‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 7 sur 87 · ARTS · texte numérisé non relu

ARTS

l*<)céan. Comme une Toixrqui's'élèye a» s'«i>aissev le vent, d*un souffle inégal, tire des h«ules branches raille accords variés; le chant des oiseaux s'y découpe en notes léfrères f et le rougîssenaent continu de la cascade voisine forme è ces vives mélodies un accom^Mignement grave et solennel. Montez encore; dirigez-vous vers cette lumière dorée qui brille è Teitrémité des nefs comme les flambeaux du sanctuaire; respirez Kencens qui suinte des arbres avec la résine, et qui jaillit des fleurs froissées sous vos pieds.... Tout h coup, è travers les sapins, plus rares sur la lisière du bois, la cime du placier vous apparaît toute ruisselante de soleil sous une voûte d*azur; de larges bandes d*or, des reflets de pourpre et des veines bleuâtres sillonnent la blancheur des neiges, comme le marbre d*un autel tout

jas|)é de pierreries. Tombez h genoux I

Les saintes traditions de la foi maternelle D*ont rien è craindre dece culte solitaire etde ce» rites inusités. Ce soir quand vous serez redescendu dans votre vallée, et que vous passerez devant Téglise natale, vous en ouvrirez la porte comme autrefois. Jamais plus fervent désir, jamais besoin plus vif d'adoration et d*amour ne vous auront poussé au pied de ce modeste autel. Vous y retrouverez dans toute sa plénitude l'ivresse que ▼ous avez goûtée sur les sommets; vous y répandrez les mêmes larmes généreuses; vous y répéterez la môme prière : car vous 7 reconnaîtrez le même Dieu. »

M. Carodit, dans s^s Etudes morahs :

• En dehors de ridé.il, c'est-à-dire du réel élevé h la mesure du beau, il n'y a que deux soarces d'inspiration pour l'art, le réel dans ses misères et s%s nudités, la Qction dans SHS caprices. Mais nous avons vu que la fantaisie pure revient par une voie détournée au pur réalisme. Il n'y a donc réellement que deux grandes écoles dans l'art , et deux grandes tendances, l'école et la tendance spiritualistes, l'école et la tendance sensualistes. De ces deux écoles contraires, l'une qui élève l'Ame jusqu'aux idées du l>eau et du bien, l'autre qui l'abaisse à une sorte de connivence avec les appétits aveugles des sens, il est incontestable que la première n'a parmi les romanciers que de rares adeptes, et que la seconde, au contraire, triomplte par le nombre de ses œuvres etde ses disciples... Vouloir inventer un être de pure imagination...» c'est manquer à la première condition du roman qui ne doit et ne peut être qu'une analyse de la passion développée dans une action imaginaire... L'œuvre sera4-elle complète si le romancier a reproduit avec exactitude les traits de, la réalité ? Non pas, car le roman est une oiavre d'art, et l'art est autre chose que la reproduction du réel... Le roman autrement compris n*est plus... qu'une sorte de statistique effrayante des maladies honteuses et des lèpres d'une nation. Pour que le roman soit œuvre d'art, que faut-il donc? Un pou d*idéal... observation sincère, enthousiasme, tout est là... Nqus voulons qu'en

lisant un roman l'Ame soit élevée au-dessus d'elle-même , qu'elle respire un air plus libre sur les; sommets oh la ravit la pensée de l'écrivain, qu'elle sente ses passions np« blés avivées et soutenues, ses instincts physiques domptés, son égoïsme soumis , sa foi dans le bien plus forte et plus féconde ; nous voulons qu'elle retire des impressions gé*> nérenses de son commerce avec des types agrandis , épurés ; nous voulons enfin que l'homme sorte de ces lectures plus homme, c'est-à-dire plus affermi dans sa liberté, dans ses aspirations, dans son amour pour tout ce qui est beau et grand. C'est à ce signe sensible, à ce contre-coup de l'if déal dans les Ames, que vous reconnaîtrez infailliblement une œuvre d'art. Hors de là il y a une place considérable pour le talent, mais ce talent ne s'élèvera pas au-dessus de la mesure étroite d'une industrie amu^'ante ou d'un métier corrupteur; hors de là il y a place aussi pour le succès, et les exemples abondent autour de nous; mais qu'il y a loin d'un succès éphémère à cette prise de po&<session de l'avenir qui est le privilège des œuvres sérieuses et des grands artistes I.... Répétons- le trèsohaut et souvent, au risque de faire se pAmer aux dépens de notre naïveté les grands hommes de nos cabinets de lec«turc et les triomphateurs du feuilleton : U n'y a pas deux recettes pour composer une œuvre d'art et pour la faire vivre, il n*y en a qu'une qui est simple et vieille comme Homère, c'est d'agrandir la sphère limitée de la réalité, en lui donnant pour horizon Vi' déal. »

Les lignes qui précèdent sont extraites d'un excellent article intitulé : Le sensualisme dans la littérature. Avant de parler du roman, M. Caro passe en revue les tendances actuelles du théAtre et de la poésie. Dans le tbéAtre, il constate le triomphe des réalistes, c'est-à-dire de ceux qui veulent faire de Tart l'image pure de la réalité, non de la réalité ordinaire, ce qui ennuierait le publiCi mais de cette réalité piquante pour la curiosité qui comprend les raflinemenls du vice élégant, ou de cette autre réalité horrible, qui bouleverse les sens presque autant 3ue pourrait faire la vue d'un écuaiaud ou 'une agonie réelle. Kntre mille réflexions aussi judicieuses que spirituellement dites» il critique ces dénoûments prétendus moraux qui se font attendre pendant quatre ou cinq heures d'émotions mauvaises, de peinture aimable du vice. Il montre ensuite que les poètes fantaisistes aboutissent encore au sensualisme. L'idolAtrie de la forme , voilà leur dernier mot. Un de leurs illustres se glorifie d'être plus fort en ptattique féminine qu'un vieux marchand de Circassiennes. Ils ne s'occupent qu'à sculpter des mots, qu'à ciseler des phrases... Même pour ces ennemis de tojute règle, qui répudient également classiques et romantiques, il y a encore une règle, un culte, une doctrine, le culte de la sensation , la doctrine de l'art pour l'art, c'est-i-dire du style sans pensée. M. Caro critique aussi avec raison la xapidité de la

composition. « La biblioUiè<|iiek quatre sous esl le type ûdèie de la littérature qu'elle imprime. Elle publie vite, elle s'achète bien, elle s'enlère en quelques jours. Allez, dans on mots, en chercher les débris dans la hotte du chiffonnier 1 •

--Nous publions d'autant plus volontiers le travail suivant de H. d'Ortigue, que tout en contenantdes notions intéressantes sur la musique religieuse, il servira de complément h on antre Dictionnaire de l'Encyclopédie.

« Ceux qui ont lu mon DicUonnaire de plain-clum$ savent l'opinion que j'ai professée pendant longtemps rciatiYemenl à l'harmonie appliquée au chant grégorien.

€ Je pensais alors queleplain-chantétait un système essentiellementm!éiodique;que rtiarmonte étant issue d'éléments qui lui étaient étrangers et n'étant venue que plusieurs siè* des après, ne pouvait s'associer à une forme de chant pour laquelle elle n'était pas faite; qu'en conséquence, appliquer réiroaetwe^ mené Tliarmonie au plain-cnant, c'était non^ seulement accoupler deux choses disparates, mais les détruire l'une par l'autre, puisque l'une et l'autre reposent sur deux ordres de faits musicaux aosolument différents, n'ayant ni la même origine , ni la même destination. Je fiaisais seulement une exception en faveur de quelques faux l)ourdons adoptés par l'Eglise dans certaines solennités.

« Je n'ai nulle envie, comme on le voit, de dissimuler mes anciennes opinions qu'on trouvera longuement développées en plusieurs endroits de mon Dictionnaire^ notamment aux articles Mélodie et Harmonie ; je les livre au jugement des lecteurs avec autant de franchise que je les énonçais nar guère; bien plus, je les maintiens en un sens qui va être expliqué, et je dis qu'eu présence des tentatives faites sous nos yeux, fnon objection contre l'harmonie ou l'accomt)açnement du plain*chant subsiste encore Hujourd'hui dans toute sa force.

« J'ai toujours évité de mettre sur la même ligne ceux qui, par respect pour la gravité du chant ecclésiastique, ne se sont pas écar- \6% , dans leur harmonie et leur accompagnement , de quefques accords aimiiles et consonnants, et ceux qui n'ont pas craint de profaner les cantilènes sacrées par l'emploi des dissonances et de tous les artifices de l'art mondain. Ce n'est pas, néanmoins, que les uns et les autres ne fussent dans les eaux de la tonalité moderne, ceux-lè par l'élément exclusivement consonnant, ceux-*ci par l'élément à la fois consonnant et dissonant ; ils ne pouvaient donc que me faire repousser toute harmonie, puisque,$i ces derniers violaient ouvertement les lois de la tonaliléf les premiers en détruisaient au moins la modalité par l'impossibilité de pouvoir discerner, dans leur système , les modes entre eux. Et je me disais que tous ces essais avaient été condamnés d avance par la* bulle Doeta êaneêorum de Jean XXIJ , et qu'il n'en était aucon qui ne fûlenveJopué dans la réprobation exprimée par ces paroles : Adeo

ui interdum Aniiphomarii et Gradualie fun* dammUa deêpicia$U, ignorent euper quo œdifleanif tonos «esctunl, fuo$ non eeeemunif imo et eonfundunt.

« Ceux qui voudront s'amuser h relever des contradictions, relativement k ce que j'ai écrit du plain«-chant, auront beau jeu avec moi, car après avoir professé l'opinion que le plain-chant est innarmonique, j'ai ac* capté une part de collaboration, et par conséquent de responsabilité dans le présent Traité Le plain-chant est inharmonique quant k la tonalité moderne, attendu qu'entre les éléments du système ecclésiastique et les éléments delà musique moderne, il existe une ineompatilûlité radicale, comme notre théorie le démontre à chaque page, mais il ne l'est pas quant à la tonalité ancienne, à sa propre tonalité; en d'autres termes, la tonalité ecclésiastique possède des énergies telles qu'on en peut faire sortir naturellement une harmonie sut generiê , en même temps qu'elle repousse une harmonie procédant d'un système constitué sur des bases différentes. Celte distinction , que je n'avais pas fdite dans le principe, il n'en coûte aucun sacriGce à mon amourpropre de déclarer que je ne l'aurais sans doute jamais faite de moi-même. J'éprouve, au contraire, une joie sensible à repor<ter è mon précieux coIlat)Oraleur et ami l'honneur d une conversion qui m'a mis en possession d'une vérité que je n'entrevoyais qu'& demi. Ce fut lorsque M.Niedermeyer m'eut montré que non- seulement le plain-chant était susceptible d'une belle harmonie , mais encore que cette harmonien'était que le développement naturel des lois mélodiques de ce même plain-chant , que je compris cette fécondité propre au système des modes ecclésiastiques, en vertu de laquelle, loin d'être déshérité des avantages du système moderne, il peut et doit engendrer aussi bien que ce dernier uno théorie harmonique.

« M. Niedermeyer détermina en moi cette conviction par le simple exposé de deux règles fondamentales :

« i" Néceseité^ dans ^accompagnement du ptotn-cAan/, de l'emploi exclusif de$ notes de e échelle;

« ^ Nécessité de downer aux accords defi^ noie et de dominante dans chaque mode des fonctions analogues à celles que ces notes essentielles exercent dans la mélodie.

ft La première de ces règles donne les lois de la tonalité générale du plain-chant ; la seconde donne les lois de la modalité, lois en vertu desquelles 1^$ modes peuvent être discernés entre eux.

« L'énoncé de ces deux règles fut pour moi un trait de lumière ; k l'instant les bases du svslèmie harmonique grégorien me furent révélées. J'entrevis sans peine qu'une tonne harmonie, dans toute tonalité, n'étant que le résultat de quatre mélodies simultanées, les trois mélodies ajoutées dans le plain-chant k la mélodie principale, loin de rendre plus confuse la (lerception du mode , devaient t

AKtS.

au contraire, conlribucr pour leur part è le luellre en lumière, puisque chacuue de ces mélodieb justifie de son cdlé les mêmes lois, « Après que cette communication m*eut été faite, nous eûmes, mon collaborateur et moi, pendant plus d'un an, des conférences presque journalières, dont le présent Traité a été le résultat. Je crois qu il repose sur des bases toutes nouveliesy bases bien simples et bien naturelles pourtant, mais nouvelles en ce sens que nous en avons fait les premiers le fondement d*une théorie com* (>IMe, encore que ces bases aient pu avoir été entrevues en partie par d'antres.

« Dans mon opinion, une semblable théorie ne pouvait guère 6tre mise en lumière qu'à répoque actuelle ; elle est le fruit de ce Jent et profond travail d'analyse et dd comparaisoD auquel les deux tonalités, ancienne et moderne, ont été soumises, et qui a, pour ainsi dire, dévoilé et mis è nu, dans leurs plis et replis, les éléments constitutifs des deux systèmes. Je sais ce que m'impose mon titre de collaborateur, et qu'à moi seul il est interdit en ce moment de louer celui au nom de qui mon nom se trouve associé ; mais je ne puis empêcher queles faits ne parlent d'eux-mêmes. Qu'il me soit donc permis d'ajouter que les bases d'une pareille théorie ne peuvent être posées que par un homme ^ la fois grand musicien, grand harmoniste, grand praticien de plain-chant , également versé dans la connaissancedes diverses écoles (rh?irmonie,surtOttt de l'école moderne et de celle du seizième siècle zUD'pareii homme seul pourrai! démêler clairement et sainement apprécier ce qui estdes éléments d'une tonalité et ce qui est des éléments d'une autre; éléments divers, disparates , antipathiques, qui , sans le flambeau de la science musicale, s'entre-choquent, se heurtent dans 1(* rerveau ténébreux de certains théoriciens et archéologues musiciens, au point que tes savants, si estimables d'ailleurs, sont condamnés dans le même livre, dans le mftme chapitre, à la même page, à dire le pour et le contre, le blanc et le noir, avec un laisseraller qu'on ne saurait trop admirer. Les règles de rharmonie grégorienne déooolant, eumme il a été dît, <t^ lois purement mélodiques du plain-cbant, le plan que nous afionsàsuivre étaitd'une extrême simplicité. « Dans les notions préliminaires, nous avons exposé, le plus nettement et te plus succinctement qu'il nous a été possible, les lois mélodiquessurlesquelles repose laçons-* litution du plaîa-chaut, telles au'elles ont été enseignées par les théoricleBs les plus es* limés: Guido d Arrezzo, Odon de Cluny, de iuaûlhac, Lebeuf,Foirson. Nous avons donné la raison dea bail modes, de leur rapport par l'identité des finales dans chaque autfaeutiqoe et dans chaque piagal, soi) dérivé ; de leurs difléfences par la diversité des écbeU

les , par le déplacement des demi-tons, par les finales et les dominantes, etc. Nous pensons avoir fait entrer dans ces notions préliminaires tout ce qu'il est essentiel de savoir dans la simple pratique.

<xNous avons posé ensuite les règles générales sur l'harmonie grégorienne; les unes ajant trait à la tonalité, les autres à la modalité ; après quoi nous avons montré successivement l'application de ces règles générales aux huit modes, réservant pour deux digressions, placées l'une après les quatre

rations d'une certaine étendue , et peu susceptibles d'être présentées sous une forme didactique.

<t Les règles à suivre pour la transposition et la réduction des modes sont venues naturellement se placer après les règles ellesmêmes, et nous avons terminé par une des règles les plus intéressantes de l'Office divin, l'accompagnement de la psalmodie , dont nous ayons donné de nombreux exemples.

« Tel est l'ordre que nous avons suivi dans notre Traité; nous croyons pouvoir dire que celte œuvre se tient et s'enchaîne dans toutes ses parties, qu'elle forme un tout parfaitement un et logique, non qu'on doive faire honneur de ce mérite au talent et à l'habileté des deux auteurs , mais parce qu'ils ont eu le bonheur de rencontrer le vrai, et qu'appuyés sur les lois Immuables de la tonalité ecclésiastique, ils ont soumis, en dehors de toute idée on système, leur esprit et leurs i)icultés à l'action de ces mêmes lois, se déployant librement dans leurs suites et leurs applications.

«L'art profane a ses théâtres, ses concerts^ ses salons, ses iêtes en plein soleil et au grand air : assez comme cela I nous ne demandons pour le chant d'église d'autre place que l'église. Nous voulons seulement qa'il y règaer souverainement.Acettecoodition, au lieu de recevoir la loi d'un art étranger, il la lui fertf à son tour, non pas violemment, mais par sa seule influence; car, l'histoire l'atteste^ aussi longtemps que l'art religieux a été libre poi^aesseur du temple, il a étendu soir souffle bienfaisant sur l'art moderne, qu'il agardé dans ses évolutions, réglé dans se» transformations. Nous demandons que tout œ qui convient à la splendeur de cet art re-^ Ngieuxy la vois, l'orgue de chœur comme le grand orgue, soient ramenés à leur vraier destination, afin que Ws Ames , fatiguée» des bruits d'ici-bas, puissent trouver un re-^ idge aux pieds des autels, et y goûter, aa sortir des agitations terrestres, qiiel(|ae» instants de repos et de paix. »

Ajoutons qu'on trouvera dans fl/imrw» du a août 1857 de eurteux détails sur le earae*

tère aati*chrétien do la musique actuelle.

D1CTI0NNAIR£ DU PARALLELE.

BAPTEME. —Mgr Pie dil dans son iiwiruction synodale sur les principales erreurs du lemps présent :

a Je viens, Messieurs , de prononcer un mot très-grave : le droit du bapême à imposer une doctrine. Ebl oui, c'est précisément ce droit que le naturalisme philosophique de noire siècle ne tolère pas, surtout lorsqu'il s'agit de l'enfant qui n'a encore ni ta plénitude, ni l'usage commencé de sa raison et de sa libre volonté. Comment admettre , nous dit-il, que l'homme, l'être intelligent et libre, puisse être ainsi, préalablement à tout exercice de son intelligence et de sa liberté individuelle, lié, enchaîné irrévocablement». et sous peine d'apostasie, envers une doctrine et une loi positives? Comment admettre que l'homme, par le fait d'une volonté étrangère, par le fait de sa famille naturelle et de la société religieuse au sein de laquelle il est né, soit ainsi livré, dévolu pour toujours à tout uu ordre de choses qu'il ignore, à tout un ordre d'obligations qu'il n'a

Cs personnellement acceptées et consenties? I catéchisme du saint concile de Trente, messieurs, nous recommande d'expliquer souvent au peuple la doctrine chrétienne sur ce point, et il nous fournit d'excellents arguments pour prouver comment, par le saint baptême, nous sommes en effet adjugés à Jésus-Christ, dont nous devenons la propriété inviolable. 11 est surtout un raisonnement tiré de l'ordre même de la nature» auquel le naturalisme ne pourra jamais rien opposer de sérieux. L'entant qui naît en ce monde» n'a pas demandé la vie h ses auteurs ; cependant cette vie reçue l'oblige moralement. Il est tenu de se la conserver, et il ne se Tôterait pas sans crime. De plus, il refite soumis à toutes sortes de devoirs envers ses parents» bien qu*il n'ait pas choisi spontanément tels parents plutôt que tels autres» et ses intérêts sont régis par la loi du pays où il est né, quoiqu'il n'ait pas fait libre élection de telle ou telle patrie natale. Tant qu'il est mineur» une tutelle légale prend soin de ses affaires et préside pour lui à tous les actes qu'il devrait raisonnablement accomplir lui-uième, s'il avait l'âge requis. Les choses de la vie temporelle se passent ainsi» et aucun philosophe n'en murmure» aucun n'y ▼oit un attentat contre la liberté et la raison de l'homme. £t si le jeune homme» parvenu k l'Age de la majorité ou de discrétion» allait s'aviser de dire : Je suis blessé dans tous mes droits» violenté dans toutes mes aspirations ; j'ai reçu l'être sans l'avoir demandé; le nom honorable qui m'est transmis me commande une retenue et des devoirs qui me déplaisent ; la fortune considérable qui m'est remise et qui peut me procurer tant de jouissances» m'impose aussi des charges qui me contrarient; la société a outre-passé

son pouvoir en préjugeant ainsi mes intentions et mes volontés; il m'aurait plu» A moi» d'être obscur» d*êlre pauvre; pourquoi m'avoir imposé la rude tache de porter un nom illustre et de gouverner de grandes richesses? Mais plutôt, pourquoi m avoir infligé la vie? Elle mu pèse» et» à mes yeux» elle ne

vaut pas le néant Si, dis-je» le jeune

homme, des intérêts duquel la société a pris un soin tout maternel jusqu'au jour de son émancipation, allait se livrer à ces plaintes insensées» & ces récriminations impies» ces plaintes et ces récriminations trouveraientelles écho chez un seul homme raisonnable? Le genre humain tout entier ne sera-t-il pas d'accord pour lui crier qu'il blasphème contre Dieu et c^^ntre la société; que la vie» que la noblesse» que la fortune sont autant de bienfaits dont il ne tient qu*à lui de bien user» et que si» désormais abandonné dans la main de sou propre conseil» il fait un criminel emploi de tous ces avantages qui lui ont été soigneusement acquis ou conservés» il n'aura à se plaindre que de lui-même, et il portera devant Dieu et devant les hommes la honte de sa félonie et de son crime?

« Or» on comprend tout d'abord que, s'il existe une naissance, une génération spirituelle» elle doive entraîner des conséquences analogues à la naissance naturelle; le|baptême est la naissance» la génération spirituelle de l'homme. L'enfant ne demande pas à naître ainsi divinement» mais» outre que» s'il pou* vait le demander, il y serait rigoureusement tenu» il demeure précisément obligé» \ukc rapport à sa naissance divine » aux mêmes devoirs çue lui impose sa naissance hu* maine. Et d abord, il demeure obligé en* ▼ers la vie regue ; cette vie» c'est la grêcct dont le premier et le plus indispensable élément est la foi. Le baptisé doit conserver cette vie; s'il la perd» il se suicide, et le cj*ime est d'autant plus grand que la vie détruite est plus précieuse.

« L'infidélité volontaire est plus qu'un homicide» assurément; elle tient de la nature du déicide» car elle détruit une vie divine. C'est surtout de celui qui tue la foi dans son Ame qu'on doit dire qu'il crucifie de nouveau Jésus^Christ en lui-même. De plus Jésus-Christ étant son père et l'Eglise étant sa mère, le baptisé devra toujours à ses parents divins» la soumission» le respect» la reconnaissance» l'amour. Et quand ce Chrétien » parvenu à la plénitude de ses fa cultes intellectuelles, a l'audace de dire à l'Eglise» à la société surnaturelle quia géré ses intérêts spirituels avec tant de sollicitude et de succès : tout ceci me déplaît, de quel droit a-t-on préjugé que je voulais de cette vie divine? Ma propre nature me suffisait» et je trouve une tout sur-

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