‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 60 sur 87 · VIII. — Hégcl · texte numérisé non relu

VIII. — Hégcl

Hegel combat également le dieu des déistes qui ne s'occupe pas de Tunivers, et le dieu des panthéistes qui ne peut se dévelop(ier. Il veut un dieu eu rapport constant avec la loi de Tunivers, avec la raison de rhomme, un dieu qui soit Tàme du joonde. Il comprend la nécessité de revêtir l*ftme et le corps de tous les siècles, de tous les peuples pour les comprendre; mais U n'est dans le vrai qu'en abordant la

Grèce et Rome; il connaît mal l'Oricni, comme son disciple Gans nui a étudié lo droit dhéritage. Dieu se développe donc, et ne se reconnaît comrae Dieu que dans le genre humain, où il opère ses évolutions à travers Thistoire. Dans le principe, la liberté et la moralité n'existent i>8s en rhomme. L'humanité vit en Adam à Tétat de divine ignorance. Quand elle en sort, elle devient coupable, car elle s'identifie au système de Tunivers, elle devient païenne : cest Tétat patriarcal. L'honnneest plein do Dieu, plein de l'univers; mais cette exubérance de forces incultes l'empêche de se connaître. Labourer cette terre en friche, qui est la nature humaine, tel est le travail des siècles qui s'accomplit de peuple en peuple. Les Chinois, chez qui la raison absorbe tout, nous offrent l'omnipotence de l'Etat; les Indiens, chez qui l'imagina* tion absorbe tout, nous offrent l'omnipotence d'une caste sacerdotale. En Perse et en Egypte, il y a lutte entre l'Etat et la théocratie, témoin le massacre des mages, après l'usurpation du faux Smerdis; témoin la confiscation des terres de la caste guerrière sous l'empire du pontife Séthos. Ormuzd est en face d'Ahrimane ; Osiris est en face de Typhon. Chez les peuples sémitiques, l'antagonisme se révèle soit par le commerce, soit par la prophétie. En Grèce apparaît l'antliroporoorphisme, religion de l'art, non plus de la- nature. Chaque manifestation divine prend la figure humaine. Le bien se révèle comme le beau. Ce n'est pas tout ; par Platon et Aristote, la Grèce fournit an Verbe les grands éléments de la pensée, Rome lui fournit la force de la loi civile, la conception des pou- Toirs de l'Etat, Timportance de la ma^Ntratnre, la grandeur citoyenne de l'individu. Elle prépare la papauté et Terapiredu moyen Age. Quand le Verbe se fait chair. Dieu se reconnaît, pour la première fois, distinctement dans rhomme : l'homme aussi se reconnaît pour la première fois distinctement en Dieu. Viennent les Germains qui créent le moyen âge» puis la scission de l'Eglise au XTi siècle, nécessaire à l'émandpation. Cef)endant la révolution produit une conception atomistique de l'univers et de lasociété. La philosophie allemande vient légitimer et expliquer le passé.

Cette philosophie si hostile au cliristianisme, quoiqu'elle combatte aussi le déisme etc., a été monstrueusement exagérée par les nouveaux Hégéliens. Elle a produit ce* l»endant de savants philologues et historiens, comme la philosophie française du xvui* siècle a &it avancer les sciences physiques. Hegel a conduit M. Cousin sur la voie de l'éclectisme, et il a inspiré aussi le dévergondage bistori<iae de M. Michelet, ainsi que les excentricités des saints simoniens et des fourtéristes.

IX. — De raction du christianisme sur les développements d'uDO philosophie de Thistoire.

Une philosophie de l'histoire ne pouvail^

DICTIONNAIRE DU PARALLCLi!:.

Page 1