‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 48 sur 87 · LIVRES SACRES · texte numérisé non relu

LIVRES SACRES

mis par qudqoes liens pareUs à ceui qui ieni les ChréUens les ans aux autres, leur ociélé ne peut èire comparée, comme celle les Chrétiens, h un corps viTant et animé, |Di a uQe4éte, dans laquelle sont les prlncitaux organes qui impriment le mouvement ux membres, et dans laquelle surtout est le fincipe de la vie, de la santé, de la force et 6 la vigueur de tous les membres.

« Reineccius dit, en finissant son introduc- 100 au Coran: Nous ne pouvons dissimuler ge parmi les choses qui ont été relevées ar Nioolas de Cusa dans son Aleoran eriblif \m que par d'autres auteurs, il y en a quelues-unes qui non*seulement ne se trouent pas dans le Coran, mais qui sont désaouées par les musulmans. Ce qui a engagé le ivaot Reland à faire un livre exprès pour iscuter ce que Ton impute à tort aux maofflétans, et les reproches évidemment faux ue Ton fait au Coran, par exemple, qu*il lit Dieu corporel ; qu'il te fait prier pour lafaomei; qu'il admet des anges femelles; oe Mahomet y honore Vénus, et y adore » créatures, ce qui est contraire à tout son vre; qu'il y nie la providence divine, quoiu*il lui donne une telle extension qu'il at« ibue les dmiux mêmes à Dieu, comme à )ur cause; i|u'il y nie l'enfer et les peines leroelles, owBtre les menaces que ce livre lU presque à chaque page; qu'il y exclut !S femmes du salut ; avril y avance que larie, Mère de Jésus, «levint grosse pour voir mangé des dattes. Mais il y a d'autres riicles sur lesquels on fait au Coran des reroches qui ne naraissent pas sans fonde- Mot, comme 1 anaqhronîsme par lequel il oone à Pharaon, pour conseiller, Aman, oui Dt le ministre d'Assuérus ; et celui par leoel il lait Marie, Mère de Jésus, sœur Aaron et fille d'Amram. On peut en ajouter ^autres, tels que celui par lequel il attriua à Saûl ce que Gédéon a fait, et à Phaloa la construction de la tour qui, selon la len^ie, fut bfttie par les petits-fils de Noé. as sectateurs de Mahomet font tous leurs fforts pour justifier leur prophète sur ces rticles, ainsi que sur d'autres; mais ils e réussissent iH>int à écarter le soupçon arreur, ai l'erreur même, d'un homme qui e loontre partout ignorant et qui confoud )ut. Par exemple, ils imaginent que Marie, QMird'Aaron, a été miraculeusement conerrée pendant toute cette suite de siècles ui remplit l'intervalle de Moïse à Jésusiirist, afin de devenir la Mère du Messie ; tt ils imaginent que Marie« Mère de Jésusiirist, eut en effet un frère du nom d'Aaron, t que son père se nommait Amram, etc., et |ue cet Amram et Aaron sont différents de eux dont il est parlé dans le PeuUteuque. fais quel fondement donnent -ils à ces maginations, ainsi qu'à d'autresT De même, 0 bit de dogmes, peut-on passer au Coran e qu'il dit dn l'auteur du mal, qui selon lui tsi Dieu, de la conversion et du salut de ertains démons, 0O9 comme il les appelle, le certains génies, opérés par sa lecture? ^r quoique Heiand^ uaprès les romans des

mahométanSf distingue des diables les génies, et qu'il en fasse une espèce particulière, dont quelques individus soot bons et d>utres mauvais, il est cependant k remar-

auer qu'Eblis, qui, de l'aveu général, est le iable et Satan, et dont Reland fait le chef des mauvais anges, n'est pas seulement mis au nombre des mauvais anges par le Coran, mais Qu'il y est aussi compté parmi les génies. Nous conviendrons sans peine, continue Reineccius, que si l'on avait affaire avec des mtisulmans sur la religion, ce ne serait point par ces derniers articles ou par d'autres semblables qu'il faudrait commencer à leur inspirer de la défiance de leur Coran, mais qu'on devrait d'abord mettre en avant les erreurs les plus évidemment contraires aux Ecritures oont ce livre fourmille, etqui décèlent dans son auteur un esprit Aux et en délire... Et puisque Mahomet reconnaît dans le Coran la divinité des Livres sacrés de l'Ancien et du Nouveau Testament, il fSiut ou qu*an musulman prouve par ces livres que la mission et la doctrine de Mahomet sont diviues, comme les Chrétiens le font par rapport à la mission et à la doctrine de Jesus^rist, ou qu'il démontre que ces livres ont été altérés et corrompus: deux, choses qu*il est hors d'état de faire; mais s'il ne vient à bout de montrer ni Tune ni lautre, les fables que contient le Coran le forceront à abandonner Topiuion qu'il avait conçue de la divinité de ce livre. — Reineccius ne marque jpas pour Maracci aussi peu d'estime qu en tait le nouveau traducteur français dans sa Préface et dans quelquesunes de ses notes. Mais Reineccius peut luimême tenir lieu de Maracci et de beaucoup d'autres qui ont travaillé sur le Coran.

« Ce qui a été dit suifil pour juger du mérite relatif du christianisme et du mahométisme. A ne consulter que Mahomet, un peut bien s'attendre à lui voir donner la préférence à l'islamisme, car il en a fait lui-même le parallèle avec la religion chrétienne, en beaucoup d'endroits de son Coran. Cette préférence est telle, qu'il condamne plusieurs fois les Chrétiens aux peines éternelles: c'est ce qui lui arrive autant de fois qu'il l»arle contre la trinité des personnes divines, ou contre la divinité de Jésus-Christ.— Il est vrai qu'il n*a pas toujours été si sévèro à leur égard. Il fa»t même Téioge des vertus des Chrétiens, de leur piété, de leur miséricorde, de leur humanité, de leur humilité (ch. S7, cb. 5). Il loue surtout leurs prêtres et leurs religteux. »

Un des meilleurs livres qui aient été composés en France contre le système de Strauss, qui ne voit qne des mvtnes daus les faits surnaturels de l'Evangile, cesi celui qu a publié M. Wallon, sous ce titre : Dt la eroyanct due à lEvangile^ tafamm crUique dt l'authenlicUé dea texte$ et de la vérité des récité évangéliques. On aura une idée de sa manière parle morceau suivant : c Pour établir rhistoiro évangélique, comme histoire véritable, et ruiner par la base les systèmes qui n y voudraient voir que de pures con-

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DICTIONNàlRC DU PARALLELE.

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4;eptioDS de l'esprit « transfortnées par le temps en réalité, il suffit d'établir raothenticité d*ua seul des quatre Evangiles. On ne peut plus parler de rè?e, si Ton a un seul témoin digne de foi qui atteste les faits. Nous prendrons celui des quatre qui embrasse la plus longue période, le troisième £vangrte (celui de saint Luc) : mais noua verrons aussi comment cet Evangile, par ses rapports avec les deux premiers, en démontre l'authenticité ; et le quatrième trouvera facilement sa preuve, quand celle des trois autres aura été donnée. Le troisième Evangile est intimement lié aux Actes des apddres ; il est la première partie d*une histoire dont les ÀeUs forment la suite ; fauteur des

Actes le dit lui-même en commenfaDt ce second livre, pnel est cet auteur, c'est ce quVm discutera si *l*on veut, mais on n*a jamais contesté sérieusement et on ne saurait met* tre en doute qu'il ne soit, quel qu'il puisse être, le même pour les deui ouvrages. L £* vangile dont il est parlé en tète des Aetn est donc antérieur aux Actes. Or, nous disons

3ue les Actes sont d'un contemporain et *(in disciple de saint Paul» et nous le pronverons en les rapprochant des Epttres de cet apètre. Si les Epttres sont authentiques, leur authenticité entraîne celle des Actes^ et l'authenticité des Actes celle du troisième Evangile : c'est à ces termes que noua ramenons toute la question. »

MAGIB. — Commençons par établir par des faits qu'en dehors de la véritable Eglise il y a eu souvent des hommes qui se mettaient en rapport avec les mauvais esprits et qui, ainsi, en attestant la vérité d'un dogme catholique (l'existence des démons), attestent la fausseté des celtes oui admettent et qui préconisent de semblables pratiquer.

Mme la princesse de Bel^iojoso, qui, i la suite des dernières révolutions italiennes, a fait un long séjour en Turquie, et qui a publié , dans la Repue des deux mondes^ une partie de ses observations, nous raconte ce

?[ui suit (Aemie] des deux numdeSf 1" février toS) : « Les derviches étaient au nombre de huit, et il est certain que si je les eusse rencontrés pendant mon voyage au coin d'un bois, leur apparition m'eût f»t peu de plaisir. Leurs vêlements en lambeaux, leurs longues barbes incuites, leurs visages pAles, leurs formes émaciées, je ne sais quoi de féroce et de hagard dans les yeux, tout cela contrastait singulièrement avec le rond et fVais visage de leur chef, sa physionomie ouverte et souriante, et son costume passablement coquet. Les disciples se prosternèrent, en entrant, devant lui, me firent un salut de politesse, et s'assirent à distance en attendant les ordres du petit vieillard, qui, de son côté, attendait les miens. J'éprouvais un certain embarras, qui eftt été encore bien plus pénible, si la séance à laquelle j'allais assister eût été provoquée par moi. J'en étais, par bonheur, parfaitement innocente, et cette pensée me donnait un peu d'aplomb; mais je n'osais pas faire le signal de commencer.... je ne savais pas encore quoi. Je m'attendais è une scène de grossière imposture, à laquelle je serais forcée d'applaudir par politesse, et dont je devrais me montrer la dupe par bienséance. Mon amour- propre n'était nullement en jeu; mais je craignais, d'une

Fart, de ne pas bien jouer mon rôle, et, de autre, je 1 avoue, ma conscience de civilisée était quelque peu alarmée. (Mme de Belgiojoso était alors à Angora, et le chef

des derviches, pour la divertir, était venu lui offrir de lui ikire voir des miracles.)

« Je fis servir le café pour gagner du temps, mais le chef seul accepta. Les disciples s'excusèrent, alléguant la gravité des épreuves auxquelles ils allaient se soumet* tre. Je les regardai : ils étaient sérieux et impassibles comme des hommes qui attendraient la visite d'un hôte, ou plutôt d'un maître révéré. Après un court silence, le petit vieillard (le chef) me demanda si ses enfants pouvaient commencer,^et je-réponë4s que cela ne dépendait que d'eux seuls. Prenant ma réponse pour un encouragement, le vieillard fit un signe, et l'un des derviches se leva. Il alla d'abord s'agenouiller devant le chef, et baiser la terre ; celui-ci lui imposa les mains comme pour lui donner sa bénédiction, et lui dit à voix basse quelques mots que je n'entendis point. Se relevant alors, le derviche quitta son manteau, sa fourrure de poil de chèvre, et, prenant de la main d'un de ses confrères un long poignard dont le manche éiait garni de sonnettes, il vint se placer debout an milieu de l'appartement. Calme d'abord et recueilli , il s'anima par degrés sous le coup d'une aotion intérieure; sa poitrine se souleva, ses narines s'enflèrent, et ses yeux roulèrent dans leurs orbites avec une singulière rapidité. Cette transformation était accompagnée et aidée sans doute par la musique et les chants des autres derviches, qui, commençant par un récitatif monotone, passèrent bientôt aux cris et aux hurlements cadencés, auxquels le battement régulier et pressé d'un tambourin imposait une certaine meaure. Lorsque la fièvre musicale eut atteint son par roxysme, le premier derviche leva et laissa retomber successivement le bras qui tenait le poignard, sans paraître avoir la conscience de ces mouvements, et comme mû par une force étrangère. Un tressaillement convulsif parcourut tous ses membres, et il mêla sa voix à celle de ses confrères, qu'il réduisit bientôt k l'humble rôle d'accompagnateurs, tant ses cris dépassaient et dominaient les

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leurs. La danse se joignît k la musique, et le derviche protagouisie exécuta des bonds si prodigieux, tout en continuani son bj-mne d*énergu[oène, que la sueur ruisselait sur sou lorse nu.

« Celait le moment de Tinspiration. Brandissant le poi||nard q«*il n^avalt jamais quitté, et dont la moindre secousse faisait résonner les mille grelots, il tendit le bras en avant; puis, le repliant soudainement avec force, il s'enfonça le fer dans la joue, si bien que la nointe en sortit dans Tiniérieur de la bouche. Le sang se fit jour aussitôt par les deux ou* verlures de la plaie^ et je ne pus retenir un mouvement de la main nour faire cesser cette scène horrible. — Madame veut voir de plus prf>, dit alors le petit vieillard, qui m observait attentivement. Faisant signe à Texécutant d*approchiT, il me fit remarquer que ta pointe du noignard avait bien réellement (rs^'ersé les cuairs, et il ne se tint pas pour satisfait qu'il ne m*eût forcée à toucher du doigt cette pointe.

« — EUi^ouê convaincue que la blesiure de cet homme est réelle? me dit-il ensuite.

« — Je n*en doute nullement f réuondis-je ovec euniressemeut.

« *' &est assez t mon fils, reprit-il en s'adressanl au derviche qui était demeuré pendant Texamen la boucne ouverte, remplie de Mug, et le fer dans la blessure : Aile* votu guérir.

t Le derriche sMnclina, retira le fer, et, s'approcha nt d*un de ses confrères, il s'agenouilla, et lui présenta sa joue, que celui-ci lava à FeiLtérieur et k l'intérieur avec sa propre salive. L'opération ne dura que quelques secondes; mais lorsque le blessé se releva et se tourna de notre côté, toute trace Oe blessure avait disparu.

% Do autre derviche se flt, avec la même mise en scène, une blessure au bras, qui fut (tansée et guérie par le même moyen. Un a*oi»lème m effraya ; il était armé d*un grand Mbre reooofbé qu'il prit k deux mains par Ic^s deut extrémités, et, s'en étant appliqué la lame du cAté concave sur le ventre, il l'y lit entrer, en exécutant un léger mouvement de bascule. One ligne couleur de pour|)re se détacha aussitôt sur cette peau brune et luisante, et je suppliai le vieillard de ne pas pousser les épreuves plus loin. Il sourit, ei m'assura que je n'avais encore rîeo vu, que ce n'était Ik 906 le prologue, que ses enfants se coupaient impunément tous les membres, et ao besoin la této, sans qu*il en résultat pour eux le moindre inconvénient. Je «vois qu^ii «tait été content de moi, et au'il (ue jugeait digue de goûter leurs miracles, ce qui ne me flattait que médiocrement.

« La fait est pourtant que je demeurai pensive et embarrassée. Qu'était cela? Mes yeux namenl^ils point vu? mes mains n'avaientelles paa touché? Le saag avait-il coalé? J'avais beau me rap|>eler-les tours de nos plus eélèbrea prestidigitateurs, je ne trouvais diaua mes souvenirs rien qui approchât de ce me je tenais de voir. J avais affaire MÛ à oea «Minies ignorants et simtples à

DlcnONlf. DU PA«ALLài;K.

l'excès; leurs tours aussi étaient de la plus grande simplicité et ne laissaient guère de firise k Tartifioe. Je oe prétends pas avoir assisté k un miracle; je raconte fidèlement une scène que |)oar ma part je ne saurais expliquer. »

MM. Hue etiSabet, missionnaires lazaristes, dans rintéressaiM Voyaae eu Tibtt qu'ils ont oublié , et qui a obtenu un si grand sucoès, racontent des faits du même genre. Ils venaient de rencontrer un lama qui allait il a lamaserie de flocfte-rcAurtm «Une grande solennité sans doute, lui disent-ils ( t. 1, p. 307), vous appelle k In lamaserie?— Oai, demain doit être un gramd jour. Un lama boktt fera éclater sa puissance; il se tuera^ sans pourtant mourir. » — Nous comprimes k l'instant le genre de solennité qui weliait ainsi on mouvement les Tarières des Ortous. Un lama devait s'ouvrir le ventre, prendre ses entrailles, et les placer devant lui, puis rentrer dans son premier état. Ce spectacle, quelque atroce et quelque dégoâtant qu'il soit, est néanmoins très-commun dans les lamaseries de la Tartarie. Le bokte qui doit faire éclater sa puissance, comme disent les Mongols, ^e première k cet acte formidable par de longs jours de jeûne et de prière. Pendant oe temps, il doit s'interdire toute communication avec les hommes, et s'iropo* scr le silenoe le plus absolu. Quand le jour fixé est arrivé, toute la multitude des pèlerins se rend dans la grande cour de la lamaserie, et un grand autel est élevé sur le devant de la porte du temple. Enfin le bokte parait. Il s'avance gravement au milieu des acclamations de la fouie, va s*asseoir sur l'autel , et détache de sa ceinture un grand coutelas qu'il place sur ses genoux. A ses pieds, de nombreux lamas, ranimés en cet* de, commencent les terribles invocations de cette affreuse cérémonie, A mesure que la récitation des prières avance , on voit le bùkie trembler de tous ses membres, et entrer gradudleuient dans des convulsions frénétiques. Les lamas ne gardent bientôt plus de mesures; leurs voix s*animent, leur ciiant se précipite eu désordre, et la récitation des prières est enfin remplacée |)ar des cria et des hurlements. Alors le bokte rejette brusquement l'écharpe dont il est enveloppé, détache sa ceinture, ei saisissant le coutelas sacré, s'entr'ouvre le ventre dans toute sa longueur. Pendant que le sang coule de toute iiart , la multitude se prosterne devant cet horrible spectacle , et on interroge ce frénétique sur les choses cachées, sur Tes événements à venir, sur la destinée de certains personnages. Le bokte donne k toutes ces questions des réponses qui sont regardées comme des oracles par tout le monde.

« Quand la dévote curiosité des nombreux pèlerins se trouve satisfaite, les lamas reprennent, avec calme et gravité, la récitation de leurs prières. Le bokte recueille, dans sa main droite , du sang de sa blessure, le |K>rte k sa bouche , souille trois fois dessus, et le jette çu Tair eu poussaut uue

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DICTIONNAIRB M) PARALLELE.

grande clamanr. Il passe rapidemaol la main sur la blessure de son centre , et tout rentre dans son état primitif, sans qu*il lui reste la moindre trace de cette opération , diabolique, si ce n*ost un eitrème abatte- ^roeiit.L^froilr/e roule de nouveau son écharpe autour de son corps , récite kvoix basse une courte prière , puis tout est fini , et chacun ae disperse, à Teiception des \Aus dévots, qui vont contempler et adorer l'autel ensanglanté que vient d'abandonner le saint par excellence.

« Ces cérémonies horribles se renouvellent assez souvent dans les grandes lamaseries de la Tartarie et du Tibet. Nous ne pensons nullement qu'on puisse toujours mettre sur le compte de la supercherie les faits de ce genre: car, d'après tout ce que nous avons vu et entendu, parmi les nations idolâtres, nous sommes persuadés que le démon y joue un grand rdie. Au reste, notre persuasion à cet égard se trouve fortifiée par l'opinion des bouddhistes les plus instruits et les plus probes, que nous avons rencontrés dans les noml>reuses lamaseries que nous avons visitées.

€ Tuus les lamas indistinctement n*ont pas le pouvoir des opérations prodigieuses. Ceux qui ont Taffreuse capacité de s'ouvrir le ventre, par exemple, ne se rencontrent jamais dans les rangs élevés de la hiérarchie lamanesque. Ce sont ordinairement de simules lamas, mal famés et peu estimés de leurs confrères. Les lamas réguliers et de bon sens témoignent en général de l'horreur pour de pareils spectacles. A leurs yeux , toutes ces opérations sont perverses et diaboliques. Les k)ons lamas, dlsent-Ms,ne sont pas capables d'exécuter de pareilles choses; ils doivent même bien se garder de chercher k acquérir ce talent impie.

« Quoique ces opérations démoniaques soient en général décriées dans les lamaseries bien réglées, cependant les supérieurs ne les prohibent pas. Au contraire, il y a dans l'année certains jours de solennité réservés pour ces dégtiûtants spectacles. L'intérêt est, sans doute , le seul motif qui puisse porter les grands lamas è favoriser des actions qu'ils réprouvent secrètement au fond de leur conscience. Ces sciences diaboliques sont, en effet, un moyen infail- Irbie d*attirer une foule d'admirateurs stapides et ignorants, de donner, par ce grand concours de peuple, de la renommée k la lamaserie, et de Tenrichir des nombreuses offrandes que les Tartares ne manquent jamais de nire dans de semblables circonstances.

« S'entr'ouvrir le ventre est un des plus liimeux $ié-fa (moyen pervers) que possèdent les lamas. Les autres, quoique du même genre , sont moins grandioses, et plus en vogue; ils se pratiquent k domicile, en particulier, et non pas dans les grandes solennités des lamaseries. Ainsi, on fait roueir au feu des morceaux de fer, puis- on les lèche impunément; on se fait des incisions sur le corps, sans qu'il en reste, un instant

après, la moindre trace « etc., etc. Toeisi ces opérations doivent être précédées et la récitation de quelque prière.

« Nous avons connu un lama qui, la dire de tout le monde, remplissait k toIooU .un vase d'eau au moyen d'une formole «Je prière. Nous ne pûmes jamais le résoudre k tenter l'épreuve en notre présence, n nous disait que, n'ayant pas les méioes croyances que lui , ses tentatives seraient non-seulement infructueuses , mais tncon l'exposeraient peut-être k de graves dangeii Un jour, il nous récita la prière de soo néfàf comme il l'appelait. La formule a'<u«t pas longue, mats il nous fut facile d*jr^ connaître une invocation directe k l'assutance du démon. ^ le te connais, tu m connais, disait-il. Allons, vieil ami, bis es que je te demande. Apporte de reia.ct remplis ce vase que je te présente. Remplir un vase d'eau , au'est-ce que cela pour u grande puissance? Je sais qae tu fiiis parn bien cher nn vase d'eau; mais n*im|iort«, fais ce que je te demande» et remplis cetitt que je te présente. Plus tard, nous comptrrons ensemble. Au jour Qxé, tu prendras tout ce qui te revient. — Il arrive quekiuffois que ces formules demeurent sans eoec alors la prière se chance en injures H m imprécations contre celui qa*0Q iofoquai tout k l'heure.

« Le fameux iié-fa qui attirail on si graa^ nombre de pèlerins k la lamaserie de AKk^ JcAurm, nous donna la pensée de nous j md re aussi , et de neutraliser par nos prières lf« invocations sataniques des lamas. Qui aiit nous-disions-nous, peut-être que Diettato desseins de miséricorde sur les Mongob do pays des Ortous : peut-être que la pv^ sauce de leurs lamas, entravée al anéaot:*

Sr la présence des prêtres de Jisus-Chno. ippera ces peuples, et les fera renoncerai culte menteur de Bouddha, ponr eobraisr le christianisme. Pour nous enoottragerdiu* notre dessein, nous aimions koous rappel* l'histoire de Simon le Magicien, arrêté «uu son vol par la prière de saint Pierre, et (^ cipité du haut des airs aux pieds de ses aimirateurs...

c n fut donc résolu que noua irioai à JlacAe-rcAttftii, que nous nous mêlerioaiâ la foule, et qu'au moment où les iavecaiiaai diaboliques commenceraieni, mèom oosf pacerions sans peur etavecautorilé en priMM du èoJtle, etque nous lui iotordiritief •lennellement, au nom de Jésos-Chriat di faire parade de son détestable peu voir. !^ ne pouvions nous fhire illnsioo ser les s»-* tes que pourrait avoir noire défDareba;B6tf savions qu'elle exciterait ceilaioeMet ^ fureur et la haine des adoraieorsda dha, et que peut-être une mort vrait de près les efforts qne nous faire pour la conversion des Tariarts: mm qu'importe? nous disions^ioos ; CûsaaMaarageusement notre devoir de miasioMaa^:

usons sans peur de la puisseoee qea ssai avons reçue d'en Uul» el laiaaaaa k Is f^

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