INDULGENCES
Ia coniiminion. Chaque fois qulis entraient ou sortaient, ce qui se répéta jusqu'à quatre fois» rassemblée se leTait. L*un deux, M. Caird, s*était de nouveau couvert d*une ènbe avec uneétole; le docteur Wœringcr prit la chasuble sur son aube, et les prières pour la cemmunion commencèrent. Dans tes prières liturgiques, dont la lecture absorbe, avec le service de Tautel, le temiis presque entier aue l'irvin^'sme consacre au culte, la Bienneureuse \ ierge Marie ne fut point oubliée ; mais ce qui frappa sur*tout le docteur Marriolt, ce fut la portion de la liturgie destinée à implorer la bénédiction de Dieu sur Févéque catholique du diocèse.
« Ce dernier fait parut si grave au docteur Harriolt, qoll voulut s'en expliquer en particulier avec M. Caird. Il lui demanda qui donc était cet évèque pour qui Ton avait
Rié. M. Caird répondit que c'était pour jvêque catholique de Bêle. Alors le docleur Marriolt lui témoigna toute sa surprise de ce qu*au lien do prier pour le clergé de la localité et pour son chef, qui, dans ce cas, est Tantistes de BAIe, on avait plutAt prié pour un prélat romain qui réside k Soleure. On lit dans le même jour^ oal une conversation qu'avait eue le docteur Marriolt avec M. Wœringer, dans la- Îuelle celni-€i n'aurait pas hésité k lui dire: J9u$ ne tommti pa$ protestanii. Bien plus, 00 grand nombre d'irvingistes vont rece- ▼oir sans scrupule, dans l'Eglise romaine, ta communion sous une seule espèce.
« L'anglicanisme, frappé de la grandeur de nos institutions catholiques, de sa succession et de son ordination apostoliques» de son culte majestueux, avait voulu en reproduire une seconde édition revue et corrigée. L'idée anglicane a produit l'idée irfingiste. L'irvingisme s*est dit : Toute la force de TEglise* romaine est dans sa succession, par laquelle elle jouit et des sacrements, et des vérités divines, et de son onité. Nous aussi, imitons cette organisation; ayons des apôtres, une liturgie, des oii racles, et nous retrouverons ainsi l'unité
Eimitive de l'Bglise et son état normal, ais entre IH^glise catholique, l'Eglise des apAtres et des martyrs et rEslise d'Irving, il 7 a un saut de dix-huit siècles. L'irvingisme ne sera jamais qu'une des monsirueoses tètes de l'hydre-réforme, nne anomalie dansTEglisedu Christ, tantqu'il n'aura pas abandonne ses principes pour s'unir h la ▼ériuble unité, pour obéir à Jésus-Christ dans la personne des successeurs de saint Kerre, pour embrasser avec foi les doctrines de vie déposées dans TEglise, dans cette B^ise où rien n'a jamais changé, oi^ rien nest passager : Sancia Ston, uftî totum ttei et niUlfluit. Il peut avr)ir gardé quelques vérités, mais ces vérités ne sont pas Is foi chrétienne. La vérlUble foi est fondée w rscriture sainte, sur la tradition, sur Tanturité de l'Eglise catholique. Ce n'est pas par une uii&tmee du xif siècle que Bieu révèle ses dogmes. La maladie du
.libre examen, qui fiiit choisir dans tes articles de foi ceux qui plaisent k l'orgtrerT, engendre rinditférence, puis un exécrable athéisme. Les peuples, n'ajraut pas la faculté de juger des choses nécessaires par elles-mêmes, se laissent facilement emporter par un aventureux théologien, surtout dans les contrées où on leur a appris à mépriser et k contrôler les vérités qu'ils avaient autrefois en révérence. Les articles de leur religion, ceux-mèmes qui concernent leur salut, n'ont aucune autorité; ils les secouent sans peine, comme un jougtyrannimie, lorsqu'ils gênent les passions ou lorsqu ils ne contentent plus leur curiosité vagabonde et une volonté corrompue par le poison de la désobéissance.
« Il ne fiiut pas qu'un chef de secte s'imagine, en voyant ses adeptes se multiplier, que sa prospérité découle de la bonté de ses doctrines. Non, la haine de tout frein religieux, l'orgueil humain criant k l'âme : Eritis sicut dii {Gen. m, S}, voilà les seuls missionnaires de l'hérésie. Malgré ses prétentions et ses succès passagers, 1 irvin^sme ne sera jamais qu'une vieille hérésie réchauflée, un montanisme, ou si l'on préfère, un anabaptisme du xix' siècle. Il porte la même devise que ses sœurs les autres sectes: rébellion.Otf la rébellion peut avoir des succès, mais elle porte en elle^^ même un germe de mort, et son règn«<^ n'a jamais qu'un temps. Que de sectes de^ puis dix-huit siècles 1 Toutes ont successivement disparu, et l'Eglise demeure. Il en sera des sectes de nos Jours comme des sectes d'autrefois. L'Eglise les a vu naître, elle les verra mourir. »
INDULGENCES. — Les protestants se sont plu k représenter les indulgences comme une absolution des ])échés futurs ; on rencontre cette calomnie dans leurs Traités^ dans leurs RomanSf etc. Nous n'avojQS pas besoin de faire voir tout le ridicule de celte accusation , puisque les indulgences, selon la doctrine de TEgUse, ne remettent pas même les péchés passés. Ce que beaucoup de nos lecteurs ignorent peut-être, c'est que cette doctrine absurde de l'absolution des péchés futurs, si injustement reprochée k l'Eglise catholique, est une des altérations
3ue les schismatiqucs orientaux ont mêlées, epuis leur séparation de Rome, aux vérités chrétiennes. Qu'on nous permette de citer ici quelques lignes d'un de nos écrits {Quor ' ire annéee en Orient) : « Les Papae ont aussi établi un tarif r)our les diverses places du paradis, mais leur chef-d'œuvre a été de persuader k leurs ouailles qu'elles pouvaient obtenir k Jérusalem, au prix de cinq k six mille piastres, une absolution des péchés futurs. Ceux qui reviennent de la ville sainte avec ce merveilleux privilège sont accueillis avec de grands honneurs. On va au-devant d'eux en procession, et on les considère, en théorie, comme des espèces de saints. Dans la pratique c'est autre chose. Un Francis disait on jour k un négociant grec, récemment absous pour ses peobés futurs ; Comomil
DlCTlONNAlRi; OU PAftALLELE.
Toiilez*yoii« que j« tous donne maintenant ma confiance 7 vous tous croyez absous d*a« ▼ance de toutes les fraudes que vous pourriez commettre & mon égard. »
Mais ceqa*il importe surtout de remarquer ici» c*est que le pardon de$ péchés future se retrouve aussi chez les protestants. Que signifie en effet la justification par la foi seule? Su'il suffit d'avoir la foi de la non-imputation es péchés, pour que les péchés ne soient pas imputés. Ainsi , non^eulement le pécbeur qui garde la foi est justifié aussitAl qa*)l pèche; mais sa foi prévient Timputation des péchés à venir, et même, elle ne peut agir contre les péchés de la veille, autrement que contre ceux du lendemain. Que Thomme pèche donc tant qu*il voudra; dès qu'il garde la foi» Dieu voit Jésus-Christ en lui» comme lui-même doit voir Jésus-Christ dans ses frères, selon la comparaison des premiers docteurs protestants. Or cela n'é* quivaut-il pas au pardon des péchés futurs 7 — Mgr Pie, à ceux qui s*étonnent de quatre jubiles en dix ans, répond ainsi : « Notre siècle ne connaît presque plus Tamour et la pratique de la pénitence volontaire. Que res** te-4*ii donc à Dieu, sinon de nous infliger hii-mème dans sa miséricorde, autant que dans.son éauité, les rudes expiations qui nous sont nécessaires ? Certes elles ne nous ont pas été épargnées I Rien n'y a manqué depuis dix ans : ni les séditions et les guerres civiles, ni la longue pénurie du froment et du vin et la cherté de tous les aliments, ni la guerre étraugère avec tous S9S sujets de larmes, ni les tremblements du sol, ni la perturbation de l'air et des saisons, ni les maladies épidémiques et pestilentielles, ni l'altération des substances, ni les catastrophes commerciales et les crises financières, que sais-je? Comme nous abusons de tout, nous sommes frappés dans tout : Ei qui in eunetis deUn^uimus^ in cunetis ferimur. Dans toutes ces rigueurs de la Providence, je le sais, la foi nous montre une pensée miséricordieuse du Seigneur qui veut, en nou$ ai&igeant ici-bas, nous purifier pour l'autre vie. Mais combien ne nous serait-il pas plus doux et plus avantageux d'apaiser la justice de Dieu par des tributs moins douloureux,
Kar des moyens moins tragiques? Or le juilé, largement compris, largement pratiqué dans l'univers chrétien, c est l'acquittement le plus considérable oui puisse être iMt à la décharge de la granue famille catholique sur les provenances satis&ctoires de son divin chei et de ses membres glorifiés. Un jubilé, c'est, dans un certain sens, une assurance, une garantie contre de nouveaux désastres, contre de nouvelles catastrophes^
Imisuue c'est une immense satisfaction oférte a cette justice suprême qui nous châtie par les fléaux temporels. Certes Thorizon est encore assez chargé de nuages pour que nous ne repoussions pas avec dédain l'instrument qui neutralise la foudre... N'est-il pèserai d'ailleurs qu'au lieu d'anéantir en nous la sainte ardeur de l'immolation i l'indulg^ncei en pous rendant oluspurs... nous
a toujours donné de nouvelles fimes ponr la pratique volontaire de la mortifivatioD 7 Les conditions mêmes auxquelles se gagfe l'indulgence ne nous mettent-elles pas déji sur la voie des œuvres sa tisfacloirest... Nos satisfactions personnelles sont si légères, notre résignation aux souffrances forcées si imparfaite, que nous ne saurions assez souvent recourir au trésor de l'Eglise, pour; f)uiser, dans les richesses surabondantes de a communauté, l'allégement, l'acquittemeot que réclame notre faiblesse. »
Ecoutons maintenant Mgr de Saliqis :
« La doctrine catholique sur le pardon des péchés, dont le dogme des indulgences est une conséquence et forme pour ainsi dire le complément, a son point de départ dans des
(profondeurs inaccessibles à la raison de 'homme. L'accord de la justice et de la miséricorde est un des grands mystères de Dieu. L'homme est sous les mains de la djIséricorde et de la justice divine. S'il pouvait échapper à la justice, son fol orgueil s'en irait braver impunément, jusque sur son trône, l'Etre infini. S'il ne lui était pas donné, après le péché, de ressaisir la misé* ricorde, il serait entraîné par sa misère et par son néant vers le désespoir comme vers un abtme sans fond.
0 Mais si ces deux perfections de Dieu sont visibles pour la raison, le nœud qui les relie lui échappe. N'ont-elles pas des exigences opposées? la miséricorde peut-elle intervenir sans 6ter quelque chose À la justice? et si la justice exerce tous ses droits que reste-t-il à la miséricorde ? Lequel Tean portera de ces deux attributs infinis ? El si l'infini ne peut souffrir de limites, si rien en Dieu ne peut être vaincu, quels moyens de concilier la miséricorde et U justice sans que l'une cède rien h l'autre ? Tels étaienl, ail est permis de parler ainsi, les termes de l'équation à résoudre, tel le problème quels péché avait posé au sein de Dieu môme.
« Le mot de ce problème divin, Dieu seul pouvait le trouver, la révélation seule a pu nous le dire.
« Ce mot merveilleux, c'est l'Homme- Dieu, c'est Jésus-Christ.
« En Jésus-Christ les extrêmes se touchent; ce qui paraissait éternellement divisé se rapproche. Car quoiaw U Créateur et la créature^ la divin^e inaltérable et la chair jKUitb/e, soient dXs choses bien différentes^ n^moins^ pour parler avec saint Léon, Tune et Vautre substance avec ce ffue chacune a de propre^ sont^ par tincamation d^yerbe^ unie^ dans la mime personne.
« En vertu de cette union ineOTable, Jésoi' Christ a souffert pour nous dans sa natura humaine, et il a communiqué par sa divinité un mérite infini à ses souffrances. L'hostie qui nous est substituée surk) «""«sivaire offre une expiation qui oe sautait être repoussée; elle nous achète, au prix de son sang divin, un pardon qui ne>peut pas être refusé; l'équation, que la raison cnercbait vainement, est trouvée ; le problème divin, insoluble oour elle, est résolu. Ni ta justice
IMOULOSNCES.
Di IcflMsérioordea aUndOBsenl rien de leurs droits; «*lles ne remportent ni ne triomphent IBX dépens Tune de l'autre : la HéJemption est lear oomœune victoire.
« Le Calvaire, eentre da plan diyin de ce monde, projette jusque dans les profondeurs de Dieu une lumière oui éclaire tous les Djstérieox rap^ports de rbororoe avec Dieu.
< Le péché de Thomme n*est plus au sein de Dieu un principe d'opposition ; il ne di* vise plus la justice qui doit punir et la mi* sérieorde qui veut pardonner; la miséricorde et la justice se réconcilient, elles se donnent le beiser de paix sur le Calvaire, suivant la parole du prophète; la croix est comme nn aoneau d'ineffable amour qui scelle leur éternelle alliance.
« Dans le sang qui a coulé pour nous sur le Gokotba, dans les mérites de l'Homme- Dieu, la miséricorde possède un fonds infini, inépuisable, pour solder toutes les dettes de la misérable humanité, acheter de la justice de Dieu tous les pardons que le re<* pentir de l'homme sollicitera incessamment, de tons les points de la terre, jusqu'à la fin des temps.
« Or, la foi catholiaue ne nous montre pas seulement comment la croix a rendu possible ee commerce entre la justice et la miséricorde, d où sort la justification du pécheur, mais elle nous en explique les conditions, qoi varient suivant la condition diverse du pécheur justifié.
< Il j a deux choses dans le péché , Tof^ fense et le chitiment.
t Lorsque la miséricorde de Dieu paie, une première fois, avec le sang de Jésus- Christ, la rançon du pécheur, nous savons par la foi que non«seulement l'offense est entièrement remise, mais aussi la peine. Si la mort jetait immédiatement ce fils d'Adam, devenu une nouvelle créature de Jésus- Christ, devant le tribunal de Dieu, le ciel loi serait ouvert, et il serait mis en possession de cette vie d'éternel bonheur que le Sauveur lui a achetée par sa mort.
• Mais lorsque c'est un second pardon que la miséricorde sollicite pour un Chrétien coupable et repentant, alors, en remettant l'offense et le châtiment éternel, la justice de Dieu stipule, quant aux peines temporelles, des réserves auxquelles la miséricorde doit souscrire.
« Ecoutons le concile de Trente : Le fruit Al bapiéme eii différent de celui de la pénitence : car par le baptême noue eommee re- ^féiuê de Jéêue-Chrut et noue eommee faite en lui urne nouvelle créature^ en recevant une pleine et entière rémieeian de toue noe pé* ckéê. Maie noue ne pouvone parvenir aane ie eacrement de la pénitence à cette pre^^ nuire nouveauté et intégrité eane de grande *9leurê et de grande travaux^ lajuetice Vemi^ Oeam ainei; en eorte que ce neet pae eane ^^wson quê la pénitence eet appelée par tee ^^ainU Péree un baptême laborieux.
« Bit expliquant la raison de cette diffé-
'^^nce: Cirtee^ poursuit le saint concile» l'or-
w*! de lajuetice de Dieu exige do lui quil re-
çoive d une autre mamêre en $a grâce ceux oui auront péché da$ie leur ignorance avani le baptême^ et ceux qui, aprèe avoir été délivrée une foie de la etrvitude du péché et du démon^ et avoir reçu le don du Saint' Esprit ^ n^ont pae craint de violer avec connaiieanee et de propoe délibéré le temple de Dieu ei d'attrtster eon Saint-Esprit.
< Le concile montre ensuite combien ces conditions, qui peuvent ne |)araltre que rigoureuses au pécheur, lui sont cependant salutaires : Lee peinee satisfactoires sont un remède qui guérit en lui leereetee du péché; eltee sont un frein qui contient sa faibleese sur la pente de nouvelles prévarications. Et enfin , animant notre courage par les considérations les plus propres è toucher un cœiir chrétien, il nous fait voir le mérite et tout ensemble la dignité de la pénitence par laquelle nous sommes rendue semblablee à Jesus-Christ^ qui a satisfait pour nos crimes , et de qui noue vient toute notre force et tout le pouvoir qui noue rend capablee du bien : eequi nous est un gage certain qu'ayant part à see eouffraneee^ noue aurone part à sa gloire.
« Rien donc de plus légitime, comme rien de plus certain que ces restrictions imposées par la justice à la miséricorde , lorsqu'elle relève le Chrétien déchu. Si lourd que soit pour sa faiblesse le fardeau de la pénitence, il ne peut que baisser la tète. Quel titre ce transfuge de la miséricorde aurait -il pour entrer en discussion avec la iustice, pour demander nue l'on rabatte quekiue chose du prix auquel l'amitié de Dieu lui est rendue, pour marchander son ciel et son éternité ?
« Mais si nous sommes sans parole devant la justice de Dieu, sera-t-il interdit h la miséricorde de s'entremettre et de parler pour nous? N'est-ce pas assez qu'elle nous voie souffrants et misérables pour qu'ello s'émeuve? Le trésor de sa compassion est-il épuisé? N'a-t-elle tenu en réserve aucun se« cret, aucune dernière invention par où elle pourra nous venir en aide dans cette extrémité où nous réfluit le péché même pardonnée
«Que la miséricorde, manifestation de l'amour de Dieu, tende à se répandre incessamment et sans mesure, comme un fleuve sorti d'une source infinie, nons ne pouvons en douter; mais nous ne devons pas oublier que la iustice, par laquelle se manifeste la sainteté de Dieu, est infinie, elle aussi; qu'elle pose des bornes inflexibles, qu'elle a des droits qui ne sauraient être lésés. La miséricorde et la justice ont des exigences qu'elles ne peuvent sacrifier ; il ne peut exister entre elles qu'un commerce d échange; elles no traitent, s'il est permis de paner ainsi, que la balance è la main ; rien n'est concédé d'une part qui ne soit compensé de l'autre.
« Or, quel prix pourra solder cette dette de la pénitence, dont la miséricorde vou« drait nous décharger en tout ou en partie?
« Cette indemnité, elle ne peut pas la i»ren dr^ en nous» dans notre indigence qu'il s'a*
DIGTiONNAlRE DU PARALLELE.
git de setoarir. H faut donc qu'elle la cherthe hors de nous ; il faut qu'elle trouve des riehesses surnaturelles qui ne sont pas lé fruit dé nos œuvres, de notre travail , mais qui peuvent cependant nous être appropriées à un titre légitime.
« Ici Tenseigneùient catholique, nous faisant pénétrer dans le cœur, et nousdévoi* lant les extrêmes conséquences da mystère de la rédemption, nous offre un nouveau
Ï^oint de vue, merveilleux, ineffable, que *œil du Chrétien ne contemple qu'avec ravissement.
« Si pauvres que nous soyons , si folle* ment même que notre passé ait engasé notre avenir, noire ruine, vous allez le voir, n'est jamais tompléte, ni surtout irréparable. Il en est de nous comme de ces fils de grande maison dont la situation n'est jamais désespérée , parce que leur détresse trouve toujours dans l'opulence de leurs parents une ressource assurée contre les extrêmes poursuites de leurs créanciers.
€ La famille dans laquelle nous sommes nés par le baptême, c'est l'Eglise ; nos parents, ce sont les saints, c'est la divine Marie, c'est le Sauveur. Vovons si la miséricorde ne trou7era pas a emprunter dans toute celte illustre et riche parenté de quoi payer nos dettes ; s'il n'existe pas dans la maison de notre mère des épargnes , des fonds de réserve qui peuvent nous être imputés sans blesser aucun des droits de la justice.
« Pour trouver la réponse h cette question qui nous intéresse à un si ;haut degré, il convient de nous transporter au moment où la miséricorde et la justice de Dieu se rencontrèrent au pied de la croix; de rechercher quels durent être les termes du traité divin d'oà est sorti le code de notre salut et la constitution intime de l'Eglise.
< Or, en premier lieu , quelle que soit , depuis le péché du premier nomme , la longue chainedes prévarications de l'humanité, dont la justice dé Dieu voit et compte les anneaux qui se déroulent sur tous les points du monde, & travers toute la suite des siècles, il est certain et nous savons par la foi Ïu'une seule larme, qu'un seul abaissement u Verbe fait chair aurait suffi pour racheter mille et mille races plus coupables que la race d'Adam.
« Et maintenant, depuis le sein de Marie, depuis la crèche, suivez à travers les mystères de sa vie cachée et les travaux de sa vie publique l'Homme-Dieu jusqu'à la croix;
3uet luxe de souffrances, d'humiliations, 'anéantissements! avec quelle prodigalité le Fils de l'homme acquitte la dette dont il s'est fait la caution 7 Evidemment, après que la justice aura pris sur le Calvaire tout ce
Îu'elle a droit de réclamer pour la rançon e l'humanité, il restera un excédant intlni d*expiations et de mérites. A qui sera dévolu, ifiui appartient ce fonds surabondant, sinon è l'Eglise gue l'Bomme-Dieu, par son testament, a instituée son héritière , et qui, d'ailleurs, née de son sang , sortie de son
ccrar divin sur ta croix, loi succède de plein droit ?
< Ce n*est pas tout. En remontant vers son père, Jésus-Christ, ne se sépare pas de son Eglise, il vit en elle ; et considérons ce qee va produire dans les Chrétiens, |)endant trois siècles; cette vie de Jésus-Christ qai leur est communiquée par le baptême.
« La condition de la nouvelle alliance de l'homme avec Dieu , le secret du salut a éi6 révélé par la Rédemption : c'est le miracle d'une double charité, par laquelle Dieu des^ cend jusqu'à l'homme, et l'homme monte jusqu'à DiBu. Le Calvaire a été le mot suprême de Tamour infini ; rhumanilé ne veut pas être en reste avec son Sauveur, ni se laisser vaincre è son amour; sa réponse, c'est le martyre : fie pour «te, ênng pour $ang : Sanguii $anguinem MigH. » (Osée^ tv, 8). Dieu ne pouvait rien faire de plus qne de mourir pour l'homme : l'homme ne pouvait rien filtre de plus que de mourir pour Dieu. L'amour de la terre et Tamour du ciel, arrivés à leurs extrêmes limites, se rencontrent, ils renouent le lien brisé par le péché, et consomment ce mystère où aboutissent tous les mystères, tout le plan divin de ce monde, cette unité dont l'homme-Dieu entretenait ses disciples la veille de sa mort, giir laquelle l*homme est un avec Jésoshrist, comme Jésus-Christ est un avec son Père.
< L'humanité franchit par le martyre le dernier degré de cette union, elle est élevée k la hauteur du sacrifice de l'homme-Dieu. Donc, les martyrs unis è Jésus-Christ, ce sont des Christs par lesquels la passion du Sauveur se prolonge : les éehafauds dressés imr la persécution sur tous les points du monde, et où se succèdent, se pressent tant d'innombrables victimes, de tout Age, de tout sexe, de toute Condition , ce sont les autels où l'immolation du Golgotha se continue pendant trois siècles, avec ses fruits immortels , avec ses ineffables conséquences. Origène ne craignait pas de dire, mt la martyrs adminisirmt ta rémission aes péchés; que leur martyre^ à F exemple de eehri de JésuS'Christf est tin baptême oH les péchés de plusieurs sont expiés ; et que nous pouvons^ en quelque sorte, être rachetés par U sang précieux des martyrs comme nous le sommes parle sang précieux de Jésus,
ir Ce n'est pas tout encore : cette croix sa pied de laouelle l'Eglise est née sur le Calvaire, qu'elle emporte avec elle pour se frayer une roule a travers le monde idolitre , cette croix qui se montre è nous sur le berceau de la société chrétienne, pendant trois cents ans, est un symbole qui sera ton* jours compris. Il y a dans le sang des martyrs» mêlé' an;sang de Jésus -Christ» une voix 3ui se fera entendre jusgu*h la Bn du mon* e, et qui remue, qui importune tout ce Ju'il y a de généreux, de divin , dans l'âme u Chrétien . nace héroïque, ne ferex^vous rien
yneft
tnis
qui ressemble à vos aïeux ? ftls de martyrs ne saurex-vous pets^commeeuXf mourir atecur, qui est mort pour vous ? L'amour divin
INbVLGENCES.
I, lui aossi, sa contagion irrésistible; Témulaiion do sacrifice s'allume : Nous ne iom" mts' pat de meilleure condition que nos pi^ rt$: alloni et mourons avec eux. (III Reg. » X», k.) Et puisque l'épée des (tersécuteurs n'est plus levée sur TE^Iise, , puisqu'on ne meart plos avec Jésus-Christ sur les écha- ;faadsjl faut trouver d'autres morts. Elles se présentent en foule. Il y a dans la virginité, dans l'humilité, dans la charité, dans la |)énitence, il y a dans toutes les vertus olirétiennes un glaive qui frappe Thomme dans les endroits les plus sensibles de sa vie. Il est facile de se dédommager du martyre : on le retrouve sous mille formes. Le religieax meurt au monde; il s'enterre vivant dans le silence et l'austérité du cloître; la fille de la charité meurt à l'amour d'un père, d*uoe mèrCf elle ensevelit dans un hospice sa jeunesse et son avenir; — le missionnaire meurt k son paya ; il s'en va aux extrémités de la terre, porter à des hordes barbares la civilisation et le salut. Tout chrétien, dans eette lutte intérieure entre l'enfer et le ciel, qui se disputent son éternité, ne fait triompher le ciel qu'eu mourant cliaque jour à quelque chose de lui-même. Toutes ces morts, dont les unes éclatent aux yeux du monde et l'étonnent, dont les autres, obscu* résine sont connues oue de Dieu seul, c'est la Tie surnaturelle de 1 Eglise.Nous ajoutons, c'est sa richesse. En effet, dans ces renoncéments, dans cette immolation des saints qui ont continué les martyrs, et des martyrs qui ont continué Jésus-Christ, nous trouvons une somme de satisfaction qui dépasse éridemment ce dont ils pouvaient être redevables pour leur propre compte k la justice de Dieu. Il reste un excédant, qui ne saurait périr, et qui s'accumule par conséquent dans les mains de la miséricorde. Les mérites snrémioents de ces holocaustes , dont la tradition n'a jamais été interrompue dans l'Eglise, ce sont comme autant de ruisseaux que la grâce fait jaillir du sein des âmes privilégiées, associées d'une manière plus intime bu mystère de la Rédemption , et qui grossissent incessamment ce fleuve surat)ondaot d'expiation , dont la source première et infinie est sur le Calvaire.
« Et si vousvoulez voir jusqu'à quel point la créature a pu être rendue participante en Jésus-Christ de l'œuvre du salut du monde, au-dessus des saints, ^u-dessus des martyrs , contemplez Marie, cette Vierge imopaculée, qui, préservée même de la tache ori-
Î;inelle, n'eut personnellement jamais la plus égère dette à acquitter envers la justice de Dieu, et dont la vie, identitiée à la vie do son Fils, ne fut qu'un martyre, une passion, depuis le jour de l'Annonciation jusqu'au jour de son Assomption gforieuse.
« Si vous avez compris la doctrine que nous essayons de vous expliquer, vous ne craindrez pas que la part qu'elle fait k la sainte Vierge et aux saints dans la création de ces richesses que la miséricorde de Dieu déverse sur notre indigence, diminue en rien le prix des satisfiictions de THomme-Dieu.
Car, ainsi ((ue nous nous sommes efforcé de TOUS le 'faire entendre, l'œuvre des saints n'est ici que l'œuvre même do Jésus-Christ. La vie surnaturelle du Chrétien régénéré, c'est, ainsi que la foi l'enseigne, la vie dé Jésus-Christ en qui nous naissons, ou plutôt qui naît en nous par le baptême. Les mérites suréminents de ces Ames d'élite , en qui la vie de l'homme a résisté moins, $i nous pouvons ainsi parler, k l'expansion de la vie de l'Homme-Dieu. ne sont que les mé* rites de Jésus-Christ. C est de son sang divin que le sang des martyrs emprunte toute son efficacité; c'est sa pénitence qui communique k la pénitence des saints toute sa taleur; ou, pour mieux dire, comme nous l'avons vu, les saints, les martyrs ne foni
3 ne continuer la pénitence et le martyre de éstts-Christ. L'expiation offerte sur le Cal^ vaire était d'un prix infinit et par Ik même plus que suffisante pour payer la rançon de mille mondes, nousVavons dit, et quel Cfaré^ tien peut en douter? Mais quel Chrétien qui a cherché k entrevoir dans le cœur de Jésus*- Christ le secret de notre Rédemption , n*a pas compris que ce mystère se résume tout entier dans cette pensée qui s*échappait d^ la bouche du Sauveur la veille de sa mort : O mon pire , je veux qu'ils soient un en moi comme je suis un avec vous ? [Joan. xvu, 21. )>
oJésus-Christ peut-il.être un dans les sainte^ sans continuer en euxison office de victime, de médiateur? n'en résulle-t-il pas dés ex-: piations surabondantes , qui sont moins les expiations des saints que les expiations mêmes de Jésus-Christ, et qui viennent s'ajouterk ce fonds primitif, intmi, dont l'Homme-Dieu a doté I Eglise sur le Calvaire? Ces conséquences de la Rédemption , au lieu d'appauvrir ce mystère, ne servent-elles pas, au contraire, k en manifester riné)>uisable richesse ? Cette fraternité de lésus^Christ avec les saints, au lieu de diminuer les gloires extérieures de l'humanité sainte du. Sau*" veur, n'en est-elle pas un des compléments les plus touchants?
« De même si , dans ce que nous venons de dire, vous avez entrevu la pensée d'unité etcl'amour manifestée dans le plan divin de l'Eglise, vous ne nous demanderez'pask quel titre la miséricorde pourra nous imputer ces mérites qui ne sont pas nés de nos œuvres. '
« Est-ce que dans l'Eglise, dans celle société dont le lien a été noué par l'amour infini dans le cœur même de Jésus-Christ , on interdira ce qui se voit tous les jours dans le monde, où des frères onulenls viennent en aide k leurs frères tombés dans l'indir gence? qu'est-ce que l'esprit de famille, qu'est-ce que ces relations qu'une origine commune peut établir entre les hommes, auprès de cette charité qui est l'âme de l'Eglise, auprès de la solidarité qui est la loi même de son existence? Les Chrétiens sont frères dans le sens le plus rigoureux de ce mot, car ils sont nés du même sang : mais la fraternité chrétienne exprime quelque chose d'intime, d'élevé, que la fraternité humaiqo ne peut pas atteindfre, parce que le sang dont
ISS
DICTIONNAIRE DO PARALLELE
tous les Chrétiens sont issus est le sang d*un Dieu. 11 y a plus, ces Chrétiens ne sont pas frères seulement, parce qu'ils trouvent dans le passé une source commune de leur vie; c*est une vie identiauement la même, la vie de Jésus-Cbrist qui leur est communiquée, qui les anime, qui les fait les membres d'un même corps, et de cette unité si intime, si ineffable, il ne pourrait pas sortir des droits analogues k ceux que produisent sur la terre des relations d'origine purement humaines et infiniment moins étroites I
m Si vous étiez retenus encore par quelque doute, s'il restait quelque ombre pour vous au milieu d'une vérité si consolante, essayez unedernièrefois de pénétrer, à la lu- Dière de la révélation, aussi avant que pos* sible, dans le mystère qui est le centre et le point de départ de tous les mystères , la Rédemption. Que voyez-vous? Une loi di« vine d'où le dogme des iudukences découle pour ainsi dire de lui-même :1a réversibilité des mérites, la solidarité.
« Comment la miséricorde de Dieu ob tient-elle la grflce du pécheur, iaauelle im plique toujours nécessairement la remise des peines éternelles encourues par le pé* ehé? En substituant au pécheur le juste pai essence, en lui imputant la satisfaction in-^ finie de Jésus-Christ.
« Haïs la sentence oui affranchît du châtiment éternel le Chrétien tombé après le baptême, renferme ordinairement une réserve : il reste une peine temporelle à acquitter dans ce monde ou dans Tautre.
« Cette clause est juste , la miséricorde ne peut le méconnaître.
« Cependant Textrême faiblesse de ce Chrétien, qui, relevé è peine de l'abîme du péché , tout meurtri encore de sa chute, a tant de peine à se soutenir sur ce sentier si rude, SI escarpé de la pénitence par lequel il doit remonter jusqu'à riutégrite de sa première vie, touche et émeut la miséricordet Est-ce qu'elle ne lui tendra pas U main? Est-ce qu'elle ne peut rien pour lui?
< Rien, si elle n*a pas une compensation k offrir. Car nous avons reconnu que l'égalité est la loi de ce commerce ineffable entre la miséricorde et la justice de Dieu, dans lequel consiste toute l'économie de notre salut.
< Mais nous avons vu aussi que, dans le compte ouvert pour la j>remière fois sur le Calvaire, il y a dix-huit cents ans, entre la miséricorde et la justice de Dieu , il resta, après que la rançon du monde eut été acquittée, un fonds de mérites et de satisfaction surabondant, infini; nous avons vu comment la passion du Sauveur, qui ne se termine pas au Calvaire, mais qui par la divine Marie ^ par les martyrs, par les saints, se prolonge à travers les siècles, embrasse tout junivers , accroît indéfiniment ce trésor.
« Certes, voilà des ressources plus que suflbantes pour alléger celle dette si lourde qui pèse sur le Chrétien ruiné par le péciiét
la justice ne peut exiger que ces mérites, fruit immortel de la pénitence de Jésus- Christ et des saints, demeurent morts, sté-. riles. A quoi peuvent-ils servir plus convenablement qu'à suppléer à l'im^ierfeclion de notre pénitence? N est-ce pas là un patrimoine domestique, et ne sommes-nous pas d'une famille essentiellement constituée sur le principe de la solidarité?
« Enfin si nous allons au nœud même des difficultés qui pourraient encore embarrasser votre foi, de quoi s'agit-il ? Des peines temporelles dont le pécheur de* meure redevable après qne la peine éter* nelle lui a été remise. — Mais si la pénilence de Jésus-Christ a pu être imputée au pécheur pour l'acquit des peines éternelles, pourquoi l'excès de la pénitence de Jésus- Cbrist et des saints serait-il refusé comme compensation des peines temporelles? Ne aont-ce pas là deux dettes de même origine dont l'une n'est gue la consét)uence de l'autre? N'y aurait-il pas lieu de s'éionner Çu*après avoir abandonné le princi^ial, la justice ne consentit à aucun accommodement sur l'accessoire.
« Ainsi , lorsque l'on considère de près, avec les yeux de la foi, l'économie du traité conclu, pour le salut du monde, entre la miséricorde et la justice de Dieu, on voit que les indulgences ont dû en être la clause suprême. »
* . Nous voudrions compléter cet article par quelques extraits d'un masnifique mandement de M«§r Gerbet sur Te même sujel|; malheureusement nous ne l'avons pas sous la main, et ne pouvons nous le procuren
*" Espérons que le savant et éloquent prélat voudra bien, quelque jour, imitant plusieurs de ses collègues, réunir en volume ses instructions pastorales.
INFAILLIBILITÉ DR L'ÉGLISE. - M. Tabbé Guerber a prouvé, dans l'tfiîver$ du 8 décembre 1857, que le luthéranisme alsacien, s'il a l'espoir de réunir à se$ 200,000 adeptes les 25,000 calvinistes et les 2,000 anabaptistes de la province, est divisé lui-même en rationalistes ^ que l'on ne peut exclure sans se priver d'hommes, et orth'' doxesy qu'on ne peut renier sans perdre tout droit à figurer au budget. Les habiles de la secte, ne. trouvant pas de milieu, ont pris le
Earti d'allier ensemble ces deux extrêmes, eur chef, M. Binet, dans son livre intitulé : De la liberté ]^ot estante (ProteêtantischeFrei' heit]^ s'exprime ainsi : « Représentez -vous rEglise protestante (p. 18) privée de louie autorité, chacun de ses membres abandonné à ses propres réflexions, et ne croyant gue ce qui lui plaît. Si tel arrivait à la transuos* tantiation, s'il concluait à la nécessité J^un Pape infaillible, si tel autre allait nierrimmortalité de l'âme. » Et un neu plus loin : « Les symboles (p. 2(i>) de TE^ise protestante n'ont pas encore |>erdu toute autorité. Bien que je sois convaincu de la nécessité pour le protestantisme d'avoir uti symbole, bieu
vt
mriDfiUTG.
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que je professa que le protestantisme ne saurait abandonner son symbole fondamental, celui d*Augsbourg, cependant le libre eiamen peut s'exercer sur les doctrines énoncées dans ce symbole. » — « Un fait ressort de tout cela» » ajoute H, Guerber, « c*est que les protestants ne croient généralement pas ce qu'ils professent. » Et ailleurs : « Qu'il Tienne nous assurer 'que le principe catholique est celui de l'autorité, le principe protestant celui de la liberté» nous nous permettrons de ne pas accepter suns réserve son assertion» et de trouver» examen fait» que le libre examen est pour les protestants une illusion & la fiiveur de laquelle quelques esprits habiles ou éroinents usurpent une dictature religieuse qui ne diffère de celle du Pape que par son titre» sa durée éphémère, et sa flagrante inconséquence. »
On lit dans VUniven du 11 octobre 1856 : t Les lettres de saint Clément aux vierae$ sont, sans contredit» un des monuments les plus précieux de l'antiquité ecclésiastinue. Elles placent sous nos yeux le tableau fidèle de la vie chrétienne aux temps apostoliques» et nous montrent les vertus les plus ^ubliInes de l'Bvangile, vivantes pour ainsi dire» et cômune en action. Sous ce rapport, il est peu de li yres aussi utiles k la pieté et k Pédification des fidèles. Au point de vue des sciences théologiques, les épttres de saint Clément ont un intérêt plus grand encore; elles renferment des textes de la plus haute importance sur l'histoire et les pratiques de ta primitive Eglise» sur le canon des saintes Ecritures, et sur les principaux dogmes de la foi catholique.
« Cesty de tous les ouvrages des Pères apostoliques» celui qui cite le plus grand nombre de iifres de TAocien et du Nouveau-Testament; il atteste contre les protestants l'inspiratiOB des livres deutéro-canoniques et de TKpltre de Saint-Jacques» et il établit contre les disciples de Strauss et les partisans de l'école de Tubingue l'authenticité de divers livres du Nouveau -Testament. En ce qui concerne nos dogmes» les Leitru aux viergeê font foi qu'aux temps apostoliques on croyait qo*il 7 a trois personnes en Dieu» le Père» le Fils» et le Saint-Esprit; que lê Saint-Esprit procède du Père et du Fils; que le Verbe ''<!St incamé; que Jâsus-Christ est vrai Dieu H nai homme; que Marie» en devenant Mère de Dieu» a conservé la virginité; que iésos-Christ» par sa mort» a satisfait k la justice divine pour nos péchés; que la justiâ6ation est un don gratuit; que la gr&ce et les bonnes œuvres sont nécessaires pour le Mlut; que les œuvres des justes sont mériloires, et reçoivent leur récompense; que la s<;iQte Eucharistie est divine» et qu'elle sert <^*aliinent aux Ames; que la virginité a la prééminence sur l'état conjugal; que le vœu <le chasteté est saint et agréable à Dieu» etc. Qui De voit toute la portée de pareils témoignages» sortant de la bouche au disciple de >«>oi Pierre» et de l'un de ses premiers succ^aseurs sur le siège de Rome» centre de I unité catholique? Cest la conJamnatioo dii
protestantisme écrite au premier siMe ou au commencement du second. Les rationalistes» en lisant les Letir$$ aux vierges^ peuvent se convaincre que la doctrine chrétienne ne s'est pds formée, comme ils le Prétendent » de pièces et de morceaux» sous action lente du progrès humanitaire; mais qu'elle fut complète dès Torigine» et n'ft
f)oint varié avec le temps; que la foi catho* ique est celle que Jésus-Christ a enseignéët que les apôtres ont publiée» et que les Pères ont conservée. »
L'auteur de l'article fait connaître ensuite le précieux travail de M. Beelen » professeur à Louvain» sur les épllres de saint Clément. Ce dernier réfute d'abord les objections de Lardner» Vénéma» Mausi» Lumper» sur la question d'authenticité» et il complète ainsi les travaux de Wetstein, Galland» Zingerle, et du cardinal Villecourt. 11 en publie ensuite un texte syriaque plus pur» accom-* pagné d'une traduction latine et de notes sav/intes. (Voy. Eglise.)
INFIDÉLITÉ. — Le P. Touron dit» dans son ParalliU de l'Incrédule el du vrai FidèUf Paris» nSS» chap. 3 » p. 83 : « Si on connaissait moins l'homme» bourrait-on concevoir comment il peut se faire que, dans la Iq«* mière de la seule vraie religion» il j ait uo plus grand nonibre d'incrédules que daus les ténèbres mêmes du paganisme. C^esl néanmoins un fait dont l'histoire du genre humain ne permet guère de douter, Cki ne niera point que chez les idolâtres il ne se soit toujours trouvé quelques esprits liber^ tins » ennemis déclarés de la divinité et de tout culte religieux; mais Ton est fondé k dire que le nombre en fut bien moins con-» siderable parmi les païens qu'il ne Ta été en certains temps chez les Hébreux» et qu'il ne l'est aujourd'hui datis le sein du chris^ tianisme. Il ne faut qu'une médiocre atten-» tion pour se convaincre de la vérité de ce
fait et pour en pénétrer la raison. Expliquon4 ceci :
« Quelque étendu que fût parmi les nakioM le culte des lïiux dieui » biontAt après le déluge» et avant la loi de Moise » tous les hommes n'otfraient point leur encens aux idoles » tous ne pensaient pas de même touchant la religion. On peut les ranger ea Siatre différentes classes : 1* les purs ide« très ; S* les idolâtres politiques ; 3** les 0^ dèles observateurs de la religion primitive i 4* les incrédules ou libertins I qui vivaient sans aucune religion.
« Bientôt après la mort de Noé» et peut-être de son vivant» ses descendants» dé4à muiti* plies» et destinés k repeupler la terre» com« taiencèrent» pour la plupart» à oublier ce qu'ils devaient à l'Auteur de leur être. Ce Sentiment intime de religion» qu'ils por« talent en naissant» ne fut pas entièrement effacé en eux« Mais, privés» par la déprava^ tîon de leur cœur, des lutnieres de la .Foi» ils mirent la créature h la place du Créa-» teur, el» selon l'expression du sage» ils s'imaginèrent que le feu» ou le vent, ou i*air le plus suhtiii ou la multitude des étoi'es,
7St
OU rablofe des eaux, ou le soleil et la lune éiaiènt des dieux qui gouYerQ^ient tout le Hionde : ils les adorèrent comme autant de divinités, parce quUls en admiraient la grandeur et la beauté.
« Plusieurs autres, encore plus grossiers et plus coupables y donnèrent le nom de Dieu aux ouvrages de leurs mains, aux inventions de l'art, aux figures des animaux, à un morceau de bois ou de métal façonné , i une pierre de nul usage, le travail d'une main antique. Un père aiQi^é de la mort de son fils fit faire son image, lui établit parmi ses serviteurs un culte et des sacrifices, et commença à adorer comme Dieu celui qu'il pleurait encore comme mort. Cette pratique criminelle, consacrée depuis par l'usage, et autorisée de plus en plus dans la suite des temps, devint comme une loi, et les idoles furent presque partout adorées, autant par le commandement des princes suf^erstitieux ou politiques, que par la propre nclination des peuples égarés. On sait à Siels excès furent portés l'impiété de l'idotrie et l'aveuglement des idoJ&tres. L*objet de leur religion ne fut plus qu'un amas imonstrueux de superstitions lés plus extravagantes.
« La malice des démons, pour se faire rendre un culte qui n'est dû qu'à Dieu seul , se jouait de la folie des hommes, et se servait de leur cupidité. Afin de multiplier toujours le nombre de leurs adorateurs, ces esprits réprouvés favorisaient toutes les passions et autorisaient les crimes, en faisant meitre au rang des dieux et des déesses les personnes de T'un et de l'autre sexe dont la vie avait été la plus déréglée. Combien de princes et de graves sénateurs ont eu h faiblesse ou plutôt Timpiété de suivre, et quelquefois de donner un exemple qui deshonorait la religion autant qu il dégradait 1^ raison.
« Chez les peuples d'ailleurs les plus policés, les Egyptiens, les Grçcs et les Romains, la multitude aveugle a longtemps prostitué son encens à ces impures divinités. Les barbares de tous les pays et les sauvages de fAmérique ne leur ont point codé dans ce genre d'extravagance; aux dieux qu'ils appelaient bienfaisants et les auteurs de tout bien, les Mexicaiits associaient ceux qu'ils nommaient malfaisants; et c'était & ces cruelles divinités qu'ils immolaient journellement des victimes humaines, hommes, femmes, enfants; le sang de leurs prisonniers de guerre, ou de leurs malheureux et faibles voisins, coulait sans cesse sur ces sacrilèges autels. L'intention des sauvages, en multipliant ainsi ces abominables sacrifices, était d'apaiser la colère de leurs dieux; de détourner les Uéaux qu'ils craignaient; ou de faire que les mauvais esprits n'empêchassent pas ^es bous de leur ôtrô favorables.
« Dans l'histoire de la conquête du Mexique par les armes d'Espagne, il est souvent remarqué , que presque toutes les idoles de ces vastes pays étaient d'une figure terrible,
propre h inspirer de l'horreur, ce qut pronve que la crainte et la cupidité étaient touioais ce qui animait la religion de ces«idolitres. Le saint amour fut toujours l'esprit de \a seule véritable religion : on ne connut jamais d'amour de Dieu dans les fausses. Hais lei grands génies de l'antiquité païenne, ce^ sages devenus si célèbres par leurs beaux écrits, ont-ils donné eux-mêmes dens'4*écueil d'une idolâtrie aussi grossière que celle qu'on peut justement reprocher aux peuples de l'Egypte, de la Grèce, et de Rome païenne? lis avaient et trop de lumières pour penser comme le peuple sur cette multitude de chimériques divinités, et en même temps trop de Iflcheté pour oser se distinguer de la foule, dans le culte sacrilège et public. Ces hommes politiques faisaient donc mie seconde classe d'idoiAtres. Leur mainn'ëlait guère d'accord avec leur pensée, ni leur pratique avec leurs sentiments. Comme le peuple, ils offraient des sacrifices aux idoles, et adoraient dans les temples ce qu'ils méprisaient dans le cœur, ce qu'ils tournaient en ridicule dans leurs maisons ou dans leurs entretiens particuliers. Zoroastre, Euripide, Sophocle, Socrate, Platon, Cicéron, Virgile, et leurs semblables, ne heurtaient pas ouvertement les superstitions accréditées; ils n'osaient contredire les opinions populaires ; mais ils s'étaient formé une plus juste idée de la nature divine; non-seulement ils connaissaient un Dieu supérieur à tout ce que le vulgaire appelait dieux et déesses; ils avouaient de plus qu'il n'y avait proprement qu'un Dieu ; ils n'ignoraient point que l'Etre infini et infiniment parfait doit être essentiellement un , et que ce serait te détruire que de le multiplier. Les philosophes chrétiens ne sont point les prémieréqui aient démontré cette vérité.
« Les sages du paganisme en avaient été intimement persuades; si par des vues de ménagement, ils donnaient quelquefois le nom de dieux aux différentes productions de la divinité, ils ne laissaient point de croire, et d'écrire, qu il n'est qu'un seul Etre Suprême, seul incréé, seul tout puissant, seul indépendant, et le seul arbitre de toutes choses; une seule intelligence souveraine, une Providence infinie qui gouverne le monde, quoiqu'on l'adorât sous différents noms, fît quoique ce premier Etre eût établi des puissances inférieures, pour ses ministres.
« C*est ainsi que Plutarqoe explique la doctrine des anciens Egyptiens surla nature divine. Saint Augustinasoutenudemênieque
les sa^es de la Grèce et de l'ancienne Rome réduisaient toujours la pluralité des dieux à une seule divinité, à l'unité d'un seul et mètùt principe. Selon leurs nobles expressions, tous Nés êtres émanent d'un seul qu'ils ont appelé le Père primitif, la Vierge imoiortelle, le premier principe, la fin dternière, la tie, Ia source, la cause de toutes choses, le seoi Dieu, et le seul roi universel. Mais plus il^ parlaient avec dignité sur ce sujet, plus iH se rendaient coupables de sacritége et d'hr*
INFIDEUTK,
iiocrisief Iorsqu*en dépii de leurs lamières ils sacriBaieot avec les peuples à de oQuelles idoles, et iofoquaienl celte foule de divinités dont lis se moquaient. Leur exemple ne pouvait être que pernicieux, leur langase même n'était pas toujours soutenu. Dans la même page où ifs enseignaient qu'il n'j a qa'unDieu, un seul premier principe, on les entend quelquefois faire des vœux aux dieux immortelMf pour la conservation de I empire. Ils paraissaient donc désavouer, |tar quelques-unes de leurs expressions, ce qu*on pouvait lire d'ailleurs de vrai et de beau dans leurs ouvrages. Leurs mœurs, pour l'ordinaire, contredisaient encore leur doclrine ; c'est pourquoi saint Paul leur reprochait d'avoir retenu la vérité captive : Ajfant connu DieUf ils ne Vont pas glorifié comme Dieu^ et ils ne lui ont pas rendu grà* ces; mais ils se sont égarés dans leurs vains raisonnements, et leur cœur insensé a été rempli de ténèbres. Ils sont devenus fous^ dit TApOtre, en s' attribuant le nom de sages. [Rom. I. 21, 22.)
< Ou n'eut jamais rien de semblable k roprocher k ceux que l'Ecriture appelle les élus et les amis de Dieu. Héritiers de la foi des premiers patriarches, et toujours fidèles
I garder le dépôt des divines traditions, ils n'adoraient que le Dieu créateur, et ne fondaient l'espérance de leur salut que sur la médiation du libérateur promis, sur le sang de l'Agheaa !qui. dans les décrets de Dieu, a été immolé des la création du monde pour effacer les péchés des hommes et écraser la tètedtt serpent. Environnésd'impies etd'idolitres, sans jamais participer ni k leurs er« rears ni k leurs pratiques criminelles, ces jasles vivaient de la foi ; leurs mœurs étaient iDDOcentes, leur culte toujours pur, et leur nombre petit, tel est celui des élus. Connus et chéris de Dieu, parce qu'ils s'efforçaient lie lui plaire par la prattaue des bonnes œunes et par un culte sincère et intérieur, ils étaient souvent inconnus ou méprisés des ioBdèles, dont ils craignaient le commerce.
II s*en trouvait sans doute aussi que leur naissance et leurs talents plaçaient quelq^uelois dans les charges, et qui s'y rendaient cQcoreplus estimables par une exacte probité. Tel était le centenier Corneille, romain, ou du moins italien de naissance, qui, sans être circoncis, ni encore Chrétien pur le ba()tême, ne laissait pas d'être un homme religieux et craignant Dieu avec toute sa famille. Saint Luc lui rend ce témoignage que ses aumAnes étaient abondantes et ses prières continuelles. Dans la quatrième et dernière classe^de ces anciens, qui étaient par- ^té$ de sentiment sur la religion, nous «"ouiptoos tous les incrédules ou liberlins «loi bisalent profession de n'en avoir au- '•ttoe, et nous prétendons que le nombre H*en fut iamais bien considérable parmi les gentils. Tro|) grand, peut-être, comparé k telui des vrais fidèles, qui vivaient alors, il ne peut que paraître très-petit en comparai- <<>D de la multitude de ceux qui professaient bauiement une religion, quoiqu'ils u'eus-
sent point le bonheur de coAnaltre la véritable. Je ne sais si entre plusieurs millions d'idolâtres, ou d'hommes superstitieusement religieux, on aurait pu trouver quelques douzaines de ces incrédules décidés, qui ne craignent pas de passer pour des athées, ennemis déclarés ae la divinité et de tout culte.
« Ce qu'il y a de certain, c'est que ces sortes de gens, dont les noms sont encore aujourd'hui odieux, furent toujours regardés, même parmi tes gentils, comme l'horreur de leur siècle, et l'opprobre du genre humain.
« La religion les détestait, la société devait les cr8indre,et les tribunaux les eussent poursuivis si, moins adroits k se contrefaire dans le besoin, ils n'avaient su tromper la vigilance des magistrats ou éviter le supplice par la dissimulation.
« Socrate, que Ton peut regarder comme le plus sage philosopne de son temps, et le plus honnête homme entre les gentils, n'était pas moins éloigné du s;y sterne insensé des incrédules que de la vanité des erreurs populaires et des superstitions régnantes : accusé cependant d'atnéisme, parce qu'il ne reconnaissait qu'un seul principe éternel, et pens.ait peu favorablement de celte lie de dieux qu'Athènes encensait, il fut poursuivi en justice, et condamné k la mort comme un athée. L'arrêt était injuste, fondé sur une fausse accusation, et accordé k la fureur du peuple abusé; mais le motif ou le prétexte de l'arrêt est une nouvelle preuve que l'irréligion passait chez les idolâtres pour le plus grand des crimes, et que le nombre des libertins incrédules était toujours peu considérable. Il ne faut point douter qu'en certains temps le nombre de ces hommes sans religion n'ait été plus grand [jarmi les mauvais disciples de Moïse.On convient que, lorsque les Hébreux, après la mort de Josué et des anciens, abandonnèrent insensiblement la loi du Seigneur et le saint culte, PidolAtrie fut d'abord la première occasion de leur apostasie et le crime le plus commun de la nation. Le grand penchant de ce peuple le portait toujours k courir après des dieux étrangers, et l'on ne connut d'abord que jteu d'Israélites sans quelque espèce de l'ulle religieux. Mais ces incrédules se multiplièrent bien dans la suite, et il paru! qu'k mesure que le corps revenait de sa fureur pour les idoles, des membres encore plus gAiés se jetaient dans une autre exiré* mité : d'un culte impie, ils passaient k Timpiété de rejeter toute sorte du culte.
« Sur le déclin de la République, lorsque les premières sectes commencèrent k s'y former, celle des pharisiens et celle des sa-' ducéens partagèrent la nation presque entière. Ceui-lk se distinguèrent surtout par )a superstition, et ceux-ci par l'irréltgioiu Les premiers ajoutèrent k la loi de Dieu les inventions des hommes, ce qu'il leur plaisait d'appeler les coutumes ou les traditions des anciens. Ces derniers au contraire retranchèrent de la loi tout ce qui û'était poiiit
DICT10?INA1RE DU PARALLELE
de leur goût. Ea niant Texistence des es-
Srits, les sadtioéens devaient nier, s'ils taient conséquentSi la spiritualité et l'immortalité de 1 âme; aussi ne souffraient-ils point patiemment qu'on parlftt de Tespérance d'une autre ne m de la résurrection des morts. Reconnaissant que nous sommes animés et raisoonables, ils n'osaient nier l'existence des âmes; mais ils soutenaient <ine ces ftmes «ouraient, se dissipaient ou s éteignaient a^ec les corps. Ces hérétiques admettaient, avec tous les autres Juifs, la •canonicité du Fentateuque, où il est souvent parlé des anges<et de leurs apparitions; mais, par une liberté trop ordinaire aux impies, «au lieu de former leur créance sur les textes rfiacrés, ils entendaient les livres divins se-* lion les préjugés de leur secte. Par toutes ces apparitions des anges, ils voulaient qu'on «ntendlt wà 'des afjparitions de Dieu même, •ou des ^(«ctres formés par sa puissance dans tesquels il parlait et agissait, ou de simples impressions qu'il faisait sur les sens ou dans l'imagination des hommes, et que ceux-ci prenaient, par erreur, pour des substances spirituelles séparées de Dieu.
« Par une suite naturelle de leur dogme Civori, les saducéens n'admettaient point réellement de Dieu, quoiqu'ils parussent lui attribuer tout, ou ils donnaient ce nom ineffable à une substance corporelle. Leurs principes les conduisaient tous k l'athéisme. Cependant cette secte, non moins insensée qu impie, était nombreuse et se soutint avec
auelque sorte d'éclat jusqu'à la dernière estruction de Jérusalem. Ùbistorien Josèphe assure que la plupart des grands de sa nation étaient de la même secte, et nous savons qu'encore k la naissance du christianisme, les saducéens remplissaient les tribunaux, le sanhédrin et les premières places de la Synagogue. Saint Luc nous apprend qu'il se trouvait des Saducéens parmi les Pontifes et les princes des prêtres qui firent arrêter les apêtres lorsqu ils annonçaient au peuple la résurrection de Jésus-christ.
« Il n'est donc point douteux que le nombre des incrédules n'ait été beaucoup plus considérable pami les Juifs, du moins depuis la naissance de leur secte, qu'il ne Tavait jamais été dans la multitude des nations idolâtres. Pourrions-nous assurer que depuis plus d'un demi-siècle les apostats ne se sofit pas encore plus multipliés parmi nous? La plume me tombe des mains.
« D'où vient donc que les sectateurs des fausses religions sont ordinairement moins (loriés k l'apostasie que ceux qui ont eu l'avantage d'être élevés dans la véritable? Ehl fani-il le demander? On sait assez que plus une religion est pure et sainte, plus aussi elle gène les tiouillantes passions, réprime les mauvais penchants, s'oppose aux vices et ^nintt les crimes. 11 n'est donc point surprenant que des cœurs gâtés et incaftables de discipline cherchent k secouer le joug qui les accable. Je dis qui les accable, parce que les litiertiBs» en repoussant toujours la
grftce, qui nous fait aimer le devoir, ne sentent que la pesanteur du Joug, tandis qne le vrai fidèle en éprouve les douceurs et en apprécie les avantages.
« Si la religion chrétienne, malgré tous ces traits de vérité qui la distinguent elorieusement et qui la rendent si respectable. est aujourd'hui déshonorée par un grand nombre de ceux qu'elle comptait parmi ses enfants, et qui, lâches déserteurs, paraissent maintenant k la tête de ses ennemis, il faut en gémir et ne pas s'en étonner. L'austérité de Ta morale évangélique ne peut manquer d'être redoutable k l'homme sensuel, au i)écheur dominé par Tambition, l'avarice, ou par le désir d'une liberté effrénée de tout penser et de tout faire. Tout cela sera toujours incompatible avec les maximes de Jésus-Christ: est-il étonnant que ceux qui tl'aiment que celles du monde s'accommodent peu d'une sainte sévérité.
« On convient qu'il n'est point de religion qui fasse un devoir plus rigoureux de la pratique des vertus d'humilité et de pureté, ni qui condamne plus sévèrement les vices opposés, que la religion chrétienne. S'il est vrai, en même temps, que les sources les plus ordinaires de I apostasie sont l'orgueil et la volupté, il s'ensuit que l'homme superbe et voluptueux est d'autant plus tenté d'abandonner le christianisme qu il a plus à combattre tous ses penchants pour vivre en Chrétien.
« II s'en faut bien que dans les fhusses religions l'amour-propre trouve le même intérêt k se révolter contre la loi : si cette loi, tout humaine et dictée par les passions mêmes, ne conduit point au salut, du moins n'alarme-t-elte point la nature. Les dieux des gentils ne punissaient ni les désirs, ni les pensées. Les actions même criminelles et les sales voluptés, ils les avalent comme consacrées par leur exemple. Leurs poètes chantaient les infâmes amours et les inftmies des prétendues déesses : leurs fStes toujours riantes étaient pleines de dissolution. Les hommes charnels n*jr voyaient donc rien qui s'opposât k leurs inclinations vicieuses ; il n'était donc pas naturel que les plus corrompus pensassent k changeic ^^ religion DU k vivre sans religion. Ils ne pouvaient qu'aimer celle qui les flattait si doucement; aussi s'intéressaient-ils jusqu'à la passion ï sa conservation et k sa gloire. De Ik la longue et cruelle persécution que les idêlâtres ont faite au christianisme.
4 Sous la loi mosaïque, quoique bonne et sainte, jusqu'k un certain point, et pour un certain temps, quoique d'ailleurs chargée de bien des cérémonies onéreuses, le cœur, $*il est permis de parler ainsi, se trouvait plus au larj^e que dans la religion chrétienne. La pluralité des femmes permise, la liberté de renvoyer celle qui devenait odieuse, les récompenses sensibles accordées aux observateurs de la loi, ajoutez encore l'opiniuo ou l'erreur trop commune parmi les disciples de Moïse, que l'usure ne leur était point défendue envers les étrangers» ni b