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naître qu^avec te christianisme. Les Juifs renfermaient l'histoire de Thomme dans leur nationalité. Seuls parmi les païens ^ les Grecs ont appligiié a rtiisloire un principe d'universalité. Hérodote y met une grâce naïve. Aristote compare les constitutions sociales. Le cosmopolitisme des stoïciens méconnaît l'individualité des peuples; celui des épicuriens traite Thistoire des empires comme il traite le système de Punivers; i) broie toute chose dans une poudre impalpable de faits isolés; anticipant sur Voltaire , il nie la connexion des causes et des effets. Evhémère surtout ne eroit pas k la valeur religieuse et historiaue de l'espèce humaine. Diodor^ donne des renseignements précieux ; mais il prélude à Fesprit négatif du zviii* siècle.
Les mahométans, dans leur conception philosophique de l'histoire, ont le cosmopolitisme qui manque aux Juifs; mais ils n'ont pas de nationalité. Lechristianismeseulcom- Dine l'élément cosmopolite et Télément national. Les mahométans orthodoxes voient donc, mieux que les Juifs, dans les patriarches, les colofineê de toute grande conception de l'humanité. Ils ont constaté la signification universelle de Platon, Aristote, Alexandre, César; inclinés devant le Christ, ils ont clos à Mahomet l'histoire du genre humain.
Les sectes hétérodoxes de l'islam , les Ismaéliens , karmates , baténiens , saturées d'emprunts faits à Zoroastre, aux Saïvas indiens , aux rêves sociaux du mage Mardak , k la théosopbie des manichéens et des gnostiques, aux Juifs saddueéens de Perso et de Syrie, aux écoles philosophiques syro-
|;recques et syro-persanes, offrent, pour a première fois, la conception du progrès lent de l'espèce humaine. Les philosophes grecs f les brahmanes, les mages, les pontifes du trismégisle continuent le travail des inUitUeurs patriarches. Le Christ les dépasse: et Mfahomet, quoique supérieur à ceux qui le précèdent, est continué par Ict3 initiateurs cachés dans leurs rangs, jusqu'à ce que la sagesse de lliomme sidentifie à eeHe du Créateur. Ces sectaires ne tiennent k l'islam que de nom. ils le remplacent par la hiérarchie de leurs Daïs, philosophes et Biathématiciens^qui couronnent leurs études par l'initiation k la science politique des chefs de l'ordre ralliés au califat des fatimitcs.
Comme les ismaéliens voulaient supplanter Tislam et le califat, on voit en Occident TEglise et l'empire du moyen ftge attaqués par une aftilialion ( pauliciens, euchues, bogomileSy cathares), qui provient aussi d'un mélangée hétérogène de sectes montanistes, gnostiques, manichéennes, et qui parties de TArménie du temps des empereurs iconoclastes, se propagent chez les Slaves et pénètrent en Occident par la Hongrie. Ils trouvent dans les Alpes aux x* et xr siècle quelaues débris des ariens. Moins savants que les ismaéliens, ils ont le même désir de se donner une filiation dans le passé; ils
ont la môme hiérarchie" secrète. lisse divisent en deux sectes opposées : les t7/u^ minés ou savants; les inspirés ou ignorants. Us poussent à la fin des temps, à IV bolitîondeta famille, pour réaliser immédiatement une Jérusalem céleste. On potirrait comparer ces illuminés à une sorte de socialistes f ces inspirés à une espèce de eotih munistes. Cependant ils n'ont pas le moindrt rapport avec les doctrines matérialiêles ^ athéistiaues , trivialement utilitaires des disciples ae Condorcet et des enfants de Bor bœuf. Ils ne rappellent pas ce réchauffé de$ doctrines d'Aristippe^ plat philosophique enlevé des tables d Helvétius, et que nos utopistes ont servi chaud à leurs adeptes; ils enseignent à dompter et à dominer les passions, ils ne préfendent pas les greffer pour les activer , ils ne veulent pas utttiser les instincts charnels. Ils n'eussent rien compris à une théorie des passions mises en harmonie avec les intérêts d'une société exclusivement industrielle , traitant les voluptés de r esprit . sous la forme même cftine industrie.
Les affiliations gnostico - manichéennes succombent au xiii' siècle, sous l'ascendanl des Dominicains. D'autres affiliations apocalyptîco - montanistes prennent un grand ascendant au xiv' siècle, et se mêlent aox Franciscains, par le moyen de leur tiersordre. Us vient dans racguisîliou des richesses par l'Eglise, à partir de Constantin, une profanation. Les ordres monastiques sont peureux un progrès, qui annonce la troisième monarchie, celle du Saint-Kspnt. Les Franciscains, tout en cédant [«riiellenient à la séduction, comme le. prouvent les écrits de Joachim, enlèvent aux secUires le prestige de l'austérité.
Il ne faut pas confondre ces sectes saturées de doctrines païennes et juives avec les autres hérésies nées de l'interpréution du Coran et de l'Evangile, qui, il est vrai, se mêlent è des systèmes platoniciens, péri patéticiens, stoïciens, epicBriens; mais qui n'aspirent qu'à falsifier le christianisme pour diriger l'KgHse et l'Etat, sans avoir jamais prétendu opérer de vastes révolutions dans l'ordre des institutions religieuses et sociales. Leur œuvre eût fatalement abouti au déisme, à la théorie des sociniens, à ce mal caché qui s'est efforcé de ronger le christianisme dans le cours des figes.
Quand aux Pères , quelques-ans des plus anciens, non sevrés de judaïsme, sont ha<tiles à la philosophie grecque. Cependam ceux d'Alexandrie inclinent vers le platonisme, comme ceux d'Antioche vers le péripatétisme. Les Pères latins froids poar la saijgesse des Grecs, sont familiers avec les conceptions du droit romain. Comme Taoliquité juive et païenne, comme le DDOjreo fi^e, comme la Renaissance ^ les Pères ne pouvaient aborder la critique des sources de rhistoire. La plupart jugent du paganisme par sa décadence ; quelques-uns ; voient les restes d'une sagesse antique et
raiLOSOPlIlE DE L^HISTOIRE.
))eoch6nt vers les explications stoïcieniies , néo - platonideones » néo-pytbagoricienDes. PhiloQ et Josèphe marchent en arant des Pères, et les éclairent sur la route des traditions païennes ; le premier par des interprétations allégoriaues» le second par des étjrmologies. Sur la liste des peuples do X' chap. de la (renèse, losdpbe a pu recueillir quelques lumières traditionnelles ; « mais le plus souvent ce sont des fleurs étymologiques qui composent le bouquet de son savoir. Marchant sur les traces de Josèpbe» mais avec moins d*érudition classique , courant généralement au hasard de tous les mots, une diversité de rabbins juifs* de docteurs chrétiens , d'interprètes musulmans, se mirent k battre ia route, à fouiller les buissons» à se déchirer aux étvmologies comme ft des épines, transformant le X' chap. de la Genèse en un champ de bataille, où ils dépeçaient la postérité du vieil Adam 9 la distoquant dans tous ses membres. De nos jours seulement y ce document inappréciable commence à se dégager des ténèbres dont Pavait enveloppé l'ignorance des étyniologistes, aidée du bon youloir de tant d'hommes zélés, juifs, mahométans, et chrétiens. Le seul Bochart, dans son livre de Phaleg^ mérite une exception pour le passé , par la critique comparativement judicieuse dont il avait orné ses recherches. »
X. — D^une philosophie caiboliaue de Tbistoire. Bonaid ei le comte de Haistre.
L*épicuréisme, sorti de Tltalie k la fin du IV* siècle, se montre en Angleterre avec Bacon, et reparaît, après les guerres de religion , sous lieux formes , la mathématique chez Hobbes, la physique «chez Locke. 11 s*allie alors au déisme socinien^ sorti de 1*1talie au xn* siècle. En France, Gassendi développe Montaigne, puis Voltaire apporte les dépouilles de Pope et de Bolingbroke, dont il enrichit Diderot. Le socinianisme, Fenfant chéri de Voltaire, est étouffé par Diderot. On vole de Condillac k Condorcei; on atteint Tathéisme scientifique ; là sont les landes, les déserts de Tesprit humain.
Toland » vrai fondateur d'une franc-ma- 7»Qnene religieuse, philosophique, politique, dont Diderot D*a pas eu l'initiative, tJche de montrer que le christianisme est une quintessence subtile des m^rstères du paganisme, dont le fond est physt(|ue, non pas niystique. Â feu croire^ te ehristianisme se rapparie à cerêaines vérités jadis tnconiitiea, avjaiird'Aut banales^ $ur la nature des êtres erganiques^ sur la physiologie et la psychologie, sur f affinité du corps ei de /'dme, sur le caractère de leur union ei de leur mélange^ eur la naiure purement utilitaire de la mo- Tote^ quelle sott privée ou ouè/tfue» qu^elle soit sociale ou politique^ il nimporte.Les oktrages de Toland onî éveillé h savoir posti* ehe de Boulanger, l'auteur de r Antiquité dévoilée; (c /irre des Ruines de Yolney retourne le même fonds sous d'autres formes. Par son euvrage prodigieusement éruditf mais d'une
érudition non moins apocryphe, Dupuie^fe^u^ leurde/'Oriçine des cultes, cAercAe à con^ dure définitivement dans celte question du principe des religions, faisant du Christ le soleil, et des doute apôtres les signes du xodiaque, Strauss, qui, dans son livre de la Vie de Jésus-Christ, affecte des prétentions de critique, n'a fait que ressasser tout le fatras d'érudition de Toland, en y ajoutant l'idée du mythe, quUl a empruntée à la science al* lemande. Tel est le fruit teientifique cueilli par Toland sur l'arbre de la science,ou plutôt ramassé par terre, car il était tombé pourri du sommet de l'arbre. Le ehristianisme est représenté commeune mythologie, la dernière de toutes, qui épuise la série des mythologies, Après elle il ny aura plus de religion du prêtre, il n^y aura plus que la religion du médecin: ce ne sera plus a la psychologie, ce sera à la physiologie d'expliquer tàme Ati* moine, la nature humaine.
Le xèle des méthodistes s'alluma, la colère des puritains s'enflamma, à la vue do ces ravages du déisme, de ces provocations été l'a'» théisme. A un savoir indigeste, frelaté, qui étourdissait par la foule des citations^ onop* posa un savoir contraire, autrement, mais tout aussi indigeste, autrement, mais tout aussi frelaté, étourdissant, luiaussi, par des ci" tations sansnombre. Sentiments respectables^ mais fourvoyés qui brillent dans les pages de Bryant, qui se reproduisent chez tous ses dis» ciples, les Faber, les Davies, etc. Aux enne-' mis du christianisme, à ceux (pii soutenaient le pénie païen de ta foi du Chrtst, on livra ba^ taille sur un champ également imaginaire'. Les mythologies païennes témoignaient d'abo» minables larcins faitraux livres-Ae l'Ancien Testament. Noé était Bacchus, Moïse était aum Bacchus, et je ne sais qui encore ; tous les symboles du paganisme rappelaient les mystères de l'arche, se rapportaient aux sou' venirs du déluge. La philosophie des Hellènes était-elle autre chose qu*un vol fait aux Juifs? Le divin Platon avait pillé MolsCf etc. Le clergé de toutes les confessions* saluant cette revanche des Chrétiens, en arborait le dra* peau avec ardeur ; Chateaubriand, de Bonalâ, Lamennais en France, le comte deStolberg en Allemagne, se laissèrent en partie séduire à ces appâts d'une controverse facile. Il est arriva oii comte dcMaistre de lui prêter f appui de son nom; mais il vit juste s&us plus d'un rapport, entre autres dans son Traité sur les sacrifices.
M. de B^onald veut identifier la cause de KEgHse avec celle de la monarchie absolue* . il s est trouvé en contradiction avec le moyen âge. QuoiquH se place sur le terrain de Bossuet, il profite de Montesquieu k qui il emprunte la conception de la monarchie germanique, milieu entre celle des Césars et celle de Louis XIV. Il n'est pas populaire comme Bossuel, ni féodal et parlementaire comme Hontesouieu. 11 comprend miteux, que le premier la magistrature. 11 méprise les Grecs, comme opposés k son génie aristocratique^ — La grande force de M. de Bonald est dans sa rehabititationderEgtise
DrcilONNAIRE DU PARALLELE.
thoHque^ dans ia gravité de ia pemée^ dan$ i élévation de $on langage. Il respire vn pa* trioiisme de vieux et franc aloi. Parfois il frappe sa pensée au même eoin que Pascal frappait ta sienne.
M. de Maistre réhabilite l'Eglise du moyen âge; mais il ne Uii pas comment il a dû arriver que ia lutte oes deux puissances sa terminât par la défaite commune de la pa« pauté et de l'Empire. Il masquait les points par lesquels sa tâche faiblissait;il glisse sur la captivité d'Avignon. Qu'essayait la pa-pauté dans Avignon ? Prétendant demeurer^ dune part^ le grand centre de la vraie politi^ que chrétienne j de ia politique une et univer^ selle pour le reste du globe^ d'autre part^ elle consentait de force, il est vrai^ à se faire l'instrument d'une politique spéciale^ ae la politi" Se de Philippe le Bel et de ses successeurs. . de Maistre veut trop oublier ce qui en est résulté: le discrédit européen de toutepolili-
fue pontificale dans le courant du xiv* siècle; immense fiscalité à laquelle la cour d Avignon fut en proie Jorsque la chrétienté fut appelée à solder les guerres du Pape en Italie et dans V Empire, guerres qui étaient toutes au, profit de la co'^ronne de France. Et quand fa pa^ pauté parvint à briser sa chaîne^ qu'arriva- S'il encore ? Un long schisme^ provoqué par ^opposition des intérêts français et des intérets italiens qui se disputaient le pontificat. On peut citer quelaues sublimes efforts du citéde la papauté, lorsqueller émit le pied en Italie quana elle essaya de rallier les Slaves orientaux à ta cause de la catholicité, quand elle tenta de soutenir Buzance, de rattacher ia cause de f Orient à celle de l'Occident^ pour repousser C islam du sein de la chrétienté. L'Europe ne comprenait plus, et la voix de ses Papes se perdait dans le désert. Plus tard, s organisa une politique pontificale exclusi-' tement italienne, au détriment d*une politique pontificale exclusivement catholique ; on renouvela à Rome le système politique de la vieille république, du vieil empire romain: Machiavel^ vint y puiser le modèle de son Vrince, jusqu'à ce que le monde catholique se réveilla aux premiers roulements des tempêtes de laMéforme. Il surait,il est vrai.éLe ce chaos des passions, des colères et des méprises, une image nouvelle de la politique pontificale des grands siècles du moyen âge; météore qui couvrit le firmament depuis le pontificat de Paul V jusqu'à celui de Sixte Y; l'ordre des Jésuites en fut le principal oraane ; mats t7 était trop fard pour restaurer fancienne politique; nul flot ne peut remonter le cours des djes.