d'un enseignement faux. Mais la théorie de M. de Bonald ne rend pas, plus que toute autre, rhomme incapable d apprécier la vérité de ce qu'on lui euseigne. En effet, M. de Bonald admet en l'homme, comme on la vu, non-seulement la faculté de discerner le vrai , mais les germes de toutes les vérités. Avant que Thurome placé au sein d'une religion fausse entende retentir è son oi>»ille des doctrines busses, il entendra une foule de mots qui commenreront ledéveioppemenî de sa raison. Mais commençAtil |iar entendre uue erreur et |>ar l'adopter dec^flaoce, il conserve la faculté de réagir

contre (-ette erreur, qui heurte lés germes de vérité déposés dans son âme. Enfin, si lu critique ientendait quelqu'un affirmer cette vérité banale : Jamais l'nonime n'arrivera à être certain des idées métaphysiques s'il n'a été allaité par sa nourrice ou s'il n*a été nourri par un procédé équivalent, objecterait-il que parier ainsi c'est faire du lait de la nourrice le critérium unique de la certi.* tude? Non, sans doute; il comprendrait que c'est là seulement une condition nécessaire au développement de l'homme, et que la nécessité de celle.condition n'empêche pas l'esprit humain d'avoir en lui-même le principe de la certitude. Qu'il comprenne donc enfin que, pour M. de Bonald, renseignement, le langage n'est pareillement qu'une condition^ et qu ainsi toutes ses attaques sont en dehors de la question. ^

Vient ensuite un ar^ment qui ressemble à une plaisanterie. Dieu, dit le critique, a fait l'homme à son image; or Dieu connaît la vérité sans Tintervenlion d'aucun être; donc rhomme doit avoir aussi la faculté do connaître sans l'enseignement. Nous livrons ce raisonnement à la gaieté de nos lecteurs.

De plus, dit le critique, si l'homme ne peut penser sans les mots, il n'est plus une intelligence servie fkar les organes; il est, au contraire, assujetti à ses organes. D'abord, s'il y avait contradiction entre la théorie de M. de Bonald et sa définition de l'homme, cela prouverait plutôt contre la définition que contre la théorie ; mais cette contradiction n'existe pas. Ne peut-on avoir un besoin absolu d'un objet et être servi par cet objet? Un roi pourrait-il se passer de aervîteuri? N'arrive-t-il pas presque toujours que nous dépendons en quelque manière de ceux qui nous servent? El cette dépendance n'est-elle pas très-compatible avec la supériorité?

UL Le critique exploite ensuite le texte de saint Paul, dont nous avons défendu le vrai sens contre le P. Chastel. Il attaque même notre interprétation, se contentant de nous désigner par les mots déjeune ^crivoifi. Jl nous sera facile de lui faire voir que son attaque, Tepesant sur des données fausses, laisse à nos arguments toute leur force,

Noos avons dit : Saint Paul affirme sans doute que les païens avaient, dans les merveilles de la création, un moyen de s'élever è la connaissance des perfections divines; mais il parlait d'hommes dont évidemment la raison avait été développée par la soci^é. ^ Ou bien le mot développé^ dit le critique, s'entend de la connaissance de Dieu, ou non; dans le premier cas, l'Apôtre serait dans l'erreur en disant que cette connaissance est le fruit du spectacle de la création ; dans le second, quelles sont les idées qui constituent ce développement? Pourrait-on en signaler quelques-unes? D'ailleurs, selon M. âe Bonald, uue raison quelque peu développée ne pourrait pas acquérir de nouvelles vérités par la seule vue de la créatiqn, sans le secours de la parole. — Voilà l'objeaion que nous lance le critique avM un

DICTIONNAIRE DU MRALLELE.

aplomb et une assurance qui vont jusqu^h la fanfaronnade. Voici noire réponse. On peut admeilre que les païens dont parle saint Paul avaient regu de la société Tidée de Dieu; on peut, dis-je, admettre cela sans contredire le teite sacré; car le critique fausse audacieusement la pensée de TApôire en la traduisant ainsi : Vous n'avez pas reçu delà société Tidée de Dieu; mais cela ne vous excuse pas, car vous aviez la création. — Jamais saint Paul n'a dit cela; il dit sim-

{)lement que les choses visibles servent k aire comprendre les perfections divines; assertion qui est parfaitement vraie, même

f)our des hommes qui ont reçu de la société 'idée de Dieu. Non-seulement il n'y a pas incompatibilité entre connaître Dieu par l'enseignement et le cof maître par les choses visibles , mais nous le connaissons tous par ces deux moyens k la fois; donc saint Paul, en affirmant purement et simplement l'existence du second moyen, n'a pas nié par là même l'existence du premier. Aussi vous sentez si bien qu'on ne peut pas lui attribuer cette négation implicite, que vous lAchez en même temps d'exploiter son silence : Si saint Paul avait suppoié rexis" tence de cet enseignement^ il neût pas man^ que de leur en reprocher Fabus^ pour faire ressortir davantage la grandeur de leur crime. Il n'eât pas manqué! qu'en savezvous? De qud droit tracez -vous à saint Paul la marche qu'il avait k suivre? Où n'aboutirait-on pas avec une telle licence d'interprétation? Et quelles conclusions que celles qui reposent sur des hypothèses si complètement gratuites? €omme si saint Paul était obligé d'épuiser tous les lieux communs de la rhétorique, et d'opposer aux philosophes païens tous les arguments pos-' Bibles^ oui étalent de nature k fortifier sa thèse? Nous n'avons donc pas besoin d'expliquer son silence, et fftt-il inexplicable, on n'en pourrait rien conclure. Mais il ^ a une explication bien simple, c'est que saint Paul n'avait pas besoin de rappeler cette vérité banale, que les hommes entendent parler de Dieu avant déraisonner. Et cette explication, qui n'est pas nécessaire k la vérité de notre interprétation du texte de l'Apôtre, est inattaquable en elle-même, tandis que l'explication de Tadversaire a un inconvénient énorme qui vient s'ajouter k ceux que nous énumérions tout k Theure. Car nous savons, par la science naturelle, que les païens desquels parlait saint Paul, avaient trouvé ridée de Dieu dans la société; les temorgfiages historiques nous le prouvent.

Donc, en attribuant k saint Paul l'opinion

3ue ces païens n'avaient pas entendu parier e Dieu, on lui attribue une erreur grossière. Et voilà l'énormité qu'on présente comme la seule explication possible d'un silence qui peut s'expliquer autrement, et qui n'a pas besoin de s'expliquer du tout, puisuu'il peut avoir sa raison dans le bon plaisir de saint Paul.

Il n'est pas inutile de faire observer que DOS adversaires nous ont accusé de manquer

de respect envers TApôtre, pour avoif dit qu'il aurait commis une erreur s'il avait dit que les païens dont il parle n'avaient pas trouvé l'idée de Dieu dans la société. Il est clair qu'il n'y a en cela aucune irrévérence. Si l'on interprétait un texte de saint Paul dans le sens de la négation de l'exis* tence de Dieu, je pourrais bien dire : Saint Paul se serait trompé s'il avait nié l'existeoce de Dieu; or il n'a pu se tromper; donc vous l'interprétez mal. Tel est précisément lesens

Sue nous avions en vue, quand nous avons it que saint Paul aurait commis une erreur s'il avait dit que les philosophes païens ne devaient rien k l'enseignement. Or, précisément, VAmi de la religion nous oppose le même argument; il nous dit: Si les philosophes païens ont reçu de la société l'idée de Dieu, F Apôtre était donc dans F erreur en aUribuant cette idée à la vue du monde visible. 11 y a seulement une petite différence. Nous prouvons d'une manière péremptoire que les adversaires attribuent k saint Paul une erreur énorme, la négation d'un lait historique ; car ils avouent que, d'après eux, saint Paul nie le secours que les païens ont tiré de l'enseignement; or la réalité de ce secours est indubitable; donc, ce que les adversaires avouent attribuer k saint Paul, est par nous démontré faux. Au contraire, ce que nous avouons être faux (la déconverie de Dieu par les païens, au moyen dn raisonnement seul) n'est pas démontré être la pensée de saint ^ul; bien plus, nous prouvons contre les adversaires que telle n'est pas la pensée de l'Apôtre. En d'autres termes : vous avouez attribuer k saiot Pau) une opinion que nous attaquons, que vous croyez vraie sans doute, mais dont un simple coup d'œil sur l'histoire suffit pour prouver la fausseté ; tandis que vous démon* trez Que l'adoption de notre système a pour conséquence la fausseté, non pas du texte de saint Paul, mais de votre interprétation de ee texte.

En résumé 1 1* il est faux que saint Paal ait nié formellementf eocplicitetneni le aecouis que les païens ont tire de l'enseignement ; les adversaires le sentent eux-uièiues, nsal-

fré leurs assertions, puisqu'ils ont recours d'autres moyens tout aussi peu solides. Il suffit de lire le texte de r£pl/re aux Romains, pour voir que les roots seulement, imi^ttetnent^ connaissance première^ qui n"a été précédée d* aucune autre ^ ne s'y trouvent pas.

2* Il est également faux que saint Paul nie implicitement le secours que les païens ont tiré de l'enseigutîment pour connaître Dieu, puisque ce secours n'est pas incom* (>atible avec celui dont il parle» et qui est tiré des choses visibles.

3*11 est faux enfin aue le silence de saint Paul sur le secours deTenseigoement prouve qu'il croyait k la non-réalité de ce secoure.

k' De ces trois points, nous poavoas conclure qu'on peut, sans heurter le texte de saint Paul, soutenir que les philosophes païens avaient reçu de la société l'idée Je Dieu.

BNSBIGMEIIEPrT*

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5* Done nous m eherehons pas à prouver noire opioion par^aîol Paul; nous montrons settlemenl qu'elle n'est pas opposée au texte .sacré* Ou»nt aux preuves» nous les tirons u» !*ordre naturel.

6* Pooc la raison nous oblige è admettre (|ue les philosophes païens avaient reçu, de il société, l'idée de Dieu (25), et que la vue de l'onivers a confirmé celte idée, puisque d'un cAié, cette opinion n'est nullement contraire à l'Ecriture sainte, ei que de l'autre, elle est prouvée par l'histoire.

7* Donc, non-seulement les arguments que les adversaires cherchent dans l'Ecriture Minte, pour leur système, sont anéantis; DOH'^ulemeni ils ne réussissent pas è nous réfuter par l'Ecriture sainte; mais encore noas réussissons à démontrer, par la raison, qu'ils interprètent mal l'Ecriture sainte. Nous ne tirons pas ici d'autre conclu* sion;ear cette discussion est dirisée contre une de leurs preuves, et non contre leur thèse.

Nous espérons que ces explications parâttroot aussi claires que modérées. On voit que nous n'outrons rien ; que nous ne pré* tendons pas avoir renversé ici la thèse des adversaires; que nous ne prétendons pas avoir démontré notre assertion fondamentale (nécessité universelle de renseignement); que nous affirmons seulement avoir prouvé une assertion accessoire, relative aux philosophes païens, et avoir renversé une olyectioo souvent exploitée contre nous. Les articles auxquels nous répondons ne méritaient sans doute pas les développements attiquels nou^ nous sommes laissé entraîner; mais B0U5 ne sommes pas iàcbé d*avoir tQ une occasion de mettre dans un nouveau jour ce que nous avons déjà écrit sur ce Hget dans noire Eêêui phih$apkique.

Si Ton se rappelle l'objection de VAmi de is filigion^ rapportée plus haut, on reconnaîtra qu'il nous reste deux mots à ajouter }K)ar en finir avec elle. Si Ton prend fe mot de r8i!M>n déoeUppie^ dans le second sens, ceu-à-dire, dans le sens d'un dévelopf^emeot qui ne s'étend pas jusqu'à l'idée de l>ieu, le critique trouve que Ton emploie des mots tidêê de seiis, et que d'ailleurs ce développement incomplet ne suffirait pas^ aeloo II. de Bonald, pour arriver à l'idée de Weu.sans Ut parole, avec le seul secours du BKmde visible. D*abord nous n'aoce|itons pas l'i^ithète ejde de seiw. On conçoit une raison qoi a reçu un certain développement sans posséder encore les vérités religieuses. C'est U sans doute une situation peu ordinaire ; nais ee n'est pas nous qui 1 avons mise en avtot; ce soDt les partisans de la découverte jIm vérités religieuses qui ont compris que leur système répugnerait moins, relativeui<*Dt k une raison quelque peu développée, que relativement k un homme séparé dès sa naissance de la société. Aussi le seul usage 4oa nous faisons de cette hypothèse est celui-ci : Nous disons que, s'il était démon-

tré qu*uffie raison, déjà quelque peu dévoloppee par la société, a découvert, k l'aide seulement des choses visibles, et sans nouvel enseignement, les vérités religieuses, il ne s'ensuivrait pas qu'elle eût pu faire également cette découverte, si elle n'avait jamais eu aucun rappoii avec les hommes. Quant k la supposition que M. de Bonald ne peut, sans se contredite, accorder qu'une raison, partiellement développée, arriverait aux vérités religieuses avec le seul secoursda monde visible, nous l'avons déjà réfutée plus haut: En découvrant, |>ar le raisonnement, par ta vue des choses visibles, etc., une vérité nouvelle, on ne la découvre pourtant pas sans la parole; car on se sert, pour celte opération, des idées et des mots que Ton possédait déjk. Du reste, comme on le voit par les explications qui précèdent, le critique suppose bien k tort que nous présentons les païens dont parle saint Paul, comme ayant reçu de la société, non les vérités reli-

fieuses, mais quelques notions élémentaires, l'aide desquelles ils se seraient élevés seuls k ces vérités par la contemplation des choses visibles. Quand même ces païens n'auraient pas reçu davantage de la société, quand il serait prouvé que cette hypothèse est vraie et qu'ils ont ainsi découvert l'idée de Dieu, notre thèse de la nécessité dun enseignement quelconque pour l'origine des idées réflexes resterait sauve. Mais on a vu qu'il est permis de soutenir uue ces païens avaient trouvé, dans la société, l'idée de Dieu ; do sorte que les adversaires ne peuvent paji même prouver, par le texte de saint Paul, la puissance abeolùe d'une raison quelque peu développée de découvrir l'idée de Dieu»

puissance absolue que nous sommes disposé h leur accorder, comme nous l'avons dil ailleurs (Eeeai philoeophiqué).

Nous renvoyons au même ouvrage pour la solution des objections que tire le critique de l'autorité de saint Augustin et de saint Thomas. Quand on dit que renseigne* ment exige des idées antérieures, on ne con« tredit nullement notre opinion, qui admet des idées antérieures innées, mais non actuelles. On ne peut exiger des idées antérieures ac* Hielles que [>our l'enseignement méthodique des écoles; mais il n'est nullement question de cet enseignement dans notre thèse.

Le oritiaue s'efforce ensuite de prouver que cette inèse n'est pas hors de la compétence des théologiens. 11 est certain que la question de la nécessité de renseignement pour l'origine des idées, est une question

f mûrement philosophiuue, et une question ibre,sur laquelle l'Eglise n'a rien prononcé; mais nous reconnaissons qu'elle a des conséquences qui peuvent intéresser les théologiens, et nous avons montré, en effet, que l'opinion contraire k la nôtre a des consé<» quences dangereuses pour la religion.

Le critique termine en répétant ve qu'a dit le P. Chastel sur les sourds-muets, sur

. (SS| Qttsad noue disons : Atteient re{u Vidée, dou9 avons seulemem en vue ractuali$aiio.i 4e Vidée ao^. tkd Mil dit use fois peur toutes.

DiCTiONN. DU Parallèle.

DlCTIONNAlItS DU PARALLELE.

Sdf

les séquesIréSt et sur rimpossibilité où Ton est quelquefois d'exprimer ce que Ton pense. On ne peut aue s'étonner de voir tous les écrivains de récole serai-rationaliste se copier les uns les autres, sans pouvoir sortir d*un petit cercle d*idées, ni trouver aucun aperçu nouveau. Mais on s*étonne encore davantage du vague et de la nullité de tous les arguments qui traînent dans leurs livres. Qu*un auteur, examinant une question en théorie, manque de précision, de netteté, cVst déjà un grand inconvénient; mais cet inconvénient redouble quand il se trouve dans une critique. Attaquer une tbèse îm- ]»ortante de philosophie par des sentences, je ne dirai pas vides de sens^ mais pouvant se prendre en plusieurs sens^ et joignant, à Tamphibologie, le défaut d*ètre presque ton* jours en dehors de la question, c*est porter soi-même un coup mortel au sjslème que l'on veut défendre.

IV. En septembre 1855, l'auteur des deux séries d'articles que nous venons d'exami* ner, a publié un long travail dirigé spécialement contre la Note sur le concile d'Amiens qui termine notre Essai phUosophique. C'est encore YAmi de la Religion qui a inséré, en cinq articles, cet ouvrage de Técrivain dont nos lecteurs sont maintenant à mAme d'apprécier la compétence. L'impartialité nous oblige pourtant à déclarer que ce

Îbilosopbe n'appartient pas à la rédaction abituelle de lÀmi de la Religion.

Le critique commence par confondre de nouveau la nécessité de renseignement avec la nécessité de la parole, et la nécessité des mots pour commencer à penser aux objets métaphysiques, avec la nécessité des mots pour continuer à penser à ces objets. Puis il eiie le passage ou le concile d'Amiens dé-* clare, qu'en traitant la question de la nécessité des signes, il faut se earder de nier la force interne par laquelle I Âme saisit la vérité. Donc, s écrie le critique, le concile n'approuve et ne condamne aucune opinion sur la nécessité des mots, et par conséquent il n'adopte pas, dans ce passage, cette nécessité. Donc il blAme ceux gui nient la force tn^ame. — Hais c'est précisément ce que nous avons dit dans notre Essai jpAt'/osophique sur ce passage du concile. En vérité, ce procédé nous surprend. Quoi 1 vous annoncez que vous allez réfuter notre interprétation ; puis vous commencez par répéter, en votre nom, cette môme interprétation, de manière à faire supposer à vos lecteurs q^ue nous avons dit tout le contraire I Vous deviez dire au moins que vous étiez de notre avis sur le sens de ce premier passage.

Le critique prétend ensuite que nous donnons la foi h un témoignage extérieur comme la source unique et le seul critérium des connaissances humaines. Et il se fonde sur l'expression de vérité reçue par la foi naturelle^ que nous avons approuvée dans Bl. Hugonin. Cette expression impropre de vérité reçue est pourtant expliquée assez clairement par une phrase du même passage, où nous disons explicitement que la parole

n*est pas le principe des connaissances. Il est vraiment fastidieux d*ètre obligé de donner sans cesse à nos adversaires les mêmes démentis; mais aussi riourqnoi, malgré les déclarations les plus rormelles, contenues dans les passages mêmes qu'ils citent, viennent-ils sans cesse nous attribuer des erreurs que nous repoussons énergiquement?

Le critique s'épuise ensuite h prouver que le concile d'Amiens n'a pas défini gue la fot au témoignage est la pierre angulaire de 17difice des connaissances! Encore une fois, jamais nous n'avons prêté au concile de telles intentions. Noos condamnons, comme lui et comme vous, l'erreur qui met dans la foi au témoignage le principe des connaissances; mais nous protestons contre une polémique

2|ui tend à nous diffamer, et qui ne pourrait chapper au reproche de déloyauté insigne, si elle n*éiaît inspirée par la plus étrange des distractions.

Il règne une telle confusion dans le travail du critique, que si nous voulions le suivre pas è pas, nous serions entraîné dans des repétitions sans nombre. Par exemple, iî identifie ces deux propositions : la foi au té* moignage est la source des connaissances: la foi précède la raison. Et néanmoins, dans un article spécial, il répète, pour -montrer que le concile rejette la seconde proposition, les testes.déjà cités pour montrer que le concile rejette la première. Nous avons prouvé, à l'article Raison, que cette proposition: la fot précède la raison, est ambiguë et peut recevoir beaucoup de sens, les uns faux, les autres vrais. Mais malgré cette ambiguïté, elle ne peut guère recevoir le sens que lui donne le critique; car il y a une grande difTérenee entre prodtttV et précède^ surtout s'il s'agit d'une antériorité purement logique. Quoi qu'il en soit, si l'on prend cette proposition dans le sens du critique, il est certain qu'elle est biflmée par le concile, qui a des paroles sévères pour le système du sens commun et

f)our l'extériorisme qui y conduit en niant a force interne de l'Ame; mais l*on ne peut conclure de là que le concile blême les sens raisonnables de celte proposition ; la foi précède la raison (par exemple, la certitude irraisonnée des premiers principes, certitude fondée sur l'évidence, et dont l^nseignement est la condition, précè<ie \e raisonnement); 2* le critioue a tort de dire que le système de M. de Bonald est compris dans là condamnation de M. de Lamennais; tout ce qu'il peut dire, c'est que cette condamnation atteint certaines phrases où M. de Bonaldi par défaut de précision, parle k peu près comme M. de Lamennais; mais on ne peut conclure de là que toutes les doctrines de M. de Bonatd soient entachées de lamemnisme. Il est certain, par eiemple, que sa thèse de là nécessité de l'enseignement ne conduirait au système du sens commun, que s'il faisait venir la vérité du dehors, et s il rejetait les idées innées; or, c'est ce qui n'est pas; 3* le critique s'empare du mot percipti employé |^r le concile à propos de la force interne de l'Ame» et s'écrie : Donc l'Ame acquiert la pre«

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