‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 57 sur 87 · Vice · texte numérisé non relu

Vice

C'est le patriotisme des Italiens actuels

qui a mis pour un temps Vico à la mode. Il a été suivi par Ballancne et non par Nie* buhr, comme on Ta dit. Il offre cependant un reflet de celle grande école pythagoricienne, qui semble se renouveler au moyen âge par les sectes de moines mendiants dont le pivot est Joachim, et plus tard par Tilesio, Giordano Bruno, Campanella, esprits puissants et chimériques, qui se dislinguent |)ar des essais de constitution sociale. Vico est le dernier rejeton de cette lignée de penseurs : de lui à Filangieri, la chute est profonde.

Vico est trompé par l'analogie entre Tindividu et le peuple. Pour lui une nation est un individu qui natt, grandit, se flétrit et meurt. 11 prend chaque nation à part, et prétend qu'elle doit passer fatalement f>ar certaines cycles, par certaines périodes, qui ne sont applicables qu'aux Grecs et aux Romains tout au plus. Aussi sa théorie est opposée à la perfectibilité humanitaire, quoi-

Jjue les socialistes lui aient emprunte ses ormules. Il méconnaît méxoe les alternatives d'abaissement et de grandeur que présente chaque peuple.

Au début de l'histoire de chaque peuple il place une ire des dieux^ une théocratie primitive, ce qui est historiquement faux. Le système de la théocratie orientale est beaucoup trop compliqué de législation pour être primitif. Il repose sur une défiance de la nature humaine qui suppose une grande masse d'expériences sociales.

La société de la race d'Abraham ne fut pas constituée sacerdotalement mais patriarcalement, ce qui est tout autre chose. Le rèf^ne des juges d'Israël ne fut pas davantage un règne sacerdotal. La législation de Moïse ne fut réellement appliquée nue sous la monarchie juive, les rois mêmes lui étaient contraires , et elle n'atteignit son apogée qu'après l'exil, peu avant sa chute, sous les Machal)ées. Les hymnes des Védas nous révèlent aussi la tardive constitution de la théocratie brahmanique.

Après les dieux ^ Vico place les demtdteux, les héros. Ni les races sémitiques, ni les races chamitîques n'ont connu ces époques d'une chevalerie païenne* Cet enthousiasme guerrier ne se retrouve que chez certains peuples, comme les Kchatri-

Ifos de l'Inde, les Kehaihras de la Perse, es Hoplites Hellènes, les fils d'Odin et les Germains. La grandeur guerrière des Romains relève d'un fond ctrtfue, non d'un fond héroïque. Chez les Celles l'héroïsme est dans les mœurs, mais il n'aboutit pas à une constitution politique. Les Slaves n en offrent nul trace; car par institutions héroïques, Vico n'entend pas l'amour de la patrie.

Vient ensuite selon Vico, le règne des hommes ; d'abord des patriciens, des eupatrides etc., puis de latimocratie, ou d'une certaine richesse, comme sous Solon, et Servius Tullius ; arrive plus tard la démocratie, qu'il confond avec rochiocratie ou gouvernement de la foule. Enfin le des-

potisme plante son ilrapeau sur ces ruines. Vico parque les peuples dans le retour pé* riodique de ces phénomènes.

m. — Yoliaireetles encyclopédistes.

La philosophie matérialiste apparaît h toutes les époques de dissolution sociale. Op la retrouve dans Tantiquilé, chez les mandarins de la Chine; les Tckarouvakas de rinde; au temps d*AIcibiade à Athènes et de César è llome. Tougonrs 'une telle doctrine! s'insinue dans le monde sous une forme enc3rcIopédique, pour donner aux.

masses un jugement fait sur toute chose. On explique Thistoire par la tyrannie des prêtres d'altordy puis Tintervention des rois, (aniôt complices, tantôt adversaires des premiers. Condorcet systématise cette doctrine et trace le plan d une constitution oii les chimistes, les médecins et les mathématiciens sont appelés au gouvernement de l'esprit humain.

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