‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 69 sur 87 · II · texte numérisé non relu

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hiiitde, et rincrédulitë porrexpérience jourii.'flière. Mais supposons un dire inieHige*nt» k qui toutes ces merveilles seraient restées inconnues, et è qui elles seraient révélées tout d*UD poup. Supposons qu'on lui exuliquAt la résurrection future lies corps numains: il serait très-étomié sans doute. Mais son étonnement serait-il moindre lorsqu*on lai ferait connaître, par exemple, comment se perpétuent, depuis la création, les espèces Tivantes, et en particulier l'espèce buoiaine; lorsqu'on lui montrerait Tovule, corpuscule très-petit et sans organisation apùarentet produit par germination spontanée dans l'o- Taire avant toule fécondation, et lorsqu'on lui apprendrait que dans cet ovule est caché un germe imperceptible, qui, s'il vient à être YÎvitié par une parcelle de liquide fécondant, est destiné à se développer aux dépens du sang maternel, de manière à devenir un individu de Tespèce humaine, et à présenter habituellement, outre les caractères dislincti(s de l'espèce, une ressemblance particulière non-seulement avec la mère, mais aussi avec le père, tfui a eu si peu de part à la constitution matérielle du corps engendré? Pour qui sait réfléchir, ce fait de tous les jours est en lui-même aussi incompré« hensibioque la création du premier homme, et ne devrait pas paraître a priori plus vraisemblable que la résurrection des morts.

« Cet étonnement légitime et réfléchi que nous trouvons dans l'étude scientifique des phénomènes les plus vulgaires, nous enseigne à ùe pas nous étonner outre mesure, nous révolter et nier sans examen, quand on nous propose, avec de bonnes preuves è l'appui, des phénomènes qui sont moins connus, mais qui ne sont pas plus surprenants en eux-mêmes. Toute grande découverte qui étend d'une manière inopinée la sphère de nos connaissances physiques, nous force à déclarer vrai ce qui aupNiravant nous aurait paru invraisemblable, si toutefois nous avions pu seulement en concevoir la pensée. Ce n'est point ici le lieu d'énuloérer, en astronomie, en physique, en histoire naturelle, tant de merveilleuses découvertes, qui autrefois auraient paru des conjectures incroyables, et qui sont aujourd'hui des vérités démontrées. Ces prodif^es que le télescope, le microscope, les voyages lointains, les recherches géologiques, des observations patientes, des inventions ingénieuses ou d'heureux hasards nous ont révélés, doivent nous apprendre à être circonspects, quand il s'agit de rejeter comme impossible ou comme invraisemblable ce (|ue nous ne connaissons pas. Mais elles ne nous placent pas encore au vrai point de vue en ce qui concerne l'avenir de I espèce humaine.

« Transportons-nous ]«ar la pensée à l'époque où la vie végétale et animale n'existait pas encore sur la terre ; ensuite, à cet étal de choses, dont la longue durée correspond aiixdeux premiers versets de la Genèse, donnons, par hypothèse, pour spectateur un Atre incorporel d'une intelligence égale,

mais non supérieure à la nétre^et supposons

au'un être d'un ordreplusélevélui annonce, ans un avenir lointain, la création de l'homme, et ce mystère incompréhensible

2ue nons portons en nous, l'union d'une me raisonnable et d*un corps organisé.

Une telle annonce aurait dû sembier alors plus incroyable è cet être incorporel, que la résurrection future de nos corps ne doit nous le paraître, quand elle nousest annoncée par la parole divine.

« La paleontolo^e nous montre, k divers intervalles dans l'immensité des âges antérieurs à l'existence de l'homme, des espèces vivantes apparaissant à la surface de la terre, tandis que d*autres espèces disparaissent. Parmi les animaux les plus anciens, elle nous montre des vertébrés, aussi bien que des articulés, des mollusques et des rayonnés. Danschaqueembranchementzoolo^ique»

elle est très-loin de nous montrer toujours, d'une époque à la suivante, un perfectionnement général et constant de Torganisation. Pourtant en dernier résultat, dans la Gmi$e suivant la science, de même que dans la Genist suivant la Bible, comme le reuvarquait déjà saint Grégoire de Nysse, il ^ a un progrès incontestable, caractérisé par l'apparition tardive des mammifères, et en dernier lieu par l'apparition de l'homme.

«Cela posé, l'induction ne semble-t-elle pas indiouer la probabilité d'un progrès ultérieur ? Or, ensupposaot qu'il en f&t ainsi , k quelles conditions s'opérerait ce progrès? La race humaine se continuerait-elle sur la terre, pour y être dominée par une espèce nouvelle et plus parfaite ? Ou bien devonsnous croire que la race humaine passera au rang des races éteintes? La Bible résout la question dans ce dernier sens, et elle ajoute que les individus de Tesnèce humaine vivront immortels, après que la terre leur aura rendu des corps plus parfaits, bien quo spécifiquement et inaividuellement identiques k leurs corps actuels. 11 me semble qu*a- {>rès les explications données plus haut, ce ait ne doit pas paraître plus incroyable dans l'avenir, que ne le sont aans le passé les créations d'espèces nouvelles, et surtout la création de l'homme. Or, cette création, racontée par la Bible, est confirmée par la science, qui ne permet plus de supposer, ni, avec Dupuis,que le genre humatn existe parce qu'il a toujours existé, ni, avec Lamarkt que lliommo est sorti des espèces inférieures, nées spontanément, puis modifiées par une série de transformations progressives. Sur la terre, l'apparition de l'homme, c'estk-dire du premier et jusqu'k ce jour du seul animal doué delà raison et de la liberté morale, capable de connaître et d*aimer son Créateur,a été un fait tout nouveau H vraiment merveilleux ; pourauoi la fin de la race humaine ne serait-elle pas marquée par un autre fait tout nouveau et merveilleux aussi, par la résurrection ? J'ose dire que, pour celui qui croit d'une part k l'immortalité de l'âme, d'autre parte la toutepuissance et k la sagesse du Créateur, le

merveilleni n'est pas ici invraisemblable. Pour celui qur^croit de plus h rEvangile« il y a mieux que la vraisemblance, il y a la certitude.

« Il est vrai que le dogme de la résurrection est loin de couper court à toutes les questions sur les destinées de la race bumaineet du globe terrestre; mais aussi tel n'est pas son objet. Sans aborder en ce moment ces questions diOiciles, qui ne sont pas indispensables, et auxquelles, du reste, nous arriverons bientôt, nous sommes dès maintenant en droit de poser les deux conclusions suivantes, en réponse à l'objection que nous venons de combattre : 1* L*aflirmation de laséparation perpétuelle des flmes et des corps dans la vie future et la négation de la résurrection ne s'appuient sur aucune induction légitime; 2* la foi en la résurrection s'appuie sur l'autorité religieuse du christianisme, et aucune induction scientifique n'autorise à la repousser comme impossible ou comme invraisemblable. »

L'éminent auteur réfute encore plusieurs objections contre la résurrection, et présente sur ce mystère des vues profondes. Notre but sera atteint si, par les citations qui précèdent, nous avons décidé nos lecteurs à acheter et è propager le livre de La vie fu* ture.

REVELATION. - On lit dans Brunet, à la fin de son Parallèle des religiom :

« La première chose qui se présente est d'un côté la suffisance de la religion naturelle, (]ue le déiste soutient; et dé l'autre la nécessité d'une religion révélée, pour laquelle le Chrétien se déclare. 11 est vrai qu'absolument parlant le déiste pourrait avouer ta nécessité d'une religion révélée, sans tomber d'accord (|ue le christianisme soit lui-môme celte reli^^ion révélée qui est nécessaire. Mais on peut supposer ici que le Chrétien montrera, dans le cours de la discussion, que la religion satisfait à ce qu'il prétend qu'on ne peut se promettre que de la révélation. On peut encore supposer que le déiste lui-même n'hésite qu'entre son déisme et le christianisme, soit parce que nulle autre religion ne lui paraît mieux répondre à l'idée qu'il s'est faite de ce qu'une religion doit être; soit parce que, sans connaître assez les autres religions, le christianisme lui semble, au moins dans ce Qu'il a suivant lui de capital, conforme au déisme. Dans notre Traité pMloiophiquede la révélation (fin du 1" tome, II* partie ; en voir le chap. 2), nous avons érabli suivant l'esprit du christianisme la nécessité d'une religion révélée, sur deux bases principales, et môme uniques, sur le double besoin que Thomme a d'ôtre instruit des remèdes du péché, et de sa destinée future dans une autre ne. Il nous a paru en effet que ceux des docteurs chrétiens qui traitaient le mieux cette matière, n'avaient pas de raison plus solide pour montrer que si l'homme manquait de ces deux connaissances, il ne serait né que pour son malheur; que conséquemment il devait, désirer que Dieu lui-même les lui communiqu&t ; car sa

raison ne lui offre aucun moyen de s'élever jusqu'au conseil de Dieu, pour savoir à quoi 11 le destine dans la vie à venir, ni s'il a résolu de lui pardonner ses péchés, et 8 miellés conditions il veut les lui pardonner. Que le déiste donc, dit le Chrétien, se fasse à luimôme une religion telle qu'il voudra, il ne pourra jamais ni lui donner pour fondement solide la fin è laquelle il se promettra de parvenir par la pratique du culte qu'elle lui prescrira, ni l'assurer des moyens les plus indispensables pour arrivera cette fin. Hais la religion chrétienne laisse -t-elle quelque chose à désirer sur ces deux objets? N'y rapporte-t*elle pas môme tout ou presque tout ce qu'elle enseigne, ce qu'elle ordonne, comme à des objets capitaux? La révélation n*était«elle nécessaire a l'homme que pour l'instruire sur ces deux objets, qui, de l'aveu du déiste,n'étaient aucunement du ressort de la raison humaine? Parmi les dogmes mêmes et les maximes dont le déiste compose sa religion naturelle, n'y en a-t-il pas sur lesquels Inomme avait besoin d'ôlre éclairé par la révélation? Les docteurs Chrétiens le i)réteDdent. Pour soutenir leur prétention, ils disent d'abord qu'il ne faut pas s'arrêter è la religion telle que la présentent aujourd'hui les déistes, que la lumière de l'Evangile et de tous les saints Livres, a éclairés, et qui ont pu y puiser, au moins en partie, la doctrine dont ils se parent; mais qu'il faut se transporter au temps où cette lumière n'avait pas encore répandu ses rayons, et juger de ce que pouvait la raison humaine, par h doctrine qu'enseienaient alors les philosophes de l'antiquité, dont les déistes se donnent maintenant pour les successeurs. Ensuite les docteurs chrétiens montrent par le détail qu'il s'en faut beaucoup que les philosophes anciens aient eu sur la religion, môme naturelle , toutes les connaissances dont elle aurait pu ôtre formée, et demandent hardiment aux déistes, s'ils voudraient adopter tout ce qu'ont enseigné les plus sages d'entre les philosophes. Ce qui est peutêtre encore plus consiuérable, c est que les plus estimés et les plus estimables en effil des philosophes anciens ont désiré eux-mêmes que la Divinité leur donn&t sur la religion les lumières qu'ils sentaient leur manquer et passer leur portée. Aussi dans le Second Alcibiadef Platon fait dire à Socrate:/' faut attendre que quelqu'un vienne nous iiutruire de la manière dont nous devons mut comporter envers tes dieux et envers les hommes,.. Jusqu'alors il vaut mieux différer l'offrande des sacrifices^ que d>n offrir sans savoir si Ton plaira ou non à Dieu, Il conclut ailleurs qu'il faut recourir à quelque dieu ou attendre du ciel un guide, un maître qui instruise l'homme sur ce sujet. Enfin il veut que l'on consulte l'oracle sur tout ce qui con* cerne les sacrifices et le culte des dieux : Cor, dit-il, nous ne savons rien de nous-mêmes sur tout cela, et nous ne saurions mieux faire que de suivre exactement les décisions de l'oracle. Dans le Phédon, après que Socrate a dit ce qu'il pense sur l'immortalité de l'Ame, et sur

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a vie h venir, un de ses disciples répond : la connaissance claire de ces choses ^ dans elfe vie, est impossible, ou du moins infini^ nent difficile. Le sage doit donc s'en tenir à *f ^t lui parait plus probable, à moins quHt l'att des lumières plus sûres, ou la parole de fHeu lui-même qui lui serve de guide. Les philosophes mêmes modernes qui loin de econnaltre le besoin qu'a Thomme de la rérélation^reiettent celte que les mahométans, es Juifs et les Chrétiens prétendent que Dieu I faite, ne prouvent-ils pas ce besoin? Quatid Is veulent ne suivre que les lumières de eur raison, ne donnent-ils pas dans des k*arts? — Aucun auteur chrétien n'a fait sur ;e sujet un travail plus complet que celui des Helviennes ou Lettres provinciales philoso-^ Mques, comme on le voit par le sommaire ies matières qui y sont contenues. L*obiet le cet ouvrag*?, dit-il, étant de mettre sous les reux des lecteurs, les opinions diverses des 'liitosophes modernes, le 1" volume est consacré à Texpositron et à la réfutation de eurs systèmes sur l'origine et la formation le Tunivers. La première lettre expose le ^ujet deTouvrage; depuis la deuxième jusqu'à la seizième, système de M. de Bunon, $es erreurs physiques, ses oui et ses non...

• Tome II . — Métaphysique des philosophes iiodernes. — Lettres 32, 33 et 3^. Philosophes pour Dieu, philosophes contre Dieu, [>hilo$ophes entre deux, philosophes tantôt l>our, tantôt contre, tantôt ni pour ni contre. - Voltaire à son lever, à son déjeuner, à son l^ner, à. son coucher, etc.. — Lettre 35. Diversité et opposition de J.-J. Rousseau, sur Dieu et les athées... — Lettres 36 et 37. Les oui et les non de M. d'Alembert sur les preuves de Texistence de Dieu... — Lettres 38 et 39. Dieux des philosophes modernes. I^dieu grande âme; le dieu grand homme ; iodieu çrand tout; le dieu petit atome; le dieu million d'atomes; dieu de Robinet ; dieu deDesIlsIe; le dieu tranquille; le double dieu. ^ Lettres M et U. Opinion des philosophes sur la spiritualité de l'flme. Philosophes sans esprit, philosophes spirituels. Philosophes peut-être esprit et corps, peut-être toul matière. Voltaire esprit. Voltaire tout matière; Voltaire peut-être esprit, peut-être tout matière. Jusement provisoire d'Helvétius. Jugement définitif de même surTesprit. La raison du marquis d'Arsens indécise et très-décidée sur l'esprit. L'ïme de M. Robinet distlucte de son corps, confondue avec son corps, moitié corps, moitié esprit... Phîosophes à deux esprits, philosophes au double moi, mais à un seul esprit ; à un seul l'^^prit, è une seule flme, à un seul moi, et le tout très-matière ; philosophe tout esprit, 'i rien déplus; philosouhe tout esprit et tout '"«^«ère... — Lettres 44 et W. Diverses sil'ïaiions et diverses legons du philosophe ,*nbauder sur la liberté...

« Tome III, Lettre 46. Diderot, Voltaire, Y divers autres philosophes, tantôt libres, tantôt esclaves, machines, automates, girouettes.. -. Lettres 48, 49. Philosophes "Joriels, immortels ; tantôt l'un, tantôt l'au-

tre, tantôt ni Tua ni Tautre; diverses métempsycoses... — Lettre 50. Philosophes égaux, supérieurs, inférieurs aux bêtes. — Lettre SI. Philosophes pour ou contre, et tantôt pour, tantôt contre, et en même temps pour et contre l'éternité de la matière... — Lettre 52. Diverses Ames philosophiques, le feu, l'eau, le mouvement, etc., etc..

« Tome IV. Morale des philosophes modernes. Lettres 61 et 62... Tout est dit, tout est vieux en morale; rien n'est dit encore, et tout est neuf dans cette même science. Sages tout è la fois premiers et derniers è Técole de la morale... — Lettre 63. Comment tout est neuf, quoique tout soit très-vieux en morale... Etat de la morale antérieurement à l'Evangile. 1' De la morale de la révélation, qui fut celle des Juifs; â* de la morale du sentiment, qui fut celle des peuples; 3* de la morale de la raison, oui fut celle des philosophes... — Lettre 74. On prouve, d'un côté, qu'il n*y a dans ce monde ni vices ni vertus; on démontre, de l'autre, qu'il y a dans ce monde des vertus et des vices... Philosophes certains et incertains; Voltaire affirmant, doutant, niant Texistence des vertus et des vices. Diderot afOrmant et niant. On demandée prouver l'unité de ces opinions... — Lettre 75. Que l'iciée de la vertu est et n*est pas innée dans Thomme. Que cette idée est et n'est pas invariable. Que Thomme est bon, qu'il est méchant; au'il n'est ni bon ni méchant; qu'il est moitié run, moitié l'autre, et tout cela à la même école... — Lettre 77. Métamorphose de la vertu chez les sages modernes. 1* Que la vertu est toute dans l'intérêt public; 2* qu'elle est toute dans l'intérêt personnel ; 3* qu'elle n'est ni dans l'un ni dans l'autre; qu'elle est toute dans la sensibilité physique. —Lettre 79. l'Que les passions sont bonnes, très-utiles : 2* Qu'elles sont très - mauvaises , très - nuisibles; 3*

au*el)es ne sont ni bonnes ni mauv^iises. ipinion de quelques philosophes À droite, et des mêmes philosophes è gauche. — Lettre 80. l*Que 1 erreur en morale est toujours dangereuse; 2" que l'erreur en morale n'est jamais dangereuse.

« Tome V. — Lettre 8t. Découverte du double catéchisme philosophique.... Chapitre adroite; le sage très-content du bonheur de ce monde ; è gauche, le sage très-mécontent du bonheur de ce monde. Preuves de ce chapitre... — Chapitre 2. Vertus è renvoyer au préjugé; vertus à maintenir dans leiîr réalité, ou bien double doctrine sur la la chasteté, ta pudeur, le célibat, le mariage, le libertinage, l'adultère, etc. — Chapitre 3. Autres vertus è renvoyer au préjugé, et à maintenirdansleurré»lité.PiéléOliale,amour paternel, amitié, reconnaissance, véracité, crainte de Dieu, pardon des injures, etc., etc. Preuves pour et contre. — Chapitre 4. — Conscience et remords réformés, conscience et remords maintenus. Preuves pour et contre... — Chapitre 5. Enfer détruit, enfer rétabli. Preuves pour et contre. — Chapitre 6. Moyens philosophiques d'établir la vertu |)armi les hommes. Médecins, maréchaussée,

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législation , bourreaux » communautés de Mens, plaisirs t dirorcesi courtisaneSi communauté et choix des femmes, musique, géométrie, etc.. Preuves de cesmo^fens... — Chapitre 7. Suicide approuté, suicide proscrit. Preures pour et contre... — Lettre 85 et dernière. Dernière épreuve de la B. Excès de son dépit contre une philosophie uu^elle croyait moderne, et dont elle apprend à connaître la décrépitude. Preuves de celte décrépitude. Comparaison suivie , rapproche* ment, identité de l'école moderne et de l'école antique... L*écoledes philosophes comyviréeik celle de TEvangile. Conclusion. — Foy. ce sommaire h la fin du tome Y*.

«Par lesnomsdesphilosophesqui viennent d'èlre oilés, on voit que, comme nous ]*avons dit an commencement de notre Hiêtoire du christiamime , ce n*est que depuis environ le milieu de ce siècle que le phtlosophiême a enfanté tant de productions contradictoires, absurdes et destructives de la religion môme naturelle et des bonnes mœurs. Avant cette époque, les vrais philosophes rendaient les hommages les plus solennels à la religion chrétienne, tels que Bacon, Descartes, Looke, Newton, entre les mains desquels d*Alembert lui-même, dans son discours préliminaire de TEncyclopédie, a mis le sceptre de l'empire philosophique, et qu'il appelle les véritables maîtres de l'esprit humain. Ce titre imposant ne l^ur convient pas exclusivement, et pourrait se donner avec justice à qoelques autres au moins des philosophes chrétiens, tels que Bossuet, Fénelon, Arnaud, Nicole, Pascal, Malebranche, Pétau, Mabillon, Tillemont, Leclerc, parmi les Français; Leibnitz, Wolf, Budée, Mosheim, Grotius, BernouUv, Boerhaave, parmi les savants du Nord; (es Galilée, lesBaronius, lesSadolet, les Muratori , parmi ceux du Midi ; enfin les Clarke, Cnmberland , Boyle, Staele, Addisson, Méad, Warburlon, chez les Anglais. Vov. Essai sur Vunion du ehristior nisme avec la philosophie , par M. Baudisson. »

— M. Maret parle ainsi de la philosophie séparée, c'est-à-dire de celle qui sans tomber dans les erreurs nuitérialistesou panthéistes, rejette la révélation, et veut s'en tenir aux vérités naturelles (/^Ai7. et rel. p. VJî) : «Je dis que la philosophie pure ou séparée serait insuffisante, parce qu'elle mêlerait presque toujours des erreurs aux vérités qu'elle professerait; parce qu*clle ne prémunirait pas suffisamment Tesprit contre les dangers de doute et d*erreur inséparables de la spéculation rationnelle; parce que son enseignement offrirait des lacunes qu il lui serait impossible de combler; parce que le genre humain presque tout entier échapperait è son action et à son influence; parce que, enfin , elle n'aurait pas une prise efficace sur TAme humaine. »

Voici quelques fragments de la discussion consacrée à prouver ces diverses propositions : « Il y a des vérités nécess^aires è l'homme pour atteindre à la perfection de ses fins naturelles,... et que la phi-

losophie séparée ne peut pas loi doaner... Telles sont toutes les vérités qui se rif» portent aux questions d'origine et de ûo«e: en particulier de l'origine et de la fio .• I^bomme; celles oui ont pour objet les rtr. ports complexes de Dieu avec le momie, .'^ contradictions de notre nature , le reœr * du mal qui nous souille et nous dévora, .* culte que nous devons k Dieu.... 11 eMn4nifeste que ces vérités ne peuvent pas ètn pour nous des axiomes... En second lieo, à plupart de ces vérités sont placées en ûtbfi de notre expérience personnelle.... et ot Texpérience historique. Reste le raisorscement, et je reconnais tout de suite qiMi quelque pouvoir sur ces vérités... AiaM .« raisonnement peut prouver la spirituahtt l'immortalité, la vie future; mais \\tsxitr capable de nous dire ce que sera teUi i * future, il ne peut pas rnèma assurer am une certitude at»olue qu'elle sera éteroeik... Quel parti prendre par rapporté ces questions que le raisonnement agite, maisqo'il ne peut résoudre ? Faut-il ignorer ces «entés, faut-il en douter ? N*est41 pis ylu

sage , plus raisonnable de désirer uoe loroière supérieure, une lumière plus lU»dante, qui vienne éclairer ces hauteurs, m abîmes où ne peut atteindre ma raison l

« J*ai accordé à la philosophie ié\^êrh toutes les vérités rigoureusement démooiriblés. Mais il faut bien qu'elle reconiuiN«e que plusieurs de ces vérités lui sora Tenues fort tard, et d'une lumière qui w^ donnait pas pour la sienne. Je ne mes pour exemple que la vraie notion de U (<r* lection divine impliquée dans celle ût ii création... Il y a là une question bien gnfc à éclaircir; et s'il était certain que des Tentés démontrables sont arrivées à la ra:5oc par une lumière distincte de sa propre loroière, il n y aurait plus de difficulté i r^ connaître qu'elle a besoin de cette lamièrt pour parvenir à des vérités qui, de >m aveu, ne sont pas susceptibles de déoioûstration rigoureuse.

« Toutes les considérations que je viensd* présenter à votre méditation D'auraient-elfcs pas la force qu'elles possèdent, nous aQn<<fi encore des raisons décisives contre la solfisance de la philosophie séparée. Car la philosophie est le partage du petit nombre, du trètpetit nombre.... Abandonnerez - vous ir» masses è elles-mèmesT Ce serait les coiKtaB* ner è l'ignorance, au vice, à une vénutle barbarie. Les amenerez*vous aux écoles d« li

Shilosophie? Mais, pour philosopher,!! b^t es loisirs et de la capacité... Que leur bsiil donc?... Du enseignement sûr^ ùci>.

et cependant revêtu (Tune autorité cèpsk < de commander leur assentiment... Cet eoseignement lumineux, saint, uniforme, iovariable, lait pour les enfants, pain pourlts forts, si m pie et profond, tempéré et sublime,. •

cet enseignement sans lequel Haornasit^ n'arrivera pas k toutes ses fins naiorellt5, ^ philosophie, avec son langage savant, ses méthodes difficiles, ses systèmes noni^'^ui et divers, la philosoohie avec ses vari«tiooi

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et ses contradictions» le possède-t-elle? Jamais elle ne Ta dooné« jamais elle ne pourra le donner. Il y a là une lacune immense qui accuse son insuffisance.

« Et si nous pénétrons dans Tâme bumaine, si nous cherchons les ressorts secrets qui la font mouvoir vers le bien » nous recoonaltrous sans peine qu'elle demande autre chose que des préceptes et même des exemples. »

~ Le Journal des Débats (sept. 1857) répond i H. de Broglie» qui met la révélation au-dessus de la religion naturelle : « Nous crai- Kuons bien que le défenseur de la foi n*ait interverti les rôles et qu'il n'ait pris le chêne pour le lierre et le lierre pour le chône. On serait en droit de lui demander laquelle, de la religion naturelle ou- de la religion révélée, vit d*dm|)runts aux dépens de l'autre, laquelle fournit le plus de sève et de suc nourricier à l'autre La religion naturelle est

une puissance anonyme qui fait son chemin leotemenly obscurément dans le monde. Elle établit son règne invisible sous le voile de la religion positive, comme ces ministres célèbres dont le génie viril envahit l'autorité souveraine que des rois. dégénérés laissent échapper jle leurs mains débiles. Nier les l>rogrès de la religion naturelle au xix' siècle, c'est nier l'évidence; ils sont empreints dans nos oimurs, dans nos croyances, dans nos lois, dans l'esprit général de la civilisation moderne. Où s'arrêtera le progrès?.. Le lualheur est que la raison , cette faculté luattresse , à qui semble assigné de droit divin le gouvernement de l'homme et des sociétés dans l'ordre religieui, comme dans Tordre ci vil, est condamnée è lutter, depuis que le monde existe » contre des instincts jusqu'ici irrésistibles qui ont prisofficielle^ ineni le pas sur elle 1... La vraie philosophie est h la rois chaleur et lumière, apostolat et milice. La vraie philosophie est de ce monde, et sa prétention est de le gouverner un jour. Toutefois elle est obligée de conformer son rùte à sa fortune actuelle , et pour dire son dernier mot sur la religion naturelle, elle doit se rabattre et poser la question dans les termes que voici : La raison toute nue, la vénié toute nue, suffit-elle au commun des Imutmes? Je tiens h ce point d'interrogation, lar il est une profession de foi tout entière. »

M. de Maumigny ré(>ond {Univer» du 22 septembre 1857 ) : « Comme tous les Chrétiens, le Journal des Débats reconnaît deux cultes, l'un spiriiuel et catholique, qui adore bleu en esprit et en vérité, Tautre figuratif ei (particulier; seulement il fait de la réalité la figure, et de la figure la réalité... Voici la base de sou argumentation : « Autres sont le (loint de vue, les conditions, les procédés àe la religion positive, autres sont ceux de la religion naturelle. Toute religion positive est l'expression plus ou moins fidèle de l'hufuanité considérée dans telle ou telle phase, dan^ tel ou tel cycle déterminé de son existence historique et de sa marche progressive à travers les siècles. La religion natu-

relle, fruit de l'esprit philosophique, est ri« déal del'hommetel qu'il devrait être. •• Dans

verse dans les religions positives), » « Fruit de la raison de l'homme, » reprend Jd.deMautnigny, « la religion naturelle est une religion particulière, en ce sens que la forme du culte n'étant pas prescrite , peut varier dès lors suivant les lieux, les temps, les peuples, les individus. D'autre part, elle est figurative, en ce sens que Dieu n*est point connu en lui-même et tel qu'il est, mais tel qu'il se laisse deviner dans Vénie;me de la création. Fondée sur la parole de Dieu, fondée sur la révélation, la religion positive, au contraire, est immuable comme Dieu lui-même, vraie comme Dieu lui-même, universelle comme Dieu lui-même. Le dogme, Inculte, la prière, rien n'y est arbitraire. Tout ce qu'il y a d'essentiel nous vient d'en haut, et la parole dt» Dieu est le fond de la liturgie. » Le profond écrivain montre ensuite que le principal argument des rationalistes u'est qu*uoe équi<voque; car pour exalter la raison aa-dessits de tout, ils la prennent dans le sens absolu , objectif, dans lequel elle est vraiment infaillible ; et ils en concluent que la raison de chacun est souveraine 1 11 termine en mon^ trant que Jésus-Ohr ist est non-seulement la raison illuminante , mais encore la rotaem humaine par excellence; refuser de Téoouter, c'est donc rejeter la raison humaine, que seul il possède dans sa plénitude. Il est donc doublement absurde de donner à notre raison particulière la souveraineté dans l'ordre religieux. Car le rationalisme veut chasser le Christ de l'ordre religieux après l'avoir chassé de l'ordre civil. »

— Le P. Ventura dit dans son livre sur La traditioH^ p. 3kk ;

« Les cultes païens ne sont que la révélation primitive, la vraie religion, la reli- Î;ion universelle catholique, défigurée par es absurdités les plus grossières, par les obscénités les plus révoltantes. Le judaïsme u'est que cette même révélation, cette même religion restée è l'état de préparation, de figure, de prophétie; il es.t cette même révélation, cette même religion, mais incomplète. Toutes les sectes hérétiques, le mahométisme lui-même, ne sont pas des religions positives; elles ne sont que des protestations on des négations piusou moins étendues du doçme chrétien. Ce sout donc la même révélation, la même religion mutilée. Il est donc évident que, parmi toutes les religions du monde, le christianisme est la religion primitive, seule pure et imrfaite, et que dans le christianisme, le catholicisme ebt la révélation primitive, seule pure et parfaite, et en même temps entière. C'e^i <lonc dans rBgliso catholique seulement que se trouve la révélation primitive, la religion universelle de l'humanité aussi pure et entière qu'elle est sortie de la bouche du Dieu créateur, et qu'elle a été restaurée et perfectionnée par la mission du Dieu rédem/u

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iear... Iltsi cer/mVi, dit saint Augustin, que Cette religion qu'on appelle chrétienne au* fourd'kui^ a été connue chez les anciens, et même dis Vorigine du genre humain, A l'exception près que les anciens croyaient en Jésus-Cbrist qui devait venir, et que nous croyons en Jésus-Glirist qui est venu; à l'exception près que cette foi au divin Rédempteur, qui est explicite chez les Chrétiens, était le plus souvent implicite chez les gentils; à Texception près que nous croyons comme s'élant accomplies les prophéties et les promesses faites à rhomme dès Torigine du monde, que les anciens croyaient comme devant s^accomplir dans un temps plus ou' moins éloigné ; à l'excepiion près enQn que les anciens avaient en figure et à l'état d'imperfection et d'attente les mêmes rites et les mômes sacrements que nous possédons en réalité, en fait et dans toute leur perfection. » (Yoy. dans notre ui* p. des Confér.^ V Essai sur les êacrements avant le christianisme,) £t phis loin : « Pour laisser aux causes secondes la liberté de leur action, Dieu a pu permet* tre que la création primitive du corps de l'homme pût être viciée par la génération humaine, choisie comme le moyen de continuer l'opération créatrice, et que la révélation primitive faite à l'homme pût être altérée par la tradition humaine, chargée de perpétuer l'acte révélateur,^. Mais ce double uégAi de l'œuvre divine n'a pu être permis que par rapport aux accidents et non par rapport à la substance de ^cette œuvre.» |

On lit dans les Débats du 30 avril 1852 : i « ôocrate et Zenon, Cicéron et Sénèque» ont professé les principes de la plus saine et de la plus pure morale. £ntre cette morale, à laquelle on donne le nom de païenne, et la morale chrétienne, quelle est donc la différence essentielle et caractéristique? La morale de Socrate est la morale humaine par excellence, la morale de ce monde et de cette vie; la morale de l'Evangile est la morale surhumaine, la morale de l'autre monde et de l'autre vie. L'une a pour but la vertu laïque, l'autre la perfection mystique ; l'une fait des hommes, l'autre fait des saints. Or est-il écrit que tous les hommes sont vases d'éleciion? Sommes-nous prédestinés à vivre en odeur de sainteté? Non, c'est F Evangile qui le dit : Beaucoup d'appelés et peu d'élus. (Matth, XX, 16.) La conséquence à tirer de là, c'e.st que.,, aux laïques, les devoirs et les vertus laïques ; aux mystiques, les devoirs et les vertus mystiques. V Ce morceau esté conserver comme spécimen du degré auquel le lalionaiisme peut embrouiller les idées des uieilleurs esprits. Peut-être aussi l'auteur a-t-il voulu seulement plaisanter, ce qui n'est pas de bon goût en matière si grave. Comment croire, eu effet, qu'un homme sérieux, partageant l'humauiié en deux groupes, s'avise de mettre d'un côté les laïques et de l'autre les élus? C'est à peu près comme s'il avait dit : Tous les hommes sont ou l)oulaupers ou nègres. Et cette prétention d'asùuijler la distmcfion des laïques et des élus

è celle de Tordre naturel et du snmitar^. à celle aussi des préceptes et des ooosan»! car l'auleur confond tout cela dans soo \^ thos. Mgr l'évêque de Poitiers a exposé In idées des rationalistes un peu mieux aai^ ne le font eux-mêmes. Ecoutons ce qu'il bh dans la bouche d'un philosophe : « vous oc parlez d'une vie supérieure et surnatorelle; vous développez tout un ordre surhumair. basé principalementsur lefait de rinearoaiKn d'une personne divine. J'admire celte hautecr de vue et de spéculation; mai8,si jerougut)e tout ce qui m'abaisserait au-dessous île bi nature, je n*ai non plus aucun attrait potr ce qui tend à m'élever au-dessus. Ni si bès ii si hauti Je ne veux faire ni la l)éte ni l'ioge; je veux rester homme. D'ailleurs, festtiu grandement ma nature; réduite è ses éléments essentiels et telle que Dieu l'a ftttf, je la trouve suffisante; je n'ai pas la prêtertion d'arriver, après cette vie, à une félh cité ineffable, à une gloire Iranseendaote, .«i supérieure è toutes les données de ooa nson; et surtout je n'ai pas le courage de o« soumettre ici-bas à tout cet ensemble d'ol-.!* galions et de vertus surhumaines. Je smi reconnaissant envers Dieu de ses intenb'^u généreuses, mais je n'accepterai pas ces bienfaits qui seraient pour moi un unieiB. Je vivrai selon les lois de oia consciem'r, selon les règles de ma raison et de la religion naturelle; et Dieu ne me refusera (4% après une vie honnête et vertueuse, le >eu! bonheur éternel auquel j'aspire, la récoo* pense naturelle des vertus naturelles. • U savant évêque de Poitiers (il faut lire eoeih lier la belle instruction synodale dont noss venons d'extraire les lignes oui précèOeJ. montre que l'homme n'a (las le droit de r^ fuser une faveur que Dieu lui offre, en !u imposant l'obligation de la recevoir; queîi raison de l'homme ne peut pas lui mocinr suflisamment le bien que Dieu, en bit, tnç» de lui, et qu'elle ne montre pas mêoe, .* vrée h ses seules forces, tout ce qu'elle {efet montrer avec une assibtance divine.

Mgr l'évêque de Poitiers est reveno <!^ puis sur la même erreur. Dans son/iMirvtion synodale sur les principales artvn i* tempsy il réfute avec une grande force it raisonnement et avec une grande éloqorixf. ceux qui prétendent pouvoir rester en «.«hors de 1 ordre surnaturel, sous pn^t'ii qu'ils sont laïques; il montre que or erreur a succède à une autre toute co&tnrf qui diminuait ou même snpf»nifiiit ' différence entre le prêtre el le laïque. <« jugera de la haute valeur de cet own^ par l'extrait suivant où est rapporté no à>* mirable fiassage de saint Augustin: «V"^ frères,» disait saint Augustin (Sera. M. n die ordinationis suee^ 11, n* l). bk» *^/^ «rcffroi c'est la considération de ce qitf / suis pour vous ; mon sujet de eoosoîiutc c'est la considération de ce que je suis i*^ vous. Pour vous, je suis évêque ; ater veo^ ie suis Chrétien. La première qualité,eo ar levant au-dessus de vous, m'impose u^ charge et un péril; la seconde qui 0*^ •

REVELATION

TOUS, est pour moi, comme pour vous, le principe de la grâce et du salut. Et certes, il m'est plus doux et plus avantageux d'avoir été racheté avec vousqjue d'avoir été préposé sur vous. 9 — «Messieurs» reprend Mgr (Je Poitiers, « saint Louis est touchant, il est a Jmirable quand il place si haut la royauté spirituelle de son baptôme,qu*ilaime à s'appeler Louis de Poissjf plutôt que Louis de France. Mais saint Augustin ne vous semblet-il pas plus sublime encore, et ne vous (Jonnc-t-il pas une idée encore plus magnitique de la régénération baptismale, quand, snns déroger en rien à la vertu de l'onction poiitilicale, qui a surajouté en lui le caractère plus élevé du sacerdoce à celui du ciniâhnnisme, déposant en quelque sorte devant 5on peuple la mitre qui sied si bien à sa noble tète, il veut ne se complaire que dans sa qualité de Chrétien, et ne trouve de consolation et de sécurité que dans ce titre commun aux brebis et aux pasteurs I »

—M. Renan a parlé des œuvres posthumes de Lamennais, dans la Revue des deux man~ d(8 iJu 15 août 1857. Nous allons résumer cet anirle qui contient des indications précieu« ses bxir les dernières idées de Lamennais, et sur les idées actuelles de M. Renan, les« quelles, nous l'espérons, do seront pas les dernières. Nous accompagnerons notre ana- Use de quelques réflexions.

" —M. Renan indique nettement dès son début le caractère de sn crilique:«On raconte,» dit-il, «que quand les missionnaires de Rome, après avoir converti au christianisme les Saxons de Northumbrie, les engagèrent à renverser eux-mêmes les idolesque,jusquela, ils avaient adorées, nul n'osa porter la main sur ces images, longtemps consacrées par la foi et la prière. Au milieu de i'hésitilion générale, un prêtre se leva et abattit d'un coup de hache le dieu dont il connaissait mieux que personne la vanité. L'attaque du prêtre a toujours ainsi un caractère particulier de froideur et d'assurance : on sent dans le.s coups qu'il porte une sûreté de main que le laïque n'atteint jamais. Celuici, habitué à regarder de loin le sanctuaire, ne s'en approcne qu'avec respect, môme quand la Divinité l'a quitté ; mais le prêtre qui en connaît les secrets J'ouvre et le livre AUX regards avec laudace d'un familier.» A voir la manière dont H. Renan attaque l'Eglise, on est tenté de se demander s'il n'est qu'un laïque? Que signifie, en effet, le passage que nous venons de citer, si on le r«*pproche de tant d'autres du même écrivain? li signifie que le catholicisme est comme la religion de Northumbrie, un symbole oue la bïtinitéa quitté^ et ))ar conséquent ou elle n'a jamais résidé que par l'imagination i\es fidèles. Il signifie, que M. de Lamennais n'a pas eu moins raison d'attaquer l'Ëglise, que le prêtre des idoles n'a eu raison de se faire Chrétien. Nous accordons à M. Renan qu'en général le prêtre apostat se fait remar; quer par son audace. Mais s'imaginer qu'il «^t plus digne d'être écouté après qu'a* vaut son apostasie, et que pour porter un

jugement éclairé sur la religion, il est utile d'entendre ce qu'en dit cet ancien familier^ c'est s'abuser étrangement. L'apostat sans douleade grandes facilités pour semer l'erreur ; mais, loin de pouvoir donner aux autres une notion exacte de sa foi répudiée, il est incat)able de s'en faire à lui-même une juste idée. La claire connaissance des vérités surnaturelles ne se conserve que par un commerce assidu et respectueux. Le doute est l'ennemi de la lumière. On pourrait lui donner pour symbole un éteignoir.

M. Renan continue ainsi : « Un même s^'stème de haine éloquen te appliquée aux objets les plus divers, voilà Lamennais... Le besoin de voir partout des mystères d'iniquité, la conception d'un idéal satanique et pervers, qu'il imaginait tout exprès pour servir defprétexte à sa colère, lui inspiraient ces sombres images qui obsédaient et souvent égaraient sa raison... La flamme vive et nassagère de la passion méridionale n'a rien de commun avec ce feu ardent et sombre, avec celte colère profonde et obstinée qui ne veut pas être adoucie. Il n'y a pas de plus mauvaise disposition pour un philosophe et un critique; il n'y en a pas de meilleure pour un artiste et un poète... Le ton absolu des opinions de Lamennais qui nous a valu tant de pauvres raisonnements, tant de jugements aéfeclueux, nous a valu aussi les cinquante pages de grand style les plus belles de notre siede... Lamennais n'eut pas de mettre connu... Il ne fut jamais au courant de son temps. La discipline complète de l'esprit, fruit d'une gymnastique prolongée de toutes les facultés, suppose des contacts nombreux avec des ordres trèsdivers d'activité intellectuelle: elle n'est guère possible que dans les grands centres de mouvement littéraire et scientifique, comme sont les capitales, ou, en Allemagne, les villes d'universités. Lamennais ne dut rien à ces influences générales : son caractère de race, très-profondément accentué, et son éducation ecclésiastique, la Bretagne et le séminaire, voilà ses origines, et, si je l'o^e dire, toute son explication... La foi ardente des peuples bretons... est le fait de natures loyales qui ont besoin de se dévouer k une cause. Or, les causes auxquelles les flmcs honnêtes se dévouent le plus volontiers sont toujours les causes désespérées... L'éduea*lion ecclésiastique, quia de graves inconvénients quand il s'agit de former le citoven et rhomm.e pratique a d'excellents efrets tiour réveiller et développer l'originalité de l'esprit. L'enseignement de l'Université, qui est certainement plus régulier, plus solide, plus discipliné, a l'inconvénient d'être trop uniforme et de laisser trop peu de place au coût individuel soit du professeur, soit de I élève.L*Eglise,enlittérature,e8t, somme toute, moins dogmatique que l'Université. Le goût y est moins pur, les méthodes y sont moins sévères, mais la superstition littéraire du xTu' siècle y est moindre. Le fond y est peut-être moins sacrifié è la forme. Ony trouve plus de déclamation, mais moins de rhétorique. Cela est vrai surtout de l'en*

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