IV. — Montesquieu
Quand Montesquieu parut, Condillac avait effacé ce que Locke admettait rt*inné dans Tâme; mais Condorcet et Tracy n'étaient pas encore venus faire de l'Âme un composé. Etranger comme Machiavel $on tnai-' tre^ au génie de rantiquité sacerdotale et héroïque^ même delà primitive antiquité ci" toyenne^ il vivait en plein dans les jours néfastes de la vieille Home,,., oA les îndividus se dessinent au détriment de la fa^ mille ^ de la corporation^ de la commune^ de la citéf de la pairie.,. Emule de Machiavel^ il avait aussi comme lui la grande entente de V époque des Césars ^ nHgnorant aucun des ressorts du despotisme. NrTun ni l'autre n'ontcompris lerAledela papauté, celui d'un sage modérateur des nationalités naissantes. Montesquieu comprend la féodalité mieux que Machiavel, qui en revanclie, comprend mieux le régime des communes, la démocratie du moyen Âge. Montesquieu ne tombe pas, au sujet des institutions de Charlemagne, dans les erreurs de Machiavel, des juristes, d'Abailard, de l'étrarque; il se rend compte de la destruction de la vieille royauté, de la féodalité et des communes, de la naissance d'une royauté despotique au iLv* siècle; il voit dans la constitution britannique le résultat de la triple métamorphose de la féodalité, des communes et de la monarchie du moyen Age.
De là sort l'école de Necker, renversée parcelles de Rousseau et de Condillac, pour renaître plus tard temporairement. Cependant ce qu'il y a de sérieux dans VEsprit des lois échappa aux coniemporains, qui n'en adoptèrent que les erreurs sur les climats, les races, Vhohneur des monarchies et la vertu des réi)ubliques, et enôn l'espril cosmopolite, opftosé à l'esprit français du siècle de Louis XIV.