SUPERSTITIONS
un
depie» Térilable manœoTre de réfolution, préconise des doctrines qu*i] ne comprend pas, reçoit une morale qu*il désapprouve, e( »liô d'aTance, obéit k des ordres qui lui font horreur... Les épreuves, les initiations, les serments, les mystérieuses promessesi les vagues théories du progrès, les obscures dissertations de la philosophie humaine, les révélations réservées aux grades supérieurs font de chaque adepte une espèce de fanatique, sur qui la raison a perdu tous ses droits... Dans beaucoup de cas donnés, il n*ani la liberté d'être vrai, ni celle d'être juste, ni même celle d'être honnête homme. Kst-il possible de concevoir une situation plus méprisable?... Une chose qui paraît incroyable, tant elle est contre nature, c'est que les sociétés secrètes parviennent è en« fêler sous leurs drapeaux, des rois, des princes, qui, par leur naissance, leur position, leur intérêt, doivent être opposés aux révolutions... Qu*on leur parle des emiiiéte* ments de l'Eglise, de ses projets ambitieux, des horreurs de l'Inquisition, de la tyrannie du Pontife romain , de la dureté avec laquelle il a, dans le temps, déposé les rois, les empereurs, ils pâlissent, la lAcheté entre avec la honte dans leur cœur, ils n'ont plus que le courage de s'enrôler dans l'innombrable armée des ennemis de l'Eglise. Ils resteraient fermes devant des escadrons d'ennemis, mais ils ne peuvent, sans reculer, s'entendre appeler roi ou empereur sacristain... Pendant les huit siècles oii les Papes étaient les souverains les plus forts et les plus puissants de l'Europe, ils ont déposé, et non exécuté, deux ou trois mauvais princes qui tyrannisaient 'c* peuples soumis à leur loi... En moins d'un demi-siècle, les révolutions, aidées par les adeptes des sociétés secrètes, ont cent fois attenté è la vie des souverains. Ils ont fait monter Louis XVI sur féchafaud : ils ont fait jouer la machine infernale contre Napoléon ; ils ont tiré sur Louis XVllI ; ils ont poignardé le duc de Berry, éventré le duc de Parme; ils ont sept fois tenté d'assassiner Louis- Philippe, quatre fois la reine d'Angleterre, et successivement le roi de Prusse, la reine d'Esp^gue, l'empereur d'Autriche, et celui de France. (Il faut ajouter aujourd'hui, k la nomenclature donnée par Mgr d'Annecv, le récent attentat contre le roi de Kaplos.) Ils ont payé Tassassio qui devait enfoncer le poignard dans le cœur de Charles- Albert. A l'heure qu'il est, il n'y a pas en Europe un honnête souverain contre lequel il n y ait une sentence de mort publiée dans les antres des sociétés secrètes. Faites connaître aux princes ces horribles exploits; vous ne parviendrez, ni è arrêter les faveurs dont ils combleut chaque jour les conspirateurs» ni à calmer les craintes que leur inspirent les empiétements du clerg.é et le fanatisme des moines. Hélas l c'est qu'ici encore les agents de la révolution exploitent avec un incompréhensible succès la trop facile crédulité des conducteurs des nations... Les sociétés secrètes sont très*noiiibreuses;..« cependant
elles s'unissent volontiers, et toutes ensemble formentia sociétéclandestinedontles yeux, les oreilles et les bras sont partout. » SUPERSTITIONS.— M. de Septchènes,qui s'efforce d'ailleurs {Yoy. l'art. CiaÉiioiHxs) de montrer l'excellence de la religion grecque, avoue cependant que les règles et les principes de la divination étaient des erreurs et des pratiques superstitieuses, et que l'on pourrait découvrir la source de ces superstitions et de ces erreurs dans le génie même de la religion des anciens. Brunet lui répond: Elle était donc superstitieuse par principe, cette religion ; son esprit conduisait donc h la superstition. Hais la superstition, selon lui, mérite d'être dévouée au ridicule. Et cependant, il nous a tant de fois annoncé cette religion, comme une religion sainte, pure, auguste, ne différant pas essentiellement de ce qu'elle est aujourd'hui, ayant le môme but, le même esprit, le même caractère U Ce n'est pas, dit-il, qu'aujourd'hui encore on ne cherche è pénétrer dans I avenir; mais les moyens qu'emploie une curiosité vaine et ridicule , le christianisme les a tous rejetés, tandis qu'au contraire chez les anciens, les prédictions de toute espèce, etc., faisaient partie du culte. » Voilà donc au moins une différence bien marquée et fortement prononcée entre la religion chrétienne et celle des anciens. L'auteur , soit dans le corps de l'ouvrage, soit dans les notes, dit sur les oracles des Grecs des choses fort curieuses, qui peut-être ne sont pas toutes vraies, mais auxquelles la reliçion ne doit pas ici prendre un grand intérêt. Il dit que sans recourir è des exhalaisons sortant du sein de la terre , le fanatisme seul suflisait pour opérer le phénomène des impressions qu'éprouvait la pythie de Delphes. Pourauoi, ajQute-t-iU chercher un agent Ik où il est reconnu que l'imagination a tout de pouvoir? Il ne voit rien non plus que de naturel dans tous les oracles, et dans sa Remarque DD, où il juge VHistoire du oracles fiar Fontanelle, il traite « d'opinion absurde, et qui ne méritait pas seulementd'être examinée sérieusement, celle que Fontenelle s était uniquement proposé de réfuter dans cet ouvrage, et qui attribuait au démon les oracles anciens. » On sait que cet ouvrage de Fontenelle a été réfuté par le P. Battus, lequel à son tour a été combattu par Dumarsais et Vandale. Georges Moebius a défendu la même opinion que le P. Baltus.
— L'ilrmonia de Turin, après avoir rappelé plusieurs cas de condamnations prononcées par le Saint-Office contre des personnes qui avaient simulé la sainteté et le don des miracles, des stigmates, etc. (Anne-Apollonie Manfredi dePemzanoenl7W,Angèle-FrançoM Zappata en nW, Jeanne Marena en 1803, Catherine Fanellien 1857), ajoute;- Et ici se présente d'elle-même k l'esprit une comparaison toute naturelleentre Rome catholique, etcetle ville de Genève que Ton appelle la Rome protestante. Tandis qu'à Rome la superstition est démasquée et punie sous quelque forme qu'elle se présente^ à Genève ou élevé
txta
DICTIONNÀIRS 0D PARitLLELE.
on tetnp)e è ta superstition h ptas crtmi'^ fielle et la phi^ ridicule qui se soit jàmn'fs rue. Sows le Rom de Bortisme « tm certain tort, minisUre protestant, rient d*y fonder lia religion des tables parlantes. Une fookd'^ dévols s'attache atec ferrenrà Iv mniveltoi .loclrine. I/objet de kjur évite est une tsMevarutour de laquelle serénnvssent pieusement ^ croyanês. Les esprits qpii partent pjir 1» taMeet par la bou<rfarei du nvimstre sont des plus distingués ; par nteniple, c'est Fange Dwfid, rmge Uvief, i*ange Gab^ei^ range Lntberi range MFchel ; ie ptus soutent, par ene profanation erveore plu9 impie, on fait Pnierrenir Jésos-Christ, ei quanti il com^ mence h parler, r\ s*annon«ô par ces paro^* tes: Fai'X, meâ agneoui». Au nom dtt Fire^d» FiU, ei du Semit-Eeprii. Amen. Alors tous les assistants sei ièrent et se tiennent debo«rt par respect, t^andis qu'ils restent assis, lors-^ que ce sont d'autres esprits qui parlent.
ic Béîft les réponses du noi^vel oracle forment deux volumes pub{<FésparM» Bortsoo9 le tftre : Révélatiotif diverses ei mystérieuses^ êu eomrntmication efi/tre ie ciel et la terre par le moyen cfune table, Lausanne, 185^. D^ns cesdcax volutneS, il n'y a, selon Téditeur, pas une syllabe qui n^aitf été dictée par le Ciel. La Préface est de Jésus-Christ Iniméme; une seconde Préface est ée fange Gabriel, et elle décTare ftmx ce mi'avaient avancé quelques-uns, que les révélations qui' viennent à la sttite soient l'œuvre de Satan...
ff Or, nous disons, comparez Rome è Ge^ nève... et dites*nous où règne la superstition I Les tables parlantes qni dictent une seconde Bible.... ne pourraient tracer une seule ligne à Rome, et tous les anges blancs ou nofrs, dont M. Bort se Ait Finterpt^te et le porte-voix, n'oseraient pas se montrer en face de rinqmsftewr du Saint^ffice romain. Le ftimeux Joseph Balsamo, autrement dît Cagliostro, a dupé tous les souveraitis de TEurope, tous les sagvt et les philosophes du xviir siècle, et leur a escroque des sommes considérables avec sa magie égyptienne. Sa mauvaise étoile le conduisit à nome, où il s'^iraagînait établir son triomphe au sîége même du catholictsme ; mais le Saint-OfRce a fait voir à tout le monde que l^tmagie u*est que l'art d'attraper les sots et d'escamoter de Targent. Là-dessus Caglîosiro fat condamné h une prison perpétuelle, o& il se fit justice à lui-même en se donnant la mort. Londres, Berlin, Parris, Genève, avaient ftit de Cagliostro un être extraordinaire^, Rome seule le fit connaître pour ce qu'il était; pour un scélérat.,..
«,Iiy a lieu d'admirer comment, G une part, jamais aucun miracle formellement approuvé par l'Eglise n'a pu être démontré faux ; que, de fauire, jamais imposteur n'a pu éftre soumis à l'examen de TEglise sans être dt^mas- (jué et livré au mépris. D'où vient donc à 1 Eglise ce critérium qui la guide d'une manière si certaine et si sûre dans l'appréciation des choses surnaturelles, sinon de celut qui lui a dit : J^ suis avec vousjusqu'à'la con-
somràatian des siMes f » {MùUk. xxtiu, 20.) — Uv Revue irUanmfste a donné, en tSM, des extraits du voyage du capîlaine atï^lm Burtoa, dans l'Afrique orientale {First fect'^ sHps in east Afriea), Nous en extrayons ks passages suivants:
€ De même au^ la plupart des Africefias, 1er Somal est généralement d'un esprit pev rasivgieux. Une n«it^ t»ndrsqoe j'étais campé ehea les Eesa, jefuis réveillé par les cris d'one TieîlSe femme qun, en proie aux douleurs aiguës d'un mffl de dents, répétait sanscesse: O Aèkth ! pai9sent tesêents te faire soufrir autant ^eje souffre t\^ seiyvffges bédoeins tous-denaanderontoùTon peut trouver Allah. Pourquoi eette question, répondrez-tous!
ns répMqueront arussitôt i Si iesEesapDVrvaient atteindre Allak^ ils le perceraient de tturs toHifes ; car H permet que teurs^detneHires soient dévastées , ^ lem's beséiaUx sûitni enlevés^ et que' tiurls femmes soient égorgées. A cette brutale impuisf^ai^ce de concevoir TEtre suprême, se trouvent mêlées les saperstitionsles pins dbsili»de>s. Ainsi* tel guerrier da désert n'osera lever les yeux sur un pèlerin, de peur d'être tfnéanti par Son re*
Îcat^d ou par sa parole. — Les Eesfa' sorti à la ofis légers et dociles, rwsé» et ttibles de raison, faciles et irascibles, chalenreUTd^'cdBar et perfide» jusqu'à la cruauté. Parmi eût, le protecteur Obt capable de tuer son protégé, et quand un homme âe la^ vifle a épousé leur fille, il a grîind sôih de ne» pas 56 hasarder chez ses nouveaux parente; c'est s« femme qu'il envoie dans le désert' acheter les moutons ou les chèvres* donf le ménage a besoin. Traître comme unEe9d est un propos qu'on entend continuel lemefitrépétëràZayia, où Ton ajoute que, si vous- vous> conflez à ces bédouins, ils vous poignarderont d'uno main en vous ofl'ranlde l'autre une tasse dfc fait. Ce qui est vrai, c'est que la conscience n'existe pas dans cette partie de l'Afrique, et que le repentir ne peut y être que le ie* gret d'avoir manqué 1 occasion d'un méfait profitable. On honore un homme pour le crime qu'il a commis ; on en fait un héros al le meurtre dont ri est routeur a été signalé par quelque circonstance atrocement dratuat'ique. L'honneur ici consiste à tuer. l>^s qo'fl e'agit de sang h verser, le bédouin devient semblable h la hyène, ^t H ne faut jamais se fier à lui. En un mot , îl se glorifie de toute espèce de scélératesse. » Selon M Burton, dans cette partie de rAfrique, les femmes sont chargées des travaux les plus durs. Il donne aussi de* grands détails sur fes sui)er^titions populaires, dont on lui &it le récit. « A Zayla on me fit voir un joar un certain bédouin nommé' Farih Radanû, qui,
Car goût pour le sang, disaii-on, sej faisait yène de lemps en temps. Il y a 40ans,irois frères furent mis à mort pour" crime de métamorphose. Les Somals croient encore que certains hommes apprennent le langage des Oiseaux, ou celui des bêles féroces. Une autre croyance populaire fort répandue eslcelle de Vaksary Vel-eksir des Arabes, dont les Européens ont fait leur élixîr merveilleux.
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TUCOLUGie.
ItM
Quaad uo roulMe dlr tenjjr son awl d*u0e $orcière« ttors les parents s« saisisfiiug de la magicietuie al la oailent jusqu'à ce qu*^)la sil mis ua lerme au sorlilége. Le nooÙAre jes malhettreusea qui périssMI aiasi iuar«tyrisôes est d'autaet plua oonsiiiérable quet dans ce pays barbare la osori d*uiid pauvre
f ieille femme est roiisidérée oomiBe «ue peccadille. Le sexe tout entier, au surplus, est absoliiiineot privé de boo reûooa dans le Soinali; ei lit comiiia ailleurs» ceux qui coatribuaut le plus à le dégrader sont Les premiers à k'aflcabJer de leurs saroasioes. »
TBBOLOGiB.*- La théologie, m général, est la sjstémaiisalton des vérités Iradi-» (ioanelles. A*t-il existé une théologie dans le paganisiTOy le rudaïsmet le mahcMnétisme? Voici, sur cette question, l'opinion de M. le baron d*Eckstein (Carre«pott4ian<, août 18SS)i ^ il a très-certaineaaetit existé uae Ihéolngie païenne, quelque vacillante qu'ai le fût dans ses doctrinos. Il existait une sorte de philoso|>hte do§;n9atiqtie» où l'on subordonnait les uns auK autres différente ordres de divi* nités, en étaMissaal leurs rapports avee un falum^ auquel restait soumis le dieu des (lieux en personne. Plus tard, on rattacha tous ces dieux au sybtèiue d'une dm« du monde, grand foyer des dieux oui an [)ariaient pour aboutir à la eirconiérenca Je l'empire des mondes dont ils occupaient les <iéparleiiients. Le seatiment in« :ompris, mais réel d'une sorte de dépendance ihéùl^giquêf se trouvait împliaitemetU renfermé au fond des plus vieilles guerres tle religion. Il s'agissait du rapport de Dieu et du pontiib qui était le représentant de l'homme; il sagissaU spécialement de la puissance de la purifieation résidant dans la victime. Plus nous avanjfons do c6té des iéveJoppements du paganisme dans U religion de Zoroastre, dans la philosophie et la héologie brahmanique, plus nous abordons es théologiens de l'école néoorphique, reux de l'école pythagoricienne, plus celle vérité éclate. Que Ton se garde toutefois de a confondre avec les phénomènes de l'écleoisme, comme avec les- phénomènes du syo» tétisnie, avec le mélange d'idéalisme, de «ntbéisme, de dialectique, et de mystique le l'époque des stoïciens, des néo-platoniions, des néo^pytbaaoricîens, de ces jours le Tabsolu déclin da l'antiquité païenne» Il 'egissaU alors du bê$0%m dNine religion dans e^ siècles d'incrédulité, et non (las d'une «lic^ion eu pleine fleur d*autarité, soit dana es masses, soit dana les écoles.
« Cetaii un embryon informe que le pro«luitdu germe théologiqua déposé dans le ein des religions («iennes. L'embryon obsurqui croissait dans eeiui de la religion le vérité dont les Jui& avaient reçu le dé- ^6i, n'a pas davantage aboutira une théolo- ;ie dogmstique, è un système réel, toutes boses dont l'enfantement ne fut donné lu'au christianisme. Les Juifs» il est vrai, ni essayé d'une théologie durant leur se- ^ur dans la Cbaldée, où elle naquit éviemment par suite de leur contact avec un acerdoce ehakiéeD, qui» comme celui des
aaages et des brahmanesi avait aspiré au dogme par la science. Ils ont modifié cette
f>remière ébauche d'une théologie, durant eur séjour à Alexandrie d'^ypte, où ils se sont trouvés, engagés dans les liens de la philosophie platonicienne et néo-pythagoricîenne« ils ont même déserté les voies de la Cabbale pour une théologie beau* coup plus dogmatiquement ralionnelle, car il s'affissait de se garer d'une double attaque» de celle de l'islam, et de celle de la théologie obrétiftnne. Enfin si les mahométans eux-mêmes ont aspiré à produire une théologie, malgré l'extrême irrationnabilUé du Coran, c'a été par suite d'une im^>érieuse nécessité. Il s'agissait de se défendre de la philosophie des (irecs, qui venait les assaillir dans leur f>rQpre camp, comme aussi de repousaer les assauts de la théologie juive et chrétienne.
c La religion est taie parce que Dieu est un, et voilà pourquoi toute religion s'épure^ se concentre et s'épaiiouit dans le christia** nisme. Telle n*était pas Topinion de Pope» celle que Vollaire s'est appropriée, et qui» rejetant tout dogme» toute valeur pbilosoiihico-théologique, ainsi que toute valeur historique du sein de la religion, la réduisait au sentime€it de Tinûoi seul, k une simple expansion de l'Ame ; en d'autres termes,, qui changeait la religion en oda, et n'en faisait qu'une hymne. Du même coup on ahaltaii l'idée de sacrifice» oo niait le péché, on se jetait dans l'optimisme, h l'opposé d'autres gens qiti> exagiéraot le mal, ne voyaient partout que pessimisme. Ce fut spécialement la tendance des calvinistes ^ie«x i Pope^des janséoistes odieux à Vol<- .laire.
« On. comprend maintenant pourquoi ceux qui ne voyaient dans la religion qu'un mouyement du cœur humain, allant Uiez certains esprits à l'adoration, à un acte de prières, sans offrandes que des fleurs lyriques ou des fleurs des champs, on comprend commentées hommes qui adnaettaient que las fioaif des dieux se valent, que lo Dieu des Chrétiens, des Juifs, ùes mahométans, est le même Dieu que les païens in* ▼oquaient comme Jupiter» Bralima, Phtha, etc., comment les sectateurs de la tolérance à la façon du Pope et de Voltaire avaient
Ehs la théologie chrétienne en une si grande orreur. Elle aussi respectait la place du lyrùme dans la religion; elle aussi reconnaissait l'adoration par le sentiment, la prière inspirée de Têmei la simplicité d^ rouiande
DICTIONNAIRE DD PARALLELE
SOUS la forme du cœur qui se donne. Mais ta religion résolrait, pour elle, Ténigme de Teiistence du monde physique et Pénigme cent fois plus grande encore de l'existence de la créature humaine. Or on réclamait tout cela comme étant du domaine excluêif de la science et de la philosophie. Cest qu'on ne voulait nas du vrai Dieu créateur du ciel et de la terre, du vrai Dieu» père de l'homme, du vrai Dieu, sauveur de l'homme,
Eas plus qu*on ne voulait admettre un omme déchu de sa sublimité, un homme qui eût besoin de purification, un homme
3ui se préi>ent&t sous la forme du pontife et e la victime.
c On admettait toute chose» du reste, plutôt que le catholicisme. Les sectes gno.stiques et manichéennes avaient fait retour vers le p.ythagoréisme, le zoroastrisme, çà et là vers le chaldéisme, même vers le bouddhisme : on les en louait dans le passé de l'histoire ecclésiastique. Les sectes ariennes furent d'abord platoniciennes, penchant plus tard vers le péripatétisme ; on leur en fit un honneur et un mérite. Les sectes péla«
f;iennes versaient du côté du stoïcisme ; on es en louait. Les sectes mystiques et apo« calyptiquesdu moyen Age, leurs prédécesseurs les montanistes, leurs successeurs les anabaptistes et les quakers semblèrent re* nouveler, plus d'une fois, la frénésie enthousiaste d'anciennes sectes phrygiennes el dionysiaques : on s'en moquait, mais on leur souriait. Quant aux protestants, on es* timait leurs efforts pour démembrer les par* lies du vaste ensemble de la théologie catholique; on persifflait bien, de temps A autre, le lambeau que les Luther et les Calvin s'en étaient réservé, mais c'était tou- ;ours cela de gagné sur l'ensemble. Les Trais hommes des Pope et des Voltaire ce furent les sociniens, parce qu'ils travaillèrent à une fusion du christianisme, du jndeïsmo, du mahométisme. C'est là où la théologie expire, c'est là oii le déisme com* roence. »
Le même auteur s'exprime ainsi dans le numéro de juillet 18S4 du Correspondant: « I^ théogonie des païens est leur théologie môme; fait tout simple puisaue Dieu est compris pour eux dans le développement du Kosmos, moins dans les mythes du pagafiisme que dans les nombreux systèmes de leurs cosmogonies. Il s'y engendre lui-môme de lui-môme à l'infini, correspondant en ces naissances aux développements du système
des mondes Les Juifs qui ont possédé
toute la grandeur, toute la rigueur du vrai monothéisme, n'ont pas eu de théologie proprement dite. Latente dans leur roi»
comme elle est latente chez les musulmans lorsqu'ils la reproduisent, la théologie des Juifs n'a jamais pu se formuler dogmatiquement» manquant de la lumière du chri.stianisme. H est vrai qu'ils ont adopté une théologie posthume comme celle des mahométans , théologie critique , protestation amère et Intentionnelle, persifilage et injure adressés en permanence contre Ta théologie
chrétienne, et qui luitloit le jour» car ell^ ne sort en aucune façon des antécédents de l'Ancien Testament ; elle est fille de la polémique ; et il en est de môme de la controverse des théologiens de rislam qui ne s'appuie réellement pas sur la rédaction du Coran, mais qui est née d'un besoin de la polémique, où Juifs et musulmans se som manifestés comme jumeaux de la course; sans cette hostilité patente» ni une théologie
Juive» ni une théologie mahométane ne lissent nées sous de pareils auspices....
« Ce qui jessemble à une théologie originale chez les Juifs de l'antiquité est le fruit de l'exil» de leur séjour dans la Chaldée, d'où sortirent les principes de leurCabbaie, dans l'antagonisme et la parenté d'une vieille théologie chaldéenne» dont nous avuns le reflet sous la forme de la doctrine da jao des Chaldéens et de leur verbe trilitiéral. Tel est le pendant de la sasesse mysticothéosophique de quelques écoles brahmaniques sur le veroe trilatéral et le syslème de la création renfermé dans l'antique pronooi oum, synonyme du tod, du cela qui sert à exprimer Vétre en soi dans la spéculaiioo des brahmanes» par contraste avec ridmn, avec le ceci^ au moyen duquel ils désignent le système de l'univers, le monde visible, (Yaçna» p. S51, note 398). La Cabbale spécule à sa façon sur le nom trilittéral de iébovah» pour en tirer le systènae de la création, et pour révéler TAdam-Kadmon, le microcosme» la figure du monde dans Tahrégé, le représentant du Verbe divin dans le verbe humajn. Comme la Cabbale s'est développée dans l'exil» sous la pression de deux influences, la chaldéenne du système de Jao» l'égyptienne du système do Logos des néoplatoniciens, sa ressemblance avec la théologie chrétienne est pleine d'abtmes et d'illusions, car elle côtoie de très- près les rêves du panthéisme. Quoi qu^il en soit, il n'y a jamais eu dans la Cabbnle rieo de pratique^ rien qui allât de l'église à tous, rien de populaire selon l'esprit de 10 théologie chrétienne.
« 11 faut admirer» chez les Pères» iWion continue de l'inspiration providentielle pour arriver à la conception d'une théologie chrétienne. Minerve armée, elle jaillit de l'Eglise comme d'un front lumineux dans la lutte contre l'arianisme; elle grandit au choc des doctrines du pélagianisme et du manichéisme; elle reçoit le dernier sceau, le sceau de la conclusion définitive du concile de Trente, par la nécessité d^ nouvelles lumières au suiet des théories de la grâce, soulevées par le conflit du protestantisme. Ici» tout est merveilleux; rien n'y est le produit de l'enfantement d'une école, o'une sagesse purement humaine. C'est i'£gU^ qui est en travail de tout l'ensemble de la théologie chrétienne; elle Test |)ar le contact avec de grandes erreurs qui se formulent en hérésies dans leur progression môme» parce qu'elles déchirent profondément le sentiment de l'unité, de l'universalité, de la vraie catholicité de l'Eglise chré-
THOMISME
IIM
tienne. Rien de pareil ne s*observe dans aucun dfs édifices de la pore sagesse buroaioe^ laquelle n'aboutit jamais à une conclusion réellet à la formule d'aucun dogme, k rien de ce qui est inattérable comme le roc, mais comme le roc frappé de la baguette de Moïse» d'oiï jaillit la source toujours vive, où les aigles se baignent comme les colombes, où verdit le cèdre et la plus humble mousse tapissant le fond modeste ue la société bumame.
« Voilà donc la dogmatique, la théologie, la sagesse chrétienne. Elle est le produit, le résumé, la divine clarification de tons les antécédents tbéologiques de l'esprit humain, fiasses à travers le christianisme, le grand critérium^ la grande pierre de touche de toute vérité philosophique et sociale. Théo* gonies et philosophies païennes, conceptions Ihéologiques du monde juif, modifiées \)sr le monde musulman, hérésies et divergences chrétiennes, tout y a passé comme par un crible, tout jusqu'aux révoltes des esprits qui renient Dieu, tout jusqu'à la superbe des esprits qui se suffisent à euxmêmes. »
THOMISME. —Nous donnons ici le traité sur ia philosophie thomiste qui a été annoncé dans notre Introduction.
$ 1. — De raatbenticité des divers ouvrages aUrîbiiés i saint Thomas ; ordre dans lequel ils ont été composés.
Avant d'exprimer un avis sur Tauthenticité des divers ouvrages attribués à saint Thomas, il ne sera pas inutile d'énumérer ces ouvrages, en prenant pour guide la meilleure édition que Ton en connaisse.
Les deux principales éditions des OEnvres de saint Thomas sont : celle de Rome de 1570, et celle de Venise de 1*787. La première comprend 17 volumes in-folio, et elle a servi de modèle aux éditions de Paris, d*Anvers, etc. La seconde qui consiste en 28 volumes in-4* est plus correcte que les autres; elle est accompagnée de savantes dissertations, et elle fait mieux distinguer les ouvrages authentiques de saint Thomas de ceux qui sont douteux ou certainement apocryphes. Cependant elle ne contient pas les Commentaires sur Aristote, et de plus, elle présente les autres ouvrages de saint Thomas dans un ordre qui nous parait moins satisfaisant que celui de Tédition de Rome. C'est donc celle-ci que nous allons suivre, en omettant toutefois, dans notre tableau, les ouvrages que nous croyons apocr;^phes.
Les cinq premiers volumes de l'édition de Rome contiennent les Commentaires de 52 livres d'Aristote, savoir : 3 livres de logique, 8 de physique , 2 (les deux premiers) du ciel et du monde, 2 de la génération el de la corruption, k des météores, 3 de l'Ame, 12 de métaphysique, 10 de morale, 8 de politique. Il y a aussi des explications commencées sur plusieurs autres livres.
Les tomes VI et VU renfennent les Com^ mentairei de$ quatre livres de$ SenieneeSf de P. Lombard.
Le tome VllI contient les questions disputées, et les questions quodlioétiques. Les premières sont au nombre de 63 ; les secondes, au nombre de 12. Les sujets en sont très-variés,quoique relatifs pour l'ordinaire h la philosophie et è la théologie.
Le tome ix comprend la Somme conire les gentils.
Les tomes X, XI , XII, embrassent la Somme théologique. On a intercalé dans le tome X les Commentaires des Noms divins de saint Denis,
Les tomes XllI, XIV, XV, XVI, renferment des Commentaires sur TEcriture, etc. Ainsi nous trouvons au tome XIII, l'Explication do Job, des 50 premiers psaumes, du Cantique des cantiques ^ d'/saie, de J hernie. Aniooïe XIV, on lit une Explication de saint Matthieu et un Commentaire de saint Jean. Au tome XV se trouve la Chaîne d'or^ ou Recueil des passages des saints Pires sur les Evangiles. Le tome XYl contient des Com^ mentaires sur saint Paul.
Le tome XVII est l'un des plus importants. Il renferme un grand nombre d'opuscules au sujet desquels la question d'authenticité a été agitée vivement. Parmi ces traités, qui dépassent le nombre de 70« nous citerons seulement ceux que nous croyons pouvoir attribuer à saint Thomas.