‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 66 sur 87 · PURGATOIRE · texte numérisé non relu

PURGATOIRE

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Taarait condamnée quelque part. Il y aurait trace de cet anathème dans TErangiie et dans les écrits des apôtres. Il n'en est rien. — Au conlraire :

< 5t fue/fii*iin, dit Jésus-Christ* bl€uphème contre U Vxl$ de V homme ^ il lui sera pardon^ né; mais s'il blasphème eonfre te Saint-Es^ pn(« ce péché ne lui sera remis ni dans le siècle présent^ ni dans le siècle futur. {Matth. \\h 32.) Le Sauveur n'aurait pu dire arec vérilé, observe saint Augustin, qu'il n'y aurait de pardon ni dans ce monde ni dans l'autre, s'il n'y avait des péchés qui pussent éire remis dans l'autre vie.

i Voulez-vous maintenant la pensée do saint Paul?

• Le fondement c'est Jésus-Christ. Si F on élève sur ce fondement un édifice d'or^ J^argent, de pierres précieuses^ ae 6oû, de foin^ de paille f Pauvre de chacun sera manifestée , car le jour {du Seigneur) déclarera toutes chotei ; ce jour sera manifesté par le feu^ et le feu mettra à Vépreute t œuvre de chacun.

< Si Vmuvre que quelqu'un aura bâtie sur ce fondement {Jésus - Christ) demeure sans être àrûlée^ il en recevra la récompense. Que ii (ouvrage est brûlée relui qui l'aura bdtt en souffrira la perte; il ne laissera pas toute^ fois d'être sauvée mais cependant comme par U feu. (l Cor. m, 13, 13, U, 15.)

t Ecoutez ensuite sur ce texte l'un des plus vastes génies qui aient été donnés à l'Eglise, Origène.

t Un peu plus d'un siècle après les apAtrès, Origène se posait cette question:

Quand il y aura eu un mélange de mal et de bien dans notre conduite^ le bien ferait-il ou- 6/ier le mai dans Vautre vie, ouïe mal fera^ t-il oublier ie bien? Ni l*un ni Vautre^ répond Origène. St, prenant le Christ pour base^ vous avez bâti non-seulement en or ou en argent et en pierres précieuses, mais en 6oû, en herbe et en chaume ^ vous verra- t-^n entrer dans le ciel avec ce boû, cette herbe et ce chaume pour déparer le royaume de Dieu î Ou bien^ en raison de ces matières viles et sans prix dont vous êtes chargé^ deweurerex^vous au dehors et privé des récompenses dues aux tsutres que vous aurez taillées dans Vargent^ for et Us pierreries? -— Ni Fun ni f autre ne tcrait juste. — Que reste^i-il donc? Que vous soyez livré au feu qui consumera ces ma* Itères légères. Cette flamme ne consume point la créature; mais ce que la créature a cons» truit sur son propre fonds avec les matériaux qui lui sont propres^ le 6ots, l'herbe et le chaume. Le feu détruit les matériaux de nos transgressions, et ne nous laisse plus que nos bonnes œuvres pour qu'elles soient réeom^ pensées. {In Jerem. Hom. 12.)

« Saint Augustin, à son tour, et, si je ne me trompe, toute l'Eglise d'Occident, entend te passage du purgatoire : Purifiez^moi dès cette vie^ Seigneur^ s'écrie J'aoteur de la Cité de Dieu^ et faites que je' n'aie pas besoin du feu oui purifie...

• Preservex-moi, non^eulement de ce feu éternel qui doit être le supplice des impies à jamais, mais aussi de celui par lequel le-

ront purifiés les hommes « qui seront sauvés par le feu. il Cor. m, 15.) »

c Saint Augustin emploie expressén^ent, et plus d'une fois, la mot de peines purçatoires : il se sert une fois de l'expression de feu purgatoire.

« Hais j'empiète, sans m'en apercevoir, sur la démonstration du dogme par la tradition.

IL Doctrine des Pères. — c En fait de citations, j'ai déjà tant usé et abusé de la patience du lecteur, que j'éprouve de plus en plus le besoin d'être sobre di^sormais.

« Cinq témoignages nous suffisent.

« Les Constitutions apostoliques, dont H. Trivier admet l'antiauité, parlent déjè de psaumes récités pour les morts, de lectures, de prières, d'aumfines pour la même fin. Elles insistent sur le troisième jour après le décès, sur le neuvième, sur le quarantième, enfin sur le jour anniversaire.

«Moins a'un siècle après saint Jean, nous trouvons Clément d'Alexanclrie et Tertullien.

« Le premier ne dit-il pas que le fidèle mort après avoir quitté ses vices, n'en doit pas moins encore expier par un supplice les péchés commis depuis son bap« tême. {Strom., 1. ti, c. U; I. vn, c. 10, 12.)

« Et Tertullien : Tu seras envoyé dans une prison inférieure, d^où tu ne sortiras qu*a» près avoir expié tes fautes légères, en ressuS" citant plus tard. {De anima, c. 35.)

« Dans son livre De la couronne, le même Père compte formellement la prière pour les morts parmi les traditions apostoliques. — Ailleurs, il donne à une veuve chrétienne l'avis de prier pour son mari défunt, de sol^ liciter pour lui le rafraîchissement et la participatton à la première résurrection, de faire enfin des ablations pour Fanniversaire de sa mort.

c H. Trivier, qui cite ces passages, s'est bien gardé de dire ([u'eii attendant la résurrection, c'est-è-dire le paradis, l'Ame sera retenue dans une prison dont le nom rappelle l'enfer {in carcerem infemum); ce sont pourtant les propres termes de Tertullien.

« Au siècle suivant, saint Cyprieu distingue en ces termes entre le purgatoire et le paradis :

« Autre chose est i attendre le pardon, au^ tre chose de parvenir à la aloire ; autre ckoeê d'être en prison pour « en sortir qu^après avoir jkayéla dernière obole , autre chose de recevoir immédiatement la récompense de sa foi et de sa vertu; autre chose S être long* temps tourmenté pour ses péchés et lonatemps purifié par le feu, autre chose d'être lavé de tous ses péchés ala fois par lemartyre. (Ep. 52.)

« Et ce Père de l'Église ne sépare point cette doctrine de la coutume de prier pour les morts,

« Nos prédécesseurs, dil*il ailleurs, ont sa* gement décidé qu^aucun de nos frères, en quittant la vie, ne pourrait choisir un eeclé» sias tique pour exécuteur testamentaire; si quelqu'un transgressait cet ordre, aucune

lOSO

ablation ne serait faite pour /ut, avicun sacri" fice ne serait offert^ ce dont nous avons un récent exemple. (Ep. 66.)

« Vers le mèiûe iempi», nous trouvons dii ou douze témoignages eu faveur du purgatoire dans Origene. El qu'on n'espère point les infirmer en disant qu'Origène cr*oyait toutes les peines de Taulre vie expiatoires» môme celles de l'enfer, car Origène dislin^'"e nettement entre Tenfer et le purgatoire. (Hom. 6 In Exod.)

9 Le Seigneur ^ dit iJ, sif^ge sur son tribunal,,. Si quelquun parle beaucoup de bonnes œuvres et quelque peu d'iniauité, ce quelque peu d'iniquité fond dans \e feu comme le plombt ^l it ^^ ^^^l^ 9^^ de Vor pur,,. Quant à ceux qui sont tout de ptombf il adviendra d'eux ce qui est écrit : Il serasubmergé comme le plomb au fond de l'abîme, — Lorsque rame a quitté lecorpSj écrivait au iv* siècle saint Grégoire de Nysse, elle ne saurait être admise à s'approcher de Dieu, jusque ce que le feu du purgatoire ait efface les taches dont elle était souillée,

€ Terminons par ces mots de saint Augustin ï Dieu exauce tes prières de r Eglise , ou même telles de quelques âmes pieuses, pour certains morts, c'est-à-dire pour ceux qui, (étant régénérés dans te Christ, n^'ont pas a«sex mal vécu pour être indignes de miséricorde, ni assez bien pour n*en avoir pas 6esoin. Aussi, à la résurrection des morts, plusieurs se rencontreront, à qui il sera fait miséricorde, comme ayant traversé les peines auxquelles les imes aes morts sont assujetties, en sorte qu'au jour du jugement itsnësèront point envoyés au feu éternel, (xxi Deciv.,c.^.)

a Certes , il est difficile de mieux exprimer le dogme catholique du purgatoire. Nous faisons grâce, pour le moment, à M. Trivier des autres témoignages des Pères, des conciles et des liturgies. J'ai hflte d'arriver h ses objections.

i UL — (M^jeclions fermées.

Obje^ions doctrinales, — c // tst wrfaitement sir, dit M. Trivier, qWalors (a la fin du IV* siècle y du temps de saint Ambroise, contemporain, comme on le sait, de saint Augustin que nous venons de citer) t< n'était pas mestion du purgatoire,

ff N'admirez-vous pas ce parfaitement sûr? M. Trivier n'hésite jamais; il affirme inlréuidement cd qui est en question: c'est plus vdt fait; en revanehe, ce qui est démontré cent fois, il le nie sans discussion. Pour ne as croire an soleil, il lui suffit de tourner e dos et de fermer les yeux. Que lui parlezvous du purgatoire? Est-ce que Jésus-Christ n'est pas mort pour nos péchés? M. Trivier cite quinze textes de TEoriture qui prou- TeiH... quoi?... Que Jésus-Christ est mort pour nos péchés. — Vous Terrez que nous Autres Catboltques, nous ne croyons pas que Jésus -Christ soit mort pour nos péchés.

« Néquivoquons pas, dît M. Trivier ; î( s'a- §it de l expiation totale de nos péchés par la mort de Jésus Christ.

tf Permettez : je vois bien le mot totale

dans le titre de votre § 1" sur le purgatoire; mais je ne vois pas ce mot dans TEcriture sainte. Puis, n'équivoquez pas vous^mérae, je vous prie. Sans doute, cest Jésus-Christ qui expie; mais cette expiation ne nous profite qu'autant que nous correspondons nous-mêmes à l'amour de Jésus-Christ par nos efforts, par nos œuvres, par nos expia* tioDS propres.

et Sans doute, ce qui nous est personnel n'a de valeur que par Jésus-Christ, par Tappiication qui nous est faite de se$ mérites; mais cette application D*a lieu qu'autant que nous y coopérons en quelque sorte. Le encore, Dieu faite la liberté de Thomme sa part; Dieu ne nous sauve pas malgré nous.

n Mais il n'y a au'un médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus- Christ, (i Tim, ii, 5.) Ëh 1 Monsieur, qui sait mieux que nous aue nous n'en invoquons pas d'autre? Il ncst pas une des prières de l'Eglise catholique

3ui ne se termine par ces mots : Par lamé" talion de Jésus-Christ notre Sauveur; car pour Quiconque sait un peu de latin, telle est la force des mots : Per Dominum nostrum Jesum Christum, — L'Eglise^ s'écrie Bossueli ne persuadera-t-elle jamais à ses enfants qui se sont faits gratuitement ses adversaires, vi par l'explication de sa foi, ni par les d/ctatona des conciles , ni par les prières de son sacrifice, qu'elle croit n'avoir de vie et qutUt n'a d'espérance qu'en Jésus-Christ seul?

« Mais les Pères? Voici un nouvel échantillon de U déMcàtesse de conscience de M* Trivier. Il commence par citer Tertullieu: La culpabilité du péché étant effacée ^ la p^ina du péché est abolie. Vous croyez, ami lecteur, que Tertullien dit cela en thèse générale. Détrompez-vous. Où M. T.ivier a-l-il f^ris sa citation? Il en convient : Dans le ivre Du baptême. Il aurait dû ajouter que Tertullien ne s'exprime de la soKe qu'A (propos du baptême.

« Mais alors à quoi bon cette citation? M. Trivier ne peut ignorer que Tertullien ne dit \h que ce que dit Te catéchisme. L'Bslise catholique, en effet, enseigne tout dune voix que la purification baptismale eSace tout; que toute souillure antérieure est comme non avenue. Mais elle enseigne eu môme temps que Dieu se montre moins indulgent après la violation des promesses baptismales. — Et c'est là toute la question entre M. Trivier et nous. Voilà aussi j)Ourquoi il lui convient de faire accroire que Tertullien a dit des péchés postérieurs au baptême ce que Tertullieu n a dit que des péchés antérieurs.

« Mais saint Cyprien? Saint Cyprien dit qu'apr^a la fin du monde ( œvi temporisf»* completo ) il n'y aura plus m$ le paradis al V enfer. Et c'est aussi ce gue dit le catéchisme. Hais le catéchisme distingue deux juge* ments : l'un particulier, immédiatemeitf après la mort ae chacun ; l'autre général, i la fin du monde. Et il vous plaît, Moosieurr d'3i)plir|uer au jugement qui a lieu è la 6n de la vie ce que les Pères n'ont dît et entendu que du jugement qui aura lieu à la fin du

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PURGATOIftK.

monde. Voilà looi ce que j'ai à répondre ici ) f05 citations des Pères.

c Pour saint Cyprien, en particulier, je vous prends déjè en flagrant délit d'altéra* tion. Mais ce n*est pas tout. Voici une autre ffllsîQcation de texte de ce Père. Vous lui faites dire dans un sens absolu que» torsquon est sorti de r«tte vie. il n'y a plus possibilité de pénitence. Que dit réellement saint Cyprien 7 11 parle des incrédules volontaires : Qui in vitam credere noluerunty et il déclare qu'ils croient nuilgré eux, mais trop tard, en présence de la peine étemelle; que cette foi nécessitée, involontaire, ne saurait être méritoire; qu'ils souffriront, mais sans profit pour leur âme; que le temps du repentir et de l'expiation sera passé : NuUuê ym pœnilentUB loeus esi^ nuUui satitfoeiith' nis effectué. Quoi de plus logique? et en même temps quoi de plus loin de ce que vous faites dire à saint Cyprien I

«Mais saint Augustin? Saint Augustin, Ofl Ta vu. est de tous les Pères le plus explicite sur le purgatoire. Il est donc clair que les textes que vous citez s'appliqaeol soit aux suites du jugement dernier, après lequel nous sommes d accord qu'il n'y aura plus de purgatoire, soit à ia question des ennnts morts sans baptême, enfants que saint Augustin place en enfer, en déclarant toutefois qu'ils n'y souffriront pas comme les autres pécheurs. 11 y à donc ici quelque chose qui frise (ïàssez près la mauvaise foi , si je ne m'abuse : pi us, un mauvais trait d'érudition^

Îui consiste a donner sous le nom de saint iigustin uD passage falsifié du livre intitulé Hypognoêlique ( o\ï plutôt Hm9mn€$iique)p Jivre reconnu a|K)cryphe dès le ix* siècle*

Admirable texte de saint Augu$tin.

« Un mot encore cependant sur un der* nier texte de saint Augustin, que M. Trivier nous oppose» mais dont see nouveaux amis lui ont joué le mauvais tour de ne lui donner que les premières lignes.

€ Dams V intervalle du ttmpt qui ëépare la mort delà derniire résurrection (c*est-à-dire» comme on le verra tout à Theure. du juge* ment dernier), lu àmee sont retenues dans des réceptacles cachés^ selon que chacune^ eu égard à ses actes terrestres^ est di§ne de repos ou d'angoisse,

« Ici s'arrête la citation fonrnîe à H. Trivier; encore le souffleur a-t-îl |)assablement défiguré ces quetre lignes. Mais poursuivons, s'il vous ptait. Et il ne faut pas nier que la piété des proches n'apporte du soulage" ment aux âmes des morts, lorsque l intention de ceuxH:ilé sacrifice du Médiateur est offert^ ou que de$ aumônes se font dans VEglise. Mais tout cela ne sert quà ceux qui ont mé* rite en ee monde que cela leur profite dans

SV) Cette eipUcstion consiste à dire que les plus 69 doivent ressusciter, selon quelques Pères, su cofnmencement du régne de mille ans, et les autres à la fin. M. Foisset, après avoir fait observer que celle espUcalion repei^sur une fausse tnîduc* UoQ du flioi rvMir^i, de TeruiUien. mot qui signi-

Vautre. Car il yenat4l9 dont ta vie n^a pas été asses parfaite pour n'aaoir pae besoin d'un pareu secours^ ni asset mauvaise pour en être indignes : comme il y en a teis^ parmi les bons^ qui n'en ont pas besoin, et parmi les mautjaiSf tels qui n'en pourraient tirer aucun profit après la mort.

< Nous amassons éhmc ici-bas tout ce qui nous méritera un jour d'être secourus ou abandonnés. Mais que nul n'espère^ après /'aeotr négligé en ce monde, acquérir^ étant mort, des mérites auprès de Dieu. Ce que prodigue l'Eglise pour la recommandation des défunts ne va donc pas contre cette parole de V Apôtre : « Tous nous paraîtrons devant le tribunal du Christ pour qu'il soit rétribué à chacun selon qu'il aura bien ou mal agi dans son corps. •{!! Cor. v, 10. ) Car chacun a p» acqtsérxr en cette vie cet avantage, même de pouvoir être secouru dans l'autre.

« roua ne peuvent dire. Et pourquoi pas tous, sinon à cause de la différence de vie? Lors donc qu'on offre pour tous lee défunts qui ont été baptisés, soit le sacrifice de Pautel, soit celui de l'aumône, — * pour tes parfaite ee sont des sacrifices d'actions de ^Acee, et pour les moins parfaits , des sacrifices de propi^ tiation ; quant aux plus pervers, bien que ces sacrifices ne leur soient d'aucun secours, ils sont atuc vivants une consolation auelconque. Pour ceux à qui profitent ces cfioses, elles leur profitent soit par une pleine rémission, soit du moins cusurément par un adoucissement A leur supplies. Or, après ia résurrection, il y aura un jugement universel et der* -nier; il y aura deux cités séparées à josnais : celte du Christ et celle du diable ; celle des bons et celle des méchants; l'une et Vautre toutefois peuplées d'anges et d'hommes. Les mu ne voudront plus, les autres ne pourrond plus pécher : tous seront immortels : les uns vivasU du bonheur de la vraie vie, de la vie étemelle; les autres plongés dans le malheur de la vie étemelle ^ sans fin aussi et sans le pouvoir de mourir. Mais dans la béatitude des uns il y aura divers degrés de bonheur; dans la réprobation des autres, il y aura des degrés dans les supplices. (Enchir., c. 109-llt.)

•c Je remercie vivei^ient M. Trivier do m'avûir mis, bien que sans le vouloir, sur la voie d'une aussi ancienne et aussi complète exposition du dogme catholique. L'Eglise ne saurait invoquer une plus illustre mémoire en témoignage de sa doctrine...

Derniers témoignages pour le purgatoire. — « J'ose dire que l'eiplication donnée par M. Trivier aux prières pour les morts dans l'Eglise primitive n'est, en vérité, qu'un rôve. un pur rêve. 11 n'y a pas vestige de cette façon de voir dans les liturgies, ni dans les Pères (72*).

fie, dans Tend roi i allégué, aller en paradh, réfute une autre objection Urée des mots : Dormiunt ia iomnoiNids, leaquelâ s'entendent de U grâce, et non de la gloire, que rËglise demande pour ces mêmes laies dans la phrase suivante.

« M. Trivier a crn en trouYer des traces dans Teriullien; mais c'est au moyen d*une mauTaise traduction.

«( Les Pères croyaient (on Ta vu tout à Theure dans saint Augustin) qu*outre les saints et les réprouvés, il y avait des âmes qui souffraient en attendant le jugement dernier, et que les prières de TEglise apportaient un soulagement à ces Ames souffrantes. Kl, aujourd'hui encore (faut -il le redire à satiété?), la foi catholique n'exige rien de plus en ce qui touchele purgatoire.

« Or, je dis d'abord que telle était la doctrine des Pères. — Kntendez-vous saint Eniphane, au iv* siècle : Rien de plus convenable^ rien de plus digne d'iÂdmiration que le rite diaprée lequel on fait mention des nome des morte. Ils reçoivent du eoulagement de la prière offerte pour eux ^ quoiqu'elle ne détruise pas toutes leurs fautes.

c £t le soulagement que procure aux morts cette prière est un soulagement prochain, et un soulagement assez effirace pour ouvrir à ces Ames le paradis. Ecoutez saint Ambroise priant pour Théodose :

c Accordez^ Seigneur^ le repos à 'votre serviieur Théodose,., Je Vai aiméjjeveux donc le suivre dans la terre des vivants ; je ne ràban^ donnerai pas jusqu'à ce que^ par mes prières^ il ait été admis sur la sainte montagne du Seigneur,

« Il ne s'agit point ici, comme on voit, du miilenium, ni de résurrections successives. Mais il y a un témoignage antérieur à saint Ambroise de près de Jeux siècles,

« L*an 203, une illustre Chrétienne de Cartbage, mainte Perpétue, meurt pour la foi, dans la persécution de Sévère. Avant son martyre, elle se souvient d'un jeune frère qu'elle a perdu : elle le voit en songe dans un lieu de ténèbres et dévoré par une soif brûlante; elle prie, et le lieu de ténèbres s'illumine, son frère est transfiguré devant elle, et elle comprend que son frère est délivré des peines qu'il endurait. Qu'on m'entende bien. Je ne donne ^ms ce songe comme une révélation, mais je dis qu'il exprime clairement les idées qui avaient cours parmi les Chrétiens au u* siècle, et que ces idées étaient les nôtres.

« Je dis de plus que telle était la doctrine des liturgies. Lisez plutôt.

c Liturgie de Jérusalem» dite de saint Jac- II es : SouveneX'Vous ^ Seigneur notre Dieu 9 e tous les orthodoxes ^ de tous ceux qui ont bienpensé selon la foi. . . Faites-les reposer dans la région des vivants , dans votre royaume^ dans les délices du paradis, dans le sein de nos pères, Abraiiam, fsaac et Jacob^ où il n'y a plus ni douleur, ni gémissements, ni tristesse,

« Liturgie de .voint Basile le Grand : SouveneZ'Vous de tous ceux qui dorment dans V espoir de la résurrection de la vie éternelle, et rafraichissez-les,

« Liturgie de saint Chrysostome : Souvenez-vous de tous ceux qui dorment dans le Seigneur avec l'espoir de la résurrection de la vie éternelle, et donnez-leur le repos. Et dans un autre endroit : Pardonnez -leur leurs péchés.

« Liturgie d'Alexandrie, dite de saint Marc (copte-jacobite) : Accordez le repot à leurs âmes ; introduisez - les dans le séjour doù sont bannis la douleur, la tristesse tt la soupirs du ccBur.

« Liturgie mosarabe : Nous vous offrom cette hostie pour le repos et findulgence in fidèles trépassés, afinaue, changeant de léjour, ils jouissent, hors de ces tristes demeures, de la société des justes.

«Constitutions apostoliques: Pnom pour nos frères morts en Jésus-Christ, afin que Dieu, qui aime les hommes et qui a reçu Fàm du défunt^ lui remette tout péché, et que, dans sa clémence, il le place, avec tous ceux qui ont plu à Dieu dès ce monde et ont accompli sa volonté, dans le sein d'Abraham, où cessent la douleur^ la tristesse et le gémissement.

« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaae, Dieu de Jacob, vous qui êtes le Dieu des morts (mait en tant que vivants, car toutes les âmes sent invantes devant vous), les âmes des juitet sont dans vos mains, inaccessibles aux tour» ments, mais jetez aussi vos regards sur celm* ci, votre serviteur, dont vous avez dispoU pour un autre sort, et, $11 a péché en Otfciaue chose^ pardonnez-lui, placez auprii di lui des anges bienveillants et piaeezAe doM le sein des patriarches, des prophètes, det apôtres, parmi tous ceux qui vous ont plu dès ce monde et qui voient la gloire de tfotre Christ, dans fa terre des justes, où ilnf a plus ni tristesse^ ni éU>uleur, ni gémisnments.

« Est-ce clair?

Objections historiques.^ « 11 y a des'gens simples qui apprennent l'histoire. Les hooi* mes supérieurs font mieux, ils l'imaginent.

« // ne se tenait presque point d'assend)léei religieuses parmi les premiers Chrétien fcest M. Trivier qui parle) sans qu'ils y célébrât' sent l'Eucharistiv. C'étaient tes fidèles qui apportaient le pain et le vin nécessaires. Dt là, on disait qu'ils faisaient des ablations ou des sacrifices. Lorsqu'un d'entre eux venait à mourir, souvent on continuait à faire /V blation à sa placer et on appelait cela offrir ou sacrifer pour les morts.

« Lecteur, qui venez de voir les liturgies, que dites-vous de cette ingéoieuse explication des prières pour les morts f

« D'autres fois, poursuit M. Trivier, os se bornait à réciter les noms des morts pendont la célébration de F Eucharistie, pouf marquer qu'on était toujours en communier avec eux.

« Là-dessus, M. Trivier cito saint Epiphane et saint Augustin; mais, selon son u*^ge, il n'a garde de les citer jusqu'au bout.

« La citation de saint Epiphane, leH^ que la donne M. Trivier, s'arrête court aa beau milieu d'une phrase, juste avant ces paroles que je citais tout h l'heure du même Père : Ces prières qui se font pour les moftt leur profitent, bien quelles ne détruisent point- toutes leurs fautes. Saint Epiphane continue: ....Nous faisons mémoire à la feù des justes et des pécheurs. Pour lespéeheurSf

PLKGATOIRl!:.

louê implorom la mUéricorde de Dieu. Pfous 'aiêons mémoire des justes pour mieux Aolorer Jésus-Christ... L'Eglise observe né^ ressairement cette pratique comme en ayant ^eçu la tradition des anciens.

« Quaut à saint Augustin, on se rappee ses paroles : Lorsqu^on offre pour les irfunts qui ont été baptisés le sacrifice de '"autel, c*est pour les parfaits un sacrifice factions de grâces^ et pour les moins par" 'dits un sacrifice de propitiation.

« Mais, reprend M. Trivier, saint Àugus-» in est le premier qui, au commencement du V' Siècle, ait dit que les prières que Von fait I rautef, et dans lesquelles les martyrs sont tommes, ne sont que des actions de grâces.

« On Tient de voir pourtant que saint Kpi- >hane» au iv* siècle» avait dit à peu près la même chose. Et h qui faisait-il honneur le celte tradition ? Aux anciens.

m Mai*, insiste M. Trivier, e*est dans /ïtt- *ervalle qui s^écoula entre Vépoque oii vivait tainl Augustin et la fin du vi* siècle , que !a prière pour les morts, faite en vue de Wur procurer du soulagement dans les pettri ae Vautre vie, s'introduisit insensible^ neni. Ici nous renvoyons M. Trivier é la Deilleure Histoire ecclésiastique des proiestanlSi è celle de Mosheim, lequel conirieni expressément que le do^me du pur« Satoire a commeDcé dès le ii' siècle* et par :onséqueat peu après la mort des derniers ipôtres.

• Le lecteur a présent à Tesprit le texte Je la prière insérée au viii' livre des Constitutions apostoliques, livre qu'il est impossible, je le répète, de ne pas faire %iï moins remonter à la fin du m' siècle, i'omme en conviennent les plus exigeants in tiques.

« Le témoignage d'Arnobe appartient à ce mdme siècle, ainsi oue ceux de saint Cyfirten et d'Origène. On a vu au ii* siècle celui de TertuUien.

« 11 en est d*autres qu'on ne peut ré- [:user non plus. Ce sont les épitaphes ins- I rites sur les tombeaux de la primitive Eglise, et qui toutes sont analogues à celleci, qn*on lit à Rome, au musée Lirchénen : Que Dieu rafraîchisse ton Ame et celle de ta siBur.

m MaiSf dit encore M. Trivier (et c*est ce 14 ue les protestants allèguent de plus fort i entre le purgatoire), quoique les Chrétiens d'Orient aient conservé la coutume de prier pour les morts, ils noni cependant jamais alïmis le purgatoire.

m M. Trivier est fort mal informé. Le contraire est prouvé d*une manière incontestable dans un ouvrage monumental, et dont liul homme instruit ne récuse Tautorilé: La perpétuité de la foi. Si M. Trivier avait pris !a peine d*y recourir, il aurait vu qu'il n*y a eu sur le purgatoire aucune dispute entre les Grecs et nous, si ce n*est après le xu' siècle. £t pourtant les Grecs ne pouvaient ignorer ce que pensaient k cet égard les Latins. Non-seulement ils avaient avec nous des relations continues, mais ils possédaient

en leur langue, dès le milieu du vni' siècle, une traduction des Dialogues de saint Gré-

f;oire (de ces mêmes Dialogues qui scandaisent tant M. Trivier, à raison même de ta place qu*y tient le purgatoire); et cet ouvrage était en grande recommandation parmi eux. Pbotius l'atteste. Dans ces Dialogues on a corrigé le passage oi^ saint Grégoire expose que le Saint-Esprit procède du Père elauFt/^, parce que ces derniers mots contredisaient la doctrine des Grecs; mais on n*a rien changé en tant d'endroits où la doctrine du purgatoire est si clairement ensei» F;née. Je répète qu'on ne trouve dans tout 'Orient aucune protestation contre cette doctrine avant le xii* siècle.

« Faut-il ajouter qu'il n'y a ici entre les Grecs et nous qu'une dispute de mots? En effet , les Grecs demandent à Dieu qu'il pardonne aux fidèles trépassés les fautes qu'ils peuvent avoir commises, qu'il les délivre des peines, uu'il les mette dans des lieux de repos. — L'Eglise latine demandet-elle autre chose dans ses prières?

« Sur ce point, qui domine toute la question, les Grecs et les Latins sont donc d'accord contre les protestants. Le synode de Jérusalem tenu en 1672 s'exprime en ces termes :

tiCeuxqui ont pé€hé mortellement, mais qui se sont repentis avant la mort, sans ti^onmoins avoir fait aucun fruit de pénitence, souffrent dans Venfer une peine proportionnée à leurs fantes. Maie ils ont le pressenti" ment détre délivrés de là, et ils le sont par la grande bonté de Dieu, par la prière des prétrès et par les bonnes esuvres que leurs parents font pour les défunts: en quoi le sacri" fiée non sanglant a une grande puissance. — Nous savons bien et nous croyons quHls soni délivrés de leurs peines avant la résurrection générale, mais nous ne savons pas quand.

€ A cela près que nous substituons le mol purgatoire au mot enfer, que disons-noua autre chose? Dositbée, patriarche de Jérusalem, qui présida ce synode, ajoute même ceci : L'Eglise catholique apostolique de Jesus- Christ croit qu'après la mort il y a une

Îurgation qui se fait par le sacrifice redoutale et par les saintes prières, comme par les autndnes et les bonnes œuvres que font les fidèles pour Us défunts. Mais, continue-Uil, que cette purgatxon se fasse par des peines purgatives ou par le feu du purgatoire, c'est ce que notés ne pouvons ni penser ni éUre.

« Quelle énorme puissance que celle des mois ! s'écrie è ce sujet le comte de Maistre. Tel uiiaistre que le nom de purgatoire mettrait en colère, nous accordera sans peine un lieu d'expiation, ou un lieu intermédiaire, ou peut-être même des stations, qui sait?... sans se croire le moins du monde ridicule. « Et notez bien, notez bien eiicoreunefois, que rien de ce qui regarde le lieu, la durée, la nature des peines du purgatoire, n*est de /otdansl'Egliselatine.— Qui s'exprime ainsi?

Le P. Perrone, dans la Théologie classique du séminaire papal, dans un cours professé, imprimé à Romci sous les yeux du Pape ré-

im

gnanL Quil y ait, poursuit le P. Perrone, un lieu délerminéou non pour le purgatoire; aue le$ âmes y soient retenues plus ou moins longtemps; que le fsu du purifaioire soit un feu matériel ou un feu métaphorique; quil consiste en une certaine tristesse de rdme, née du retour qu'elle fait sur sa vie anté" rieurey du sentiment de la difformité dupéché ou de toute autre cause^ il y a sur tous ces points diverses opinions, soit parmi les Pires, soit parmi les théologiens modernes; mais au-cusie de ces opinions n appartient à la foi. Il en est cependant qui, bien que non décrétées, ne jseuvent être rejetées sans témérité, non^* seulement parce qu'elles sont conformes à la commune opinion des théologiens {dont un Catholique judicieux ne s'écarte jamais sans une cause tris-grave), mais parce qu'elles ont pour elles le sentiment même de l'Eglise: telle est Fopinion de la rigueur des peines qu'on souffre dans le purgatoire,

«Quoi qu'il en soit, n eu déplaise è Caueus et i Galanus, que je déclare n'avoir pas

lus , les Orientaux sont unanimes à prier pour les morts ; unanimes encore dans cette pensée, que les âmes de ceux qui n'ont pas expié suffisamment leurs fautes dans celte vie sont soumises dans l'autre è des souffrances temporaires ; unanimes enfin dans la croyance que ces souffrances sont soulagées par les prières et les bonnes œuvres des vivants.

«Voilè ce qui a été cru toujours, partons et partout, dans TEi^lise latine comme dans TE^Iise grecque. Le lecteur peut apprécier maintenant ces paroles de M. Trivier : Une me parait pas possible de soutenir, avec quelque apparence de raison, que la doctrine du purgatoire, telle quelle existe maintenant dans l'Eglise romaine, soit vraiment apostoti-

Sue, parce qu'elle ne possède aucun caractère e catholicité dans le sens que saint Auguêtiu et saint Vincent de Lérins attachent à ce mot. Quant h moi, Je ne sais vraiment quel nom donner h une pareille assertion. »

RAISON. — La comparaison du catholicisme avec les doctrines hétérodoxes est facile i faire relativement à la que.slion des rapports entre la foi et la raison. Seul, le catholicisme a maintenu la distinction de l'ordre naturel et de Tordre surnaturel. Toutes les religions païennes, et l'islamisme luimême, confondent ces deux ordres, non-seulement en les mêlant en pratique, comme les docteurs chrétiens le faisaient au moyen flge, mais encore en négligeant de les séparer en théorie, et en se bornant k appuyer leurs enseignements, quels qu'ils soient, sur l'autoriié, sans sonpçonner seulement qu'ils puissent être, en partie, l'objet d'un exercice de la raison. Toutes les écoles rationalistes, au contraire, en prétendant remplacer la religion, au moins pour les esprits cultivés, sont unanimes à prétendre que la raison est la seule base de leurs affirmations. En résumé, l'infidélité et l'incrédulité suppriment également la distinction entre la raison et la foi , la première, en méconnaissant la raison , la seconde, en méconnaissant la foi. Quant aux sectes chrétiennes sé()arées de rSçlise-Mère, elles se rapprochent plus ou moins de l'un de ces deux excès, suivant les circonstances. Ainsi les scbismatiques orientaux, immobilisés dans une foi stérile, né-/ gligent complètement le rôle magnifique qui appartient h la raison dans la théologie. Quant aux protestants entraînés par le libre examen dans des variations sans fin, ils arrivent presque toujours au rationalisme, et aprè» avoir voulu, h leur origine, la foi sans les œuvres, ils se trouvent avoir moins encore la foi que les œuvres. Mais ce n'est pas assez de constater que le catholicisme évite seul, sur cette question des rapports entre la raison et la foi, les graves excès des doc- Irines hétérodoxes» et sauvegarde seul, si

l'on peut ainsi parler, les deux pôles de la vérité religieuse. Il faut montrer comment il définit ces rapports, et avec quelle admirable précision il résout un problème qu'il a en outre le mérite d'avoir seul posé.

« On cite souvent, comme Tex pression de la vérité sur la question qui nous occupe, ce vers de Racine le fils :

La raisoa dans mes vers cooduit l'homme à U foi.

Nous nous garderons bien de contester la justesse de cette pensée; nous dirons même nettement qu'elle est vraie. Mais c'est une vérité un peu vague, qui prête à l'équivoque, et dont on pourrait grandement abuser, si elle n'était complétée par des éclaircissements. Il est tout à fait impossible de résumer en un vers une des parties les plus importantes et les pins dîiîSciles de la théologie. Racine parle-t-il de la raison, faculté de connaître, ou de l'usage de celte faculté, oo encore du raisonnement? A-t-il en vue la foi naturelle ou la foi surnaturelle? Le mot condutf signifle-t-îl préeide toujours, ou pe^U précéder? Emporte-t-il lldée de couw, ou seulement celle de condition sine quanonf S'il s'agit de la foi surnaturelle, parle-l-on de la foi surnaturelle infuse, ou de \â foi surnaturelle explicite? On voit que chacun des mois essentiels de ce vers fameux peut être pris en plusieurs sens, et que par conséquent le vers lui-môme ne peut échapper au reproche d'ambiguïté. Il est clair qne si l'on parle de la foi surnaturelle explieitei Vusage de la raison, et a fortiori la faculté, doivent précéder la /oî ; mais le raisonnement ne la précède pas toujours ; s'il sajçil de la foi surnaturelle infuse, la facuilô seule précède nécessairement, car l'usage de la raison et le raisonnement peuvent ici précéder et ne pas précéder. Si l'on parle de

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