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infime âme et le même cœur; sans détruire l'initiative personnelle de la liberté iodividufllle du prince et du sujet, elle leur imposait le respect des ancêtres et de la Iradilion. Sans doute, alors, il y avait aussi des abus; car les abus sont le triste cortège de l'humanité sur la terre. Mais entre les premiers et les derniers temps de la oionarctiie, voici la dilTérence ; au moyen âge on recunnaissail la loi de vie, tout en la vrolani Iropsouvent/taDdis <]u'aiijODrd'hui nous la refwussons en principe, bien que, par une beurense inconséquence, nous en rechercfaions les fruits.
■ La raison de celte apparente contradiction e5t simple : il faut h la plante I« temps de se développer. Fils des barbares, nos pères avaient dans les veines un reste de violence qui résistait énergiquement au catholicisme, tout en finissant par se soumettre. Le cheval récemment dompté s'emporte encore.
Nous sommes, nous, les fils des croisés, et le sanç chrétien résiste au poison révolutionnaire, il Tauldonc qu'il soit épuisé pour que les droiu de fhomme produisent toutes leurs conséquences. Alors seulement, on saura par une douloureuse expérience que, borsdfl l'Eglise il n'y a point d'unité {pour les peuples modernes, et dès lors point de salut. •
Le même écrivain fait oinsi ressortir [l'niveri, 30 mars IBS7} les contradictions je la Révolution : ■ Dites à ce peuple qu'il ïsl infiniment éclairé et tout h la fois qu'il l'a pas besoin d'avoirraison pour valider ses icle5; qu'il est souverain tt que la révolte !St le plus saint des devoirs; qu'il est I3 ■ource (le toute Justice, et qu'il peut pren- Ire au père de famille son dernier écu et .on dernier enfant; que sa voii est la voii le Dieu, et que la loi doit être athée ; que DUS les hommes sont frères, et qu'il y a ilusieurs races, c'est-h-dire, qu'il n'est pas le père commun; que tout homme est iniépeoilaat, et que le majorité peut tout oonre la minorité, excepte pourtant de chaner les hommes eo femmes, comme voulait »ea )e reconnaître l'honnête Blakstone; 'fomettez tout k la fois l'émancipation de la hair et le progrès de la raison ; & chacun , es monceaux d or et l'égalité des partages.-, )utes ces contradictions ont un .fumet qui lait h la tourbe révolutionnaire. »
Ciions encore deux arlicleâ de H. de Uauligny : le premier a paru dans VUniverM du I mars 1S57; le second dans le même jour- 1) , eo février 1858. Voici le premier : «' 11 est diflicile d'établir la doctrine raanaliste ; autant d'opinions que de têtes, itant même d'opinions diverses chez tout liiosopbe, qu'il fait d'éditions de ses œu - ■es. Néanmoins, voici en {^ros le fond du 'stème.
« La raison humaine peut découvrir tonte ■rîtd, et ne doit admettre que ce qui est iclent. Jusqu'à présent, elle n'a prouvé le trois choses * Dieu, l'homme, le monde lysiqoe, et elle n'admet que cela. Le Dieu 1 ralionalisme est l'être universel ; il a la
rrQUE. tow
raison universelle et la vie universelle, mais snns personnalités distinctes. De le émanent In raison humaine et laviede tout l'univers, ou l'fime du monde : selon les uns, Dieu l'a créé de sa substance ; selon les autres, Dieu se borne 6 vivifier une matière éternelle. La raison humaine, la raison de chaque homme est la raison même de Dieu, le Verbe de Dieu. Elle est, dès lors, éternelle, nécessaire, unirorselie, lumineuse par ellemême, en sorte que l'homme possède en lui-même la source de toute science, de toute lumière, de toute vérité. L'homme,
fiar conséquent, n'a besoin d'aucune révéation divine, puisque Dieu se révèle i^mplétemeut à loi en lui donnant la raison; d'aucune autorité humaine, aucune lumière ne pouvant éirc supérieure b la lumière divine de la raison. Mais si tous les hommes ' ont la même raison, ils n'ont pas tous la même volonté; chacun a sa volonté [iropre, volonté libre, indépendante, et qui n'est soumise qu'à la raison. L'homme a radicalement le lelf-governement, il s'éclaire luimême, se dirige lui-même, et tout pouvoir est un mandai toujours révocable au gré da mandanL Le pouvoir, du reste, nu peut s'exercer que sur les actes extérieurs; la pensée, et par suite la tribune et la presse, sont radicalement libres. .
« La société résulte d'une convention. Les hommes originairement libres et indépendants ayant pensé qu'il était de leur intérêt de vivre en société, ont institué des gouvernements dont ils restent toujours les juges. Le peuple eat ta source de tout pouvoir; il choisit les sages pour faire les lois, les forts pour les exécuter. La majorité a tcus les droits; la vérité, la justice, sinon spéculatives, du moins pratiques, sont toujours avec la majorité, ei tout lut appartient. Elle peut exproprier tous les propriétaires, imposer ses doctrines à tous ses enfants, lever tous impots et toule conscription. La loi est toujours juste, pourvu qu'elle soit votée par la majorité. La minorité n'a d'autre ressource que d'user de la liberté de la pressa et de la tribune, pour conquérir k son tour la majorité et devenir omnipotente, chose facile, tous les membres de la majorité n'étant pas également satisfaits et repus. 11 est vrai qu'en vertu de cette théorie, le noir devient blanc; ce qui était hier une erreur indigne est aujourd'hui une vérité sacrosainte; les prisons se vident et se remplissent tour à tour des séides des partis contraires ; l'insurgé est transformé en héros; on lui élève des statues et des colonnes aue l'on renverse quand il cesse d'être le plus fort. Mais il ne faut pas s'inquiéter de ces révolutions incessantes; elles sont loujuurs justes, étant la conséquence et le moyen du urogrËs. Quoique le pouvoir appartienne à la majorité, il ne faut pas cependant qu'eltii y reste trop longtemps; car si les miniïtres s'éternisent, eux et leurs créatures, la révolte devient, pour les affamés, le plus iaiul des devoirs.
■ Telle est la théorie générale. Quant aoi
DICTIONN .IRE DU PARALLELE
applications, le ralionalismo se partage en plusieurs sectes. Selon les académiciens, le pouvoir n'appartient qu'aux sages : pourélre législateur et fonctionnaire» il faut être philosophe ou tout au moins bachelier. Avec le progrès des lumières le peuple deviendra philosophe et la démocratie aura son jour; mais en attendant cet heureux jour, qu'il reste à l'écart. C'est le système chinois du mandarinat ou des capacités, et l'on travaille avec ardeur è le faire prévaloir.
« Une seconde secte dit : il n'y a de capacités que les coffres-forls ; le pouvoir appartient aux contribuables et aux patentés. C'est le système conservateur de 1830. Enfin, les
1)rogressifs n'admettent ni la féodalité intelectuelle ni la féodalité industrielle : le peu- (>le, c'est Tuniversalité des citoyens, et 1848 eur a donné gain de cause. La"^ démocratie, en principe du moins, est définitivement souveraine.
< Mais la démocratie sera bienlAt débordée; car l'on voit déjà poindre une autre école. Si l'homme est indépendant, pourquoi, dit-elle, des gouvernements? Que mMmporte la liberté de la pensée, dont je n'use guère, car rhomme qui pm»e e$t un animal dépravé? ce que je veux, c'est la liberté de mes actes. De le l'afiorcAte, ce beau rêve de Proudhon, qui peut devenir demain une réalité. Mais comme Tauarchie ne peut durer, de son sein sortira quelaue jour un homme qui dira: La raison cest moi, et moi seul. Adorez-moi et je vous comblerai d'honneurs, de jouissances, de richesses, sinon je vous tuerai. Partie du principe de l'indépendance universelle, la raison individuelle arrive nécessairement à la domination universelle, car Tindépendance n'est qu'à ce prix. Les droits du peuple ne sont qu'un mot de passe ; au fond, chacun poursuit le pouvoir, et des milliards d'hommes convoitent ce qu'un seul obtiendra, et pour quelques jours seulement. Cependant l'appAt, si grossier qu'il soit, suffit pour allécher la foule. C'est là le gros lot pour lequel chacun se ruine. Mais ce gros lot coûtera cher, car le père du mensonge dira à un homme : Convoite tous ces empires^ je te donnerai tout cela st, te prosternant devant mot, tu m'adores, {Matth. iv,0.}Et le dominateur futur de l'univers commencera par se rendre le dernier des esclaves. La démocratie lui dira, elle aussi : Frappe le sein oui t'a porté, pourvu que tu règnes. £t voilà le dernier mot du rationalisme.
« Le catholicisme part d'un principe tout opposé : la raison ne lui sert qu'à le conduire à la foi, et alors il chante ce chant sublime :
« Je crois en un seul Dieu^ pire tout-puis- $ant^ créateur du ciel et de laterrCf des choses visibles et des choses invisibles^ et en un seul 'Seigneur, Jésus-Christ^ fils unique de DieUf né du Père avant tous les siècles. Dieu de Dieu,., par qui tout a été fait... et qui a été fait homme... et en t Esprit-Saint^ 5etgnetir, et qtéi donne la vie... et en l Eglise ^ unSf sainte^ cathotique^ apostolique,., et f at-
tends la résurrection des morts et la vie du siècle futur..
« Entre la foi catholique et le ralioDalisme tout diffère donc.
c Le rationaliste ne reconnaît qu'un Bien solitaire et infécond ; le Catholique confesse trois personnes en Dieu. Le rationaliste ne reconnaît qu'un ordre : l'ordre de la oatare; le Catholique confesse en outre celui de la grAce, qui unit la nature à son auteur. Le rationaliste n'admet que le monde visible: le Catholique confesse en outre le monde invisible. Le rationaliste fait du verbe humain le Verbe de Dieu ; le Catholique n'y Toit oue l'image du Verbe de Dieu. Le rationaliste fait de Thomme le médiateur de Dieu et du monde, ce qui est en faire un Dieu, car tout médiateur tient des deux ter* mes ou'il unit ; le catholique fait seulement de riiomme le médiateur de la création visible et de la création invisible, et ne reconnaît qu'un seul médiateur universel, Jésus-Christ. Le rationaliste veutque la raison de chaque homme soit universelle; le catholique garde ce privilège pour l'Homme- Dieu. Le rationaliste admet une infinité de verbes divins; le Catholique n'en adore qa*un seul. Fils unique de Dieu. Le rationaliste admet la durée éternelle de ce monde; le catholique avoue que la figure de ce monde passe, et attend la vie du siècle à venir. Le rationaliste fait de la vie divine l'âme da monde; le Catholique fait de la viedu monde l'œuvre de Dieu, n'accordant qu'à l'Eglise la vie divine qu'elle tient de l'Esprit-Saint. En un mot, le rationaliste transporte dans l'ordre naturel, ce que le Catholique confesse*, de l'ordre i surnaturel sans toutefois nier l'ordre naturel qu'il laisse è sa place. Le rationaliste confond tout et divise tout, Dieu et les créatures, le naturel et le surnaturel ; le Catholique distingue tout et unit tout, grâce aux trois dogmes de la Trinité, de la Création et de l'Incarnation. Le rationaliste ne voit dans la société qu'une seule personne: car tout homme étant, selon lui, indépendant, n'a dès lors ni supérieur, ni inférieur; le Catholique y voit trois personnes: père* mère, enfants; pouvoir, ministres, sujets. Le rationalisme n'admet dans rame qu'une puissance : la raison ; le Catholique en admet trois : l'esprit qui s'unit à D\en par la foi, la raison qui s'unit à la vérité intelligible par la pensée, la vie qui anime le corps. Une seule âme, trois puissances comme l'enseigne saint Basile.
c Le rationaliste donne h tout homme l'indépendance et la souveraineté; le Catholique ne reconnaît qu'en un seul le pouvoir, la majesté et l'indépendance, et confesse que c'est de lui que descend toute autorité, toute paternité au ciel et sur la terre ; que lui seul donne au pouvoir son mandat et le révoque. Le rationaliste fait de la société une convention, le Catholique une œuvre de Dieu et de la nature.
« Pour le cacoollque, le pouvoir est 'a conséquence de la génération spirituelle et civile comme de la génération charnelle:
POLITIQUE
rautorilé Tient de l'auteur ou de l'ayantdroit de Tauteur : de là ce commandement qui oblige tout inférieur : Père et mère hO" noterai. Le roi est un père, la patrie une mère. Le Pape est un pàre« l'Kglise une mère. Ainsi notre politique est facile, elle est écrite au cœur de tous les enfants et de tous les pères. Hais, dira-t-on, le Pane, le roi, ou du moins sa dynastie, ne sont-ils pas élus I Saint Paul nous explique ce mystère. D*abord la femme est sortie de Thomme, puis rhomme de la femme. Le Pape est donc enfant de TEglise avant de régner sur elle, et le roi commence par être ffls de France. Un*y a d'exception que pour le fondateur : Adam, Pierre, Clovis. Jadis, quand un roi montait sur le trône, sa mère devenait sa première sujette et lui rendait les premiers ûommages» Elle l'honorait comme son seigneur, sans cesser de l'aimer comme son Gis. Cette mère, c'est l'image de TEalise et de toute nation chrétienne, et c'est làTordre de la nature. Le Christ lui-même a voulu être soumis à sa mère avant de résner sur elie au plus haut des cieux. Quand les rois chrétiens ont dit à la patrie : Je ne sors point de votre sein, et qu'ils ont enchakié la mère qui les avait nourris, réchauffés, élevés ; quand la patrie a dit aux rois : C'est njûi qui vous ai enfantés, restez en tutelle. Tordre de la nature a été détruit et la révolution a commencé. Oui, la patrie enfante le prince, mais elle enfante son seigneur.
«J^our le r^iooaliste,. il n'y a qu'un pouvoir unique : le peuple; pour te Catholique^ tout pouvoir vient de Dieu, mais il v en a plusieurs, et ces pouvoirs sont distincts et sabordonnés.comme les sociétés qu'ils gouvernenL La famille se distingue de l'Etat, l*Etat de l'Eglise. Dans l'Etat la commune^ la proince ; dans l'Eglise, la paroisse et le diocèse ont leur vie proprei distincte, libre sans être indépeuaaBte*
«Chaque chef est médiateur des deux ordres diveni qu'iL unit :. le père médiateur entre le prince et la familie, le roi médiar teur du clergé et du peuple, le Pape médialeur du ciel et de la terre, le Chnst médiateur de Dieu et des hommes, et non-seulencot des hommes, mais de tout l'univers, car tout a été fait par lui, tout descend de Dieu par lui, et tout y remonte encore par lui; c est par lui que les anges te louent, que h$ dominations ridorenU (Orat. Ecdes.) -^ Qui résiste aux puissances ^ résiste à l'ordrt ùabli de Dieu {Rom. xui, 2).
< Nous adorons un seul Dieu, seul indé* pendant, seul tout-puissant, et nous confessons que le Christ est « le seul Seigneur, n Ju'il est, en taoi au'homme, le chef des rois, es docteurs, des législateurs, des juges, des prêtres, car € tout pouvoir lui a été donné au ciel et sur la terre, » ou plutôt il est le ^eul roi, le seul prêtre, le seul juge, le seul législateur; les prêtres, les législateurs, les rois,les juges n'étant quesesorganes. L'esprit Ju chef est Tesprit du corps etdes membres; cetesprlt tout entier dans ce chef tout entier, 3ao$ ce corps tout cnticr,daDS cha(]uc membre.
donne à chacun les grâces de son état : au chef l'esprit de commandement et de justice» au sujet celui de l'obéissance, h tous lâchante. Ainsi, dans l'Eglise, plusieurs grAces un seul Esprit, rEs|jrit-Saint ; plusieurs ministères, un seul Seigneur, un seul Médiateur, le Christ; plusieurs autorités, un seul Dieu.
« Dans l'Eglise, on renonce à l'indépendance précisément pour agrandir la liberté, la liberté des enfants de Dieu. Le roi catholique renonce à l'indépendance de sa couronne pour la tenir du Christ, Roi des rois; le philosophe, à sa raison propre et bornée, afin de recevoir la vérité du Docteur des docteurs ; le juge ne veut pas d*autre justice que sa justice, et c'est par lui que le législateur décrète de justes lois ; le chevalier lui-même dépose son épée sur l'autel et la regoitde Celui qui a vaincu le monde : Le Christ commande et règne!
« C'est cet ordre admirable que la Réforme a attaqué et que la Révolution veut détruire; si elle n'est pas vaincue, elle le détruira de fond en comble dans Tordre temporel; mais il subsistera toujours dans l'ordre spirituel» car les portes de l'enfer ne prévaudront point contre la sainte Eglise.
< Ici je ne puis taire une vérité pénible. Si le rationalisme a pour but de remplacer partout le vrai médiateur par un faux médiateur, le vrai Christ par le faux Christ, le gallicanisme civil est un demi-rationalisme; c'est le rationalisme appliqué, non pas, si l*on veut , à l'ordre spirituel qu'il prétend conserver, mais à l'ordre temporel qu'il détruit. Le Christ, en effet, Q*est pas seulement le médiateur des Ames, il est le médiateur et le sauveur des hommes. Il n'est pas seulement l*Evêque de nos Ames, il est aussi le prince des rois de la terre. Si le roi trèschrétien, flis aîné de l'Eglise, est Indépendant du Christ, son père, et de l'Eglise, sa mère, pourquoi l'eniant dépendrait-il de ses parents, te citoyen de ses père et mère temporels, le prince et la patrie? Le gallicanisme est de l'inconséquence. Entre le rationalisme complet et le catholicisme com- Elet. il n'y a plus désormais de milieu. Ou ) règne du Christ, ou la démocratie. Le Christ tient en tout la première place ; il. est, comme homme, le premier anneau de la hiérarchie» S'il est brisé, la chaîne entière se détache.
c Qu'est-ce donc que cette indépendance h laquelle il faut que roti/ Chrétien, renonce, et qui nous est si chère T C'est l'isolement, d'où natt la corruption. L'humanité déchue était un cadavre ; le christianisme lui a rendu, mais avec plus d'abondance, l'esprit de vie, l'esprit qu elle avait reçu au commencement. Retourner h la mort est ponr certains hommes un progrès ; le grouillement des vers et la putrélutction leur plaisent. Hais cela est par trop étrange pour des Catholiques^ Comment ne voit-on i>as que le catholicisme a retrempé l'humanité tout entière à sa source, et que, par là, il entretient et renouvelle sans cesse la vie en elle; que
par conséquent, en renonçant à Tindépen- (lance, on ne renonce en réalité qn'^u néant, qui seul est indépendant de Dieu et du Christ, sans qui rien n'est fait ?
« Quand un fleuve est séparé de sa source^ son lit se dessèche et devient un impur assemblage de sables arides et de mares fétides et croupissantes, que les eaux courantes ne rafraîchissent plus. Alors ^air est infecté et tout périt. Telle est Thumanilé déchue. Rouvrez la source, ramenez les eaux vives, et chaque cloaque devient alors une pure fontaine, les eaux se joignent aux eaux, et descendent à la mer en fécondant les heureuses contrées qu'elles arrosent. Telle est l'Eglise.»
De la subordination des choses^
tf L A l'aide de la formuie universene de Tordre, nous avons démontré l'unité nécessaire du pouvoir et son indépendance du nombre, même dans les républiques. Mais comme à Dieu seul appartient la majesté et l'indépendance, et que les divers pouvoirs sont subordonnés les uns aux autres,, nous avons à rechercher les caractères essentiels de la hiérarchie et sa formule précise, mar thématique. On verra par là quil est plus absurde de soumettre l'Eglise catholique k l'Etat, et l'Etat è la multitude, que de faire le tout moins grand que la partie. Entre la partie et le tout, il y a du moins proportion; ce sont des grandeurs de mSme ordre; mais l'Eglise e( rEtat, l'Etat et Tindividu appartiennent à des puissances de degrés divers, et dès lors ce sont des grandeurs entre lesquelles on ne saurait établir de comparaison. Si le tout est plus grand que la partie, l'Etat est infiniment plus que l'individu.
< La société complète implique quatre ordres divers dont la charité est le lien : l*!a famiire, société particulière; 2* l'Etat, société générale ou publique; 3* l'Eglise, société universelle ou catholique ; h* la société divine enfin, ou la Trinité, type absolu de toute société, les personnes divines étant un seul et m6me être, un seul Dieu. Cet ordre est l'application d'une loi mathématique inviolable. Les arts, les sciences, les lettres, la grammaire, la philosophie, fa théologie, la terre et le ciel, l'homme, le Christ, l'univers entier, en un mot, lui rendent témoignage, parce que Dieu, qui en est la source, a tout marqué de son empreinte. C'est celte loi éternelle, nécessaire, univers selle, que la Révolution veut partout renverser, soit en soumettant l'ordre supérieur à l'ordre inférieur, soit en mettant partout l'indîvida au premier rang. Do là le protestantisme en religion, le radicalisme eu I Politique, le rationalisme en pfiilosophie, 'égolsme en morale; de le le matérialisme dans les arts,, dans les lettres et jusque dans les sciences.
« Les Catholiques ne tombent pas dans ces excès. Tous veulent la hiérarchie et dans Tordre spirituel et dans Tordre temporel, bien qu'il y ait dans l'esprit de plusieurs
certaines préventions d'oiï^ sont nés le gallicanisme d'une part, le parlementarisme de Tautre. Hais ce qu*on ne vent plus admettre aujourd'hui, c'est la subordination des deux ordres. On ne se contente pas de réclamer pour chacun la liberté^ on veut Vindépendance^ c'est-à-dire une Eglise sans « bras de chair » pour la protéger, un Etat sans pon* tife pour l'enseigner, sans glaive spirituel pour le défendre. En d'autres termes, ob admet des ordres particuliers. Ton repoussa l'ordre universel qui résulte de leur union; et cependant l'un est aussi nécessaire qu9 l'autre.
ff IL Les mathématiciens distinguent très^ nettement quatre sortes de grandeurs. : les grandeurs particulières, qu'ils calculent au moyen de l'arithmétique ; les grandeurs sénérales, qu'ilis calculent au moyen de I algèbre; les grandeurs universelles, (]u*ils calculent au moyen du calcul infinitésimal ; enfin l'unité simple et absolue, qui est le principe môme au calcul. Or celte unil^ absolue est une unité vivante; c'est l'intelligence de l'homme, la première de toutes les mesures mathématiques Imensura vient de me9is)f parce qu'eHe est 1 image de l'intelli-
Sence divine, principe de l'éternelle raisones nombres, comme de l'éternelle géométrie,, dont l'ombre est en nous.
• Nous retrouvons ces quatre ordres da^ candeurs dans l'arithmétique, oii l'on dis-> tingue : l'unité particulière ou concrète^ l'unité générale ou abstraite, l'unité univer-^ selle et indéterminée, et enfin l'unité absor lue, qui est Tesprit môme du calculateur.
« Il ne faut pas confondre l'unité universelle, que les anciens géomètres déûnissaient : « Ce par quoi toute chose est une * avec l'unité élémentaire. L'uml^est le principe, la forme des nombres ;.mais 1 ou uni fois l'unité en est l'élément et pour ainsi dire la matière. Vunité n'est pas nombre; 1 au contraire est le premier des noiAbres.
« Il en est de môme en séométrie. On remonte de la ligne matérielle k la ligne mathématique, de là k la longueur indéfinie, puis & l'esprit du géomètre, point vivant qui est le principe générateur de la géométrie, parce qu'il est 1 image de cette sagesse éternelle qui est le plus mobile de tous les mbileSf et qui étant une, peut tout^ est partout^ atteint à la fois (dans sa vitesse în/bite) lei deux extrémités de Funivers^ où elle dispose tout avec force et douceur.
« Il en est de môme en phitosophie : Baf^ ses Commentaires sur saint DenySf dit le célèbre cardinal Cusa, Mtn^ Thomas nous e^' seigne à considérer trois choses dans les substances : premièrement f le singulier ^ p^ exemple Platon.,,: secondement , le Q^},> par exemple un homme, un animal.,.: troiiifmement, la nature^ par exemple fAtiiiuiniK ou ce par quoi un homme est un homme. Cesi par cette distinction que ce tris-satant Père a éclairci ce qui ailleurs est obscur (De ver- Sap., 33). A ces trois sortes de grandeurs u faut ajouter l'essence absolue, par exemple l'homme, essence que saint Thonw distingue
MS
w>litiq::e.
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illf ors très-oettementde la nalare (70). Ainsi
I »ab5taiice indlTidaelle ou l*bypostase, le fore« la oatore, ressente, aoalre ordres ivers qu*il faut distinguer. L bjrposlase oa 0 lj sobstance individoelle est ce qu'une bose s de frofre et d'inconimunicabie; de i l'existence propre qu*on nomme personalité dans les êtres raisonnables. Le genre ^enu$) est ce que plusieurs choses de même rigioe ont de semblable : de \h Végalité. La ature, ijpe uniTersel» est la base de Teiismce commune ou de la société. EnGn, de esseuce Tient Vmniié absolue de rétre.
JDsi chaque homme a sa personnalité. Fils 'Adam, les hommes ont le même genre* et es lors sont égaux. Créés par Dieu sur le lême tjpe idéal, ils ont la même nature, la lêoe bamanîté, et doivent dès lors vivre 0 société, former un seul corps moral, Thulaoité. Mais n'étant pas leur essence, ils ne ont pas le même être. C'est le privilège des ersoones divines. L'homme a t^être. Dieu u Têlre. Cest à œ privilège que l'Eglise «rliripe d'une certaine manière, puisqu'elle st le corps do Christ, et qu'à la fin Dku rra en tcmU$ dkoaet .
« Bien avant la philosophie, la grammaire IstiDguait ces idées. Les noms propres et » pronoms démonstratifs exprimenM*indi« idoalité; les noms communs expriment le j^ore; les nom» abstraits expriment Tuniersel ; Tarticle /e, ajouté au nom commun, iprime Tabsolu.
« Les langues, on le voit, sont une philo* o[hie vivante et en action. C'est cette phiosophie populaire que les sophistes altè* eot en changeant le sens des mots. Et c*est oar éviter les nouveautés de paroles, ource des hérésies, que l'Eglise parle une Kn^cue morte, ou pluUU uneTausue immuaile» éiemelle, comme Bome elle-même, la ugQe romaine.
\ ID. L'individuel^ le général, Tuniversel t l'absolu ont leur source dans le do^e de t Trinité. Sans rien diviser, sans rien di- ^ifier, nous distinguons en effet en Dieu rois eiistenoes individuelles on trois peronoes. Nous exprimons ce que ces peroones ont de général et d'éftaK, quand nous ti'OQs le père est Dieu, le fils est Dieu. ^ ^ mot abstrait, la divinité, désigne la naore et psr suite la société divine. -^ Enfin, e mot Dieu, pris d*une manière absolue, 'iprime l'essence divine ou FEtre dans^ sa implicite absolue.
< Ces quatre ordres, dont les mathématiloes sont l'expression et dont Dieu est la ^urce, se retrouvent partout. Ainsi, dans m humain, quatre degrés. La maison mafirielle a pour type la maison immatérielle,
(^^) < Eisentia sb eascMlo dickor. Unius esseo» V» ttOB pottaat did aisi qeomm vnom est esse, t'oinst did aliqaa eniiis oatorae qvae conveuionl «ahqvo acte, (t, 59, 11. 3.) Essentia compre- Wii4ii iuj untom qiue cadunt in defioitiooe. » l,j.)
(''}),« Art estqno Deos Intelligit; idea ot quid
II i(*liigit Idca secundnm quod principium cognisci- ^a est, dlcitor têtio. Secandom quod est prin*
imaginée par Tarchitecte; celle-ci dépend des règles de Tarchitecture, au-dessus des-^ quelles plane Tart considéré dans son unité, c'est-è-dire Tintelligence même de Farchitecte. En d*autres termes, il faut considérer dans les arts : la chose, — son type idéal, — sa raison, — son auteur, et par'suite quatre causes : la cause matérielle, — la cause exemplaire, — la eause formelle, — la cause efficiente.
« Il en est de même dans Tart divin. La création a pour modèle le monde archétype ou les exemplaires éternels; des exemplaires on remonte aux raisons éternelles des choses, de là è l'art divin lui-même (71).
« 11 en est de même de la parole humaine. Avant la parole orale, la parole mentale ou la pensée ; avant la pensée, la raison engendrée on le verbe; avant le verbe humain, l'intelligence humaine qui l'engendre ou l'orateur. La raison est la conception des rapports nécessaires, universels, immuables» des idées. Elle exprime tout ce que l'on
f€ui dire; la parole mentale exprime ce aue on vetil dire ; la parole orale est ce ^ on dîl. Le perroquet répète des mots, il ne parle pas, parce qu'il ne pense pas. Le sophiste et le fou parlent |)uisqu'ils pensent» mais ils parlent sans raison; et la raison leur manque parce que l'intelligence, génératrice de la raison, est obscurcie. Ils sont êemblables au muiet prM d^inielligeueê (Tob. VI, 17), parce qu'ils sont privés de la lumière illuminatrice, l'un volontairement» Tautre involontairement, et l'intelligence, n*étant plus fécondée d'en haut, reste sté* ri le
« Il en est de même de la parole divine. Avant Tincarnation, il y a le uécret d'incarnation ou ce que TEcriture appelle {EecU. i, 5) la sagesse créée dams FEsprii-Saini dont le wtfbe est faroctuf (72); avant rétemel décret de l'incarnation, l'étemelle et nécessaire génération du Verbe, niée par l'arianisme; enfin, avant le Verbe (dans l'ordre dos ori- Kines), nous nommons l'intelligence qui rengendre, ou le Père^
« IV. L'univers entier est l'expression de I» même loi hiérarchioue. Dieu, le Christ, le ciel, la terre, voilk I univers. Un monde
Sirticulier, le monde des corps où chaque re n'a que sa ferme propre ; — un monde général, celui des intelligences créées, qui, outre leur forme propre, contiennent idéalement les formes intelligibles des êtres. — Un monde universel ou spirituel, c'est-ftdire cette nature immuable créée dans le Christ (Cen. i, 1 ; Col. i, 16, 17), et qui est la source de vie des créatures et la lumière naturelle des hommes, fa eroie lumiire qui
clpiom facilenls remm, dicitar csfw^tar... idea tU forma ad similiiodiiiem cojas mmmdui est factus. > (SsoMM, t, XV.) Ars — raiio — exempUr — mundus.
(7i) c Aote sscola predestinando seconJuiu bumaniiaiem crcaia est sapientis. i (S. A^tscLia.) Voir les 0 de rAveni, Coaifctics, Marie a*A-
CRCDA.
éclaîn ioui homme vHutni en c$ monde, {Joan. h 0.) Enûn le monde incréé, qui esl en Dieu et Dieu lui-même. De là quatre sortes de Ties, la vie sensible* la Tie rnisonnabie, la Tie spirituelle» et enfin la vie di« vine.
« Par suite de rincarnation. Dieu et l*bomo)e rivent toutes ces vies. Car Dieu a pris la nature de rhomoe, et dès lors la réalité de la vie humaine, tant sensible que raisonnable» et Tbomme a reçu en échange la réalité de la vie divine» tant spirituelle qu'essentielle. Sans l'IncarnatioD» le Verbe n*a la vie humaine que dans l*espritdeDieu> et» de son côté» Tbomme n*a que la figure et Tombre de la vie divine. La philosophie nous donne bien la notion de bieu et des vérités éternelles dont elle est la première lueur^ dit Innocent IV, mais pour passer de ridée h la réalité» pour jouir de cette vie éternelle et divine» qui consiste k connaître Dieu et le Christ» comme on en est connu» il faut la grâce dont le médiateur de Dieu et dee hommee (I Jim. ii, &) est la source unique. Ainsi le Christ est nécessaire pour éle*t ver l'homme jusqu'à Dieu» et Marie a été ehoisie de Dieu pour abaisser Dieu jusqu'à nous.
« V. Créé pour vivre de louta vie, l'homme a reçu de Dieu les sens pour entrer en rap« port avec le monde sensible» l'Ame pour en« trer en rapport avee le monde idéal» Tintée ligence ou l'esprit» maiif, pour entrer en. rapport avec le monde spirituel le cœur,^ enfin, pour untr toutes ces puissances et donner tout l*homme à Dieu. Car» fait à !*!• mage de Dieu, l'homme 'lui appartient. De là oe niot profond qui nous révèle ce qu'est 4*homme» et si important que l'Eglise le ré^ pète à tout Chrétien avant le baptême : Vou-' lei-eot«t «tera étemeUemenif mmez Dieu de tout votre eeprit^ de toute votre dnia» de tout votre tmur, et de toute votre force» virtute^ ajoute ailleurs l'Ecriture. (Hbre. xn» 30.) Telles sont les puissances distinctes d'une seule et même essence, dont la dernière» liée au corps» ne sabit que les vérités sensibles. L'esprit, au contraire» ne saisit que les vérités nécessaires ou les raisons des choses. Médiatrice de l'esprit et des sens» l'aliment de Tune et de I autre vie» l'âme sert i esprit en lui apportant les impressions des sens qu'elle idéalise, et guide les sens en appliquant à tours opérations les lumières de l'esprit» et c'est là la vraie philosophie humaine» dont les deui anges de l'école, saint Bonaventure et saint Thomas, sont les brillantes lumières, et dont Aristole et Platon sont les précurseurs.
m Ainsi, dans l'homme comme dans l'univers, quatre ordres distincts : l*" le particulier est saisi par les sens, de là l'eipérience sensible et les arts méoaniques; S*le sénéral ou l'idéal estsaisi par I âme, de là les lettres, lesarts libéraux et les sciences d'application ; S* l'universel est saisi par l'eispnt; de là la ^cience des vérités pécessaires et universelles, la métaphysique, les mathématiques pures, les principes de la politique. — L ab-
solu, enfin, est saisi par lecCHif chrétien, (|ut vivifie rKspril-SainIt de là la vraie relicoi. « De là encore quatre écoles de pbiWphie : Tune qui prend pour critérium k smJ témoignage des sens ou reipérienee;U seconde qui prend pour critérium le seul témoignage de l'âme, au'eUe nomme pcsié^, conscience, opinion; la troisième ooi pre»i
[lour critérium le témoignage de I esprii «o t*s premiers principes; la quatrième qv, acceptant tous ces témoignages, prend pOQt critérium le Verbe de vie que noue arosinr 4é nos \yeux et toucha de noe maim (/ Jmi , I» 3), et c'est là la philosophie chréiiefltt, qui ne se conteate pas d'aimer les lignes M la sagesse» mais qui aime la sagesse Bèn en personne. C'est la philosophie des th$, nos modèles.
VI. C'est aui quatre degcés de la fie qv correspond la hiérarchie universelle, qoe saint Paul nous fait connaître par ces pi* rôles : Je veux que voue êoekiesque bCàniJ eet le chef de l'homme^ que r homme enltd/f la femme, et Dieu le chef du Chriet, (Eila t, 23.) Voilà quatre foyers de vies : la kbk, de la vie sensible; l'homme» de la fit msonnable; le Christ, de la vie spiritieât; Dieu, de la vie divine. Vie particuliiRi î« générale» vie universelle ou oatboUqvf . f'* essentielle ou divine. Les deux fiméf> appartiennent à Tordre teaiporel oe murel ; les deux autres à l'ordre sumatorf:; mais tout est lié. De l'union de rbenscH de la femme nous tenons la vie iDat<neIlf, sensible, que la famille a pour bot priadf»: de développer; de l'union de Hioomeeici Christ, lumière de la raison, vient h tm raisonnable que l'Etat chrétien a poar pni* ci pale fin de développée; de looiOB û Christ et de Dieu vient la vie spiritae.<. universelle, catholique, que. l'Gglisea pcv fin principale de développer. Quant à U w divine, elle est l'teuvre de Dieu ml; r veux dire de la Trinité» qui tait dans Fesr* de l'homme sa demeure; de là la ^oat Grâce à la charité» toutes ces sociétés s os^ sent sans se confondre» chacone ajaot u* fin qui lui est propre. VKlat n'est pas darfe d'allaiter les enfants» de les nourrir, de ^ bourer les champs, de tisser la laine; u ■mille n'a pas la force publique, la josti^^* l'administration» la législation, 'es «f»**mies. L'Etat protège» dirige la bmM\u ne l'absorbe pas. La fiimtlle $oti ff^ ^ donne des citoyens» des soldats, des jii(e«* eUe ne le domine pas.
« L'iftat chrétien, à son tour, sert VW^'* il ne la domine pas. Mais si l'EgliM d:np TEUt par ses lumières, elle ne lawû«* pas. Elle n'a ni armées, ni trihunio».préfets, ni conseillers» ni roinî$iresjl»i! Si mission est de prier pour le »«»;*/ dirieer les êmes dans la voie du alot, dsministrer les sacrements • ^'^^^'^^^Jl nationtf de protéger la liberté des pw^ et l'autorité des rois ; de réunir fc» p"^ en un seul troupeau et eoue vm êcJM'^^ toutes choses que TEtal est dans I m^ •; sance de faire, n'ayant |H>ur cela m »*>*••
POSITmSME.
ni piits8MG6;c«r11 n*a pas la vie spirituelle el unÎTerselle. Eofio, Dieu fait ce que no peut faire l'Eglise; il sauve, il aloriQe, il inspire TEglise, mais sans pour cela Tabsorïmt. Il laisse à TEglise le popvair de lier et de délier, qu'elle exerce au nom du Christ, son chef; car le Pire ne juge p^nonne, il a remis ce pouvoir au Christ^ parée qu'il est fils de Vkomme. {Joan, y, 22.)
€ Ces divers ordres s'unissent l'un k Tautre par leurs chefs, qui appartiennent aux deux ordres dont ils sont médiateurs. Associé au pouvoir public dans la monarchie chrétienne, le père de famille est le médiateur de la famille et de l'Etat. Associé au pouvoir spirituel, le prince est médiateur du clergé et du peuple i uni au Verbe, l'Homme-Dieu est médiateur de Dieu et des ay>mmes.Toutse distingue, mi^is tout s'unit.
c Enfin, l'homme Tui-méme étant un comme la société est une, le même homme appartient, mais à différents titres, k la faoaille, k l'Etat, k l'élise. Le prêtre est fils, citoyen et poatife. Le la\c est membre de la Camille, membre do l'Etat, membre de TEglise. Chacun a diverses sortes de devoirs, et afipartient, k divers titres, aux sociétés diverses, mais il appartient tout entier k chacune d'elles, l'homme étant indivisible ; et il appartient k chacune sous un ra^iport dé- ^rminé, l'Ame ayant diverses puissances.
— Saint Alhanase va jusqu'k dire diverses personnalités. — De Ik la grande science de la politique chrétienne, basée sur ladislinc* Uon et la subordination mathématique des différents ordres : le particulier, le général, l'universel, l'absolu, 9
POSITIVISME. — M. Caro dit dans 8%s fiudês morales :
« Indiquons rapidement l'état actuel, les forces du positivisme et ses chances de soocès en Tan de grAce 186<^. L'essor du positivisme, comme dit M. Comte, doit se mesurer quelque peu sur l'extension du subside sacerdotal. Or le budget du grand prêtre est en voie de progression notable. Fondé le 12 novembre 1M8, il monte k 3,000 francs en i8&9, k 3300 en 1850, k &200 en 1851, k 5600 en 1852, k 7M)0 en 1853. Il montera en 1900 k plus de 100,000 francs» si cela continue. D'après les sources qui alimentent le subside sacerdotal, M. Comte trouve ce qu'il appelle iroû foyen po$Uif$ : un k Paris, les deux autres en Hollande et en Irlande... En dehors de qes trois /oyers parisien, bollan* dais et irlandais, M. Comte avoue tristement qu'il n'enregistre sut son livre d'or (c'est le cas de l'appeler ainsi, puisque c'est le registre des souscripteurs) que des adhésions isolées et de rares sympathies. En somme, de grands efforts, de gros volumes, quatrevingt-onze souscripteurs, trois foyers positivistes, tel est le bilan de la religion nouvelle. Le monde n'appartient pas encore au positivisme... L'originalité du système consiste k vouloir construire une religion presque mystique, en prenant pour base un matérialisme absolu... L'ambition avouée de positivisme n'est rien moins que de re-
nouveler Tespiit bomaini^ en r|i9ienaiil les phénomènes moraux k la loi des explica* tious scientifiques, et en substituant définitivement les notions et les méthodes positives aux doctrines religieuses et QNâtaphysi- 3ues qui n'ont é^ que le régime provisoire e l'humanité. M H y a un lai^ qui grandit chaque jour, c'est le règne des sciences po* sitives... Elles ne seront complètes que le jour où elJesauront reprisée légitime domaine des phénomènes sociaux , politiques, religieux, usurpé par le mensonge et l'illu^ sion... Tel est le dernier ternie auquel vieni aboutir cette doctrine, (la philosophie de M.Comte, qui a paru avant la sociologie, et qui est plutôt critique que dogmatigue), i^rte^ ment liée dans ses détails, mais inspirée pac. une passion étroite et âprement systémati-
3ue, la passion de l'unité dans la science, e l'unité obtenue k tout prix et ramenant k des conditions uniformes dç certitude le& ordres de réalités les plus dissemblables.
«Que M. Comte necroiepasen Dieu»c'c$tce que quelques citations prises au hasard, suffi-* ront pour mettre hors de contestation : Àunom du passé et de l'avenir les serviteurs théori'» ques et les serviteurs pratiques de l'humanité viennent prendre dignement la direction gé-^ nérale dee affaires terrestres^ pour construire enfin la vrate providence moralefinteUectuelle et matérielle^ en excluant irrévocablement de la suprématie poHtiaue tous les divers es c/aves ae Ih'eu, catholiques ^ protestants^ ou déistes, comme étant à la fois arriérés et per* turbateurs... Nous rappellerons encore tex-
quintelleduelle^ sous un digne concours des deux sexes. Diderot et Conaorcet ne pouvaient espérer que^ un siicls après VEneyclopediCf leur successeur unirait denobles couples par l'engagement du veuvage étemel^ et vouerait à riumanité des enfants pleinement dispensés
de Dieu En unmot^ i humanité se subslt-
tue définitivement à Dieu sans oublier jamais ses services provisoires. »
M. Caro résume ensuite la philosophie de l'histoire positiviste. Il y a dans l'hisloire trois périodes : la période tbéologique, la période métaph)rsique, et la période positiviste. La première se subdivise en trois époques, cellesdu féticbisme,du polythéisme du monothéisme, qui est inauguré par Moïse. Avec le christianisme, la divinité revêt enfin la nature humaine. Hais il reste encore un pas k faire, car l'humanité conserve encore le préjugé d'un Dieu étranger k elle, d'un dieu objectif. C'est la métaphysique qui va détruire ces illusions, mais, toute-puissante k détruire, elle est impuissante k fonder; elle doit disparaître aussi comme tous les régimes de transition, et faire place au positi* visme qui fait en connaissance de cause ce que les siècles précédents faisaient sans le savoir, car l'humanité s'adorait d^k ellemême, mais elle s'objectivait dans des éirea surnaturels, elle adorait son ombre agrandie dans les nuages.
ton
DICTIONNAIRE DU PAUALLEUS.
Voici mainlenani* comment M« Caro expose îâ théorie du grani^ire: « L'humanité prise dans son- ensemble, se décompose en deux
Ïrandes classes d'êtres queM. Comte appelle eux populations* — les rivants (population objectite), et les morts, auxquels il faut joindre ceux qui sont à naître (population subjecttTe). Les vivants travaillent pour leurs descendants, mais sous l'impulsion de leurs ancêtres. La population subjective qui est à naître est le but de noire activité. Mais la source de cette activité est dans la popula^ . lion subjective des morts. C'est elle qui j BOUS transmet les |>K>cédés de toutes nos opérations. Nous agissons par eux et avec eux Les morts représentent la dignité du
Prand-étre; les vivants, en représentent efficacité. Les morts ne peu¥enir agir que G r l'intermédiaire des vivants... La popuiion des morts es^ réduite au triste état d'une population* subiective«. parce qu'elle n'a qu'une existence abstraite, vague,, indé« terminée dans le souvenir des vivants... Et pourtant, si l'on pressebien la pensée intime de M. Gomtev on finira par s'apercevoir que c'est cette pMe population des trépassés qui seule constitue le grand être. Remarque» bien que il. Comte n'admet pas l'immortalité au sens du spiritualisme, et que, pour lui, il n'ya-d'autre immortalité cpie c^tte vie subjective dans la pensée des vivants. M n'y a donc pas de réalité dans l'existence prolongée des morts. Celte existence n'est qu'une abstraction, on mieux n'est qu'un souvenir. Et malgré cela, chose étrange ! c'est cette population vague et flottante de souvenirs, de reflets, et de fantômes qui épuise toute la réalité du grand-étre. Les générations ftitures ne comptent pas encore ; les eénératiens présentes ne^sont pas encore jaç6es,ei il Isot avoir subi le* jugement positiviste pour être incor|)oré- àla sublime déesse. Noos sommes ici d'une exactitude Mttérale... Le vrai, le seul grand-être, parcequ'il est le seul qui soit définitif, se compose des morts, mais des morts qui sont aigoes de vivre dans le souvenir, c est-à^ dire, selon la grande fDrmole, de ceux seulement doniFeêior objectif a laine de dignes réiultatê. Que deviennent donc les autres existences ? Que deviennent ou les parasites
3 ui ont surchargé la terre d'un inutile fdreau, ou les mécréants qui refusent de plier le genou devant le grand-être f ils meurent k tout jamais et sans rémission. M. Comte n'a pas pour eux asser de paroles de mépris. Il les abandonne à toutes les horreurs du néant; mais en définitive, comme ce néant ressemble de bien près au grand-être, nous en prenons admirablement notre parti. Nous ne vivron> ))as sur les tables de commémoration de M. Comte : notre nom sera impitoyablement exclu de l'almanach positiviste. Voilà notre sort; il est aOTreux et il nous fait rire. En revanche le paradis du grand-être, fermé d'une main avare aux paresseux et aux mécréants, est ouvert d'une main libérale k d'autres individualités, répudiées i tort par les théologies aveugles. Le grand*
Etre ouvre son large sein k tontes les rvees susceptibles d'adopter la commune deviM des flmes supérieures : fivre pmtr mairm. Or, quels êtres vivent plus pour ooas quels cheval, le bœuf et l'âne , que r«r ooe suprême élégance, M. Comte aiipelie ««s Mrm auxiliaires animaux?,.. Avec ce système commode de théodicée... puisque le grsodêtre n'est que la race prépondérante d'une planète,.... il peut y avoir uoeîafinitéde grancls*êtres ; mais ils nous sont rarfaiteoient indifférents ;... l'humapité seule noas îbtéresso puisque nous appartenons k rbomtnité. — Hais le fcrand-être, dir» quelqos sceptique, est bien éloigné de nous...
H. comte prévoit l'objection, et y répond victorieusement de manière^ charmer les |iIqs incrédules. Le ^rand-être a mie gradease personnification ici-bas : c'est la femoie. La sexe affectifs voilk où peuvent se porter dos hommases et s'adresser notre culte. Cest l'agréable intermédiaire entre le graiMMire et nous, liais pour que la femme soit «a intermédiaire suffisamment par, M. Owle rêve en son honnear... une sorte fhtiai pbrodisme artificiel qui est bien à la fns la* plus indéeeme et la plus bonSouno desttventions (p. 68 et 976 du lY^ toI.)^. S'il suffit pour n'être pas athée, d'instiloer «m religion et un culte, quels que soient d'ailleurs cette religion et ce culte, nous en eeaviendrons aisément, Vt. Comte n*esl pis athée, puisqu'il a établi tout* un système de rites religieux; mais si l'athéisme résulte de ce simple faitqueron récuse tonte réalité supérieure ; que l'on rejette parmi les hy-
g[)thèses oiseuses l'existence d'un sonveraîa tre, distinct du monde, dont il est k la fois le principe et la fin ; si l'athéisme, eoome le mot même l'indique, est le caraetèrs de toute doctrine qui se passe de Dien, et si le mot Dieu signifie ce que l'étemel bon- sens hii a toujours fiiitsignifier. l'alMolo, Tinfai, l'être nécessaire, la- première et la-demière raison des choses, en ce cas, je ne sa» trop comment M. Comte pourraitseutenir sérieosement qu'il n'est pas athée, poisqne toal Tesprit de sa doctrine est dans réImMaiû» de l'sbsolu... En réalité, il répudie Tidée d'une cause première ; cela nous snflll poar dire que sa doctrine est l'athéisme, »
Le culte établi par M. Comte consiste prîacipalement dans l'évocation cérébrale det morts. Ce culte se divise en culte privé et en culte public ; le premier se subdivise ea culte personnel et culte domestique. « Le culte privé personnel, » dit encore M. Caro. « donne naissance k une grande institnuon sociolatrique, l'institution des vrais ances gardiens. Il est facile de deviner d'aprfts les tendances générales du svstème, qae les vrais anges gardiens sont Tes femmes... U mère, l'épouse, la fille, personnifient an elles les trois modes de la perpétuité humaine, le passé, le présent et l'avenir, comme aussi elles représentent, dansunsymbole toachaat, les trois degrés de la solidarité qui oovs h« aux supérieurs, aux égaux, et aux inilriear». Que de choses dans une mère 1 Quelle i^rD»
leM
posititisme;
ton
&odeardo symbolisme dans Tépooseel dans la 611e I Le culte des anges gardiens exige trois prières quotidiennes. La première» celle du lever, plus étendue que les deux autres» doit BOUS disposer au bon emploi de nos forces.... Le culte privé domestique se distingue du précédent par la grande institution des sacrements sociaux... Les neuf sacrements sont destinés à sanctifier les phases générales de la vie privée... Le premier (la présentation) n'est pas autre chose qu*une sorte de baptême positiviste. M. Comte n'oublie même pas, dans la collation de ce sacrement initial, le parrain et la marraine, qu'il appelle avec une solennité comique, un caufU artifieieL Le second sacrement (rint- Ito^toii), marque le passage de l'éducation spontanée que dirigeait Ta mère à l'éducation systéaiatique, émanée du sacerdoce. L'odmtmofi autorise le jeune homme, à Si ans, à servir librement l'bamanité, dont iasau'alors it reçut tout sans lui rendre rien. La àtitifuuian consacrera la fonction utile, définitivement choisie par le jeune serviteur da grand-être. Le marto^e se complète par Tinstitution du veuvage eramel, et par l'engagement que prennent les conjoints, au cas où l'un des deuxdeviendrait veuf, de se vouer sa mariag9^ êubjêctêf... A kSi ans, l'homme, arrivé au terme de son développement . . . recevra le sacrement de maturité... A CS ans, le fooctioanaire de l'humanité vient, dans le sacrement de la reiratte, abdiquer son activité épuisée. Ce sacrement ne sera pas du goût de tout le monde. Les riches, par exemple, seront tenus de livrer à un auccesseur désigné le capital qui leur a serri d'iastrumenl... L'institution du huitième sacrement est pour M. Comte l'occasion de maudire un des plus beaux et des plus aususles sacrements de l'Eglise catholique, ceuû qui vient consoler le mourant, en lui montrant, en échange de la lumière terrestre, les splendeurs du Jour qui ne finira pas. C'est, aux yeux dé &i. Comte, une tolennité wuHutrueuie au le co/Aoltctame, oubliant $m iMtinnUion pour rester fidèle à son caroc'tire amiêoetalf érige la rupture de tous les Uins kumains en condition nécessaire d'une éternité no» moint égoïste que chimérique. Au contraire^ dans le sacrement de la êransfermationt le sacerdoce de Vhumanilé^ mêlant Utrearets civiques aux larmes domestiqueSf refresente F existence prête à s'ouvrir comme le perfectionnement subjectif des sertices 06 • jacii/ii qui fouiront méritée. Sept ans après... le sacerdoce ayant prononcé l'îiicorparorton, il préside au pompeux transport des restes sanctifiés, qui jusqu'alors déposés au champ civique, Tiennent occuper leur place éternelle dans le bois sacré qui entoure le tera-* pie de l'humanité. »
Quant au culte public, M. Comte le logera provisoirement dans les églises catholiques. I^sédificessacrés devront s'élever au milieu des lotnôea éTélite. Le sanctuaire devra contenir un septième de l'auditoire , afin qne le grand prêtre se trouve entouré des femmes U*éltte, qui constituent la meilleure et la
f>lus belle représentation du grand être. Aju ieudu signe de la croix, on dira : L'amour pour principe, Tordre pour base, le progrès pour but. « Il serait trop long, » dit M. âro, 9 de parler des processions, des bannières a double face, des fêtes de toute espèce qui se célébreront périodiquement, et au nombre desquelles il ne faut pas oublier deux genres, nouveaux et fort agréables, les fêtes statiques' et les fêtes dynamiques. Hais nous ne pou- / vons passer absolument sous silence le fameux calendrier positiviste qtii a paru au bon public une cnose si réjouissante,, que cinq ou six éditions ont été épuisées en deux ou troisans. Et cet excellent M. Comte^ qui voit dans le prodiffieux débit de son almanach la preuve irrécusable du succès de sa doctrine! Nous avons dit le calendrier; il serait plus juste de parler au pluriel. 11 y a doux calendriers positivistes, l'un defiii» nitif , et consacrant le culte abstrait de l'humanité, l'autre simplement provisoire
ayant pour but la glorification complète du passée c'est-à-dire la commémoration des grands ancêtres de la famille humaine et des plus nobles serviteurs de l'humanité. Hais parmi ces pères illustres, dont il faut consacrer la mémoire, il y en a de différents degrés. l\ y a, si je puis dire, les grand3 saints, les petits saints, et les saints d'une moyenne espèce, qui fournirdnt trois genres de types, mensuels, hebdomadaires et quotidiens. Le^ treize types mensuels, protecteurs et patrons des treize mois de l'année Ï}sitiviste, sont Hoise, Homère, Aristote, rchimède, César, saint Paul , Charlemagne, Dante, Guttemberg, Shakespeare, Descaries, Frédéric , Bichat. Dans chaque mois il y a quaire tupes hebdomadaires^ ce qui donne cinquantenleox i)Our l'année. Dans chaque semaine il y a six types quotidiens, parce que le type hebdomadaire se localise le septième jour. On trouve quelque peu d'arbitraire dans la répartition des noms illustres qui composent ces trois catégories. Hercule est indigné d'être subordonné è Muma» et saint Jean-fiaptidte rougit du voisinage incivil de Hahomet, qui est non-seulement son voisin, mais son chef de file. De son côté, Platon se demande pourquoi il n'a sous ses ordres qu'une seule et chétiye semaine, pendant que l'orgueilleux Aristote étale son triomphe pendant un grand mois. Dans le mois de César, Démosthène est accolé à Philippe, et tous les deux voudraient bien être séparés, fieetboven marche sous les ordres de Uozart, et Joseph de Uaistre obéit en frémissant au railleur David Hume. Quant au docteur Gall, il s'installe majestueusement dans une stalle d'orchestre « tandis que Kepler et Copernic sont au parterre , perdus dans la foule N'oublions
pas la nomenclature des iours de la semaine, maridi, f)atridi, filidi, fralridi, domidi, matridi, humanidi.... Jfondt, le 15 AlarcoD* Shakespeare 67, sera une date fort piquante à inscrire au bas d'une lettre. »
Quant au clergé positiviste , il se compo« sera de trois ordres. Les asuiraiits» admis 1
QICTIOMNAIRE Dtf PAlMLLEkE..
xingl-huil ans ^ et (ouchaDt un traitement de 3,000 fr.; les vicaires, chargés de renseignement et de la prédication, obligés de se marier, renonçant k leur patrimoine , et recevant 6,000 fr. par an; les prAtres qui on( la plénitude du sacerdoce, exercent le triple oflice de conseiller, de consécrateur et de régulateur, et reçoivent 12,000 fr. par an ,. sans compter les frais de tournée. Le grand-^ iirétre de Phumanité aura 60,000 fr., outre les fralê matérieh qu exigera $on imrMnse service. Il aura quatre assistants, dont le traitement sera la moitié du sien.
« La seule critique , j^ dit M. Caro, « que nous adressons à M. Comte , Tétonnera peutêtre; nous Taccuserons de timidité, d'iuconsécjuence, et, pour dire le gros moi, de capucinade. Oui , quand on fait tant que de détruire^ il ne faut pas s'arrêter en chemin. Tout point d*arrêt est ane inconséquence* Voyez la losiaue rapide des systèmes dans la gauche Hégélienne. Feuerbach,^ comme M* Comte, déteste toutes les métaphysiques et V)utes les. religions; il déclare,^ fui aossi, que ^homme, pendant de longs siècles , s'est sa-^ criGé aux sottes idoles d'une philosophie illusoire, et qu'il a Ignoré par un suicide imbécile de vaines abstractions, U aflirme que ce n'est pas Dieu qui a créé l'homme, mais que c'est 1 homme qui a créé Dieuj en objectivant IjOL conception qu'U àwi, de soi. C'est Tbomme q,ui a détaché la plus noble partie de son Âme , qui lui a naïvement attribué une existence distincte et Ta non^mée tour k tour Brahma, Jupiter, léhoicah, Jésus. Que Thomme s'habitue eniiji k se prendre lui-même pour terme suprême de son culte. Que le genre tiumain se sache Dieul. C'était la conclusion du fameux livre de FeueriMch,. VEêsence du christianieme ; mais celte conclusibn fut dépassée^ Voici venir M. Max, Stirner, et à ses yeux Feuerbach n'est qu'un dévot, bien plus, un cafard. Feuerbach tend encore k la transcendance: il admet un être étranger k l'homme et supérieur k lui ; il n'est pas encore le pur disciple de l'immanencct le libre philosophe qui , dégagé de tout préjugé, rend persounell.ement k chaque nomme la possession de l'absolu... La dialectique vive et serrée de Stirner contre Feuerbach s'applique avec un admirable k propos k la doctrine de M. Comte. Qu'estce donc, pouvons-nous dire, nous aussi, au chef de la religion positiviste, qu'est-ce que celte idée de l'homme généralisée que vous mettez k la place de Dieu? Qu*est-ce que ce pâle et gigantesque fantôme île Thumanité subjective, qui grandit sans cesse, qui se nourrit de mes larmes, de mon sang, de ma sueur, que vous prétendez honorer (lar de si étranges sacriflces, partant de dévouements, de peines et de privations? C'est encore Ik lin dieu extérieur, encore uu fléau des siècles k venir, tvran futur de l'histoire, bourreau implacable de nos consciences, despote fort de nos faiblesses, puissant par nos misères 1 L'humanité 1 encore une abstraction , encore une religion, c'est-k-dire encore une ^rritudel Mous a vssi| comme M. Stiiucri
nous pooTOos deniaadep k M. Canne s Qo*avez-vous donc prétende faire? Changer im nom? Est *^ ce donc Ik tont? On disait Dieu, vous dire:^ rhnmanlté. La belle eooquête, le beau triomphe I».. Comme 8lifa<r enfin noup proclamerons qu'il n'y a nea en dehors de l'individu.... qu'en dehors de moi commence le pur néant.. Niez Dieu, et je vous défiie de ne pas aboutir logiofienieoi k cette effroyable et monstrueuse idolâtrie de
dieu de son invention, le dieu le plof pâle, le plus impuissant , la plus stérile abstraction, le reflet le plus décoloré de i*existeoee humaine. Il ne croit pas k Texistence d'une réalité supérieure et distincte du monde. d'une cause suprême qui oontienno en soi la raison universelle et la dernière 6n des choses. Ei il met son esprit et celui de ses adeptes k la plus étrange des tortures, poor leur fiiire imaginer cette existence abetraiie, celte réalité subjecliTe , mystérieusemeoi réfugiée dans le souvenir des ^^^^'^iVff^ divinité, silencieuse bOtesse de ces liobes intérieurs, que chacun porte au fend de sa pensée, ;et dont nous nous plaisoQs, de temps en temps , k évoouer qoelqne image fugitive, quelque type effaoé. Cesilk, on en conviendra, un* singulier s^foor, et un dieu étrange. Qui peut croire qoo l'impitoyable logique se paye d'an aossi candide symbole ? Et quoi I tous lai eves appris k être sans pitié en iace d'an type auguste et sublime , idéal suprême de noire raison, objet de notre immortel désir, ci vous croyez naïvement qu'elle s'arrêter* juste aux limites que vous lui aYeslrecée% et qu'elle respectera vos puériles ebimèresl Vous avez déchaîné l'ironie oontre Diea et vous croyez que vos inventions mesquines sortiront invulnérables de ses étreintes fatales ? La plaisante illusion 1 Payez-vous de mots et de cèves tant qu'il vous plaire , mais du sein de l'athéisme, il ne .pourra jaoMts sortir que des fruits maudits, le laialisme le plus absolu et l'égoisme le plus ibrceoé. Otez Dieu de ma raison, ma liberté n'a plos d'appui, la justice n'a plus de sanction» la chanté n'est plus que de la démence, le monde n'est plus qu'un chaos sur lequel plane le destin, a
On a vu que M. Comte remplace per la même cbiinère les deux grands dogmes de Texistence de Dieu et de l'immorUliié de l'Ame. Les êtres converçtnls ei oasecMéto. c'est-k-dire les positivistes, jouiront selon lui de l'immortalité, mais d'une immoralité purement subjective, c C'est, a dit M. Caro, « une sorte de vie qui n'a rien iïMteiif. c'est-k-dire qui n'a pas de réalité exterieere et formelle , et qui se concentre exdusiv»* meut dans la peusée et dans le sonveair d*autrui : c'est une vie par reflet , une exis* ience greffée sur l'imagination et la mémoire des vivants. Les nobles irépaieée le survivent k eux-mêmes, par la gloire, ptf la louange , par l'estime ou l'affceiion