IMMORTALITE DE LAME
am
f>ar les fausses religions; mais on tâche d*en tirer une conclusion tout opposée h celle qui en découle naturellement; au lieu d*jr voir avec le bon sens un signe de divinité, on veut y Toir an svmplôme de faiblesse et d*erreur. Balmès, dans ses Lettres à un iceptique^ p. 276y montre fort bien que Thumilité n'exige pas le moins du monde que Ton se trompe soi-même en méconnaissant les bonnes qnalit<^s que Ton possède t et que sainte Thérèse a eu raison de dire : Vkumi*-^ lité^ c'est la vérité'. Saint François de Sales» dans son Introductionàla viedévote (m* partie» nii. 5}» fait voir que la considération des bienfaits que Dieu nous a accordés ne peut que nous porter h' Thumilité; car elle nous rappelle que ce qu*il y a de bon en nous ne vient i>as de nous. « Comment se fait-il alors» m'objecterez -vous peut-être , » dit Balmès» « que les plus grands saints ne cessent de proclamer qu'ils sont les plus grands pécheurs du monde; qu'ils ne méritent pas de fouler la terre, et de jouir de ses bienfaits; qu'ils sont les plus ingrats de tous les hommes? Tftchez de bien comprendre» mon cher ami, le sens de ces paroles; n'oubliez pas au'il faut y yoir Teipression d'un sentiment ne repentir et d*amour portée à sa plus haute
puissance Quand sainte Thérèse disait
qtt*elle était la p!us grande pécheresse du monde» voulait -elle faire entendre par là qu'elle se regardait comme coupable des crimes honteax où tant de malheureuses femmes se laissent entraîner?.... Assurément,
non Quand cette âme supérieure» rivale
A^ esprits ao^éliques» se rappelait les fautes légères de sa vie passée» son défaut de promptitude et d^ardeur k corresnondre aux inspirations du ciel, quand elle comparait tout cela aux bienfaits naturels et surnaturels dont le Seigneur Pavait comblée » quand enfin elle poursuivait ce triste et glorieux parallèle» au flambeau de sa foi» avec le sentiment de sa charité» en la présence de ce jDieu qui relevait si haut au-oessus des idées et des impressions de la terre» elle Toyait aiec tant de clarté» elle sentait d*une ma-
nière si profonde la laideur du péché» même véniel, elle se trouvait tellement pénétrée du sentiment de son ingratitude h Tégard d'un Dieu qui ne cessait de l'appeler è lui par tant de moyens et de favenrs» qu'elle se déclarait alors la plus ingrate des créatures» la plus grande pécheresse de l'Univers. Ce cri s'échappait aonc de son Ame» quand elle mettait en parallèle sa propre sainteté avec Tinfinie sainteté de son Dieu. » On peut ajouter k ces considérations, que» dans la pensée de sainte Thérèse» les autres créatures eussent été plus saintes qu'elle, si elles avaient reçu les mêmes grAces. Balmès montre ensuite que le monde lui-même reconnaît l'excellence de la vertu d'humilité. « Le monde ne regarde-t-il pas comme un véritable héros celui qui fait des actions dignes d'éloges » et qui » Cd|)endant , ne s'arrête pas k ces éloges qui lui sont donnés» mais au contraire les dédaigne et les méprise, et passe A travers ces enivrantes vapeurs de la gloire humaine sans détourner un seul moment son attention des grandes pensées qui occupent son esprit, et des nobles sentiments qui font battre son cœur A quel point est
Jurande» sage et sublime, la religion qui nous ait un devoir de fuir les vains éloges des hommes» puisqu'au fond» c'est Tunique moyen d'obtenir leur estime véritable et leur admiration spontanée. Les hommes» en effet, décernent volontiers la gloire à qui la mérite et ne la recherche pas; ils n'ont que du mépris pour quiconque la recherche sans la mériter. Chose admirable I La vanité humaine» pour satisfaire son désir de bruit et de renommée» est obligée de se renier ellemême et de se couvrir du manteau de l'humilité. Ainsi s'accomiilit dès la vie présenta cette parole de nos Livres saints : Quiconque s'élève sera abaissé» et quiconque s'abaisse sera élevé. »
M. le vicomte de Heaux démontre» dans le Correspondant de janvier 1858» que l'orguei) est la grande source de nos erreurs» par la raison qu'il porte à la négation» essence de toute erreur.
IVHORTAUTÊ DR L*AME. -- M. Alfred Haury» dans un article de la Revue des Deux- HoNiki (1** septembre 1855) intitulé : Découttriti modernes sur t Egypte ancienne^ s'ex-
f^rime ainsi : « Le rituel» auquel Chamnolion avait, judicieusement im|K)sé l'épitbète defoDéraire» et que M. Lepsius a improprement désigné sous le nom de Todtenbuch {litre des morts)^ est une collection de prières et de formules» toutes relatiyes à la destinée de Tbomme après sa mort. On en trouvait lans chaque cercueil de momie un exemplaire plus ou moins complet» suivant la fortune du défunt. Les premiers chapitres renferment les hymnes cnantés à la proces- Mon funéraire. En général» le dogme de rimmoriilité de l'Ame fait le fond de tout ce
livre» qui contient en outre un chapitre spé' cial intitulé : De la vie après la mort; mais ce rituel est surtout consacré à la relation des pèlerinages que l'Ame était censée accomplir k la suite d'Osiris dans les diverses régions ou demeures du ciel infernal. L'une des demeures était la salle de la double justice» dans laquelle se |)assait le jugement de TAme » cette scène qui est cousue sous le nom de psychostasief et qui se trouve presque toujours peinte sur les sarcophages de momies. La pérégrination de l'Ame Qnit par son intime union avec le soleil» qu'elle ac^ compagne désormais en jouissant de sa pleine lumière. Quelques cnapitres dont le style accuse une époque moins ancienne»
traitent de Tabsorption de l'Ame dans la di-
vinité et de sa divinisation complète. Us terminent généralement tes exemplaires de ce livre curieui.
« Le fond du rituel remonte incontestablement à la plus haute antiquité; ses chapitres principaux figurent comme textes sacrés dès avant le temps des pasteurs, et H. de Bougé a retrouvé le chapitre De la m après la mort sur un monument de la douzième dynastie. Nous possédons des exemplaires de ce livre en hiéroglyphes et en hiératiques; les variantes que fournissent ces diverses rédactions ont beaucoup fait avancer la connaissance de la dernière écriture, n
« L'immortalité 9 « dit M. Creuzer (t. I, p. 276}, « et la transmigration des âmes ou métempsycose (qui serait mieux nommée tnétensomatose)^ de même que les récompenses et les peines après la mort, sont des croyances qui dérivent immédiatement de la doctrine enseignée parles Védas sur les rap* ports de Dieu, de Tbomme et du monde. Un seul esprit, une seule &me, une seule vie, ))rocédant d'un seul et même principe, sont répandus dans tout Tunivers, et 1 univers n'est autre chose qu'une grande manifestation du Très-Haut, où mille et mille formes de la substance unique circulent, se permutent, passent de la vie à la mort, et k une vie nouvelle, ot les dieux, les hommes et les mondes, les créations et les distinctions se succèdent dans une révolution indéfinie au sein de Brahm-maya, l'Etre-nature, jusqu'au moment fixé pour la rémanaiion générale qui dissipera le prestige, absorbera toutes les formes variables dans l'invariable substance, et résoudra la qualité dans l'u** nité. Ce n*est donc pas sans raison que nombre d'auteurs anciens ont prétendu que les brahmanes avaient les premiers proclamé le dogme de l'immortalité de l'Ame, dont relui de la métempsycose est inséparable dans l'esprit de ces antiques religions. » Si M. Creuzer veut, dans ces dernières paroles, réfuter les écrivains anciens qui attribuaient aux Egyptiens l'honneur d'avoir enseigné les premiers l'immortalité de l'Ame ; s'il veut dire simplement que cette grande vérité a été mieux connue sur les bords du Gange que sur ceux du Nil, nous trouvons sa pensée soulenable ; mais nous n'avons pas besoin d'ajouter que l'immortalité de 1 Ame était connue sur la terre avant les brahmanes, comme avant les Egyptiens. Soutenir le contraire, ce serait faire preuve de peu de jugement. On a vu pourtant des écrivains, qui avaient passé toute leur vie k rechercher les lueurs de vérité éparses parmi les peuples païens, fermer les yeux au phare, ou plutôt au soleil de la Genise mosaïque. Tout ce que prouvent les assertions oe H. Creuzer, c'est que les brahmanes avaient gravement altéré le dogme de l'immortalité de l'Ame.
De Septchènes {Eaai sur la religion des anciens Grecs) cherche à prouver que l'imfiiortalité de l'Ame s'enseignait dans les mystères. « Les mystères, » dit -il, « servaient
f)rincipa1ement A représenter l'état det'flme, orsqu'elle était débarrassée de sa dépouille mortelle; le vulgaire, dit PI ntarque, croit qu'il ne reste plus rien Après la mort. Pour nous, initiés, comme nous le sommes, aux rites secrets de Bacchus, et témoins de ses cérémonies saintes, nous savons qu'il existe nn avenir. Aristide, Strabon, Isocrate, et Eusèbe, s'expliquent tous k peu près dans les mêmes termes. On enseignait aussi dans les mystères la préexistence des Ames, et le ilogme de la métempsycose qui semble en être la conséquence naturelle. En généra) la doctrine d'une autre vie a été adoptée par presque tous les peuples, du moins par ceux qui méritent d*être cités *pour modèles. Les législateurs la regardaient comme le frein le plus capable de contenir les passions des hommes, et ils avaient mis tout en œuvre pour établir cette opinion salutaire, etc. » — « Sans doute, lui répond Brunei, mais si cela est, comment le dogme de la survivance de l'Ame au corps pour être récompensée ou punie après cette vie, peot-it avoir été une aoctrine mystérieuse, et qui ne s'enseignait que dans rinitiation, et sous le voile d'un secret inviolable? Ecoutons l'auteur des Recherckes sur les mystères de Sainte-Croix): « Concluons, » dit-il, «que e dogme des récompenses futures, tel qu'il était enseigné par les mystagognes , regar dait uniquement les initiés, et celui des punitions, les profanes. Les Kpicuriens voulant détruire le dogme des peines k venir, avancèrent qu'il avait été imaginé par les
SrAtres et enseigné par les mystagogues. lais on ne voit nulle part au*on en menaçAt les initiés. D'ailleurs ce oogme ne faisait
Ï[>int partie de la doctrine secrète diSleusis. imée de Locres donne k ces supplices le nom de punitions étrangères^ persuadé que l'idée des peines et des récomtpenses futures, avait été apportée dans la Grèce par les colonies orientales. Selon le système do même philosophe elles dérivaient toutes les deux de la métempsycose. Elles n'étaient Qu'une conséc|uence nécessaire du dogme de l'immortalité de l'Ame , et de son existence après sa séparation du corps. Ce do^me a été de tout temps une opinion vulgaire chez les Grecs, comme les poèmes d'Homère et d'Hésiode, et les anciennes fables le démcmtrent. Le dogsio des peines k venir est nécessairement li< àcefai de l'immortalité de l'Ame. La croyance générale du premier est d'une si grande importance pour le repos de la société qu'it aurait été très-dangereux d'en réserver la conaaissaoee
aux seuls initiés Le dogme des pMMs et
des récompenses k venir fut la doctrine des anciens Grecs ; toute leur m^^thologio sein* bie les y ramener» et une partie avait été io* ventée pour inculquer dans leur esprit Pimportante vérité que leurs premiers législateurs avaient un intérêt si pressant d'accré* diter. Dans une tragédie d^Ëschyle» Minerve dit aux Euménides qu'elles étaient plus âgées qu'elles-mêmes^ c'est-k-dire que le dogme (tes punitions de la vie future avait précédé Tè-
IMMORTAUIE DE L^AMt.
laliiisseifieot do son culle, ilâ k une colonie d'KgjrpUens. A leur arrivée, Tidée de ces fHMnes se fortifia et se maintint par le zèle des mjstagugues étrangers gui publièrent que le moven de s*y soustraire» était Tiniliation k leurs mystères. Ce fut là qu'ils parlèreal de la nature des récompenses k Tenir, dont ils flattaient les adeptes. » Quand donc la description que fait H. de Septchènes» du Tartare, de TEIysée, et de Pétat de Pâme» initojeD entre les^ récompenses de celui-ci et les tourments de Tautre, serait aussi conforme aux dogmes du christianisme sur Tenfer» le paradis et le purgatoire, qu'il voudrait le persuader, au moins ne paraitil pas que cette doctrine n*ait été connue des anciens 9 que par les instructions qu'on recevait dans rinitlation : ce qu'il avait k montrer. Mais si elle n'avait été révélée que dans les mjrstères» ce serait une nouvelle et très-grande diflérence de pins, qui aurait eiisté entre les mystères du paganisme et eeui des Chrétiens; car la doctrine de l'imroortalité de l'Ame et de ses différents états dans la vie future , s'enseignait par ceux-ci dans les instructions élémentaires qu'ils faisaient k ceux qu'ils s'efforçaient de gagner
k leur religion »
c La métempsycose, » dit Duclos, « exclut absolument Tldée d'une vie éternelle qui doit suivre celle-ci : En effet, si l'on dit que les âmes parcourent successivement plusieors corps, et passent indifféremment d'un animé dans on végétal, ce système sera celui de l'âme du monde, et un pur matérialisme. Si l*on restreint la transmigration desfloies aux corps animés, on ne conçoit pas qu*on puisse regarder comme une subsiaoce numériquement et individuellement la même» une Ame qui ne conserve pas , dans les corps différents, la mémoire d'un état antérieur^ et la conscience, c'est-k-dire le sentiment intérieur d'une existence continue. Sans la conscience , une Ame, qu'on dit Aire ta mdme en parcourant dix corps, sera dix êtres et dix Ames aussi distinctes Tune de l'autre que dix hommes qui vivent en mAme temps, et qui éprouvent des sensations différentes. Si l'Ame d'Achille passe dans le corps de Tarquîn et de Lucrèce, celte Ame ne sera pas plus alors celle d'Achille que celle de Thersite. Le système de la métempsycose n'est donc pas le même d02nie que celui de l'immortalité de l'Ame. » [mm. aeVacad. de$ Ime.f U XIX, p. 403, w lei DruideM.)^ On lit dans le t. XVlll, )>. 185 de la même collection : « M. Duclos regarde dans son mémoire, la métempsycose des Pythagoriciens comme incompatible avec (idée d'une vie éternelle après celle-ci» l^rce qu'on ne peut, selon lui, prendre |)Our une substance numériquement la même, Que Ame qui ne conserve pas dans les différents corps la mémoire d'un état antérieur, ^t le sentiment d'une existence continue. M. Fréret croit que ce principe peut souffrir quelques difficultés. 11 remarque que nous it éprouvons ))as le sentiment de notre existence à Finstaiit même où nous commençons
d'exister; que nousn*avons aucun souvenir de nos premières années ; qu'enfin dans le sommeil et dans quelques autres occasions, ce sentiment regoit des interruptions asse? longues, d'où il conclut que cette conscience de ui continuation de notre être n'en constitue pas nécessairement l'identité. Mais quand on admettrait les conséquences métaphysiques que tire M. Duclos dos dogmes de la métempsycose égyptienne, il ne s'ensuivrait pas qu'elle ne pût s'accorder avec la croyance et la pratique d*une religion. L'exemple des peuples de l'Inde fournit, de cet accord, une preuve défait k laquelle on ne peut rien opposer. Les Saducéens qui niaient l'immortalité de l'Ame, et la plupart des stoïciens qui croyaient les Ames particulières des portions de TAme générale du monde étaient de très-zélés observateurs du culte religieux. La religion est si essentielle k l'homme, que, malgré les efforts d'une philosophie contraire a la nature, elle subjugue dans la plupart des esprits les opi* nions qui lai paraissent les plus oppesées. »
« Un éisrivain moderne, » dit M. de Sainte- Croix, « a senti cette diflicullé (de réserver aux seuls initiés ta connaissance de l'immortalité de l'Ame) et s'est imaginé de la résoudre. En rêmpliêêanif ditr-il, les etprU$ de terreur et dfopinions extravagantes^ ce dogme empéekatt les sociétés de se rallier^ de travailler à leur bonheur^ et de songer à Favenir. On voit qu'il était nécessaire de dérober un pareil systime à la connaissance des hommes f lorsqu on voulut les engager à former des établissements solides sur la terre. C'est pourquoi^ conclut ensuite cet auteur, il se trouva renfermé dans le saneluaire^ et enseigné par les seuls mystagogues. Une |>a* reille hypothèse ne peut mieux être détruite que par une preuve de fait. Ge ne sont point les écrits des missionnaires qui la Tourniront; ils paraîtraient suspects; mais j'aurai recours aux témoignages d'un militaire éclairé, dé{;agé de tout préjugé, et ayant Técu parmi les sauvages de l'Amérique septentrionale. 11 avoue que le moyen le plus efficfice ie leur faire emnrasser la religion chrétienne eidêles civiliser^ a toujours été le dogme des peines et des récompenses k venir. ( Ponchot, Mémoire sur la dernière guerre de V Amérique septentrionale , 1. 111, p. 30k.) L'écrivain que je réfute n'a pas craint de se contredire bientôt après, en reconnaissant Futilité dont les mystères ont été pour policer le genre humain. Ce dogme qu'il dit être insociable et dangereux, comment aurait-il nu devenir alors la doctrine d'un pareil étaulissement ? »
M. Henri Martin, auteur de plusieurs ouvrages estimés (qu'il ne faut pas confondre avec son homonvme, auteur d'une Histoire de France), a publié, en 1855, un livre inti • tulé ; La Vie future^ histoire et apologie <lo la doctrine chrétienne sur l'autre vie. Cet ouTrage fort remarquable, et écrit au |)oint de vue catholique, réfute plusieurs des systèmes philosophiques réteuts sur le sc^rt^de
DICTiONMÂlRE DU PARALLELE.
rhomme après la mort. Noas allons emprunter, poar le faire connaître, quelques passages du compte-rendu qu*en a publié la A«« rue catholique de Louvain (février 1856).
« Sous une forme plus ou moins défigurée, la croyance à la vie future apparat! au fond «les religions antiques : on la retrouve dans la oiétempsvcose des Egyptiens et de Pytlia*r gore, dans la doctrine de Zoroastre cbej; les Perses, dans la religion de Bouddha chez les Indiens (ce dernier point est erroné, comme nous le verrons). Cnez les Grecs et les Ro* mains, elle a orné lesQctions des poètes, les dissertations des philosophes et favorisé les superstitionsdu peuple. Elle faisait partie de la religion des druides chez les anciens Gaulois. Enfin elle a toujours occupé une trèslarge place dans la foi des Chrétiens et n'a pas été inconnue des Juifs. Aujourd'hui encore, cette grande question remue profondément les esprits des philosophes tant en Europe qu*en Amériaue : les ouvrages que le rationalisme a publiés sur cette matière en Belgique^ en France, en Angleterre et aux Etats-Unis durant ces dernières années, sont trop nombreux |)Ottr être énumérésici.
« La seule doctrine précise et claire sur la vie future est la doctrine catholique; Elle seule ré(iond complètement aux besoins de Tesprit et du cœur. Offrant h rhomme un avenir éternel, consolant et terrible è la fois, elle arrête le crime par la crainte d'un châtia ment proportionné aux fautes, et encourage la vertu par Tappât de récomi)enses ineffables. Le dogme de Téternité des récompenses est comme un céleste flambeau qui éclaire Tintelligence et lui découvre le vrai secret de la Providence, et la conduite admirable de Dieu dans la distribution des biens et des maux. Enfin, nous trouvons, dans la croyance à une vie meilleure et è une félicité sans bornes pour le juste, un baume divin qui adoucit les souffrances, tarit les pleurs, et dissipe les peines.
« Il semblait qu'une doctrine si sublime, la plus consolante et la plus ancienne è la fois, ne dût pas rencontrer d'adversaires; mais l'esprit de l'homme est enclin à l'erreur, et il quitte le chemin de la vérité presque sans le savoir. On a attaqué la doctrine chrétienne sur l'autre vie de deux manières. Les uns, oubliant, au nom du progrès, toutes les données véritables de l'histoire, ont prétendu que les Chrétiens avaient reçu ;cette doctrine de TOrient, que les Juifs lavaient empruntée ou aux Perses, ou h l'Inde, ou à rfigypte; que par le travail de l'esprit philosophique elle avait acquis le développement actuel, et qu'un nouveau travail était nécessaire pour la rendre d*accord avec la raison avec laquelle elle ne s'accordait plus. Les autres, s*armant de nouvelles découvertes physiques et géologiques, ont proclamé hautement que la doctrine catholique avait fait son temps, et qu'elle ne pouvait plus tenir rontre la voix de la nature et de la raison, i» C'est contre co^ deux espèces d'adversaires que M. Henri Martin a écrit.
Bans la oremière partie, il commence par
exposer les différentes opinions des doe teurs chrétiens «sur la croyance d(?4 Jollsà rimmorlalitéde Tâme. Ensuite il établit qm la doctrine biblique sur l'autre vie n*est pu le produit d*une élaboration lente et pro-
f;ressive de l'esprit humain abandonnné à ui-mème; mais qu'elle est sortie d'un en* sei^nement divin vraisemblablement aussi ancien que l'esprit humain , enseignement sans doute incomplet è l'origine etim|>arbiment conservé dans les traditions priffliii» ves, renouvelé sous une forme prudemment mystérieuse dans la loi de Moïse , et enfia com^ilété et donné è tous avec clarté et sim* plicité dans la loi évangélique. L*auteiir démontre que Moïse, instruit dans toute la sagesse aes Egyptiens, n'a pu ni ignorer ni rejeter la doctrine de Fimmortalité de rime enseignée en Egvpte et gravée sur tous les tombeaux. Ici Tauteur rencontre sor son chemin M. Cahen ; il le renverse en passant, et démontre contre lui par des textes positifs, développés avec une netteté et une exactitude digne des plus savants criti(^ue$, que Moïse a enseigné Timmortalité de I âme sous un voile assez transparent pour qoe Télitedu peuple pût saisir cet enseignement Ensuite il expose les passages du £irre éâ Job relatifs à la vie future et ft la résurree* tion des morts, ainsi que les nombreux teites des autres Livres sacrés, écrits avant oo après la captivité de Babylone sur le même
sujet
M. Martin démontre ensuite que cette croyance diffère singulièrement de celle des autres peuples avec lesquels les Hébreux ont pu être en contact. Elle ne vient donc ni des ^yptiens, ni des Indiens qui ne con< naissaient que la métempsycose. Dira-t-oa
Sue les Hébreux l'ont puisée chez les Cbal* éens, les Phéniciens et les ChananéeosT Mais une telle assertion ne saurait être prouvée I on ignore presque entièrement la relieion de ces peuples. Il resta & dire aue les Juifs ont puisé leur doctrine chez les Perses ; mais, outre des différences essen* tielles, bien marquées entre ces deux doc* trines, comment les prophéties d'IsalCt If* Pêoumeê de David, le Ltvre de Job. le Peatateuque de Moïse, écrits longtemps auMravant, auraient-ils copié les Perses que les Israélites ne connaissaient pas encore TLm lecteurs s'étonnent sans doute en lisant les preuves multipliées de l'auteur, que les ^t* tisans du progrès aient fondé leur théorie sur ce sable mouvant. Le savant écrivaia termine la première partie par Tapologie da dogme de la résurrection ues corps, et (<ar quelques considérations sur la pluralité des mondes
M. Martin aborde ensuite la seconde ^a^ tie, dans laquelle il continue Thistoire de la doctrine de l'autre vie, et exiKise qu'elle a toujours été cette doctrine chez les Clirétiens. En même temps il réfute les objet:uoos dirigées contre deux mystères quelle ouus présente, savoir : les dogmes du péché onginel, et de Téternité des peines.
on sait qu* il a paru tout rétemment, ca