FOL
de te lurofère hdmaino, la tfouveni.|4le, partielle, décroissante, trop môlée d oinbi*es; qui reconoMSBeiitdue le fuyani objet de leur jioursuite est uiie lumière au soir qui st décolore et s'efface t et dont le lond n'est que ténèbrosy oue ceux-là, dîs^je , jettent dans leur esprit les principes de ce que sai*t Au*gustin nomme la lumière du matin.
« Je SDi6 bien que, d*abord, ces principes leur paraîtront plus obscurs que le jour même qui ne leur suffit pas; et qu*babitués à ce que Descartes, je crois, nomme quelque part la gro$$xère évidence de la géométrie^ ils D*a{)ercevront que nuit close d^îxs ces germes de lumière céleste. Mais i\\i*\\s feulent bien entendre ceci, et méditer cette comparaison:
c On appelle nuit aussi l'absence de notre soloil. Mais que nous montre le soleil? Il nous montre la terre et lui'-aième. Quand il a disparu, que voit-on? On ne voit plus d'abord ni terre « ni soleil, ni rien. Mais, patience 1 laissez marcher la nuit, et regardez. Les étoiles paraissent une à une; la voûte entière se peuple; le ciel est plein de rayons, de mouvements et de scintillements, et comme de regards qui s*éveillent et sollici^ tent ie nôtre. On voit le ciel^ que cacimt lesoleii. De sorte que, pour qui veut voir le ciel entier, il était bon que le soleil se retirflt.
< Mais, je Tavoue» toutes ces étoiles ne vous paraissent encore que des gouttes de lumière sur fa nuit. Toutes ensemble ne valent pas les rayons du soleil. Et pourtant 3u*avons-nous sous les yeui? Nous avons evant nous l'univers immense des soleils, dans lequel notre propre soleil n'est qu*ua
g oint, point dans lequel la terre n'est qu^une action d atome. Chaque point imperce[)tible de cette poussière lumineuse est un soleil comme le nôtre, entouré de cent mondes vivants, aussi grands ou plus grands que le nôtre. Le jour donc nous monîraii un poini^ 'o nuit noue montre rmuENSiTâ.
« 0$erai-je dire que c'est une des divines raisons pour lesquelles le soleil se couche? Si le bOleil règne et disparaît tour h tour, c'est que Dieu veut qu'outre la terre, riiomuie voie le ciel.
« Il en est justement ainsi des obscurités de la foi, relativement au jour de la raison.
« C'est pourquvii notre dogme enseigne que la raison, comme le soleil, doit régner ol se soumettre tour à tour ; régner sur toute la terre , «l se soumettre en face du ciel. Son règne lui donne un monde; sa soumissioN lui donne l'immensité, dont le monde Il est qu'un point.
« Qu'on ne s'eflTraîe donc pas d'abord des ob<icurités de la foi, ni des soumissions do r«5prit. »
Orttre la prière, le P. Gratry conseille aux pliilusophes d'apprendre par cœur les dogmes catholiques : « D'ordinaire on en étudie, par voie de controverse, par le dehors et la circonférence, quelques détails, jamais le tout ; et l'on fixe son attention beaucoup liioins sur le dogme lui-mèuie et son simple énoncé, que sur quelques raisons humaines, tr{S'im|>arfaites et très-incomplètes, qu^en
donnent quelques prédîoalmii»^t« <ittelques auteurs.
« Est*ee tè le moyen d^arriver, je ne dis pasè la fui, maisseulementà la coonaissance authentique de la foi , et à Tintetligeiice de son énoncé dogmatique ?
•« Prenez les formules de la foi, telles qu'elles sont présentées par T Eglise. Ajoute£>-y quelaoes-unes des paroles du Christ sur lesquelles s'appuient ces formules
M Que Ceriez-vous en effet si, tenant dans ma main quelques grains de poussière, je vous disais : v oioi des germes, ceci implique des plantes et ranferme des fruits'?
« Si vous en doutiez, il n'y aurait évidemment d*autre moyen d'arriver k la vérité que de confier ces germes k la terre, de mettre cette poussière en demeure de germer et de montrer aux yeux ce qu'on ne voyait pas.
« Faites de même Une simple lecture
ne peut donner de fruit, pas plus qu'un regard jeté sur une poignée de germes dans votre main ne peut les faire éclore. »
Le P. Aratry s'adress« ensuite aux Cbr^ tiens : « Vous oui tenez les principes certains de la lumière universelle, pourquoi les enfouir, et n'en pas déployer, par la culture it par l'effort, par un constant travail dMntelligenee et d'âme, les rayons, les couleurs, les parfums, les beautés et les fruits? Vous qui croyez d'avance que chacune de ces gouttes de lumière est un soleil, un principe vivificateur des mondes; vous qui portez en vous ce ciel étoile de la foi ...pourquoi ne cherchez-vous pas à devenir plus. clairement lumineux?... Où sont aujourd'hui parmi nous les Ames chrétiennes dont la conversation est ainsi dans le ciel ?... Qui se doute des ravissements dont nous priveat nés intempérances? Où sont les Ames toujours nouvelles et grandissantes, par la force de la sagesse, depuis l'enfanoe jusqu'à la mort? Et qui soupçonne les torrents de lu* mière et d'amour vrai qui jailliraient des âmes chrétiennes, pour le salut et le bofiheur des hommes, au prix d'un peu d'effort? »
—Le P. Ventura, dans son livre intitulé La tradition^ p. 269, s'exprime ainsi :
« Pour nous, la religion catholique a l'é-vidence de crédibilité la plus grande et la plus complète qu'il soit possiole d'avoir. C'est k ce point qu'il est impossible de lui refuser un assentiment ferme, impossible de la nier ou de la révoquer en doute sans so mettre en état de rébellion contre l'évi-
deifce Mais ce consentement qu'on prête
aux motifs de crédibilité, ou l'acte par lequel on croit k la révélation divine du christianisme, précisément k cause de ses motifs de crédibilité, o'est qu'un acto de prudence humaine, prescrivant de croire tout ce qui est évidemment croyable et digne d*un as-» sentiment ferme. C'est aussi un acte nécessairement présupposé, et antérieur à l'acte de foi divine, qui est l'acte par leauel nous croyons aux choses que Dieu a révélées» |>ar la raison que c'est Dieu môme qui les a révélées. Les motifs de crédibilité sont là
raison pour laquelle ott aCtïeple le catboii* cisroe; mais ils ne sonl point la raison formelle d*y croire avec une foi divine. Les seules choses qu*on croit avec une foi divine sont les différents articles de la doctrine révélée et le témoignage de Dieu aai les révèle ; et ce sont ces deux choses, les choses révélées et le témoignage do Dieu qui révèle» qui forment Tobjet matériel et I objet formel de la foi. »
—M. Saint-Bonnet lUniver$ du 12 février 1858), dit:
« La faiblesse de la raison diminue en nous la foi. L'homme est si sot» Gu*il ne s*étonne point d'exister ; comment s étonnerait-il de ce qu'on fait pour son existence? Le fait même de la création lui échappe; comment 8ongerait«il aux autres? Si I nomme réfléchissait, combien il serait suroris de lui-
même t S'il faisait seulement un pas dans sa raison, combien il sérail étonné de se trouver dans l'être l Sentir ce que c'est que l'être, et le distinguer du néant, est le signe d*uno raison supérieure. Les bêtes n'éprouvent pas le moindre étonnement d'exister. L'i-
Î(norant ne s'étonne de rien de ce qui ravit e savant: c'est l'admiration qui fait Thomme ; mais le savant reste ignorant, quand , après avoir parcouru les merveilles de Tètre, il s'arrête sans s'extasier de l'être.
« Les hommes devraient tous, eit se voyant, se féliciter d'exister ; ils feraient preuve k la fois de cœur et de philosophie. Penser à l'existence, à ce que comporte un tel fait, c'est le sublime de la pensée. La foi est le signe de la grandeur des esprits. Saisir d'icibas les réalités éternelles, le but qu'a eu vue rinfini, la vérité »
GRACB. — Nous empruntons h la Tribune ioerée un discours prononcé sur ce sujet par Mgr l'évêque de Tulle, à Saint-Gervais.
« L'Eglise, en ce jour de dimanche, fait réciter un fragment des Epltres de saint Paul, où je lis cette parole : Frires^ nous atons le même eeprit de fui ; il est écrit :Nous croyons^ et c'est à cause de cela que notre livre est ornée de la parole* Ouï, nous croyons^ et c'est pour cela que nous parlons. Celui qui a ressuscité Jésus^hrist nous re^ suscitera avec lui. Un jour, noua nous trouverons tous attachés à cette racine glorieuse, nous formerons un grand corps vivant et florissant dans le paradis. Pour atteindre cette destination, il faut des travaux ; mais que sont-ils, ces travaux de la terre? Des riens, de petits labeurs, et un iour nous jouirons d'un poids immense de gloire : nous aurons des habitations magnifiques. (// C<>r., IV, 13-18.)
« Ces images sont dictées par le Saint- Esprit; il faut les contempler avec respect, mais je puis dire que c'est mieux encore qui nous attend. Nous aurons mieux qu'une maison, mieux que de la gloire, nous aurons la vie divine tout entière. Nous Tavons dès à présent, elle est insérée dans notre âme p«ir la foi, par les sacrements. Un être chrétien , c est le plus grand de tous les êtres. Les Chrétiens ont un front plus beau que les autres hommes; leurs lèvres s'expri-r ment avec une aisance, une di^nitéi une majesté qui est propre i un Dieu. voyageur. Leur œil a des mélancolies sublimes , et leur regard des manières de regarder qu'on' ne rencontre nulle part; leur oreille aime à entendre les sons qui tombent du ciel. £lle n'est pas insensible aux bruits de la terre, mais elle les discerne. Pour êtro Chrétien, notre corps n'est pas amoindri, défiguré; il est embelli.
« Si on va au fond, et il faut y aller, si on examine l'Ame humaine, élevée dans Tordre de la grâce, oh I c'est magnifique alors. Savei-vous la différence qu'il y a entre un
homme et un Chrétien? Apportez «moi an homme, couvrez-le de parures, revêtez-le d'or, mettez sur cet homme mille diadèmes étincelants , tout cela, c'est de Textérienr, c'est du dehors, ce n'est pas entré dans son être, ça ne l'a pas grandi ; Thomme n'est pas grandi par sa maison , par ses plafonds d'or, par ses tuniques de pourpre , par ses diadèmes. L'être humain, aie considérer en lui-même , est la plus grande et la plus belle des créatures issues des mains de Dieu. Oui, je l'ose dire, Tange, quoiqu'il l'emporte sur nous par l'élévatiou de l'esprit et la
Jouissance de l'intelligence , comme disent es théologiens, l'ange n'a pas autant d*être que nous; il est grand dans Tordre des esprits , mais il ne sort pas de là, et noas, nous sommes esprit et nous sommes corps; nous embrassons ainsi le monde entier, nous sommes le résumé de l'univers. Voilà
Pourquoi, soit dit en passant. Dieu s'est lail omme et ne s'est pas fait ange.
« L'homme donc est une très-grande créature : si vous l'analysez, vous y trouvez de très-belles choses : une âme, des facultés , de l'intelligence, de la volonté, de la mémoire, de rimagination, le coeur^ toutes ces floraisons superbes, toutes ces brillantes facultés, toutes ces opérations invisibles avec lesquelles l'homme aiiuréhende les choses externes. Le corps de rlioauna estJûen supérieur au corps des animaux. Nous ne som* mes pas sortis de la race animale, nous ne sommes pas la dernière fleur do je ne sais qiielle tige fangeuse née d'at>ord^aus les ruisseaux, transportée plus Urd dans les forêts, et ei^fin apparue dans l'homme. Non, toutes Ids races étaient venues» Dieu les avait créées dédaigneusement, avec une parole ra< pide et presque inattentive; il avait fait les troupeaux de lions; il avait fait les espèces des oiseaux, les bandes azurées des poib* sons. Quand il s'agit du corps de l'homme « l'Esprit-Saint nous dit qu'il prit un peu de limon dans ses doigts, non (»as ()ue Dieu ail des doigts comme nous, mais la sainte K^-ri*
CnàCE
tare Tout now Uro Mlmlro to MJn pntirtilier que Dieu prit pour la oompositkMi en corpsde rbomme.Diea prend donc un peu de terre, il la façonne, Tordonne, il distribue toutes les artères, le sang, toutes les parties dontelledoil être comjiosee, attache toutcecià rime,eiYeotquecesoit rinstrnmentde Tâme.
Telle est la grandeur du corps de l'homme. Par son coi'ps, Thomme voit, entend les choses externes, il jette son âme au dehors. Qu'est-ce qu'une parole d'homme, une parole articulée? C'est mieux qae le grand cri de Taigle, mieux que Tharmonie des philomèles des bocages, mieux que le rugis* tement des lions, mieux que les grands bruits de la nature simplement organique: c>st une âme qui se traduit, qui jaillit par les lèvres: nos lèvres, c'est la traduction de l'esprit,et nos yeux, c'est encore la traduction de rame. Ah ! si quelquefois l'imagination des |H)ètes va surprendre dans l'orbite de l'œil des animaux des pensées en porme, des rudiments de vouloir, des aspirations in* décises , tout ceci, c'est manière de parler; mais dans l'œil de l'homme il y a véritableiDeotuoe Ame peinte, une Ame lumineuse.
« Ainsi donc l'homme, considéré au point de vue simplement extérieur, est déiA très* pand. Mais il faut s'arrêter Ik; il n y a pas antre chose; tous avez visité tout cet extérieur, vous avez parcouru les extrémités de ce domaine vivant, glorieux, pensant; vous i?ez interrogé toutes ces gloires. Racontezles eu poète, en orateur, en savant, comme il TOUS plaira ; mais il faut vous borner là, il D'y a pas autre chose.
% «Quand il s'agit du Chrétien, il y a tout cela, et de plias il y a le Saint-Esprit, comme s'exprime saiDt Basile, il y a la grAce sanctifiaote du baptême, c'est-à-dire une participation à rêtre de Dieu. Dans un homme ordinaire, il n'y a qu'une Ame et un corps ; dans un Chrétien, il y a l'Ame, le corps, le Saint-Esprit, la ^rAce sanctifiante, la particl- )M(ioo A l'être divin. Ohl ne me parlez pas des affections humaines, des actes humains, de la grandeur humaine, de la sainteté humaine. C'est réel. Je l'avoue, mais c'est pe- ^i;ça a une limite, une borne, ça a une portée finie, ça ira à un point que nous savons, ça n'ira pas au delà. Pour le Chrétien |l y a on empire immense, infini ; il est un l^ieu en fleur, comme disent les Pères de iSglise, I>niiii tu flore. L'homme est une créature intelligente, c'est une petite fleur «iquise pleine de sourire, pendue à la poilîine des mères pour la décorer ; je ne vous défends pas de vous incliner devant elle |[Te€ resfiect, mais enfin ce n'est qu'une fleur numaine. Tout Chrétien baptisé, c'est une ^ur divine, ou plutôt c'est un Dieu çn lleur, et il mûrira, ce Dieu ; chacun de ses «las, c'est un fias vers la maturité, c'est un P«»Ter$ Tadolescence, vers TAge parfait, ^m la grandeur, vers la taille divine. Oui, wes frères, nous avons la prétention de P^teiper à la Uille divine Non pas que oous soyons des dieux absolus, propreoent dits et par essence, il y aura toujours
des réaema nàccasairei : poiaqoe tant de prodiges aont insérfis éun troe eréature bornée, il faut bien qu*il y ait une limite; mais ce seront les mœurs divines, ce sera l'action divine, ce sera uu jour la taille divine, la gloire divine, la vie divine enfin 9ul est en nous, et qui a la prétention de se| évelopper. Car, remarquez-le, toutes les' vies veulent se développer, c'est leur loi. Dieu commence par les mettre en germe, en rudiment, quelque part; il dé[K)$e une vie dans les graines d'une petite fleur des champs, il dépose une vie dans les rudiments des animaux, il dépose une vie dans la graine des arbres. Et voyez comme toutes ces vies ont la prétention de se développer. Si vous ne voyiez jamais c|ue des herbes naissantes, que de petites tiges A peine visibles, si toutes les races animales restaient A l'état d'enfance, vous seriez surpris et vous diriez : Qu'est-ce que c'est que ce temps d'arrêt que fait la création? La création s'est arrêtée, elle ne bouge plus, la voilà fixée dans la petite enfance. Elle en est encore aux rudiments? aussi la vie, où qu'elle soit, fait des efforts infinis pour arriver A son terme, pour gagner ses cimes, pour briller, pour resplendir. Croyoz-vous que la vie di-* vine sera la seule condamnée à l'abaissement; que, mise dans un cœur d'enfant par le sacrement du baptême, par la foi, elle ne se développera pas? Elle se développe A plus forte raison, puisqu'elle est la vie suprême, le modèle, la source de toutes les autres vies. C'est là la raison de notre progrès chrétien, de notre grandeur catholique ; c'est là le motif de nos exaltations et de nos gloires. Aussi, quand j'en vois un si grand nombre qui ont reçu la vie divine par le baptême, gui consentent A la soutenir un des premiers jours de leur vie qu'on appelle le iour de la
Sremière communion, et qui après cela en nissent avec les aliments qui doivent soutenir, développer cette vie, je suis effrayé. Qu'est-ce que c'est donc que ces êtres qui condamnent la vie divine A rester A l'état amoindri, abaissé? Ce ne sont plus des dieux en fleur. Dieu avait fait tout ce qu'il fallait pour les faire grandir, se développer et pouvoir les placer A son côté un jour dans sa gloire, et eux s'entêtent, ils s'abaissent, ils s'amoindrissent, et comme il est impossible de garder une vie ainsi arrêtée, ainsi enchaînée, ils finissent par la perdre.
«t C'est parce que nous croyons toutes ces choses que nous parlons: Credimus^ propUr quod et loquimur. Nous croyons toutes ces choses, quoique nous ne les voyions pas A proprement parler,maisnous les verronsun jour. « Dieu a dit A son Eglise : Tu as deux senê ; tu as le sens de la rue, et tu as le sens de toute. Le sens de la vue (je parle ici de la vue intellectuelle), je ne prétends pas te fevoir donné pour rien. Un jour tu verras ce que je suis ^ et à cause de cela tu me devien^ dras semblable ; mais enfin le jour de la vue n'est pas encore arrivé: c'est le jour de fouie. Pendant ta traversée^ t\ê commenceras par ' écouter, et tu verras après.
DICTIONNAIRE DU 9ARÂLLELE.
« Ne crojfe^ p9s qu'en ceci Dieu iiotts (raite mal. Mon. L'ouïe, c*esi le sens par exoel* lence; c'est è Jui qu'arrive la parole, exprès* sien de la vérité : la parole sublime, magistrale, si elle daigne se faire entendre, si Dieu daipe parler, ce sera à l'oreille de l'homme qu'il faudra qu'il s'adresse. Ainsi, ue croyeE pa.s pour cela être si maltraités. Les petits enfants écoutent leur père et leur mère; v^^ lui qui ne sait pas est obligé d'écouler la doctrine vivante chez des maîtres, chez des rois de \a pensée et de la parola. Dieu nous traite donc comme nous devons être traités ici-bas. Puisque Dieu nous parle, il a certainement mis Ja vérité dans sa parole. C'est donc la vérité que nous avons. Mous cj'oyons, et à cause de cela nous pouvons parler à notre tour.
« Il faut beaucoup parler de ces choses en tout temps, sans doute, mais principalement dans ce temps-ci, parce que ces choses soni contestées; elles sont niées, eJies sont bafouées, elles sont déclarées choses fantasti* qucs, sans réalité, et traitées comme des chimères auxquelles Thomme sacrifia sa vie réelle, sa vie de nature, son monde extérieur, s'interdisant des jouissances et des joies qu'on prétend très-légitimes et môme obligées.
«Il y a là une grave erreur, mes trèschers frères. L'Ëgliso, en nous faisant; dieux, nous a donné par anticipation un dégoût nécessaire des choses terrestres. Celui qui se sait dieu ne peut pas dire : Voilà ma résidence, voilà mon paradis: apportez-moi de l'or, des métaux, des bois de cèdre odorants, des viandes succulentes, des vins ruisselant dans des coupes dur; donnez-moi des symphonies pour l'oreille de chair, donnez-moi des spectacles pour l'œil de chair : je veux être là en mon paradis.
« Dn dieu dit au contraire : Qu'est-ce que c'est que tout ce/a, que ces symboles^ que cette figure passagère ? Ce so$it îà des choses d'usfige^ des choses de traversée ; ce sont les choses du corps matériel: ce n'est pas mon but^ monobiet; je me servirai de cela^je n'entends, pas qu on me force à en jouir. Je veux jouir comme Dieu^ dont je suis le participant. Je veux avoir ses propres jouissances. Oui^ puisqu'il m'a donné un corps^ et qu'il en avait pris un lui-même un jour^ je cueillerai quelques épis de bléj et je les briserai sous ma dent :j€ m'inclinerai vers le creux des rochers qui renferment un peu d'eau, ou je mettrai sous les presses les grappes de la vigne pour me désaltérer et me fortifier; je tisserai la laine des brebis pour couvrir mes épaules nues; je m'abriterai avec des pierres et du bois^ mais je ne veux pas être esclave du luxe et de la matière ; je veux aue ma résidence de passage soit un semblable de mon portique éternel; sans doute je consens à userae toutes ces choses t mais je ne veux pas qu^on me force à en jouir.
« t^eci doit être. Il est certain qu'une race qui a le sentimejit de sa divinité ne calomniera pas la terre. La terre n'est pas notre but, mais c'e^i un texte de méditation et
d*aa»oar. Est-ce que saint îïançois d'A$si$ik ne s*ftrr6tait pas devant les petites fleurs? fist-ce qu'il ne conversait pas avec les oj. soaux gazouillants? £st-ce qu'il n'avait pas des communications intimes avec toute ta création 7 Est-ce que les anachorètes du dé« sert. Des hommes mortifiée, étaient insen^ sibles aux beautés de la oréation matérielle? Mon certainement. Tout ceci sert à l'honneur de Dieu; c'est son piédestal, c'est son esc««* beau. Je me carde donc de calomnier et de mépriser ceci : seulement, je ne le prends pas pour objet de ma jouissance.
«c Ainsi, le Chrétien n'est pas hostile à la eontempiation des choses matérielles, et s*il s'agit de les mettre en ouvre, de se les ap-> proprier, il le fera aussi dans une certaine mesure. Le génie chrétien, c'est-à-dire le ^énie des dieux voyageurs, n'e-t-il pas taillé jadis la pierre, le marbre, l'ort N'a-t-il pas appris les langues humaines? Ne les a-t-il pas travaillées, façonnées en périodes, en discours, en poésies, en prose sublime?
Dites, est-ce que le çénie chrétien a jamais été stupide, insensible à la création au milieu de laquelle il passait? Non certainepent; car il a pris cette création comme un texte à la gloire de Dieu. Et puis^ il faut en convenir encore, l'homme a besoin de tout ceci pour se soutenir dans sa vie matérielle et pour sa traversée. Ainsi il «st obligé de semer; il faut qu'il travaille pour manger, et il a besoin de manger dans l'ordre matérieit afin de se soutenir. Il y a des remèdes répandus dans le flanc des minéraux, il y en a dans les tiges des plantes; Dieu y a répandu des secrets qui ont des rapports avec notre vie matérielle. A cause de tout cela, nous devons aimer la création, l'honorer et la cultiver; mais, encore une fois, nous ne la prendrons pas pour le terme de notre jouissance. Voulez-vous qu'avec ces matériaux je fasse un {«radis, la béatitude éternelle, le repos dans Dieu, la satisfaction d'une Âme divine? J'aurais beau prendre tout cela, le tordre comme la lavandière tord son linge détrempé; j'aurais beau mettre sous le pilon toutes les plantes, tous \ês sucs de la terre^ est-ce que je puis faire sortir de là quelque chose qui aille à mon Ame divine, qui puisse la repaître, qui puisse la réjouir, qui puisse la saturer pendant toute l'éternité?
« Après tout. Dieu mon père qui m'a enfanté, qui vous a enfantés aussi tous par le baptême. Dieu, qui ne s'est pas contenté d'avoir de simples Chrétiens, qui a voulu avoir des fils, Dieu notre père, qui se sufiisait parfaitement à lui-fflêmet a bien voulu créer; mais remarquez que son bonheur lui suffisait, il n'a pas créé par nécessité. Ainsi , qu'on ne regarde pas la création comme un terme inévitable de la nature divine, comme une suite nécessaire des exigences de l'Etre divin, de sorte qu'un Dieu qui n'aurait pas créé serait un Dieu incomplet, amoindri, ébauché. Non, Dieu est fini, si je puis m*exprimer ainsi; il est parachevé, il est coinplet; il était parfait longtemps avant Tau*
GRACE
rore, longtemps avant i apparition des étoiles, et s'illes a semées en se jouant dans les deux, ce n'est pai qu*il y flU condamné par une nécessité quelconque ; il a fait cela par amour, parce qu'il a voulu faire des Aires participants de son propre être. Dieu se suffisait, se connaissait, s*aimait, et voilà le terme de sa félicité. Il a voulu par amour faire des êtres, fiiire qu'on participât à son être et h son bonheur. Alors if s'est décidé h créer. Mais pour cela Dieu n'est f>as desrendu de sa conteinf)Ialion. En effet, il se regarde toujours par-dessus tout, et néanmoins il est plein d'une douce providence* Rsi-ce qu'il n'a pas soin des petites fleurs des vallées , des passereaux (](ui demandent des graines? Kst-ce que ce n est pas lui qui met des boucles de laine sur le dos des bre* bisf Dieu est occupé d'un cheveu qui floilQ en l'air et qui va tomber, il a soin des ileors , des animaux; il n'y a pas un petit moucheron bourdonnant dans 1 atmosphère qui ne soit l'objet de l'attention (fivine. Si ce petit être de rien a du san^ et d^ ailes, c'est Dieu qui Ta façonné; s'il trouve quelque chose à mangor et h boire sur son chemin, c'est Dieu qui lai [^répare un lit et une taMe.
< Ainsi Dieu ne néglige pas l'es choses ex- ICrnes qu'il a créées, sans qu''elles lui fus^ ^ent nécessaires. Mais il ne se trompe pas» il n>Qtend pas mettre son bonheur dans cq monde externe^ il le met en lui-même» où il e.n par essence et où il peut seufemcnt le trouver. Nous, fils de Dieu par le baptême, nous avons les mêmes prétentions. que notre Père. Cela doit être, il faut qu'un enfant saire sa race , qu'un tlls soit comme son père, que la nature que ce père lui a transmise éclate et apparaisse en lui. Nous avons va réalité, par la foi et les sacrements , la ^le divine iei-bas. Ce n'^^st pas un fantôme, Doe chimàre ; n'appelez pas cela spectre vain, efforts d*im«ginatiou et résultat d'extase, c'est une réalité appuyée sur la parole de Dieu. Et après tout, il le faut bien : il serait étrange que depuis 1800 ans la race bucuaine dans notre terre occidentale se crûi divtiM et M l'eût jamais été; qu'elle eût fait en eonséquence tout ce qu'elle a fait. I>tte$, esl*ce qu'on n'a pas fart depuis 1800 ans dans ces pays, et en particulier dans Qotre France catholique, des œuvras- incomparables? Trouvez-vous rien de semblable a i«s œuvres chez les Grecs et chez les Roinaios, et n'importe chez quel peuple qui Q'eo est encore qu à Téiat humain ? Vous mettez ceci sur le compte du progrès, sur jt compte de la perfection humaine : ce sont ià des mots. Quelle est la raison du progrès? quelle est la raison de la perfection? Oui, s'il ) a quelque part un principe de vie, une énergie insérée, à la bonne heure, Je comprends '< Kf^grèa; car ceUe énergie crie centre sa captivité, elle veut être libérée de ses chaînes, elle les brise, elle éclate, elle triomphe. Je comprends que s'il y a quelque part un èiie sepérieur» uu élément sacré, cet être bsse sou i'haiaiu» avance^ monte à ta luàt'-
ieetion en s épanouissant ; mnsf que signifie votre formule vague : Progrès 1 Faites fai"e le progrès à un bois mort ; faites^le marcher, faites-le ae parer de couleurs. S'il avait une parole, il vous dirait : Qu'ex igezvous de moi Jje n'ai aucun principe de vie, je suis tel que vous roe voyez , je suis arraché à ma racine , je suis froid , je suis mort ; on m'a ciselé, on m'a attaché è votre demeure.
« Je le répète, servez^rous de la création ; mais n'allez pas crier que c'est le («radis. Servez*vous de tout ceci, mais n'en jouissez pas. Oui, je veux user de la création pour ma traversée , je veux la prendre comme un texte d'b}^mnes, de dithyrambes en l'honneur de mon Dieu; mais je n'entends pas ea jouir, d'autant que la perfide, depuis le brisement des rapports qui existaient entre Ini et moi aux jours d'innocence, m'entraînerait , dans ses pièges et m'amoindrirait sous le prétexte oe me perfectionner. Je n'entends pas du tout que mon corps soit altéré par trop d'accointances avec la matière; je veux cfu'il soit rafraîchi, je veux qu'il soit nourri, je veux qu'il soit couvert, je veux qu'il trouve un oreiller de pierre ou de bois, ou un oreiller plus doux , si vous le voulez , mais je n'entends pas être amolli. Non, il ne faut pas que mon corps soit altéré, car , après tout, mon corps doit rester chez moi ^instrument de mon flme, l'instrument d'une âme divine, tl faut que je puisse mardier toujours sur les pas de Dieu, il faut que je puisse mourir au besoin pour la conservation de mon i)aradis éiernel : il faut que je puisse être martyr comme saint Gervais et saint Frétais; il faut que mon cœur affranchi puisse goftter les choses éternelles. Si mon coBur était dévelofipé, caressé , choyé outro mesure, il ne serait plus l'instrument de mon Ame, il n'y aurait pas un seul martyr, vous ne verriez ptus les guerriers mériter ta gloire sur uiy champ de bataille, tomber devant l'épée ennemie, donner leur sang pour le foyer, fK>ur la patrie, pour les autels et pour toutes les grandes choses. Vous ne les verriez jamais préférant la conscience à la jouissance et è l'intérêt.
• 11 faut donc que tout cela soit pratiqué, cultivé, qu'on en use, mars dans une certaine mesure. Voilà l'enseignement catholique, et voici la raison de notre qualité divine. Si nous ne sommes pas des dieux, è la bonne heure, arrangeon-s-nous, ou plutôt arrangez-vous, si vousj n'êtes pas des dieux. Car ce n'est pas mon affaire à moi. Ce n'est })as l'affaire de l'Eglise. Ahl vous croyez que nous changerons de langage; vous croyez que nous diminuerons nos vérités ; vous croyez que nous ne parlerons pas ? Nous croyons, et vous voulez que nous ne parlions pas? Parée que nou$ crayoïM, nous parUms. Arrangez*voiis comme il vous plaira, faites des vertus humaines et morales, soyez de petits travailleurs, de minces ouvriers, sovez des êtres incertains sur le chemin^ sur le terme, car vous ne savez pas ce q»t vous attend. Ob ! nous, nous le savons.
Noos seroDS ressuscites un jour en lésus- Christ, comme le disait Tapôtre saint Paul dans i'Epttre que je tous rappelais tout à rheure. Mais vous, vous ne savez rien de toutes ces choses. Nous sommes de la race chrétienne, et vous vouiez nous restreindre à la race purement humaine ? Nous sommes des dieux, vous voulez que nous nous ra« petissions i être des hommes 7
« Enfants du baptdme, de la première communion, l'Eglise votre Mère vous a soufflé des prétentions immenses, vous a montré votre nature divine, vous a entretenus h Tombre des autels, vous a soufflé des haines sacrées contre le mal, contre la passion, contre la chair, contre le démon, et, comme ce petit Carthaginois c|u*on élevait dans la haine d'une grande ville, on vous a fait de la cité du démon un objet de haine, et vous avez juré que vous la haïriez toujours, et qu'en conséquence vous gagneriez de grandes victoires sur elle. Et maintenant ou vous dit : Cet avenir est trop beau, abaissez-vous un peu, rabattez vos prétentions, inclinezvous, voilé la mesure de la race humaine.
« Ceux qui parlent ainsi se trompent du tout au tout. Il est possible qu'on pratique des vertus dans l'ordre naturel et humain; mais ces vertus n*ont aucun rapport essentiel avec la félicité éternelle, ^>arce qu'il ne peut ^las se faire qu'une œuvre purement numaine puisse avoir un rapport de mérite avec un bonheur surnaturel, infini et tout divin.
« Puis, Dieu ne nous a pas laissés h notre liberté; il nous a dit, an contraire : Je vaut impose Cobligaiion d'être de$ dieuXf et je vous en fait un commandement. Je vom ordonne Savoir ma vie divine^ ma nature divine^ de vivre en conséquence de cette nature octroyée^ dilre grands^ détre beaux^ d'être immortels^ de m' être semblables ^ devenir régner avec moi comme je rigne,, de vivre de ma vie. Et ceux qui disent: Moi je n'en veux pas, Dieu n'entend pas leur laisser cette licence.
«Ajnsi donc, se soustraire au commandement divin, c'est d'abord un crime. Mais, après cela, vous vo^ez combien c*est petit! Vous n'apercevez donc pas tout de suite que les œuvres sont grandes en proportion du
i)rincipe duquel elles parlent? Ainsi, appeez-vous de tel nom qu'il vous plaira, pratiquez telles ou telles œuvres, s'il n'y a en vous que la nature humaine, vous ne faites que des œuvres humaines : tant vaut la cause, tant vaut l'effet. Il n'y a là que des œuvres humaines qui ont leur beauté, mais qui, enfin, sont des œuvres humaines. Or, dans le Chrétien il y a mieux que le principe humain, il y a en sus le principe divin; voilà donc deux principes réunis ensemble pour produire l'œuvre. Lorsque vous voyez, par exemple, une aumône faite par ud motif nur main, et une aumône faite par un motif surnaturel et divin, l'extérieur de Tune de ces jBuvres ressemble à l'extérieur de l'autre, mais l'intérieur en est bien difl'éreni: Tune dst divine, l'autre est purement humaine. Vous voyez tout de suite lia différeoce de
portée et de résultat. L*une vous donne droit h la félicité éternelle, telle que Dieu la possède, parce que précisément elle a un rapport essentiel avec cette félicité; l'autre, au contraire, ne vous y donne aucun droit. Vous voyez donc l'entière différence qu'il y a entre l'œuvre surnaturelle et divine, et Tœuvre purement humaine.
«Sans doute, par la foi, par les sacrements, par la çrAce, nous ne perdons pas notre personnalité propre. Nous entrons par tout cela en commerce avec le corps mystique dont Jésus-Christ est Je chef. Mais ceci ne détruit en rien notre individualité propre. Nous sommes toujours avec notre vie, avec notre personnalité, mais nous sommes unis à ce grand corps ; de sorte que nos œuvres ont le caractère propre de l'individu, et ont en même temps le caractère universel de ce grand corps mvstique dont nous sommes les membres, be sorte qu'un pauvre Chrétien, une femme qui prie, un ricne qui donne aux malheureux, tous ces chrétiens divers qui vivent conformément à la vie divine et produisent en conséguence des actes divins, ces Chrétiens participent à l'être presque infini de ce corps mystique dont je vous parlais. De sorte qu'il y a d'un côté Jésus-Christ le chef avec ses féconds mérites, puis il y a tous les saints qui sont déjà installés dans le paradis immortel; saints de toutes les conditions et de tous les âges; il y a les Chrétiens d'aujourd'hui, il y aura tous les Chrétiens de l'avenir. L'avenir, c'est le grand ouvrier, c'est la plus grande force déployée, la force divine et la force tiumaine unies ensemble. Vous aurez donc de saints entêtements, de nobles obstinations, vous aimerez h être Chrétiens.
« Ah 1 écoutez, je viens de prononcer un grand mot, le mot avenir. C'est là une trèsgrande question, et je ne comprends pas qu'on en prenne son parti si aisément. On a un petit livre de philosophie humaine, on a un système ; ou plutôt on n'a ni Pun ni l'autre. Il y en a beaucoup qui ne se donnent pas la peine de lire un livre et qui ne songent guère à un système : mais enfin tous s'en vont sur le chemin de l'avenir sans être préoccupés de ce que sera cet avenir. Cependant c'est là tout. Pourquoi sommes-nous sur la terre? Pourquoi ètes-vous ici? dites-le moi. Etes-vous ici pour habiter la capitale? Etes-vous ici pour vous mettre sur un char et vous promener quand le soleil dore la campagne et la ville? Etes* vous ici pour vous asseoira des tables somptueuses ? Etes-vous ici pour entendre l'harmonie de vos con* certs? Etes-vous ici pour amasser de Tor, pour apuréhender du métal? Non, il ne valait nas la peine de venir pour si peu. Il ne vauarait pas la peine d'être venu à l'existence, si on ne devait y trouver que cela et si ce devait être là notre fin. Mais nous savons que telle n'est pas la tin de l'homme.
« Je vous ai cité la parole de saint Paul en
commençant : Celui qui a reeêueciié Jésus-
. Christ nous a ressuscites en lui. Oui, nous
GRACE
mfuseiteronSf ou plutôt nou$ sommes déjà msuscités. {Il Cor. iv, Ifc.)
« Comment, vous n*6tes pas encore morts, et vous êtes déjà ressuscites? Oui, c*est TapÂtre saint Paul qui le dit, co n*est pas moi. Oai, vous êtes déjà ressuscites, vous Aies déjlt immortels, vous avez déjà la vie florissante, vous avez déjà la lumière divine du paradis, vous avez Tamour divin, il ne fera que se développer; tout cela est en vous en germe. Prenez-moi un enfant qui portera dans sa main mielqnes graines de cèdre ; ce n*est pas loura. Cet enfant de quelques an- Dées, avec sa main blanche et frêle, vous allez lai faire porter une forêt. Mettez ces graines dans la terre, attendez, vous verrez Ja forêt nattre. Ce sera d'abord une réunion de petites tiges, puis ces tiges monteront, elles arriveront à la maturité, leurs rameaux s'étaleront dans l'espace, la sève montera dans toutes ces branches, les fleurs viendront s'v épanouir. D'où tout cela vient-il? On dira : C'était un ^our dans la main d'un enfant.
« De même, Chrétiens, dès lors que Dieu est en vous par la foi et par les sacrements, dès lors que vous avez reçu cette foi et ces sacrements par Jéffus*Christ, vous avez en
Îerme tout e« qui est en Jésus-Christ. Or, ésus-Cbrist est ressuscité à l'heure pré- .sente, Jésus-Christ est là -haut dans le paradis avec un corps impérissable, Jésus-Christ est Dieu et homme tout ensemble pour toute rétemtté. Il jouit de la félicité divine. Or, votis êtes tout cela dès à présent, vous êtes ressuscites en Jésus-Christ, vous êtes assis à la 4roite du Père en Jésus-Christ, vous 4tes immortels en Jésus-Christ, vous êtes victorieux de la mort par Jésus-Christ, vous vojez, vous contemplez l'essence divine par Jésus-Christ. Toutes ces choses sont en vous.
« Alors ne dites plus : Comment la résurrection est-elle possible? Elle est déjà faite: Jésus-Christ est ressuscité. Ce n'est pas une abstraction que je vous offre, ce n'est pas un svstème de philosophie ou de théologie que je présente à votre esprit ; je vous allègue un lait incontestable, un fait admis, qui crève l'œil. Si Jésus-Christ est ressuscite, toute la r^ceimmaine est ressuscitée aussi; car Jésus- Christ, c'est la race humaine en germe. Jésus-Christ est ressuscité; nous sommes ressuscites en lui, tout comme le cèdre est né h l'avance dans ce petit germe quo porte la main de l'enfant. C'est une question de temps, pas autre chose. Où cet arbre a-t-il donc pris son volume, ses branches, ses fleurs et ses feuilles? Il a pris cela dans la terre, où était sa racine, dans l'air, dans les ravons do soleil. 11 lui a fallu le temps, à présent le Toiià. Est-il une chimère, cet arbre, ou Qoe réalité? Est-ce que vous ne pouvez pas le saisir de la main? Est-ce que vous ne vous abritez pas sons son feuillage? Est-ce
Î[ae vous n'êtes fms étonnés de sa majesté? I est là, réel et vivant, parce qu'il était réel dansson germe. Pareillement Notre-Seigneur Jésus-Christ est ressuscité, il est chef de
toute notre race. Nous sommes là-dedans, Dieu saura bien ramasser toutes ces poudres éparses, ou plutôt ces poudres éparses seront ramassées nécessairement; Jésus-Christ est ressuscité, donc nous ressusciterons.
« Vous le voyez bien, nous sommes ressuscites déjà dans la personne de Notre^ Seigneur Jésus-Christ, et c'est pour cela que les méchants eux-mêmes ressuscileronL Voyez cette belle théologie des Pères et des Docteurs 1 Elle n'est pas d'invention moderne : c'est la divine théologie enfermée dans les pages immortelles du génie chrétien. Eh bien ! oui ; c'est pour cela que la race humaine tout entière, même la portion mauvaise, altérée par les mauvaises doctri* nés, par les passions perverses, c'est pour cela qu'elle ressuscitera, parce qu'il y a dans Jésus-Christ Télément humain, sans doute divinisé ; mais enfin il n'a pas pris une portion de l'élément, il a pris 1 élément tout entier, et voilà pourquoi toutes tes branches de l'humanité ressusciteront. Si un jour il faut avec une cognée, une hache, en détacher certains membres, en séparer les rameaux secs et morts, ce n'est pas la faute do la racine immortelle. Ils étaient morts pen^ dant la vie, ils paraîtront morts au jour du grand triage; mais il n'en est pas moins sAr que, comme hommes, ils seront ressuscites, parce qu'ils appartiennent, comme hommes, à cette race dont Jésus-Christ est le chef.
«Voilà l'enseignement catholique: c'est un bel enseignement, comme vous voyez. Que doit faire l'Eglise? Il faut Qu'elle le propage, qu'elle fannonce, qu'elle le répète sur tous lestons, qu'elle le dise dans les orgueilleuses capitales, devant les savants; quelle le dise au bon peuple des campagnes.
«il faut que celte doctrine soit prêcbée toujours, et si quelques-uns ne voulaient pas l'entendre, il faut les corriger. C'est ce que dit saint Paul : Corripientes omnem Aomtnem. {Col. i, 28.) L*Apâtre ajoutait: Je n'ai retranché aucune vérité utile, je vous ai tout dit, et je dirai tout jusqu'à ta fin. C'est qu'il n'y a pas de vérité inutile dans le symbole catholique ; toutes les vérités sont nécessaires, indispensables pour la formation, le développement de la vie divine. Pour une herbe des prés, il faut non-seulement le milieu ambiant de l'air et de la lumière, il faut encore tous les soleils, tout ce qui est làhaut ; il le faut pour la fabrication, la construction de ce qui appartient à notre terre, la terre des dieux en fleur. Et ils disent que nous sommes petits, que nous ne sommes rien; ils disent que c'est une petite barque, un petit esquif à côté des grands navires
3tti cinglent dans l'immense mer. Je vous îs, moi, que nous sommes le point vers leq[uel Dieu tourne son ciel. Dieu est ici, il rest fait homme, il a pris notre nature, il a voulu que uous fussions ses frères, les fils de son Père ; il a voulu mettre ici la vie (iivine,et il nous a donné ainsi le moyen d'emj brasser Tuniversalité des êtres, de récolte^
tout ce qni est énars jusqu*aux extrémités de l'univers.
«Celte petite herbe a besoin de tout pour être parfaite; que la racine manque, vous ne la verrez ni si embaumée, ni si gracieuse; il Joi manquera quelque chose dans la douceur de ses parfums, dans i*éclat de ses coulears; il ne faut rien moins que toutes ces choses pour faire une petite herbe. Mais pour faire un Bieu-bomme, il faut un ensemble de vérités,sans en excepter aucune. Si quelqu'nne •venait À manquer, nous pourrions dire à ]>ieu : Voilà ce qui nous manque. Mais il ne saurait en être ainsi. Dieu a veillé à tout, et croyez- vous que celui qui a pris soin d'herbes et de fleurs, n a pas pris soin des dieux de la terre?
«Ainsi donc, toute vérité était nécessaire; et c*est encore là la raison des sacrements jusqu'au dernier. Je ne peux pas tout dire à la fois: je m'arrête donc en particulier è ce qui concerne les vérités. 11 est donc nécessaire de dire toute vérité, it n'en faut taire aucune; il faut les dire sévèrement^ énereiquement» et surtout aux époques où elles sont ignorées; car il y a des é))oques oh on les savait mieux qu'aujourd'hui. Oui, dans ce temps-là les magistrats, le» littérateurs, les hommes du grand négoce, avaient des uiaiiiielsdetiiéologie à leur u<sage; ils avaient des compagnons théologiens, comei theoh^ yus; ils prenaient dieseitrails dans les grands scolastiques, ou dans les Pères, ou dans les concilias; ils réunissaient ces eobeignemonts en un corps d*ouvrage, ils le mettaient à côté de leur cœur, c'était leur compagnon de voyage, c'était leur oreiller. On dit qu'Alexandre portait Homère avec lui et le mettait sous son chevet, enfermé dans une cassette de cèdre et d'or. Nos pères avaient mieux qu'Homère, ils avaient Jéw<us-Christ, dévelopf>é et appliqué par son Eglise ou dans les textes de son Evangile et des Livres saints. Le Macédonien dont je parlais tout è l'heure laissa, dit-on, éclater son indignation contre un maître d'école cpii n'avait pas Homère. Ainsi nos aïeox catholiques auraient Iraité impitoyablement ceux de leur temps, maîtres, écoliers, auditeurs, riches ou pauvres, qui n'auraient pas su leur catéchisme, leur théologie.
« Il est certain qu'il faut avoir une théologie, qu'il faut avoir un grand enseignement de la foi, et lorsque l'enseignement nous est offert, il faut venir l'entendre là, au milieu de l'Eglise. Je lisais dans la Vie d'un grand ma^siraty d'un homme qui brilla dans tes capitales, que les rois honorèrent, que fous les savants de son temps estimaient, qu'un jour, au moment où l'homélie du curé allait se faire entendre,il quitta le banc d'honneur auquel il avait droit en vertu de sa charge, et alla se mettre au milieu des pauvres femmes. On lui dit : Pourquoi désertez-vous le banc auquel vous donne droit Ta dignité dont vous êtes revêtu ? 11 répondit : Nous sommes tous Gis de Dieu, nous sommes la famille divine. Il y a des Ames qui attirent plus de lumières et font venir Tintelligenoe
des choses divines par leur pureté, par leur candeur, par leurs prières. Je vais me mettre au milieu de ces bonnes femmes pour être en bon lieu, pour être éclairé, pour être illuminé, pour être touché.
«Telles étaient les dispositions de ce temps-là. Il est donc du devoir d^ prêtre d'enseigner toutes ces vérités sans restriction, sans déguisement. A l'époque présente surtout , il Taut répandre ces vérités , car elles sont méconnues davantage.
«Mais, en prêchant ces vérités, quel est donc le rôle que remplit le prédicateur, le prêtre, l'évoque? 11 corrige : Corripienies omnem hominem. Que ce mot de corriger, de flageller, de punir, de répriu^n<ler,ne blesse pas votre orgueil. £t si quelqu'un osait dire en lui-même : ifot, je n^'ai qu£ faire de cte corrections^ je me soucie peu de tous ces commandements. Cane me regarde pas. Je suis trop loin ou trop haut; nous pourrions lui répondre : Vous n'êtes pas trop haut, parce qu'on ne peut pas être plus que des dieux; mais vous êtes trop loin, et c-'est un grand malheur que d'être trop loin des espaces dans lesquels se développe la vie divine. Que voulez-vous dire, trop loin? C'est être dans le néant, c'est être proche de l'enfer, car l'enfer n'est pas auire chose qu'un lointain de la vie divine. Ainsi, c'est être làbas, là-bas, dans ces prof'xndeurs de ouit, de détresse, de vide et de silence. Ld-bas,il n'^y a pas de correction possible, r£glise n'en fait pas, les vérités ne tombent pa& là-bas, on n'y corrige aucun homme, parce qu'aucun des hommes qui sont dans ces flamqpes n« peut être amené à la perfection dansTe Seigneur Jésus-Christ. Mais tant que noua sommes sur cette terre, il en est aulrement. Personne n'est damné ; on peut être sur la voie de Fa damnation, mais personne n'est damné définitivement; le plus grand coupable, le plus grand criminel, le plus orgueilleux des païens, le plus hautain des révoltés» qu'importe? L'Ëglise en a vu bien d'autresl Est-ce que saint Augustin n'est pas un grand corrigé de r£glise ? Et saint Ambroise, et tant d'autres qui étaient loin de l'Eglise et qui maintenant habitent le paradis, est-ce que ce ne sont pas tous de grands corrigés de TE** glise? L'Eglise a plus de corrigés qu'elle n'a d'innocents. Le bon Dieuest tout miséricorde. Le bon Dieu est bon, trôs-bon.Le bon Dieu n*a pas fait l'enfer, ce sont les méchants qui le font. Voilh ce que Jésui-Chrisi disait luiitième à la bienheureuse Madeleine de Saint- Joseph» la première supérieure du couvent des Carmélites à Paris. Le bon Dieu a des entrailles de miséricorde. Les entrailles d'un être, c'est une portion de son. essence. Si vous lui arrachez ses entrailles, tous le tuez. Un être ne peut vivre un instant sans ses entrailles. Ainsi, Dieu ne[)eut être un momeat sans sa miséricorde^puiaque ee sont ses entrailles. Dieu est très-bon, tr^-n>iséricordieux, c^est pour cela qu'il ordonne à son Eglise d'aller corriger tout hoinoie : Corri' pientes omnem hominem.
« Ces corrections, ces peines, ces flagella-
GRACE
lions i»ar la parolôi ipar la luroîère, ce sont lies preuves cie miséricorde. Ainsi» la foi de TEglise, c^est une foi de lumière, ses livres» ce sont des rayons d*or, c*est avec l*arooui' qu'elle punit, et» puisqu'elle s'en va s'adressant à tout homme, omnem hominem^ sans tJistinsiiou, empereurs, rois, savants, pauvres, riches, hommes, femmes, jeunes ou vieux, il faut que tout le monde en soit là. Voyez-vous raf)nel de Dieu à tous? Voyezvous rimpossibiiité des castes? Voyez-vous comme Dieu veut que tout homme soit sauvé et forme avec lui un seul corps mystique et divin? S'il y avait un homme qu'on dût renvoyer d'une église en lui disant : Sortez, vous ne pouvez pas être corrigé» il dirait: Quelle est donc Ja cruauté de ma destinée? Qui donc m'a fait brute, bloc informe 7 Pourquoi ne puis-je être corrigé? Est-ce que je ne suis l^s capable d*amour? Est-ce que je n'ai pas la liberté, la faculté de me repentir?
fl Celte obligation de corriger tout homme suppose comme corrélatif la noble faculté î chacun du repentir: saint Grégoire de Nysse, voulant définir l'homme, disait: Je naime pas la définition d'Àristote» je n*aime pas celle de Platon davantage, on dit que Démocrite a donné la sienne, E^^icure aussi. Laissez-moi tootes ces définitions, en voilà une que je préfère h toutes les autres : L'homme ut Ml être qui a ïa faculté de se repentir.
cVoilk une grande et noble faculté, et c*esl avec la cerlitade que celte faculté est réelle daos la natura humaine que Dieu ordonne à soo Eglise d'aller corriger tout homme. Vous vojrez pourquoi ou le corrige : pour le faire arriver à la perfection dans le Seigneur Jésus-ChrisI, Dieu-Homme entre dans le ciel aussitêt après sa mort el sa résurrection. Il avait à sa suite» savez-vous qui ? Un voleur. Le premier eoiré dans le paradis après le Veroeincamé, c*est un voleur, c'est un nomme qoi avait été attaché h un gibet pour ses rapines, pour ses brigandages et pour ses meurtres. Dieu, par la, a voulu prouver la puissance de ses corrections et les merveilles de son amour. Il a pris cet homme, et c'est dans cet bomme au'il a mis la grAce, la divinité. Le mal, le pécheur, le péché, choies qu'il n*a pas faites et qui étaient le produit d'une volonté égarée, tout ceci a été mis dehors, jeté aux gémonies; l'être humain, la créature de Dieu eei restée, et c'est dans celle créature que Dieu a mis sa grAce et sa divinité. L'Eglise hait les pécheurs d'une baine parfaite. Qu'on le sache bien, je les liais tous d'une haine parfaite. Mais n*allez
Cs m*accuser d*être un méchant : ce que je is en vous, ce n'est pas ce une Dieu y a luis, ce n'est ni votre Ame, fille de Dieu, ni Tuire corps, créature de Dieu. Comment voulez-Tous que je baisse ce qui peut être Dieu demaiOT Comment voulez-vous que j'insulte ce qui demain peut être sur des au* i<*is,re devant quoi je serai obligé de m'agenouiller et de prier? Voulez-vous que je bi6se votre cor|>s qui a la lèpre,qai e6ti:ou- H*rt d'ulcères? Ce corps, il rossusciiera» il ^<^ra glorieux un jour. 11 peut éprouver dès
DtCTiOMN. eu Paiiall&le.
ici-bas le rojaiiiisscnicnt de )a vie divine, il peut. être l'iustrument des plus sublimes vertus, comment voulez -vous que je lo haïsse? Je ne hais rien de tout cela; au contraire, j'aime beaucoup tout cela; mais je hais en vous ce que vous y avez mis, je hais vos impiétés, vos impudicités, vos colères, vos vengeances, vos haines : ce n'est pas IS l'œuvre de Dieu; ceci est l'enfant de vos œuvres. Tout cela, je le hais parfaitement, je veux le détacher de vous, et c'est en ce sens que je veux vous corriger, afin qu'une fois tout ceci emporté, mis dehors, vous puissiez être conduits à la perfecliondans le Seigneur }ésus-CbrisU
«Voilà des choses dites sans ordre et sans préparation, mais qui, je l'espère, ne seront pas sans actualité pour vos Ames. Il y aurait encore bien des choses à dire, mais il faut s'arrêter.
«Je vous ai dit un mot de la théologie et de son importance. Il me vient en mémoire ce que les annales de Paris racontent. Sous Charles V, je crois, on ap^)orta ici une reli-
Siede saint Thomas, c'était le bras du grand éologien. Cette relique avait été gardée très-lonstemps dans un couvent des Calabres; enfin, à la suite d'interventions puis* santes, les os du saint furent restitués à la France, et son bras, sa main droite, furent donnés à Paris. Celte relique, déposée daus je ne sais quelle église de la Montagne Sainte-Geneviève, fut portée triomphalement dans la Cité. Les historiens, racontent que le roi était là avec tous les seigneurs de sa cour, l'Université, la Faculté de théologie, les corps religieux conduits par leurs chefs, les Chrétiens de toutes conditions, de tout Age, les commerçants, les magistrats, les ouvriers; c'était un grand jour de fête, tous venaient autour de ces reliques, et ces reliques étaient portées dans un char superbe ; elles allaient d'une église dans une autre; le peuple était fier de posséder l'instrument qui avait traduit les sublimes pensées d'un génie Chrétien.
« Je voudrais que non pas un bras mort, une relique sacrée, ce qui serait déjà trèsprécieux, vous fût ap|)orté. Sans doute, la science abonde ici ; les hommes doctes ne sont pas rares et les chaires sont occupées noblement; mais ie voudrais que la main du théologien, que la main du maître de la grande science, de la science par excellence, se multipliAl. Préparez-lui des tables d'or, prépareZ'lut de grands vélins, afin que la main y trace les pensées divines. Il faut à ce cher pays de France, à celte capitale, tête de la France et de l'univers, il lui faut une sainte théologie. Il y a des chaires,beaucoup de chaires, mais ces chaires ne sont pas toutes des chaires de théologie. Je n'entends |)as éteindre l'esprit humain, faire pAlir i'imajpnation, ébrécher le ciseau des artistes, souiller le pinceau des peintres, mettre sur les lèvres de l'éloquence la trivialité ou le vulgarisme. Ahf redevenons plutôt ce que nous fOmes autrefois, ce que furent nos l^àroSf les tiaduclcurs les plus intelligents,
ffi^â
les plus brillants, les plus variés de la pensée divine dans tous les ordres, et, comme eux, gardons ou reprenons la prééminence qui nous appartient. Uais pour cela il faut que la théologie soit en tête de tous vos enseignements, qu'elle règne comme maîtresse, comme princesse. Que ceux d'entre vous au moins qui ont le plus d*intelligencei qui aiment les grandes choses, se livrent k cette étude. I^ France est sans contredit aimée de Dieu. Qui oserait le nier? Est-ce qu'il n'y en a pas des signes nombreux et éclatants? £stce que le bon Dieu ne nous aime pas entre toutes les nations de TuniversT L'autre jour il y avait une fête solennelle; le représentant du Souverain Pontife, un noble vieillard, entrait dans la métropole de Paris; un chant se fit entendre : Tu e» Pierre^ et sur ceite pierre je bâtirai mon Egtiie^ et Us portes de Venfer ne f revaudront pas contre elle, J*es-
Îlre que le bon Dieu tiendra compte k la rance de ces chants, de ces dithyrambes, de ces hymnes. Oui, Dieu a créé un homme qui s'appelait Pierre. Qu'est-ce que tous les Papes qui se succèdent? Ce sont des Pierres k travers les figes. La France reconnaît ce caractère de Pierre, et chante avec amour les prophéties de Dieu sur la permanence, sur rimmutabilité, sur la solidité de cette pierre. Dieu la bénite k cause de cela, et bénit ceux qui ont voulu que ces chants éclatassent. Il y a donc beaucoup de bon ici.
« Ce matin, quand j'entrai dans celte paroisse, j'ai vu Tes signes éclatants de la foi, et je me disais : Hais enfin, ce n'est pas seulement dans les provinces reculées, dans les campâmes naïves que la foi éclate, elle est aussi dans ce Paris si 4}rillant, si orné de civilisation. Je sais l'excellence du clergé de cette eraode ville, je sais en particulier la piété, Te zèle du t>on curé de cette paroisse, et laissez-moi le dire, du prêtre que je connais depuis de longues années, est-ce que Paris n*a pas un iour bien mérité de la France en repoussant le protestantisme, l'hérésie, le schisme, la doctrine nou velle? Paris 1 souviens-toi de ta vieille gloire et n'oublie pas ta fonction d'aujourd'hui. Tu es la tête de la France, mais k la condition que ce grand corps français, si catholique, trouvera en toi les principes de direction qu'il demande,
3a'il sollicite. Voilk qu'k présent des lignes e fer s'étendent, et sur c*«s ligues roulent des chars pesants, et dans ces chars sont enfermés des hommes. C'est la province qui vieni, c*est Tétranger qui se précipite. Paris montre son œuvre de bois, de pierre, de marbre. Je ne sais pas si cela vaut la peine d'être vu : je ne sais pas si l'Europe, si l'univers sont accourus seulement pour voir, pour entendre; s'ils n'ont vu que les merveilles des arts, s'ils n'ont entendu que certains bruits
humains et terrestres sortis de derrière si-i murailles; mais je sais bien queTooiTiTi n'en tirera aucun bien. Vous avez des maisons nouvelles, de longues lignes de mais(>m ajoutées k des maisons, et des palais pressant des palais. Allons 1 Convenez-vous que tout ceci n'est que bois et pierre? Mettez idedans la tIc divine. Le vieux Paris éu« moins géomélrique, les rues étaient \M% étroites, le soleil y venait moins, le («té avait plus de boue ; tout ceci ne touche |os aux cnoses de Dieu; mais le vieux Paris vivait de la vie chrétienne, la théologie j abosdait, les génies s*^ pressaient, la science i resplendissait. Aujourd'hui la science itri^ fane a remplacé la science sacrée, des maisons qui ressemblent k des palais s'élèremk la place des masures; mais il fool placer U* denans la vie divine. Si vous y placez IV mour de l'or, la vie sensuelle, la vie animale; si vous faites de Paris le pays deceui qui veulent jouir de la terre et non pas seulement s'en servir, que sera votre Pan^* Allons donci que chaque i)os$es8eor dliôinl, de palais, de maison, sacne dire : J'apfoite ici Jésus«-Clirist, je l'installe k mon fo} er : à est au rang d'honneur. Que vos maisoos m soient pas des refuges pour le crime, («m l'infamie, pour l'impiété, pour la vie aoimaie; que ce soient des sanctuaires respec* tés, des résidences sacrées dans lesqaelies les chefs de famille se promènent pleins d'innocence, enseignant la foi k leurs en* fants, pratiquant lel>ien« le faisant pratiqaer par leur épouse, veillant sur leurs domestiques. Et vous tous, qui êtes si puissants par la position, par la fortune, usez de toitv influence pour répandre la vie. Que Paris soit digne de la France. Paris est la tète de la France. Or, après tout, la France est atholique. Voulez-vous lui laisser «ne léte non catholique? Voulez-vous que ooirr France soit un monstre? Puisque Dieu rous a fait tète» puisque Dieu a mis dès les coomencements sur les bords de voire fleuve des destinées sublimes, ne les chassez pis de chez vous. Souvenez-vous que la Framv est catholique. Dans trois jours je serai la milieu des campagnes, je serai pressé (<ar des populations rustiques; j'annoncerai en patois les vérités que j essayais de tous dw tout k l'heure. Que je puisse dire k mes boD> villageois que Paris est aussi chrétien, et très-bon chrétien I Allons, mes cbers Frèns vivons de la vie divine, et nous serons sans contredit les plus grands, les plus beaux, tes plus heureux, non-seulement (lour le temps mais pour l'éteruité.BCe beau discours qu'on vient de lire, jette un grand jour suris grl«^ habituelle. On trouvera k l'article Eriit» quelques notions sur la grâce actuelle, ri vir les systèmes qui $*y rapportent.
HUMILITÉ. — On convient assez généra- pas en dehors du christianisme. Le lail f^^ ment que la vertu d'humilité ne se trouve peut être contesté ni par le rationalisine. ^