‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 62 sur 87 · XI. — Fréilém* Schlegel · texte numérisé non relu

XI. — Fréilém* Schlegel

Schle^el avait bu largement aux sources de raotiquité classique, où de Haistre avait mouillé ses lèvres. Disciple de Fichte» il tempérait son idéalisme par l'ironie platonicienne. Tout classique qu'il fût, il possédait les littératures du midi de TEurope. Hostile à l'ancien régime, il reprochait à la révolution d'en per}>étuer la corruption, il souleva

le midi de l'Allemagne contre l'Empire, comme Ficbte rAllemagne du Nord.

Les deux frères Schlegei étaient à la tète d'une école poétique, hostile au siècle de Ix>ttis XIV* Quand Frédéric de Schlegei se Gt catholic|ue, il modéra sa polémique, et ga^na en justesse. A Paris, il rencontra un prisonnier de guerre Anglais, M. Haniilton, qui lui ouvrit l'accès du sanscrit, ainsi qu'à M. de Chézy. Celui-ci fut le maître de M. Eugène Burnouf qui le fit oublier. Fr. Schlegei suacsta les études de Bopp, le plus ardent promoteur de la grande révolatioa philologique de l'Europe moderne. Jones et Wilkins avaient aperçu la parenté du sansi-rit et des langues européennes; plus tard, le blocus continental avait barre l'Asie à l'Europe savante ; d'importants travaai de Colebrooke végétaient à Calcutta^dans l'obscurité» quand le monde fut rouvert à l'investigation historique en 1814^. Avant cette époque, F. Schlegei fut le seul k poser les foudeujents de la grammaire comparée, science inconnue aux savants anglais, et qui renverse la grammaire de Port-Rojal, qui taillait toutes les tangues sur le même patron, Qomme les gramnoai riens de Rome, et de la Renaissance, tous stoïciens ou épicuriens. Wûlf venait de foniter une nouvelle école de philosophes, quand (tarut l'ouvrage de F. Schlegei sur la langue et la sagesse des Indiens.Ce livre est aujourd'hui suranné,niais %l est encore glorieux de vieillir^ en devenant le point de départ d^un nouveau monde tfe l'intelligence.

L'attention ainsi attirée sur les langacs aryennes, s'étendit par l'académie de Saint- Pétersbourg sur celles de l'Oural, de l'AltUi du Caucase; par Champoilioa sur TEgyiHe} par Stanislas Julieo,surlaChine;parScnmidt,

Koeroes, Schœfner, Foucault sur le Tibet et l'Indo-Chine; par ti. de Humboldt sur les idiomes malais. Rendons grâces à la Propor gande de Rome, surtout à tordre des Jésuites, a avoir eu les grandes initiatives, d'avoir /ei premiers scientifiquement envahi tant de ri" gions du globe, précédemment inconnues, é!ar voir frayé la route à leur conquête intellee" tuelle^ au moyen de la science des lan^fuet ; mais quand Rome conçut ce plan magnifipt^^ la philologie suivait forcément un^ femsH route, coulant tous les idiomes du monde entier sur un type latin. Les missionnaire$,(i^} voudraient aujourd'hui continuer cette voie de leurs devanciers, trouveraient des insirihments d'actionqui manquaient à leurs prédécesseurs.

Par un trait de la Providence, ces Iravaui qui vont fouiller le génie des peuples jusque dans la source de leur langage, ont éi^ suscités par Schlegei au moment où Tespra scientifique voulait parquer l'homme dans les études matérielles, et où l'Empire, ini^; disant toute grande investigation, laissait ie$ lettres aux hommes, comme à de grands enfants pour les amuser. Grâce à F. Scblege/» quand les portes de l'univers se roovnreni à deux battants, en 181&, le génie seieniiDque de la révolution, le génie administraiu

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PHlLOSOraiB DE LWSTOIRE*

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e TEmpire, chacun admirable en son genr«, urent forcés de compter avec tout le pas^é u genre humain. Ce réveil en surêaiU du wnde moral et du monde intellectuel de tant '« peuples, cette importance nouvelle reçoittue à toutes les races des hommes^ à toutes ts formes de la société humaine^ celte fouille 'ff antiquités de toutes nos origines^ de l^Bu^ ope païenne des barbares, de l'Europe ehré-^ ienne du moyen âge. cette explication de ous' mêmes par nous-mêmes, d accord avec ;i influences d'une religion qui a radicale" lent transformé le cœur et V esprit de Vhom-^ ie, tout celaoccupe aujourd'hui tous les bons sprits en Europe, dans VInde britannique, ux Etats-Unis du nord de l Amérique.., Ce ue SchUget avait provoqué en ce genre, fuillaumede Humboldt le continua... Leprolier, i7 a tenté une classificalion du systimt et langues... Le monde historique est en uelque sorte dans la fonderie: partout se émenl les grandes masses de construction ui serviront à f édifice d'une véritable philoophie de V histoire, mais il faudrait que ta héologie s'untt aux sciences historiques dune 'acception la plus étendue du mot. pour «tirer dans ce mouvement pour la part qui lui n revient.

Ce qu*on peut reprocher à F. Schlegel, *esl une aveugle partialité pour rAulriche. 1 fait pour la maison de Habsbourg, ce que A, de Booald fait pour la maison de liour- K>Q;au Heu d*en faire Je pivot d*un empire, i en fait le pivot du monde, Hegel a fait la Dême chose pour le gouvernenieot prus»

^ieu... Chacun prêche pour son saint, personne ne songe k l'Eglise. De plus, Schlegel isubi Tinfluence fli'.heuse de fiaader et de Uoliior. La Philosophie de la tradition de ce lernier est un livre curieux k plusieurs •gards; mais Schlegel y a puisé du goût 'our la théosophie, pour Tinterprétation ca- ^listique de rAncien Testament. Nous rerenons ainsi k Reuchlin» è Pic de la Miran* iole, k la philosophie de la Qn du xv* siôcle. La véritable clef de Thistoire du genre huntaioi ce n*est pas une science secrète, c'est l'hoQime lui-même.

in. — Du rdie de la politique dans ses rapports avec ta philosopliie de Thistoire.

Le verbe humain est naturelletnent païen avant sa rectification par le Verbe divin, car ii est mythique. L*homme pense et parle d'abord k travers le yoile du monde. Après celle intuition originelle du Koemes dans le verbe humain, le Tangage devient poétique, puis social et politique, et enfin philosophique. L'tma^îfia/iofi domine dans le verbe du inonde antique, comme la raison dans le verlie du monde moderne : i*une a rencontré la langue de Vart qui réalise le système du monde; l'autre, la langue de la science, qui exprime la uolitique et la morale. Il est devenu impossible aux nations chrétiennes de renier le Christ; par le seul fait du lan- ^96 renouvelé dans chaque race par le christianisme . il est impossible k ces races de rebrousser chemin vers Tantiquité. Toute

philosophie distincte de la philosophie chrétienne lui est antérieure quant au fond des idées. Le socinianisme n'est qu*une copie de la théologie musulmane et joive. Les disciples de Condillac avaient compris la nécessité de changer la langue pour arriver k leur but; ils voulaient un idiome c|ui ne fût ni le verbe païen, ni le verbe juif, ni le verbe de Tislam.

Dans l'état païen, juif, musulman, l'état domestique, civil et politique sont des temples, étant organisés théocratiquement. Le christianisme seul a distingué l'Eglise de l'Etat. La monarchie de Charlemagne ne ressemble ni k celle des premiers Césars, incarnation de la république , ni k celle de Dioctétien, copie de celle des Sassanides. L'empire et la papauté, unis d'abord, se détruisent mutuellement ; le premier périt dans le sang du dernier des Hohenstauffen , par la main de Charles d'Anjou; la politique papale, fondée par les premiers Grégoire avec tant de sagesse, succombe entre les mnins de Boniface VIIL Ces deux pouvoirs se brouillèrent : i* au sujet de Rome qui, évoquant un fantôme de 1 ancienne république, prétendait gouverner le Pape comme l'empereur; aussi la papauté ne fut jamais solidement établie k Rome pendant le moyen ftge;2" parce que Gréf^oire VII, après avoir affranchi l'Eglise, voulut prendre une revanche. Le censorat politique de l'Eglise, admiré par Leibnitz, Jean de Muller, en fut diminué; cette institution, la plus sublime qui se soit jamais offerte à Vespnt de l'homme. -^ Toujours est 'il que r Europe dut à cette lutte une grande, une mâle éducation politique et sociaie. On peut enjuger surtout par le contruste du califat d'Orient, où une idée anato'

?fue périt sans profit pour Vislam, tandis que e système qui marche de Grégoire Yll à Èo» nifaee VIII fut le vrai berceau de la constitution des grandes races européennes, L>mpire f Orient a péri pour n'avoir pas voulu s'associer à ses aestinées.

La papauté de Clément V avait déjk perdu tout le terrain politique, et Louis XIV Ibula aux pieds ce qui lui restait d'un vieux prestige. Au XV* siècle, a][ant échoué dans ses grandes vues sur l'Orient, la papauté devint maîtresse de Rome, et souffla sur le fantôme de république qui jouait au gouvernement du monde. La rivalité de Naples, \à i'alousie de Florence, l'orgueil de Milan, 'ambition de Venise l'empêchent de dominer l'Italie. C*est le temps de Ferdinand et Isabelle, de Louis XI, d'Henri VUl, de Maximilien. La papauté ne pouvant plus maîtriser ces nouvaaiix éléments de peuples et d*empires dont elle avait contribué k provoquer l'existence, entre avec eux en hostilité ou en alliance, selon les intérêts de sa domination italienne, où elle espérait trouver, le levier d'une force matérielle suffisante pour soulever le poids du monde chrétien, levier qui lui avait fait défaut au moyen âge. Politique habile, mais fausse, qui amena en Italie les armes de l'étranger dont il fallait se servir, sans les laisser s''

fermir à Naples et à Milan. Cette poHtîqae, empruntée à Tancienne république et favorisée par la Renaissance» eut à subir , outre répreuve des politi(]ues rivales, en Italie et au dehors» la réaction populaire contre la déloyauté des puissances de la seconde moitié du XV* siècle» réaction qui s'exprima par des ligues catholiques et des ligues protestantes. Les efforts de quelques grands Papes échouèrent contre ces obstacles et contre la séparation de la foi et de la science» opérée par le protestantisme.

XIU. — De l*é€Onoinie politique dans ses rapports avec la philosophie de IMiisioire.

La monarchie universelle de Louis XIV»

comme celle des Babsbourg» était impossible; Téquilibre européen du xvnr siècle était le seul équivalent possible du beau système du moyen Age» dont fiarneveldt et Grotius surent apprécier la valeur. Aujourd'hui la révolution et le panslavisme sont en présence. Cest eu cet état politique qu'une nouvelle science, l'économie politique» veut s'emparer de la direction sociale de l'avenir.

M. Bceckh nous montre l'économie politique des Grecs et des Romains» relevant d'un système métrique emprunté h Babylone et à l'Egypte» appliqué au commerce et i l'agriculture. Rome» comme les monarchies orientales» épuisait» par sa fiscalité, les peuples vaincus, et les déshéritait de toute propriété rurale. L'agriculture reparut en Europe par l'arrivée (Tune nouvelle race d'hommes» installés sur le domaine du fisc romain.

Ou peut distinguer trois classes d'utopies sociales : 1* les savantes» comme celles de Platon» Thomas Morus» Campanella, Féueloo» qui ne peuvent s'appliquer qu'à de petites peuplades, comme Sparte» et dans un autre genre» les Ndrikas au Malabar» ceux de Lycie et de Béotie, où les femmes possèdent le pouvoir de l'Etat; 2* les théucrati- 3ues savantes» comme le l)ouddhisme» qui étache Ttiomme de son existence terrestre» de sa famille, de sa propriété» pour en faire rimage dès Bouddhas et de leurs disciples les Bodhisatvas. S'il a civilisé les Mongols» il a dissous une foule d'Etats antiques; les disciples de Zalmoxis, chez les Gètes et les Daces» les Waidelottes lithuaniens, les Druides qui ont supplanté le bardisme» non chez tous les Celtes» mais chez les Kymris» les pvthagoriciens» les gnosliques» les oianichéens» les ismaélites» les cathares» ont eu la même tendance et les mêmes funestes effets. Si les Celtes n'ont pu résister è la conquête romaine» le système théocratique et la palingénésie sociale des Druides y ont eu une grande part. Quand l'Eglise a ouvert par les ordres religieux savants ou guerriers une veine d'enthousiasme au cœur de l'humanité» elle a eu soin de préserver les fondements de la vie domestique, de la vie ci- ▼ile; 3* les mystiques qui» comme les sbai- ▼as de rinde» les kodeschim de l'empire Svro-babylonien» les Galles de Phrygie» les Hordes dionysiaques, le montauisme» le mil* léuarismei les tiogomiics, les fraiicMU les

anabaptistes» .es quakers, Mardak wm ks Sassanides» Karmat sous les Al»8$sides,ft&lent ressusciter l'Age d*or» et établir u us de divine liberté. Tout cela aueste an cmveau besoin que TEgltse a satisbit par «^ Frères mendiants.

De nos jours les utopies soeialislffce réa^i contre le système d'individualisme radicale de la révolution française.

Généralement l'ancienne écoDOi&itrW tique ne faisait que fiscaliser. Elle fut Mn^ par les institutions allodiales, féodales, t-z munales du moyen Age. Les premiers ir> cipes d'une administration savante serwcontrent è la cour des Papes; Ils se 4^«^ loppent è Naples, sous Frédérir II» k Ver^^. Gênes» Florence. Les armées penDiortis* du XV* siècle exigent une nouvelle flbot!i:i Les Indes furent un leurre pour le Porogai » comme TAmérique pour l*B$pagDe. b Hollande profita de leur manoue de \xh voyance. L'Anj^leterre dut à Croai«e< v grandeur maritime. Sully ménage Tagnci.ture; Colbertcrée Tinduslrie sur le ce».nent» malgré les prodigalités de Loois IP' qui soldait les Stuarts» rAllemagne, iltrope. La France engendre» au xvoj* sx^^ une foule d'hommes inspirés d*uo venu: • amour des intérêts sociaux, Adam Ssi-*.

Jovellanos, etc. Maine philamikropimu ^ les princes et les Etais au coniinemi^ lÀm^fterre, avec son sens pratique^ fU <f< la iké^^f un instrument de sa puissance natianaif^f^ sant payer au reste au monde U$ ferais de *« éducation.

L'économie politique a pris, par Tester des sciences mathématiques et phjsiqc^, un caractère expérimental. Le mouveiLfct est devenu irrésistible. Il est une des mses de la srandeur des nations. Mais il de. dégager I économie politique da matért lisme, et lui trouver un contre-poids dans ï moral de Thomme.

XIV. — D'une philosophie ratioondle é% nôfMR. L*école française ou doctrinaire.

M. Royer-Collard relève non des doctn'i^ mais des sentiments de Port-Royal, fu ^v l'idée de Montesquieu, interprétée par Necker, se heurta avec l'idée de Bossoet, trterprétée par MM. de Bonald et de Manoir. Contre ceux-ci s'unirent récola aristocr»que de Necker» l'école démocratiqve j* Sièyes» l'école américaine de LabyHt^. 1^ tiers^parti créa un nouvel amalgame oè : bonapartisme remplaçait Lafayelte.

Royer-Collard» pour réagir cooire Crr* dillac» écoute les Ecossais» adversaires .* Locke. M. Cousin s*empara de rUnivrrs':-.

Kur propager sa philosophie» dont il faMmande de la religion» réduite ft l'écai w tcorce. Cette lutte de la reltsioa et do nt-^^ nalisme rendait plus dilBcile le gouverr^» ment représentatif» déik bien peo a|iplicBtr.t h une société où il n y avait plus, tomtos dans l'ancienne France» ni anslocntie» ?i bourgeoisie» où il ne restait que des è> ments individuels» des adminisirttearf '( des administrés, où la famille et la

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