MATHEMATIQUES
prisa à la leltre. « Le nom du père» celui de la mère de saint Jac€|ues le Mineur, Tapôtre
3ue saint Paul désigne aussi comme le frère u Seigneur, sont consignés dans les Evangiles. Saint Jac(|ues était fils d'Alphée ou Cléophast et Marie, sœur de la sainte Vierge, était sa mère. Dans le récit de la Passion, au
«ied de la croix de Jésus, a?ec la sainte iergeet Marie-Madeleine, il y avait aussi, dit saint Jean, Marie sœur de la sainte Vierge et femme de Cléopbas, la mère de saint Jac-
3ues le Mineur, ajoute saint Matthieu. Ainsi, *après les Livres saî nts, le frère du Seigneur, saint Jacques était fils d*Al|3bée ou Cléophas, et de Marie, sœur de la sainte Vierge ; cette seule remarque suffit à démontrer que le mot de frères, employé par Tévangéliste, ne (>eat avoir la signification qu'on lui donne dans nos langues modernes. On l'appliquait aux hommes issus d'un même sang, aux i)arents de divers degrés. » M. Léon Aubibeau, auqpel nous empruntons ces der* nières lignes, ajoute (UtUven du 8 décembre 1856): « Le pasteur Bun{|ener dit (dans sa réponse k M. Mermillod , intitulée Marie ei la Mariolatrie : « Le culte de la Vierge est la divinisation délirante de tous les sentiments que les prêtres ne peuvent adresser ailleurs... sentiments que Timagination a souillés, qui sont un encouragement k d'ignobles études... Les plus mauvais romans sont innocents auprès des livres qui servent de texte à l'enseignement des séminaires. » Ces livres, l'auteur ne les a ouverts que pour les refermer bien vite ; sa pudeur est si grande. U entre dans nos églises, et y reste un tiers de minute, dit-il, « ce fut assez, ce fut trop, j'avais compris qu'on parlait de la Vierge, et j'avais entendu... ce que je ne Marrais reproduire ici même, en latin. » Pauvre scandalisé, quelle admirable innocence I Mais comment, avec une pareille candeur d'âme, avec une pureté d'imagination si boilement alarmée, comment a-t-il pu deviner les rêves dépravés gui oecupe$u tes médikUionê des pritres î Comment peutil savoir par quelles questions ces rêves dépravés se traduisent dans la nuit du confes^ sionsuUI Quelle science lui a fait connaître
3uaux scandales grossièrement wuUMels avenus impossibles, a succédé de nos Joars un développement immense de l'impureté des cmur s? Quelle autorité lui a enseigné qoe le prêtre franchement dissolu des époques passées était moins gâté que tel ou tel jn'itre taujourd'kui^ pur de eorps^ mais s'ati« gennsant de cette pureté même^ pour être im^ jkur dans ses pensées f £t surtout que tous c^8 arguments vont bien à démontrer que la vii^inité perpétuelle de la Mère de Dieu asi une erreur 7 »
Nous nous proposions d'ajouter ici divers extraits sur la sainte Vierge; mais la publictfiion du bel ouvrage de M. Auguste Nico- Jais , intitulé : La Vierge Marier rend ce soin inutile. Cet ouvrage en effet épuise la matière» et se trouve ou se trouvera bientôt iimïïis toutes les mains. Nous n'avons ici qu'à constater le mérite. Signalons pour-
tant un délicieux morcean de Mgr Gerbet, composé pour le Keepsake religieux^ et que nos lecteurs trouveront dans le Dictionnaire d^ apologétique. Rendons aussi hommage k la Citémystiquede Dieu de Marie d'Agréda, admirable ouvrage, qui, ne fût-il considéré que comme un produit de l'imagination, serait encore une suite de méditalions excellentes sur les mystères de la sainte Vierge, et offrirait toujours la lecture la plus propre k faire aimer la religion, etk en taire concevoir les ineffables beautés.
MATHEMATIQUES. -^ Plusieurs savants distingués, entre autres, le philosophe écossais Hamilton, ont insisté au xix* siècle sur • les dangers qui résultent, pour l'esprit et pour le coMir, de Tétude exclusive des mathématiques. Nous avons mis la main sor un livre curieux publié en 1733 par un nommé Cartaud, et intitulé. Pefu^etcrtlifura sur les mathématiques. Le but de l'auteur est de montrer que les mathématiques ont leurs obscurités, comme toutes les sciences, et que c*est k tort qu'elles prétendent k une certitude infaillible. Voici comment il tâche de montrer que les auatre systèmes imaginés sur la question des éléments de l'étendue, sont inacceptables : « Le système d'£picure pèche en ce qu'il suppose des points qui ont des parties, et qu'il prétend qu'elles sont tellement liées les unes avec les autres,
Îu'elles sont dès lors même in8é|>arat>les« e système de la division inépuisable est des plus choquants, en ce que toutes les parties étant réellement distinguées , elles ne doivent plus être considérées comme divisibles. Le système des infiniment petits a aussi ses inconvénients, ouisque ces infiniment petits étant supposés étendus, ils ont une longueur qui doit être tout au moins composée de deux points; celui enfin des inétendus ne semble pas soutenabie : car quelle serait leur nature? quels rapporta analogiques auraient-ils avec l'étendue?»
« Rien, » dit Maihésieu, « n'est plus étonnant qne les vérités démontrées toncbant les incommensurables. La ligne AC et la ligne AD ont chacune une infinité d'aliquotes pareilles, et dans ce nombre infini je ne puis jamais trouver une seule qui soit l'aliquote des deux lignes.
«Je puis prendre, par exemple, la cent millième partie de la ligne AC, ladenx cent millième, la quatre cent millièmet et ainsi doublant toujours k l'infini» sans que jamaia aucune de ces parties puisse être contenue
1>récisément un certain nombre de fois dana a ligne AD.
« Je puis même choisir une infinité d'ali*
5 potes de la ligne AC d'un ordre tout diférent. Je puis prendre la trois cent millième, la neuf cent millième, et ainsi triplant toujours jusqu'k l'infini, sans que jamais dans cette infinité d'infinis je puisse trouver une. partie qui mesure exactement la ligne AD
. « Cette vérité démontre invinciblement la divisibilité de la matière k l'infini, ou, pour s'exprimer autrement, que l'étendue
rii
ne peu! être odooposée d'indirisibles. Car si le côté du carré, par exemple, était composé d'indivisibles, il en contiendrait iié-
• cessairement on certain nombre : ainsi Tun de ces iodimibles serait aliquole de ce côté.
•Prenant maintenant i*un de ces indivisibles ou aliquotes pour mesurer la diagonale, il
Lsera contenu précisément un certain nom- « de fois, ou avec un reste. Si vous dites
• qu*il y est contenu précisément un certain
• nombre de fois, voilà la diagonale commensurable au cAté, ce qui a été démontré im-
. possible. Si vous dites que cet indivisible est contenu on certain nombre de fois dans ia diagonale avec un i*este, je vous demande ce que c'est que le reste d*un indivisible? tie reste sera nécessairement plus petit que Taliquote dont il est reste, et par conséquent cette aliquote n'était pas indivisible, contrôla supposition ; donc l'étendue n'est pas composée d'indivisibles.
« Il n'y a rien de démontré si cela ne l'est pas; car de dire, comme de certaines gens, qu'il n^y apas de carrés parfaits, par conséquent point de cAtés , ni de diagonales, c'est raisonner pitoyablement... Il suffit de leur possibilité... Ainsi la vérité des incommensurables subsiste invinciblement. Voilà (Jonc les points démontrés impossibles ; mais voici bien antre chose.
« Si le point est impossible, qu'est -ne donc que la rencontre des deux cÂtés qui forment fangle du carré? Si le point est impossible, le cercle est impossible. Car si Dieu forme une boule parfaite, et qu'il la pose sur un nian parfait, le point de contingence aura-t-il quelque étendue? S'il a quelque étendue, il est surface, ou pour le moins ligne;*ainsi la tangente et le cercle auront une étendue commune contre ce qui est démontré dans la 11* prop. du lit* livre. Direzvuus que Dieu ne saurait faire un cercle parfait? Vous aurez plus lAt fàitde dire que Dieu n'est pas, que de borner si ridiculement sa pttiseanee.
« D'ailleurs, quand je considère atientivemem l'existeuce des êtres, je comprends «rAsHSlairement que l'ecistence appartient aux unités, et non pas aux nombres; je m'explique.
Vingt hommes n'existent que parce que chaque homme existe; le nombre nest qu'una déuomination extérieure, ou, pour mieux dire, une répétition d'unités, auxquelles saules appartient l'existence. Il ne saurait jamais y avoir vingt hommes s'il n'y a un homme. Cela bien conçu,.je vous demande : Ce pied cubique de matière, est-ce une seule substance? ensont-ce plusieurs?
« Vous ne pouvez pas dire que ce soit nna seule substance ; car vous ne pourriez pas seulement le diviser en deux ; si vous dites que c'en sont plusieurs , puisqu'il y en a plusieurs, ce nombre tel qu'il sort est composé d'unités. S'il y a plusieurs subs* tances existantes, il faut qu'il y en ait une, et cette une ne peut en être deux* Donc la matière est composée de substances indivisibles. - s Voilà notre raison réduite à d'étranges
extrémités. La géométrie nous démontre la divisibilité de la matière à l'infini, et nous trouvons en même temps qu'elle est cuoiposée d'indivisibles.
« Humilions-nous et reconnaissons qu'il n'appartient pas à une-créature, quel(]u excellente qu'elle puisse être, de vouloir concilier des vérités dont le Créateur a voulu lui cacher la compatibilité. »
Cartaud fait remarquer f p. 157) que dan» nn carré composé de (^infiniment petits ou Indivisibles, la diagonale serait égale au côté, ce qui est démontré impossible; — à la (vige 340, il têcbe de prouver que le cône est là moitié du cylindre ( parce que le triangle élément du cône est la moitié do rectangle dans lequel ce triangle est inscrit, rectan* gie qui est l'élément du cylindre, si on le lait tourner sur lui-même). — Enfin l'auteur dont nous parlons cite plusieurs passages de l'article Zenon du Dictionnaire de Bayle.
Nous trouvons des' considérations semblables dans une brochure intitulée: Dtssrrtation philoÈvphique sur rindivisibilùé à l'infini de Vespace^ de la matière et du tempt, êur la forme des atomes, et la véritable loi du mouvement continu^ par Jean -Jacques Beaux 9 docteur en médecine, (Paris, ctiei Garnot, 1852.) L'auteur commence par citer l'ai-gument de Zenon (Achille) afin de montrer que la divisibilité à l'infini de l'espace a pour conséquence rimpossibllité qu'un coursier soit atteint par un autre qui va dix fois plus vite. Au contraire, dil-il,siron admet qu'il vient un moment où le coursier le plus lent parcourt la plus petite étendbe possible, le second coursier, dans le moment suivant, parcourra dix fois cette étendue et prendra t'avance. M. Beaux tâche ensuite de montrer que les atomes (indivisibles) sont sphériques. Puis il répond à une objection. On lui oppose ce raisonnement : « Soit ai la distance des deux coursiers qui, d'après M. Beaux, sera de 1 mètre. Que a marche dix fois plu^ vite que i: a aura parcouru son mètre at en co temps T, qui sera d'une seconde, par exeinpie, tandis que < n'aura fait que i décimètre im de chemin dans le même temps T. Voilà la marche des deux coursiers dans la première unité de temps. Quand on dit unité de temps, c'est d'une mesure étalon, d'une liurée constante et comparat^le dont ou entend parler : deux unités de temps sont tlotic deux quantités parfaitement égales; sans cela l'une des deux ne serait plus une unité» mais bien un multiple ou une fraction d'unité. Il me semble donc que H. Beaux se trompe lorsqu'il emploie le luot unilé de temps pour indiauer la durée du mouverueni du mobile a arrivé en I fiour parcourir Tespace tm. Si en effet tm n'est qu^un dixième de ar , 0 ne mettra C|u'un dixième do temps T à le pércourir; si doncT était Tuniié de temps, on ne peut pas dire que c*est dans la seconde unité de temps que a va de l en m: mais il faut dire que c'est dans un dixième ^, du premier temps T qu'il parcourt^cet espace*
»AT11EMÂT1QUES.
Pendant le dîxièrrre ùe T, le ccmrriec t Ta de m en m\ éiant mni" = f liO im.
c Si vous conlinnez le raisonnement de celte rDanière, vous trouvez que le temps ira (ouiours en diminuant proportionellement k l'espace à parcourir, ei quand le di- TJsear de l'espace est devenu ce qu'on nomme l'infini, c'est-à-dire auand l'espace A parcourir entre les deux muDtles est devenu =: 0, alors le tem^is est 0 aussi, de manière que Ton a les deux progressions décrois- Mirtes que voici :
t^pacrt k parcourir «-, 0*,! O^.O! 0^,00! Trmiw employés par II, T, V»J, y.oJ. V.mJ. Trti ps emplojés par l, T, %, T, V,^^ T.
« Or un calcul très-simple nous donne la valeur de ta somoie de toutes ces fractions d'unités de temps, quaud on connaît la dislance primitive enire les deux mobiles el la vitesse de cliacun d'eux.
« Soit / la distance at et -^ la distance /m,
de manière que lé vitesse de i soit -^ de
la vitesse de a, on trouvera pour Texpression du temps employé par u, è atteindre ^, la
valeur suivante : t=^T, oikT esi l'unité
de temps adoptée.
« Il faut tenir oom|4e de ce que, pour avoir cette formule» on a fait la somme d'une suite de termes qui allait à Tinfini, car r est la somme de
mais cette expression de r est limitée et peut éire exprimée par un nombre; donc il ne parait pas exact de dire que a s'afiprochera toujours de jHus en plus de i et ne l'attein- Jra jaaiais. Si Ton cherche cette valeur t pour te cas du docteur Beaux, comme on a : m = 10, on iroure : t =: Y T, c'est-à-dire que a aUetodra i après un tem^is égal à T / temps employé à parcourir un mètre )« plus un neuvième de ce temps T. Si donc a avait mis
9 secondes à faire 1 mètre de chemin, ea
10 secondes il aurait atteint le paresseux ( qui marchait devant lui.
c Tout ceci ne veut dire rien autre cbose^ sinon que la divisibilité du temps et de Tes^ l«ce à rînfiai n'implique point une durée de temps infinie pour parcourir un espace fini.^
11. Beaux repond d*abord que pour lui Vvt^ nité de leai|U «it la méine ffour parcourir le décimètre que pour parcourir le mètre; seu<^ lement que dans le premier cas le courrier Ta dix fois moins vite. Il ajoute : « Même en leur acoorilant ce qu*ils demandent, c'est-àdire que le temps diminua f)roportionneliement à fespaceà parcourir, ils n'en seraient pas plus avancés, car ils ne |)arviendraient lamais à prouver que cet espace qui sépare
les deux oiobtles devient égal à zéro «
D ailleurs» eontiaue-t-il» tous les matbémaiicieas reconnaissent avec Bayîe que l'argument de ZéocQ est insoluble; que, de deux courriers qui auivent le même chemin, ce«* lui qui eal le secoadt quoiqu'il aille plus vite que Je premier* peut s'en approcher toujours saaa jamais l'atteindre « Placex
DicnoRN. DU Paraixèlb
un courrier sur Tordonnée de Tasymptotc, un autre courrier sur celle de la courbe donnée, que chaque courrier fasse un chemin é2al à l'accroissement de la ligne sur taqueiie il est placé, et vous avez l'argument de Zenon. Ce qui a empêché jusqu'à présent les mathématiciens de s'apercevoir qu'iU adoptent fàrçument de Zenon, c'est
3ue les deux courriers sont remplacés par eut lignes, et que dans l'énoncé de ce problème, il n'est pas fait mention de la divisibilité de i*espdce à PinGni ; ce n*est qu*à la
fin de la discussion qu'elle se manifeste
Il est vrni que les mathématiciens admettent en même temps Tindivisibilité de Tespace h Tinfini et la jonction des deux courriers. » [Voy. Bourdon, K/fwent^d'o/jftre, 1 vol. in-8* ISSs, p. 97. ) L'adversaire de M. Beaux ajoute que l'espace est divisible à rinfloi* parce quMl n'est pas substance, mais que la matière ne peut se diviser à l'intini, car le dernier terme d^une division à l'infini e^t zéro, et un être ne peut devenir zéro sans cesser d*être...; Tatomeest donc insécable, non pas parce ^u'il est la p!us petite partie de f espace, mais bien par cette raison qu*ii est une individualité distincte*
M. Beaux se fait illusion quand il croit avoir découvert que rargumeul de Zenon d'Elée contre le mouvement a |K)ur conséquence la non-divisibilité à rinfinl. Il ap- |)orte ensuite en preuve de la même opinion rhjiiothèse d'une $|)hère creuse remplie j^ar un corps rond. Si la sphère devient de plus en plus petite, la cavité disparaîtra. Donc il y aune limite à la petitesse des corns, laquelle ne peut être dépassée sans quils disparaissent. « Il est un autre passade des hypothyposes deSextus Emplricus qui peut servir de troi>ièine démonstration de la même vérité. En effet, phsicez un mobile à l'extrémité d*une ligne droite de 1 mètre de longueur : ce mobile ne pourra pas être on même temps dans tous les lieux dont cette ligne est composée ; ce ne sera que successivement qu'il ^ arrivera; divisons cette ligne en dix |)arties égales ou décimètres : le mobile ne pourra arriver au deuxième décimètre qu'après avoir passé par le premier; il faudra qu*il soit arrivé au second \)0\xt jiarvenir jusqu'au troisième, et ainsi do suite. Mais ce que nous venons do dire du mètre s'appliuue au décimètre, car si nous divi>ons ce décimètre en dix parties égales ou <;entimètres, le mobile ne pourra également pas arriver au second centimètre avant d'avoir passé fiar le premier, au troisième arant d'avoir atteint le second, etc.; et si Tcspaceest divisil)le à Tinfini, quelque petite partie du centimètre que l'on veuille faire parcourir au mobile, on ne pourra pas y parvenir» parce qu*elle sera toujours com|K>sée de plusieurs autres parties divisibles elles-mêmes» et qu'aucun corps ne peut se monvoir sans commenoor son mouvement par la nlus petite partie du chemin qu'on veut lui faire fiarcourir... L'espace est donc composé d'une nfinité de lieux d'une forme spberique, ne ^ laissant pàs d'intervalles plus petits entre
eux L1ndivis4biliié de respace à rinfini
nécessite celle du temps. Pour le prouver, tirons une ligne droite qui renferme mille des lieux dont j*ai démontré l'existence; pla<;ons un atome dans le premier de ces lieux : cet atome ne pourra passer dans le second lieu que dans une unité de temps indivisible, car si cette unité était composée de plusieurs fractions, è chaque fraction de cette unité de temps, l'atome serait dans un lieu différent, ce qui est impossible,
fmJsqu'iUn'y en a aucun entre le premier ieu que quitte l'atome et le second lieu
qu'il va occuper (Pour la même raison,
ratome ne peut em|)Ioyer plusieurs unités de temps pour se rendre du premier au second lieu). Si cet atome a un mouvement continu, il doit parcourir les mille lieux en mille unités de temps, ni plus ni moins; supposons que cet atome n'atteigne le millième de ces lieux que dans deux mille unités de temps, son mouvement ne sera pas continu, il sera intermittent. Ainsi, pendant la première unité de temps, mouvement: pendant la deuxième unité, repos; à la troisième unité, mouvement; à la quatrième unité, repos, et ainsi de suite. Si l'atome va moins vite encore, il y aura pour un mouvement deux repos, trois rctpos, etc. Mais ces repos sont si petits que nous ne les 8j}errevons pas, et que les corps nous paraissent seulement aller plus lentement. Ainsi, il n'y a gu*un seul mouvement continu et une innnité de mouvements intermittents, et tous les corps, dans les instants où ils se meuvent, vont aussi vite les uns que les autres. »
Voici maintenant quelques passages de Bayle que l'auteur cite en notes : « En général, tous ceux qui raisonnent sur le continu ne se déterminent à choisir une hypothèse qu'en vertu de ce principe : S'il lî y a que trois maniirei d'expliquer un faity la éérité de la troisième résulte nécessairement de ta fausseté des deux autres. (Ainsi on adopte la divisibilité à l'infini à cau^^e de l'absurdité des hypothèses qui supposent Tétendue de (>oints mathématiques ou d'atomes étendus et indivisibles)... La raison formelle de la vitesse du mouvement est inexplicable : la plus heureuse pensée là-dessus est de dirfi que nul mouvement n'est continu, et 'que tous les corps qui nous paraissent se mouvoir, s'arrêtent par intervalles; celui qui se meut dix fois plus vite que l'autre s'arrâte dix fois contre Tautre cent. Mais Quelque bien imaginé que paraisse ce subterfuge, il ne vaut rien; on le réfute par plusieurs raisons solides que vous pouvez voir dans tous les cours de philosophie. (AaliiAGA, OviEDO.} Je me contente de celle qui est tirée du mouvement d'une roue. Vous pourriez faire une roue d'un diamètre si grand que la partie des rais la plus éloignée du centre se mouvrait cent fois plus vite que la partie enchAssée dans le moyeu ; cependant les rais demeureraient toujours droits, preuve évidente que la partie inférieure ne serait pas en repos pendant que la
supérieure se mouvrait. • M. Beaux essaye de répondre à cela par l'exemple d'une petite roue qui, attachée à une grande, et faisant le même espace dans le même nombre de tours, doit nécessairement tantôt glisser, tantôt rouler; car, livrée à elle-même, elle mettrait plus de tours pour faire le môme espace. Mais cette réponse n'a pas une portée générale... « Si le mouvement, » dit encore Bayle, « ne peut jamais commencer, il n'existe point; or, il ne peut jamais commencer ; donc... je prouve ainsi la mineure : un corps ne peut ^niais être en deux lieux tout à la fois ; or, il ne pourrait jamais commencera se mouvoir sans être en une infinité de lieux tout è la fois; car, pour peu qu'il s'avançAt, il toucherait une partie divisible à l'intini, et qui 4'orres(K>nd par conséquent à des parties infinies d'espace; donc... Outre cela, il est sûr qu'un nombre infini de parties n'en contient aucune qui soit la première, et néanmoins un mobile ne saurait jamais toucher la seconde avant la première; car le mouvement est un être essentiellement successif; donc deux parties ne peuvent exister ensemble ; c'est pourquoi le mouvement ne peut jamais commencer si le continu est divisil)le à l'infini, comme il l'est sans doute en cas qu'il existe, La même raison démontre qu'un mobile, roulant sur une table inclinée, ne pourrait jamais tonilier hors de la table; car avant que de tomber, il devrait loucher nécessairement ladernière partie decette table. Et comment la toucherait-il, puisque toutes les parties que vous voudriez prendre pourlesdernièresen contiennent une infinité, et que le nombre infini n'a point de partie qui soit la dernière. » Enfin on objecte contre Tindivisibilité à Tinfini le fameux théorème du carré de l'hypothénuse ; car les côtés de la plupart des carrés de Thypothénuse ne sont pas des nombres entiers, et quelque petites que soient les unités dont vous formerez ces carrés, vous aurez toujours des fractions de ces unités, ce au! entraîne né« cessairement la divisibilité de l'espace à l'infini. A cela M. Beaux répond que le théorème de l'hypothénuse n'est pas vrai dans tous les cas; que les carrés imparfaits sont des chimères, et que les nombres entiers qui ne sont point des carrés par&its n'ont point de racine, non-seulement en nombres entiers, mais encore en nombres fractionnaires.
En somme, voici les diverses questions, dont la brochure de M. Beaux soulève la discussion : 1" Bst-il vrai que l'argument de Zenon soit une objection insoluble contre la divisibilité è l'infini, ou bien cet argument peut-il se résoudre par le calcul qui a été exposé? 2' Est-il vrai, qu'en n'introduisant lias dans le problème des deux courriers la condition de. la divisibilité à l'infini t on échappe à l'argument de Zenon? 3* Les atomes peuvent-ils être étendus et spbériques? 4' Que penser de cette proposition, que le dernier terme u'une division à l'iofiDÎ est zéro, proposition qui a été successivement produite pour combattre la preuve de TIq*
MEDECINE
divisibililé donnée par M. Beaui, el pour donner une autre preuve de cette mémo indivisibilité? 5* Est-il vrai que la géomètre «ciuelle admette et rejette à la fois la divisibilité à rinfini 7 (Asymptote^ prob. des eour^ rien.) G* Que penser de l'hypothèse du mouvement intermittent 7— Nous ne voulons pas résoudre ici toutes ces questions; disons seulement q^ue si Tadversaire de M. Beaux n*est pas toujours exact, M. Beaux lui-u«éaie, à |)art son illusion de croire découvrir ce qui est vulgaire depuis longtemps, se trompe i coup sûr en admettant des atomes sphériqaes, c'est-à-dire des corpuscules à la fois étendus et indivisibles. Il y a une contradiction manifeste dans les mots û'étendue la plus pttitt possible. Nous avouons auo les objections contre la divisibilité à V intini nous paraissent insolubles ; mais ce n'est j<as là une solution complète de la question. Citons encore le passage suivant qui se rattache à ce qui précède.
« Le cercle et la tangente ont un point commun, puisqa*ils se touchent. La grandeur de ce point varie comme le diamètre dii cercle, et lui est proportionnelle, c'est évident. Or, ce point e.st-il une ligne droite ou un arc de cercle? Il ne peut être une ligne droite, puisqu'une telle ligne ne peut en aucune naanière appartenir au cercle parfait. Il ne peut être non plus ulta arc de cercle, puisque la ligne droite ne peut être composée de lignes courbes. Quelle est donc la nature de ce point mystérieux, dont les dimensions yarient, et qui n'est ni droit, ni circulaire? on l'ijgnore, mais serait-on regu à dire que cette ignorance implique l'impossibilité du contact du cercle et de la tangente? » Ainsi parle M. V. de Bonaid {Cornsp. d9 mai 5&] dans un article oix il renvoie à la géométrie de H. Malezieu, sur la prop. 12, liv. III, et sur la prop. ^, liv. ix. m£dEC1NE. — La question des rapports de la médecine avec la religion ne peut être qu'effleurée dans un article comme celui-ci ; elle exigerait à elle seule un ouvrage entier. Tout le monde sait qu'un ^rand nombre de peuples païens n*ont jamais eu d'autres médecins que les ministres de leur religion. Ces magiciens étaieut censés posséder à la fois les moyens de sauver les ftmes et de s^iuver les corps. Leurs moyens curatifs paraissaient même empruntés .beaucoup plus à la vertu de certaines praiiqùes religieuses, qu'à une science expérimentale des maladies et des remèdes naturels. Le christianisme, en révélant au monde la véritable idée du sacerdoce et le but surnaturel de la i^ligion , devait séparer ce qui a été souvent uni dans les cultes païens, mais le christianisme lui-même touche par plus d'un endroit à la médecine, et les apologistes vont demander des arguments à la science d*Hipp >crate, quand ils ont à parler 1** des ^uérisons miraculeuses dont l'Evangile fait foi ;
(66) Voir la Revus médUaU de 4854, dont les réel loatioiit ont paru letleineni dignes d*aUeiaiun, que le mari^bal Vaillant a décidé que rinoculaliou
2* des conséquences hygiéniaues de certains préceptes, contre lesquels on se prévaut trop souvent d'une prétendue faiblesse de santé ; 3* de la sollicitude avec laquelle la Providence a semé sur tous les points du globe les herbes médicinales ; k* des systèmes de thérapeutique que notre siècle a vu éclore en si grand nombre , et qui souvent heurtent la morale (exemples : le magnétisme, Tavortement, etc.) ;5* enfin, des causes des maladies. Il y aurait un livre à faire sur la mission providentielle de ces
Srandes maladies qui ont apparu à certaines poques et dans certaines régions. La lèpre antique, dont te moyen Age hérita, et qui a été retrouvée par les voyageurs dans les archipels les plus riants de I Océanie; la peste, dont le foyer d'infection était en Egypte et qui [larait un accessoire de l'islamisme bien qu'elle ait disparu de ta Turquie depuis une quinzaine d'années ; cette autre maladie,non as conlagieuse^ mais ipidémique^ qui, sous e nom de choléra , a fait en Europe, à plusieurs reprises , de si grands ravages ; la petite vérole^ combattue d*abord par Vinoculalion^ puis par la vaccine^ è laquelle plusieurs médecins distingués reprochent d'avoir quadruplé le nombre des fièvres typhoU des en contractant la peau, et retenant le virus qui cherchait une issue (66); ces diverses maladies et 4ine foule d autres, que nous n'avons pas à énumérer ici , tiennent dans le monde une trop grande et trop douloureuse place, pour ne pas mériter l'examen des hommes qui s'appliquent à la philosophie de l'histoire. Malheureusement le matérialisme règne dans les hautes régions de l'enseignement médical, et tant qu'il n'y aura pas en France d'Université catholique» il est dilTicileque la science des détails, et les vues d'ensemble qui exigent, comme pré* liminaires, des convictions chrétiennes, se rencontrent dans les mêmes esprits , à un degré assez élevé, pour que la lumière se fasse sur les graves problèmes historiques et philosophiques qui se rattachent aux maladies. En attendant que la science officielle prenne une meilleure direction, nous devons signaler quelques efforts individuels, dignes des plus {grands éloges. Les travaux des docteursTessier, Cayol et Francis De vay, nous paraissent surtout à remarquer. L'Ay-
Îiène des familles iie ce dernier est un excelent ouvrage que nous avons cité en plusieurs circonstances (à l'article Jbunb , à l'article Confession, et à l'article Mabuqb). Nous en exlravons les réflexions qui suivent.
« Les religions sont des modificateurs hygiéniques par excellence; on ne peut les passer sous silence dans un traité d'hygiène. Sous le rafporl médical^ dit Joseph Franck, il faut avoir égard aux reliaionSf et il faut avouer que non-seulement la religion chrctienne^ mais encore les religions juive etma^ hométane sont établies de telle maniirequ elles
pourrait suppléer la vaccine pour les jeunes gens admis dans les écoles militaires.
DlCTlONNAiRÊ bu P&RAtLELE.
Sc^
$*oppoÊtni au développement des maladies. Cest pluiôidans la negHgtnce- et Fabut des devoirs religieux, que dartis leurs préceptes
S ion doit rechercher la cause dfs maladies. ufelaniJ, dans son Art de prolonger lavie^ A fait la même réflexion. Lorsque des croyances rel i^ieuses ont force de loi chez un peopie, elles modifient profondément sa Qianière de vivre soit en bien soit en mal. .. Le christianisme ressort avec avantage de la corn* paraison de sa portée hygiénique avec celle des autres religions... Le plus savatft , sans contredit, des médecins modernes, Frédéric Hoffmann, qai a laissé sûr tontes les parties de Tart de guérir itidistinotement de toUh mineui traités, était frappé de la haute valeur des principes hygiéniques de nos Livres sacrés; c'est un« fontaine de miséricordes divines, disait-il , d*oà coulent , par deux
[oints opposés, des eaux salutaires, les unes notre Ame, tes autres à notre corps. {Op. om, : De dialelica sacrœ Scripturœmedicina^ t. V, p. 270.) Il y a dans le génie de la tradition chrétienne quelque chose qui ne se trouve pas dans les autres traditions et qui donne une singulière autodté è l'hy^ène. Gelle-ei repose avant tout sur le sentiment profond de la dignité de l'individualité humaine... Un premier élément de supériorité do la tradition chrétienne dans ce qui a trait aux fondements de i'hvgiène, c'est d'avoir revêtu cette dernière â'un caractère sacré, en l'associant aux devoirs... En second lieu, la tradition chrétienne a fondé l'hygiène po^ litique ou Vhygiène de l'espèce , en attachant un prix immense à l'homikie considéré d'une manière intrinsèque. Elle le garantit des atteintes volontaires de la destruction lorsqu'il est encore à Tétat de çerine, où elle apprend h vénérer le principe humain qui doit&ubirunesi magnifique évolution. Chez presque tous les peuples de la Grèce, chez les Perses, les Babyloniens , à l'exception des Israélites, on trouve des traces d'exposition et d'infanticide. (Burdacu, Physiol.^ t. V, p. <5. — Yoir on travail très-remarquable de H. Thibaud sur l'avonement chez les anciens, Ga%, médicale^ t. XII, n«35, 18U.) La philosophie même la plus pure, <:étto de Plaioa et d^Aristote, a refusé de recomrattre è- l'embryon des droits impresiTîptibles è la vie. On sait que ces hommes ont déclaré, dans leurs républiques idéales, que la provocation à l'avortement était un moyen convenable pour prévenir l'excès de la population; et les stoïciens justifiaient celte pratique en soutenant que Tenfant n'acquiert une ftme qu'au moment où il commence è respirer, de sorte que l'em* bryon n'étant point animé , le détruire n*est point commettre un meurtre. En général Tantiquité païenne faisait peu de cas de la vie, considérée d'une manière absolue, et respectait peu l'organisation , qui est le théâtre de ses développements ; ses combats de gladiateurs le montrent suffisamment.
conseryatlon ; cette république sans entrailles , oubliant l'excellence primordiale da Ivpe humain , jetait dans les gorges glacées du Taygète les enfants débiles de qui elle n'attendait ni vigueur, ni réaction puur TAge mûr. On volt encore chez les peaples non chrétiens la perversion humaine s ei« primer par des formes d'éducation physique absurde*:, dégradantes. Cela sto rencoo'> tre entre autres chez les Caraïbes, qui au tachent beaucoup d'importance à corriger la forme des mollets ; pour cela, ils enve*» loppeot les Jambes de leurs enfants de liens si serrés que les chairs rassortent entre les tours des bandes. Les sauvages du Brésil écrasent le nez de leurs enfant^*; lesYamaos du Pérou, pour arriver k plus de fterfection encore sous ce rapport, leur enlètent ta cloison cartilagineuse. (Humboldt, Yoyw aux terres équinoxiales^ tom. III, p. 403.) Enfin, il n'est pas de peuple sauvage chez lequel on ne trouve d'absurdes coutumes qui mutilent l'organisatton , ou ranètent dans ses développemeois; il en est peu qai ne fassent subir à l'enveloppe osseuse de l'organe de l'intelligence des compressions ditfurmes. Ainsi, lorsqu'on avance que le christianisme a régénéré lô monde, on énonce une védté au-dessus de toute contestation, mais qu'il ne faut point restreindre au point de vue ^loral ; il Ta régénéré doublement, dans son esprit et dans sa chair.
« Il a fondé l'hj'giène privée ou individuelle, il a fondé 1 hygiène de Tespèce, ou l'hygiène sociale. Nous disons qu il les a fondées, car il a donné, à cet égard, des préceptes que les développements de la science ont confirmés plus tard, et qui participent en quelque sorte, de la perpétuité de la tradition chrétienne... » Suivent des recherches sur l'hygiène des Hébreux, des Grecs, des Hindous. Après avoir rendu justice a ce qu'il y a de bon dans les lois de Manou , Vauleur ajoute : « Dn mysticisme exagéré, fiévreux, enveloppe la nation hindoue tout entière et la fait sortir des bornes de la vie réelle.... Les exercices dévots ou ascétiques, parmi lesquels elle se plonge, produisent dans les sens et dans l'intelligence une irritation et une exaltation dont il est difficile de ne pas se faire une idée, surtout si l'on sait avei* quelle persévérance les Hindous savent se soumettre aux plus cruelles pratiques de dévotion. Le dogme de la contemplation dans Brahma a peuplé l'Asie d'hallucinés. Voici quelques préceptes du mysticisme hindou donné aux Vanaprosthas ^ et aux Sannyàiitf on anachorètes et dévots ascétiques : Lorsque les organes des sens se trouvent en rapport avec des objets attrayants^ f homme expérimenté doit faire toun ses efforts pour les maîtriser, de même quun écuyer pour contenir ses chevaux... Dans la saison chaude, quil supporte Vardear des cinq feux; pen* dant les pluies , quil s'expose aux torrents d^eau que verserU les nuages; durant la saison froide, quil porte un vêtement humide; en se livrant à des austérités de plus en plus
MEDECINE
rudti^ qWit déniche ga eubêtanee morietle. {Loti de Jfenott, I. nii^ v. 80.) Nous n'en finirions pas si nous voulions énuroérer toDtes les bizarreries, toutes les pratiques cruelles témoignant de Tagitation convulsive do misérable peuple hindou, qui met le suicide parmi les Tertus expiatoires. 81 de nos jours, le suicide par le feu ($uUie) est moins usité, il n'est pas rare de voir des pénitents se nojrer dans les fleutes sacrés, ou se faire enterrer vivants. Il arrive ordi'^ nairement à la fête qui a lieu tous les ans l»rès de Calabhairana, que huit h dit uer* sonnes se précipitent volontairement du naut d'un rocher. ( Aeiatic Researehee^ t. VII, p. 256.) Turner (Ambassaie au Tibet, t. Il, p. 2i), Hoor {Hindou Panthéon, p. 162), et DuDcan (Aeiaiio Reeeareheê^ t. V, p. 37), racontent qu'an pénitent, ayant fait vœu de tenir ses bras en Tair pendant 2i ans, avait bit de grands voyages dans cette position. D^jà il était allé jusqu'k Astrakan et à Moscou, mais il mourut avant le terme fixé à sa pénitence. Il est fSiit mention d*un pénitent de Benarès qui couchait jour et nuit sur un lit recouvert de pointes de fer; dans les chaleurs de Tété» il s'entourait de feux; dans l'hiver, il laissait tomber goutte à goutte de l'eau froide sur sa tôte.... Celui qui parcourt les pages du Coran ne demeure pas longtemps à s'apercevoir que Thygiène de l'espèce est négligée. Quoiaue, è diverses reprises, il loue la pureté aes mcours, quMl |xi«e un frein è la concupiscence masculine, en limitant le nombre de femmes que chaque (foux peut posséder, il n'en est pas moins rrai que la déchéance organique et morale le la femme, proclamée uar Mahomet, pèsera Hernellement sur sa mémoire. Les instituions roahométanes, en ne plaçant point le (eie féminin dans l'ordre voulu par la lature, ont commis une flagrante iniquité, lu'elles doivent sévèrement expier un jour... 3u a encore la preuve décisive de ce relâchenent de la morale de Mahomet, dans le rerset du Coran qui a trait è l'inceste, et où i se prend d'indulgence pour une si flairante violation des lois de la nature : Tout ■ommerce d*ufi fiiê a/oee $a mire, dun frire rtfc êaêeeur^ est abominable ;,., siée crime *i commis^ le Seioneur eet indulgent et misé' icordieux. Ce n est point ainsi que parle rfoise; il défend sous peine de mort, les iiariages des frères avec les sœurs , des »etits-ais avec Taieule, du neveu avec la ante paternelle ou maternelle. Lorsqu'on iporofondii le génie des institutions mahouétanes, on acquiert la conviction des vues ntéresséea du législateur, et Ton comprend a difTérenee énorme qui existe entre elles ^t les instituts de l'Ancien Testament. Mahonet mû plutôt par le désic d*imposer h un «uple sa firopre domination, que de lui oomir des règlements conservateurs, adouit leur rigidité par des concessions faites à m élément passionnel, inné sur la terre rOrient, k la rolupté vénérienne. Il voulut inchalner les esprits k l'oliservance de la lot, uuins par la conviction profonde du devoir
que par Taltrait du plaisir naturel, puisqu'il ne fit entrevoir aucun autre but au delà du temps. Avec une telle perspective, un |)aradis sensuel, le germe de toute perfectibilité est étouffé dans l'homme. L'hygiène des^ sociétés chrétiennes n'a donc autre chose k envier au Coran que l<extrème propreté, cette demi-vertu de saint Augustin, et les
[>ratiques balnéaires, érigées dans ce livm à 'état de devoir. Nous arrivons ainsi aux, perfectionnements apportés par la loi non-velle, l'Ëvangilo, è la science directrice de la vie organique, ou, en d'autres termes,. k^ l'hygiène.
« L'Evangile, l'histoire le démontre, a ré-^ généré le monde, k une é|>oque donnée, comme la loi mosaïque avait réj)rimé les désordres d'un autre temps. Il était venu non -seulement apporter la loi nouvelle, fondement du salut k Tenir des nations» mais comme conservateur de leur santé physiq[ue. Il est im|:>ossible d'admettre, lorsqu'on a lu Suétone, Pétrone, Tacite et Juvénal, que l'espèce humaine eât pu survivre, môme organiquement, k ce déluge d'knmon^ des et d inouïes voluptés. La bonne nouvelle fut annoncée au monde au moment même où la mesure débordait, et cette coïncidence n'est pas un enseignement d'importance médiocre... L'Apdtre des nations,, la I)ersonniflcation la plus haute du génie chrétien, apporta au nom de son Mettre au monde sensuel et débauché, une doctrine sévère, mais propice, fondée sur une connaissance profonde de l'homme. Saint Paul prêcha la paix k établir entre les sens et resprit, et montra dans un enseignement merveilleusement développé , le christianisme venant donner k l'homme le pacte d'allionce entre les puissances de l'Ame et les forces de la chair, entre l'homme animal et l'homme esprit. L'antagonisme entre les mouvements charnels et les mouvements spirituels existe, saint Paul le constate, mais il veut que Tharmonie soit désormais établie entre ces deux principes de la nature de l'homme; qu'ils conspirent ensemble vers un même but, la validité corporelle et le perfectionnement moral. Afin^-dii-W, qu'il n'y ail point de schisme ni de division dan^ le jcorpju^j^i^, que tous les membres conspirent mutuelle ^ meni à s'entr'aider les une les autres. II Cor. x»,2S.)
« Ailleurs nous rencontrons cet admirable verset qui résume dans un mouvement de la plus haute inspiration le but final auquel Qoit tendre toute existence humaine :
« Jpseautem Deussanotifieei vos per omnia, ut integer spiritus tester et anima et corpus sine querela in adventu Domini nostri Jesu Christi servetuv : « Que le Dieu de la paix oous sanctifie lui-même en toute manUrCf afin que votre esprit, votre âme et vôtre corps se maintiennent sans disseneion jusau'à tavé^ nement de Ifolre^Seigneur Jésus • Christ.^ ( / Thess. T, as. )
e On ne saurait trop méditer la profon« deur de ce passage. Saint P^ut v fait connaître sa doctrine sur la science de l'homme,
et c*est celle que les plus grands physiologistes enseignent encore de nos jours. Il reconnaît dans la nature humaine trois éléments constitutifs autour desquels se groupent toutes les manifestations de la vie : 1" la force vitale (spiritus); 2' le principe de rame ou du sens intime (ântma); 3* l'élément visible, Tagréffat matériel {corpus). Homère, Platon et Cicéron ont écrit de bien belles choses et qui survivront éternellement chez tous ceux qui vouent dans finlimité de leur cœur un culte aui nobles pensées ; mais nul d'entre eux n'égale l'Apdtre. Saint Paul» an point de vue humain, est le plus grand génie qui ait jamais existé, parce qu'il a mesuré dans son regard la proiondeur de la nature humaine, si diversement mélangée, et çu'il a résolu par le christianisme le plus important de tous les problèmes, celui qui a pour but d'entretenir le juste équilibre , la normalité entre les mouvements impérieux de la chair et les justes exigences des forces affectives
« Tertullien, dans le traité De euUu femi-marufiif rappelle les femmes romaines k la
Pudeur et a la modestie ; il s'élève contre abus des parfums ,. par les considérations suivantes : — « Il est certain que toutes ces huiles, ces poudres et ces essences dont on se sert pour teindre les cheveux, g&tent, altèrent le cerveau, et produisent le vertige et les convulsions. » Dans le même endroit, on lira avec admiration cette belle définition de la beauté : C'tsi une perfection du corps dont Lieu a bien voulu orner son ouvrage , e^^ une couverture digne de la noblesse de fàme lut animœ aliqua vestis urbanaj. Il blAme les spectacles comme développant Téréthisme sensuel. — Mais c'est Clément d'Alexandrie
3ui a donné surtout les preuves manifestes e son savoir concernant la science de
l'homme L'enseignement médical floris-
sait à Alexandrie. Le prodigieux amas de livres renfermés dans le sein de cette cité contribua beaucoup à sa réputation seientir lique ; les savants y avaient établi le siège de leur empire, et procurèrent la plus grande célébrité k ses écoles. Celle de médecine jouissait d'une telle réputation, sous le règne de Valens, qu'Ammien Marcellin rapporte qu'il suffisait d'y avoir étudié pour mériter l'estime et fa confiance publiques. Il est facile, dès lors, de comprendre comment, vivant au sein de cet aréopage de savants et de lettrés. Clément dut contracter un goût tout particulier pour là science d'Hippocrate et de Celse, aeux auteurs qu'il cite souvent et avec vénération dans la ii' partie de son Pédagogue^ partie tout hygiénique... lous les plus beaux çénies qui dirigèrent après les apôtres l'établibsement du christianisme se font remarquer par leurs connaissances étendues sur la nature corporelle de l'homme. Ainsi Tertullien, Origène, Lactance, saint Ambroise, saint Augustin, saint Cyprien, saint Basile, saint Gr^oire, saint Jeian Damascène, médecin lui-même, ont approfondi, dans leurs ouvrages, l'étude médicale de l'espèce humaine. Destiués h organi-
ser un ordre social nouveau, k concentrer en eux la double autorité de pères et de chers spirituels, ces grands hommes devaient posseder une science universelle, et surionl celle deMa nature humaine, objet spécial de leur direction. Dans cette substitution de tout un ordre d'idées, de crovances, k un monde vieilli et dépravé, l'bygi&oe devait fournir le texte de précieux enseignements. Les races plongées dans le polytnéisme ne saTaient plus vivre selon la raison et selon la nature; il fallait les y ramener. D'une autre part, il fallait répondre k ces premiers hérésiarques, exagéraleurs du spiritualisme chrétien (les marcionites et les manichéens), qui, frappant de réprobation la chair, regardant le corps comme l'ouvraee du manvaii principe, concluaient qu'il n était pas permis de manger de la viande, ni de muUipUer par voie de génération les espèces aninoales. L'Eglise chrétienne déploya toute sa sévérité contre ces doctrines subversives et si peu conformes k l'esprit de l'Evangile; elle les réduisit en |)Oudre en déchaînant contre elles les voix puissantes d'Origène et de Tertullien. La seconde partie du Pédaqofut^ vaste répertoire où tout ce qui a trait k la conduite générale de la vie est métbodiaoement exposé, est un traité complet d*bygiène. Tous les modificateurs y sont longuement étudiés. Le chapitre des aliments (guomodo m alimeniis versari oporteat) renferme des préceptes dont la justesse est de tous les temps, de tous les lieux, et des détails fort
[)réGieux sur les habitudes soroptuaires-de 'époque. Il s'élève avec force contre to* sa^e des seeundœ mensœ que Celse blAmait déjk lui-même de son temps; il considère comme un art perfide, celui qui offre à des hommes rassasiés et suflSsaoament uoa^ ris des mets qui réveillent l'appétit éteint. Lq trop grand luxe de la table prépare la maladie. Qui ad luxum mensœ propensi sunt suoi sibi morbos enutriunt. Il s'appuie k cet égard sur l'autorité des célébrités médicales du jour. En ratn, dit-il, Vhabilt midfcin inliphane affirme que cette variété de mets e$l presque toujours Vunique cause de leurs ma* tadies^ ils s'irritent contre eeiie vérité, et, poussés par je ne sais quelle vaine gloire, ils méprisent tout ce qui ut simple et naturtl; rien n'échappe à leur avidité ^ ils n'épargnent ni peines, m argent» Les murènes des mers de Sicile^ les anguilles du Méandre^ les chevreaux de Milos , les poissons deSciuto p les huUres d'Abydos^ les légumes de VEpire^ que dirai-jt encore? les bettes d'Asie, iee pétoniles de Mélymne, les turbots de l'Auique^ les gn'tef de Daphné, et les figues de Chélidoine.posT lesquelles le Perse stupide envahit la Crics avec une armée de 50,000 Aommef ; enfin, isi oiseaux du Phase, les faisane d'Egypte, les paons de Médie, ils achètent et dévorent ti^* Sous le point de vue historique , cette énurnération peut avoir son prix. Mais, d'ailleurs, que ne savions-nous pas, au rapport de Suétone et de Pétrone , loucbani la voracité et en même temps la ga^ilronomie fabuleuse, les prodigalités insensées des epu-
MEDECINE
figG
lents Romains? Le fnmciii repas dcLucullos en rhonneur de ses deux hôtes illustres, Cicéron et Pompée, et qui lui coûta 40,000 fr.. n'était qu'une liesse bien iDesc|uiDe, si on le compare à un simple ordinaire de Vilellios. Ce glouton, oe proverlûale mémoire, dépensait près de 80,000 fr. par jour pour ses repas , et il ne lui était pas rare de donner des festins de 100,000 écus (Sueton., Yit.t cap. 13.) A la dédicace d'un vaste plat <i*or, celui-ci contenait des cerTclles de paon, (les langues de pliénicoptères, etc., et le tout avait été recueilli par des vaisseaux envoyés exprès vers le détroit de Gibraltar, et par des cohortes de chasseurs jusqu'aux monts Krapacks.
« On croira peut-être que le luxe culinaire a atteint ici son apogée ; on se trompe : Héliogabale surpasse à son tour Vitellius, comme Vitellius avait dépassé Lucullus.
Héliosabale, au rapport de Laropride, coûtait à FBtat, pour chacun de ses repas, plus dé 800,000 fr. On n'en sera pas surpris , si Ton considère qu'il faisait mettre ensemble jusqu'i 600,000 cervelles d'autruches, les talons grillés d*un grand nombre de jeunes chameaux...
« C est dans le Pédagogue que l'on doit puiser les notions les plus certaines touchant la dépravation organique et morale où étaient parvenues les nautes classes de la société romaine. Le luxe^ dit Clément, a fait des k&mmes un affreux mélange ei les a tùuttrts f opprobre. Le vice promme eesjoiee taseites et insultantes ; il coule à pleine bords dans nos villes , il est la loi commune, uni" terselle. Une curiosité inouïe^ molle et luxu'^ rieuse^ agite les cœurs. Il nest rien qu*ils n intentent pour rallumer leurs désirs éteints^ rien qu ils fi essayent pour réveiller leur tma- §ination blasée. La nature qu'ils violentent ^épouvante de leurs excès : les femmes font 1*0 flie t des hommes^ les hommes celui des femmes (67). Quel horrible spectacle que celui de cet inctttt perpétuel ! Quel trophée pour notre cit?tiisation ! Déjà saint Paul avait aussi reproché publiquement aux Romains, en termes trèsénergiques, cette interversion des sexes, mais le Pédagogue de Clément est peut-être le livre qui nous en apprend le plus sur la science du libertinage dans l'empire romain ;d'ai)rès plusieurs passages, on ne peut douter qu'on mit alors en pratiaue un art affreux, ayant des règles narliculières, et qui avait pour but de créer nés androgynes arrtf ciels : il y avait des établissements oiSi les jeunes gens allaient compromettre leur virilité, sous la direction d'êtres dépravés et passés maîtres dans la pratique. L'illustre Père de TEfflise n'épargne point les sanglantes satires a cette science infime, et il s'efforce vainement de faire rougir des fronts
qui ne rougissaient plus. Il raille avec amertume la consommation que les jeunes gens faisaient des épilaloires, et le temps qu^iis
Bassaient à déshonorer leurs corps (68).. lais la tAche était rude : il attaquait presque une institution sociate.
«L'on sait en effet que la pédérastie arégné dans tous les Etats de Pancienne Grèce, depuis leur fondation jusqu'à leur décadence, et qu'elle v était pratiqué)^ sans mystère,, même par les personnages les plus considérables. Lycurgue et Solon avaient réçlé les rapports entre les deux amants, et la loi n'interdisait que la pollution des garçons par leurs parents les pitis proches. Le mépris pour les femmes, l'orgueil' des hommes, la
[)rédi1ection potir la beauté masculine, c^ue 'éducation des gymnases nourrissait, étaient avec' une excessive sensualité, la cause de cette aberration» (Bvbdach, Physiologie^ t. V,. p. S33.)
« Dans un chapitre intitulé: Qucenam d» procreatione liberorum traetanda sintp Clément règle en hygiéniste consommé- lesrapports normaux entre les époux, et lessut)ordonne è l'intérêt de l'espèce. H dépeint è merveille l'influence pernicieuse qu'exercesur l'économie entière, et particulièrement sur les forces vitales, l'abus de Pacte de la^ procréation. Les plaisirs dumariage trop rér pétés brisent les nerfs de rhomme comme de faibles fils qu'on tire avec trop de violence ;. ils obscurcissent les aeiw, et détrutseni 1er forces... Dans cet instant^ en effets F homme est arraché de Fhomme avec violence, il recommande d'éviter les aphrodisiaques qui produisent sur l'appareil vénérien une stimulation factice, peu favorable à une saine et robuste génération.
« H invite h respecter la couche nuptiale, et à l'environner de mystère. Considérez, dit-il au sujet de l'adultère, /'éfpouaa dau/rui comme voire fille. Enfin parmi les belles et importantes considérations dont ce livre abonde, celle-ci nous parait digne d'être méditée, car elle est d'une grave portée; son in-> fraction habituelle est la source de bien des désordres. Comme saint Paul, Clément exhorte à la chasteté dans l'état de mariage, afin d'entretenir l'estime entre les époux, premier support de tout bonheur conjugal.
• Comment^ d*aiUeurs, votre femme potirru-/elie vous croire chaste , si vous ne Vêtes pas dans les plaisirs que vous prenez avec elle?... Il est à craindre, d'ailleurs, que vous n'apportiez le déshonneur dans votre demeure^ en développant par cette sorte de libertinage la concupiscence d'un tempérament de ieu.» Il ]r A dans cette dernière remarque, une vérité capitale, dont Tappréciation ne peut être laissée au'aux seuls hommes, dont la mission estd observer journellement ta na-
(67) Voir un passage de Pline, oà il dit que do 'cuit fondée sor eette coatiime : L'&ge veut eu vain
wn lenfia les bermaphrodiles éuient U^.«recher- le Taire sortir de renfance, la Torce l'y relient; une
< liés : « Gignaiitur et utriabque 8exu5 quua herroa- recherche odieuse éplle tout son corp:», lui rend la
l'iirocliios vocanius, olim androi^ynos vocitos, et ia pt'au lisse comme celle d'un enfant : Jn cubieulo
pindigiis habilos, nunc in deliciis. » (/itii. nat.» m>, in convivio fmer esl. (Serec., De be^f.^