PENALITE
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lai qui nura été conquis par des luttes gé^ Aéreijsess les autres y viennent pour être en état de recevoir éternellement aussi de la même bonté, maîtresse de ses dons, un bonlieu r Raiurei imparfait, mais préférable à la non-existence.
■ Mais |)Ourquoi Dieu ne fait-il pas arriver toutes les Ames è la régénération 7 Pourquoi ne fait-il pas chaque jour des milliers de miracles pour empêcher les morts pré« maturées? Et quant aux Ames qui arrivent è Texercice du libre arbitre, pourquoi ne donnent' il pas è toutes ces Ames les heureuses dispositions natives qui brillent dans quelques-unes? Pourquoi ne donne-t-il pâs è toutes les mêmes avantages de Téducation, de la santé et de la fortune? Â ces questions insensées réponde qui voudra. Où s'arrêter, en effet, dans de pareilles questions? N'aurai ton'pas autant de raison de demander pourquoi , au lieu de tant d'animaux, Dieu n'a pas créé exclusivement des hommes; pourquoi pas au I ieu d'hommes, des anges; au lieu d'anges, des archanges ; au lieu d'archanges, des séraphins ? ne suflit*il pas de savoir que toutes les créatures de Dieu, grandes ou petites, ont lieu de bt'nîr ses dons?
« Une autre objection, formée par l'hérétique Apollinaire , et renouvelée de nos jours par les paçiisans de la préexistence, ne s'adresse plus spécialement à la doctrine du péché originel, mais en général h la création successive des Ames. On trouve incroyable que Dieu, en créant ainsi des Ames, se fasse souvent le coopératear de génératioi^ illégitiinesy adultères, incestueuses. Nous ré|M>ndrons qu'en un certain sens, quelque opinion qu'on ait d'ailleurs sur Toriginedes Anaes, on peut d'ire que rien ne se fait et rien u*esl possible sans que Dieu y coopère ; mais, en toutes choses, ce que Dieu a fait fisi bien. Celui qui crée est aussi celui qui conserve; si toute existence ne peut commencer que par lui, toute existence ne peut non plus continuer que par lui. L'existence est bonne, et Dieu, qui l'a produite, la conserve. Malheur k celui qui en abuse 1 Accusera-t-on Dieu de coopérer au CTime, parce qu'il conserve la vie et l'activité k ceux qui le commettent? Voudrait-on qu'il rendit le crime impossible, en ôtant miraculeusement à celui qui va devenir coupable la facollé de mal faire? alors on pourra vouloir aussi que Dieu frappe miraculeusement de stérilité les unions illégitimes. &fais non ; Dieu maintient raccomplissement de la loi admirable suivant laquelle les hommes se multiplient : voilà sa part. Honte à ceux qui profanent la sainteté de son œuvre 1 »
PÈLEUiNAGES. — Le pèlerinage est la niauil'estalion d'un penchant qui est naturel ï l'bomme, et, pour ne rien dire des voyages ies anciens philosophes dont l'ardeur dei>akofr était le principal mobile, les proteslants L'v les rationalistes qui ont le plus déclamé .ouue les pratiques religieuses, ont payé tribut à l'inêiinel du pèUrUutgt^ en sMmposant i.aintes fois de grands déplacements pour M:»iter \^ lieux où avaient vécu les patriar-
DlCTIO?II«. DU PARiLLÈLE.
ches de leurs erreurs. Quant aux pèlerinages catholiques, il est incontestable qu'ils exercent en somme une influence moralisatrice sur les populations; et ici nous ne parlons pas de ceux qui attirent l'attention de la chrétienté tout entière, mais même de ceux qui en si grand nombse sont répandus dans tous les diocèses de France, et qui ont la plupiirt pour objet une statue miraculeuse de la sainte Vierge. Les pèlerinages usités chez les infidèles, ont pu avoir de. bofts effets; %*m une religion fausse est un moindre mal que l'athéisme ; mais si l'on considère ces pèlerinages en eux-m6mes,etqu'on les compare, h la lumière de la raison mo*» derne, aux pratiques analogues dir catholicisme, il est impossible de ne pas sentir l'immense supériorité de cesdernières. Nous ne pouvons énumérerici» et décrire le pèlerinage de la Mecque, ceux des sectateurs d'Ali sur les bords de TEuphralet ceux qui, en si grand nombre, se rencontrent chez les populations bouddhistes. Contentons-nous a'indiquerà nos lecteurs les sources où ils trouveront d'amples renseignements sur les priucipaux de ces pèlerinages. Pour celui de la Mecque, Voir le Yoyagt du capitaine. Burianj dans la Revue briiannique de 1856. — Pour celui de Heschid en Perse, le Voyage dugénéruUFerrier^ mêmeiietu« 1857.— Pour les pèlerinages du Tibet, le Voyage en Tar* tarie de l'atmé Hue — Pour le fameux pèlerinage de Hurdwar, où se rencontrent deux millions d'indous , un article très-intéressant du major Fridolin, dans la Revue des deux mondes, du 15 mars 1857.
P&NAUTE— M. Félix Mornand, danssùn ouvrage intitulé : Lavie arabe^ p. 107, s'exprime ainsi : « Rarement le meurtre était puni de mort sous la législation arabe. Le meurtrier offrait la dia (le prix du sang) à la lamille de la victime, qui presque toujours Tacceptait. Ce n'était qu'un débat en quelque sorte civil è régler entre los parties. L'autorité n'intervenait que sur la plainte des [Hirents intéressés, et n'appliquait la peine du talion que si l'auteur de Tassassinat refusait ou n'avait ancun moyen de s'acquitter de la dia. U n'v avait oas, comme chez nous, un procureur tmjsérial pour lancer des mandats d'arrêt et uire les poursuites d'office. Cet état de choses, commun du reste à tous les peuples du Coran, offre une singulière analogie avec les mœurs de nos pères, les Francs, qui avaient des tarifs en sous d'or pour tons les délits contre les personnes, jusqu'au meurtre inclusivement* Ainsi, chose surprenante et digne des méditations de nos législateurs, on voit le respect de la vie humame atteindre k son pins hant degré, et la peine de mort être abolie de fait cnez les nations primitives, cbez celles que nous nommons liarbares. s 11 est étonnant qu'un écrivain ordinairement judicieux n'ait («s vu quelefait dont il parle a une conséquence tout opposée k celle qu'il en tire. Rn effet, ce sont les peuples chez qui le meurtrier peut s'affranchir des poursuites, moyennant une somme d*argent, ce sont, dis-je, cespeit»
Îles, qui n*ont aucun respect pour la vie umaiiie;car leur manière* d'agir suppose que la vie de la victime n*a d'autre valeur que celle de4a somme exigée du meurtrier. On doit donc appeler barbares les peuples chez qui en peut se libérer d'un meurtre pour de Targent ; car partout où règne une semblable pratique, le respect pour la vie humaine atteint à son plus bas degré. Il ne faut pas confondre le respect de fa vie Aumaine, avec le respect de la vie des assassins» Du reste, M. Mornand confond en outre deux questions très-différentes, celle de TabolitioQ de la peine de mort, et celle du Rachat des meurtres. On peut ôtre partisan de raliolHion delà peine de mort, et cependant avoir horreur de la coutume qui nimpo.se qu'une amende au meurtrier. Ce n'est
Êas qu'on puisse, selon nous, invoquer, en iveur de l'abolition de la peine de mort, le respect de la vie humaine. Cette abolition e^t à coup sûr une erreur moins grave que le rachat des meurtres; mais autant il es| incontestable que l'adoucissement des peines est un fruit du christianisme, et un symptôme de civilisation, autant il nous parait certain que la suppression de la peine de mort, serait une preuve que le respect pour la vie humaine s'amoindrit, et que la société fait un pas en arrière vers cette barbarie qui n'opposait aux passions homicides qu'une pénalité illusoire.
PHILOLOGIE. — Le meilleur travail qui existe sur l'état actuel de la philologie nous parait être celui que M. le baron d'Kckstein a publié dans le Correspondant du 25 iuin li855. Nous allons en tirer quelques inaications.
Il y a eu un temps où les idiomes ariens n'existaient pas. Ces idiomes se sont décomposés ensuite, et ont été pétris par de nouveaux mélanges pour produire de formidables instruments de la pensée, puissants par l'analyse, comme ils Tétaient autrefois par la synthèse. On est parvenu à dissoudre le zend et Je sanscrit dans leurs éléments primitifs, à les détruire pour arriver à un état . où ils n'existaient que dans leurs éléments, où leurs merveilleuses formes grammaticales n'étaient pas encore. Il n'y a (|ue le celtique qui fait exception^ il a été saisi d'un froid précoce en son printemps; ses formes grammaticales indo-européennes sont imparfaites, et il conserve la trace de la parenté des Celtes avec les Finnois. Quelques-uns voient dans le celtique un troisième élément qui le rattache aux langues chamitiques, dont le copte est le principal débris, ce qui peut s'expliquer par des colonies africaines que les Celtes auraient absorbées. Leur cachet finnois n'est pas le signe d'une fusion ; il prouverait plutôt qu'ils sont une race touranienne, quijse serait développée dans le sens des Ariens, auxquels du reste ils sont antérieurs comme l'a prouvé M. Charles Mever.
Peut«on détruireaussi l'organisme des langues sémitiques, pour en faire jaillir lesélélaents? Les savants ne sont pas d'accord à cet ié($ard;malsJa négativeest plus probable. On
convient que les ancêtres des Sémites et des Ariens ont vécu près les uns des autres, quoique l'idiome des premiers soit le plus ancien. Toutes les langues se sont formées dans là primitive jeunesse des peuples, ayant l'existence des tribus de pasteurs, et lorsqu'il n*y avait quedes familles isolées, « C'est ainsi qu'il a dépendu du génie de telle ou telle famille d'apposer son cachet à on système de langage qui prend sa source eo elle seule. Pour comprendre , du reste , cette naissance d'un Verbe spécial qui s'engendre en certaines familles, par suite des intui* tions d'un kosmos, ou d'un ensemble physique, religieux et intellectuel qui lui est propre, que faut-il? se détacher vivement de rétat actuel de l'espèce humaine, se reporter à une époque où le sénie natif des diverses familles de l'espèce humaine était encore à l'état de création^ où la parole et la pensée fermentaient par suite de la nécessité de la production d'un monde d'idées et de senti^ ments, où l'homme agissait simultanément avec les énergies non encore apaisées d'un monde nouveau. »
De même qu'il y a convergence, ou analogie de formation (ce qui ne veut pas dire passage des uns aux autres) entre lesidiomei aryens, et les idiomes sémitiques, il y a peut-être convergence entre ceux-ci elles idiomes chamitiques , évidemment plus anciens. -*- £n remontant plus haut encore, nous trouvons (peut-être avec la même con'> vergence) ce que M. Max Muiler appelle langues touraniennes {finnois,turc, mongol,tongouse, et au Midi les langues du mont Vind'hya et du Dékan de l'Inde, parmi lesquels le tamoul occupe la première classe). Enfin la dernière assise du langage humain, c'est le système élémentaire, dépourvu de formes
grammaticales, qui n'ont pas d'expression, ien qu'elles existent dans l'idée de celui qui parie. Ces langues monosyllabiques n*ont pas même les modifications qui remplacent imparfaitement les formes grammaticales dans les langues touraniennes. « Les idiomes monosyllabiques se maintiennent par la seule position des mots , s'expliquent par la seale syntaxe; pour se développer, il leur faut nécessairement l'aide d'une écriture hiéroglyphique , de très-bonne heure inventée à leur usage. De làune langue en double, l'une qui est écrite et dont les mots s'expliqut*nt à l'aide de clefs, Tautre qui est parlée et qui modifie le sens de la parole par une élaboration vivante de l'échelle des sons, sans rapport du reste avec le système de la rhythmi' que propre aux langues ariennes et indoeuropéennes. Il faut aussi l'appui du gesie, pour déterminer dans une fuule de cas, le sens dalis lequel on a besoin que le mot soit entendu. Le chinois est le prototype comme le modèle le plus achevé de cette famille de langues. Ce verbe coïncide plus' ou moins avec celui des Tibétains. On retrouve ^ même physionomie de langage (larmi lespeuples qui occupent tout l'espace entre i'inde et la Chine; l'idiome des Malais en parait une branche détachée dans la nuit des Ages.
PHILOSOPHIE DE UHISTOIRE.
Y anmt-ii encore ici« comme on te suppose, tin rapport éloigné entre cette famille a'idiomes et celle des langues touraniennes, qui lui sont évidemment postérieures par le iirincipe de leur formation 7 de sorte que i*on aurait découvert jusqu'ici cinq grands systèmes de langues qui, sans dériver aucunement les unes des autres, se corres))ondraient cependant par analogie. Ainsi les langues dites monosyllabiques correspondraient aux touraniennes; celles-ci auxidiomes dont le copte est un échantillon ; le copte corres))ondrait aux langues sémitiques, nomme celles-ci aux langues ariennes et indo-européennes.»
PHILOSOPHIE DE LHISTOIRE.— Nous résumons ici deux articles que M. le baron d*Eckstein a publiés dans le Correspandam des 25 février et 25 avril 1854, k propos d'un ouvrage de M. le baron fiarchou de Pénoben, intitulé : Enai d'une philosophie de rkiêtoire.
L — De Bossuet» de Leibnilz, comme précurseurs d*uiie philosophie de Phlstoire.
Bossuet s*élève k une plus grande bauteor d'esprit ; Leibnilz embrasse une plus vaste circonférence. Il y a chez Bossuet comme un reflet de Moïse, comme une inspiration d'Isaïe. Mais il comprenait peu le moyen âge ; k ses yeux la théocratie des Hébreux est la plus ^larfaite expression de l'ordre social. Et chose étonnante, les théologiens protestants proposaient le même idéale l'Allemagne et h TAngleterre. Quant à Leibnilz, il n*appliquait pas aux choses d'un temps la mesure d'un autre temps. Il était supérieur à son siècle, dans leauei cette sorte de résurrection du judaïsme s^exl>iique par l'écroulement du système du moj-en iKe, par l'abdication politique de la papauté et de Tempire, par la ruine des institutions allodiales» féodales, communales, par l'oubli complet de l'art, de la poésie» et de la philosophie du moyen âge, enfin par l'effort du protestantisme pour reconstituer une société soi-disant apostolique.
Leibnilz a prévu les suites fatales des doctrines de Hobbes, Gassendi, Locke ; il a compris aussi le secours que la linguistique prêterait à Thisloire du genre buoaaîn. Mais il s'est mépris dans les détails; ses étymologies sont détestables ; ce n'est qu'aujourd'hui au'on a pu découvrir les lois d*une philologie vraiment historique. Leibuitz prouve qu il a une fausse notion de l'origine du langage, par sa théorie d'un idiome universel. Condorcet, Cabanis, de Tracy lui ont emprunté cette idée ; mais ils ne veulent pas seulement d'une langue savante universelle; il leur faut, à eux épicuriens, une langue philosophique qui corresfx>ndrait k l'impression de tous nos sens, qui serait le calque des imj^ressions de la Daiare sur la table rase de l'esprit humain.