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rnoifiSHG.
litude la déposiuiire do la souveraineté. ( Foy. 1-3, quml. 90, art. S, ad 2; U%, quieo^L VI, aru S, ad S. )
Le droîi divin, par rapfiort an pooroir civil, est doue entendu par saint Thomas d'une manière qui ne fiiit qae oontinner le droit naturel, et qui n'exclut pas le droit bumain.
Si l'on vent se conv«itiere combien le saint docteur était loin d'exagiirBltons tbéo- Gratk]ue8,(Hi n'a qu'à lire le passage suivant tiré de )â ii* partie de la tfaaiaiu (S-S, quoist. 10, art. 10) :
« Les infidèles pevvent'^ils avoir autorité sur les fidèles? «^ Repense : Le domaine ou la suprématie {Dmninium tel prmUuio inirê^ dueia sMiil...) viennent du droit humain; tandis que la distinction entre les fidèles et les infidèles est de droit divin. Mais le droit divin gui dée&ule de fa grâce ( on voit qu'il n'est pas question ici du dfei'l dhim ^i fait remonter h Dieu l'origine du pouvoir tem- |iorel) ne détruit pas le droit humain qui déeoule de la raison naturelle ; donc la distioction entre les fidèles et les infidèles, considérée en elle-même, ne détruit pas le domaine ou la Mprématie des infidèles sur les fidèles. »
^, esaminant si le prince qui a aposta-
sie perd, par Ik mèsoe, l'autorité sur ses sujets, il dit (9-8, quast. 13, art. S) : < le réponds que, comme il a été dit p)us haut, l'infidélité en elle-même n'est vas incompatible avec le domotna, car le dowiaine vieAt<^ du droit des gens, qui est un droîl humain. Maie la distinction entre les fidèles et les infidèles vient du droit divin, qui ne détrtiit pas le droit humain. »
Enfin (9-a, qunst. 10^, att. 0>, il ajoute : « La foi du Christ ne détruit pas Tordre de la justice, mais le conflra«. Or Tordre de la iastioe etige que les inférteufs obéissent k leurs supérieurs; car, sans cela, la société ne pooirait se cetiserver; donc, par la foi du Ghrist, les fidèies ne sont pes dispensés de l'obligation d'obéir aui princes temporels. »
Après la question de l'origine du f>ouvoir, vient celle de ^es attributions, ici revient la définition de la loi, que nous avons donnée dams le § consacré à fa morale, mais dooi nous croyons devoir rapnorter le texte à cause de son importance : Qwrdam arU^ «of fe tMimiU ad bonutn cùmmunt ^ et ab êo
Ci eurem conmuniiaiii kabet , prommlgaia. loi est donc un règlement fait par la raison pour le bien comioan, et promulgué par celui qui a soin de la communauté. Cette définition est remarquable en ce qu'elle fait complètement abstraction de la force, et qu'elle s'applique k tontes les espèces de lois. Bile exelot aussi rarbHraire, en exigeant que la aalamé soit roisontHièfo. Fofimfot, de hh fuœ impérantur^ ad hoc quad iegtê rmrtanem kaèeol, opartei fMd sU oMqaa mhne regmkua: Pour que la volonté, dans ce qu'elle commande, ait force de loi, il faut qu'elle soit réglée par quelque raison. (1-a, quœst. 90, art. 1 .)
0*oû iea lois tirent-elles leur toaoa oUicatoire? Les lois humaines, ai ettea sont justes, tirent de la loi étemelle» d'où elles dérivent, la force d'obliger dans la for de la oonscienoa(14, quast. 96, arL 8); ee qui ne veut pas dire qu'il n'jr a pas d'wligatton pour celui qui ne sait pas qu'il y a une lot étemelle ; mais cela signifie que la raiaon philosophique de cette force obligatoire,
Ïm tous les hommes de bien reconnaissent as la loi humaine, se trouve dans, sa conformité avec la loi éternelle, la raison divine.
C*est ft la nmliiiude, ou k celui qui la représente, de faire les lois.
Les hommes ne peuvent pas tout punir; ils peuvent encore moins tout récompenser. (Quœst. 93.)
La loi éternelle est la voloaié de Dieu, réglant le gouvernement des choses créées.
Les lots injustes ne sont pus des lois véritables, puisqu'elles ne dérivent pas de la loi éternelle; ce sont des violences. Si on les appelle des lois, c'est qu'elles ont avec la loi une certaine analogie, k cause de Tautorilé dont elles émanent.
En comparant la loi naturelle, et Iea lois humaines, on voit que la première ne rend pas les autres inuiilea. Car la loi naturelle, bien qu'elle puisse se remener k un seul précepte, comprend tous les actes de vertu, en tant qite venueut, roêsae ceux qui n'ont qu'une bonté relative, p«îaqne la loi de nature ordonne de se conformer aux circonstancef». Tous les actes non vertueux sont donc eootre la nature de l*bomine. Ouand on applique Texpression de contre nulure k certains vices plus monstrueux, on prend le mot de maiure dans m sens plus restreint. II faut cependant avouer que certains actes vertueux, eonsidérés noa comme vertueux, mais M epeeiebue fuit, n*anperliennenl pas k la loi de natare^t puisque nous avons de la répugnance euur ces actes.
La loi humaine, au contraire, fCé pas pour but de condamner tous les vices, ne commander toutes les vertus, nie peut éire changée; la coutume peut lu suppléer. Bile n'a donc pas le même but que la loi naturelle, et, foin de |iouvoir la remplaeer, elle la suppose. Hais, do plus, elte lui prête secours ; car la loi naturellu n'a pus de oontmintest la loi humaine emploie la forée pour dompter les récaldlranta; de plus, la loi naturelle laisse libres une foole de points qui doivent être réglés par la loi civile, et qui, quand ils Poait été, sont, comme on Va dit plus haut, impHdtement commandés par l»foi naturelle «Me^mème, et obligent en conscience.
Nous arrivons k la question la ffios délicate, celle des circonstances eè fl est permis de résister k l'autorité temporelle, la nous devons rapporter les paroles mêmit do saint docteur.
a Les lois peuvent être injustes de deux manières : 1* D'abord par o|moaition an bien commun, ou k cause de leur un,commequand
lin gouvernant impose à ses sujets des lois onéreuses, qui n'ont pas pour but le bien commun t mais la cupidité ou la gloire de celui qui gouverne ; ensuite les lois peuvent être injustes à cause de leur auteur, comme il arrive quand quel(^u'un, en foisant une loi, dépasse ses pouvoirs; ou à cause de leur forme» comme, par exemple, lorsque les charges sont réparties inégalement, quoi-
Îu 'elles aient pour but le bien commun, lors ce sont plutôt des violences que des lois ; car, comme dit saint Augustin (lib. i De lib. arb.f cap. 5, parum a prtnetp.), on ne peut appeler loi ce qui n*est pas juste ; d*où vient que de telles lois n'obligent pas dans le for de la conscience, si ce n'est peut-ètre pour éviter le scandale ou le trouble, motif pour lequel l'homme doit céder de son droit, selon cette parole de saint Matthieu (v, 40, ki) : Si quelqu'un te force à porter un fardeau renpace de mille poi^ va avte lui encore deux miiïe pas: et $i quelqu'un t'enlève ta tunique^ donne^tui encore ton manteau. 2* Los lois peuvent être injustes d'une autre manière, par opposition au bien divin, comme les lois des tyrans, qui poussaient les hommes à l'idolâtrie ou a toute autre action contraire à la loi divine ; et il a'est pas permis d'obéir à Ce telles lois; car, comme il est dit dans les Aetee (v, 29) : Jt vaut mieux obéir à Dieu qu'aux Aommef • ji (1-2, quDSSl. 90, art. 1.)
Ouvrons maintenant la Somme un peu plus loin (2-2, qusst. 42, art. 2, ad 3J ; nous y lisons ce qui suit:
« Le régime tyrannique n*est pas juste, parce qu*il n'a pas pour but le bien commun, mais le bien particulier du souverain, comme dit Arisiote. Donc le renversement de ce régime n'a pas le caractère de sédition, si ce n'est lorsque le régime tyrannique est renversé si mal à propos, que la masse des sujets souffre un plus grand détriment du renversement de la tyrannie que de la tyrannie ellemême. Mais le tyran est bien plus séditieux quand il sème la discorde et la sédition dans le peuple qui lui est soumis, atin de le dominer pleinement. »
Enfin nous ne pouvons nous dispenser de traduire ici quelques pages du traité De re-
ÎUfiine prinetpum; nous choisissons les plus elles de ce beau traité, et aussi les plus propres à amener nos conclusions:
« Puis donc (fie regimine prîncip., lib. i, cap. 6) que le gouvernement d'un seul doit être préieré, et puisque ce régime, quoique lé meilleur, se change quelquefois en celui de la tvrànnie,qui est le pire de tous, comme il aéieorouvé, il faut prendre le plus grand soin, atin que la multitude pourvue d'un roi ne tombe pas sous la main d',un tyran. D'abord, il iSfiul que ceux à qui appartient le soin de choisir le roi, aient soin a en choisir UJ1 qui offre la probabilité de ne pas devenir un tyran. D'où Samuel, louant la providence lie Dieu dans Tinstituiion d'un ,roi, disait : Le Seigneur e'est choisi un homme selon son cœur, (i Aeg, xiii,'14.) Ensuite il faut disposer le gouvernement de manière que Toccasloa dfi là tyrannie soit enlevée au roi
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déjà institué; que son pouvoir soit tem|)éré de telle manière qu'il ne puisse facilement se laisser aller à la tyrannie.
« Quant au mode de prendre- ces précautions, nous l'examinerons plus tard. Enfin, il fiiut pourvoir, si le roi tourne à la tyrannie, au moyen d'y remédier. Et d'abord, si la tyrannie n'est pas excessive, il vaut mieux la supporter provisoirement que de s'exposer, en attaquant le tyran, h beaucoup de périls plus graves que la tyrannie elle-même Car il peut arriver que ceux qui attaquent le tyran ne réussissent pas , et alors le tyran provoqué redouble de cruauté. Que si quelqu'un peut prévaloir contre le tyran, de le provien* nent d'effroyables dissensions parmi le peuple, soit pendant Tinsurrection , soit quand il s'agit, après la chute du tyran, d'établir un nouveau ré|[ime. Il arrive aussi quelquefois que celui qui a aidé la multitudes chasser le tyran, saisit le pouvoir, devient tyran à son tour ; et, craignant de souffrir ce qu'il a fait à un autre, opprime davantage ses sujets. Car il arrive d'ordinaire que la tyrannie subséquente est pjus grave que la précédente; car le nouveau tyran conserve les pratiques de l'ancien, et à celles-là en ajoute de nouvelles. Aussi, comme les Syracusains désiraient la mort de Denis, une vieille femme priait sans cesse pour sa conservation : ce qu'ayant appris le tyran^ il demanda à cette femme pourquoi elle agissait ainsi t < Etant jeune fille, » répondit-elle, « je désirais la mort du tyran que nous avions; quand il fut tué, nous en eûmes un pire , dont je souhaitais aussi la fin; après lui, tu vins augmenter encore le poids de nos chaînes ; de sorte que, si tu meurs, tu seras remplacé par un plus méchant. •
« Si l'excès de la tyrannie est intolérable, quelques-uns ont cru que des hottimes courageux devaient tuer le tvran, et exposer leur vie pour délivrer. la multitude; ce dont il v a un exemple, même dans l'Ancien Testament. Car Aioth tua Eglon, roi de Moab, qui opprimait le peuple de Dieu, et il devint juge d'Israël. Mais cela, ne s'aqcorde pas avec la doctrine apostolique. Pierre nous enseigne qu'il faut obéir non-seulement aux maîtres bons, mais aussi aux mauvais. (// Petr. n, 18.) Car il y a du mérite à souffrir pour Dieu les tribulations. D'où vient que beaucoup d'empereurs romains persécutant la foi du Qirist, et une grande multitude de grands et de petits étant déjà convertis à la foi, les fidèles armés eux-mêmes ne résistèrent past mais souffrirent la mort pour le Christ, ce dont on les loue, comme il ressort de l'histoire de la légion Thébaine. Aussi Ajothpeut èlre regarde plutôt comme ayant tué un ennemi, qu*uu tyran; et nous lisons dans l'Ancien Testament qu'on punit de mort les assassins de Joas, roi de Juda, qui s'était écarté de la loi de Dieu. 11 serait dangereux pour la multitude et pour les chefs, que de simples particuliers onssent sur eux-mêmes de tuer les tyrans. Car les méchants s'exi^sent plus que les bons à de tels périls. Or, lès méchants ne supportent pas plus facile-
THOMISME
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ment les rois que les tyrans, puisque, selon la parole de Salomon : Un rot sage disperse les impies. {Prov. xx, 26.) Si done chacun pouvait tuer celui qu'il croit tyran, la multitude aurait plutôt a craindre d*étre privée de ses bons rois, que d'être délivrée de ses tyrans.
« II parait plus convenable de procéder contre les excès des tyrans, non par des tentatives individuelles, mais par autorité pubif« que. D'abord, si un peuple a le droit de choisir son roi, il peut, sans injustice, détrôner le roi qu'il a établi, on diminuer son pouvoir, s'il en abuse. Et il ne faut pas croire qu*un tel peuple soit infidèle en destituant le tyran auquel il s'était soumis pour toujours. Car celui-ci, en ne remplissant pas ses devoirs de roi, a mérité que ses smets résiliassent leurs engagements. Ainsi les Romains rejetèrent Tarc|uin te Superbe à cause de sa tyrannie, quoiqu'ils l'eussent accepté pour roi, et ils établirent ensuite un pouvoir moindre, celui des consuls. Ainsi encore Domitien, successeur de son père Vespasien et fie son frère Titus, l'un et l'autre empereurs dignes d'éloges, fut tué par le sénat pour sa t vrannie, et on annula tout ce qu'il avait fait de mal. Par où il arriva que saint Jean r£vangéliste, le disciple xhéri de l'Homme- Dieu, qui avait été exilé à Patmos par ce Domitien, put revenir à Epbèse.
« Mais si le droit de pourvoir d'un roi la multitude appartient i un supérieur, c'est à lai qu'il faut demander un remède à la tyrannie. Ainsi Arcbélaiis, qui régnait en Judée à la place d'flérode, son père, en ayant suivi les mauvais exemples, et les Juifs s'étant plaints de lui à César-Auguste, on diminua d'abord son pouvoir, en le privant du noffl(/e roi, et en donnant h ses deux frères la moitié de ses Etats ; puiSj comme il persévérait h tyranniser son peuple» il fut exilé par Tibère à Lyon, ville des Gaules.
ft Que si nul secoiurs humain ne peut être invoqué contre le tyran, il faut recourir au Hoi suprême, h Dieu, qui est l'auxiliaire par excellence dans les tribulations. Car il peut incliner à la .douceur le cœur cruel du tyran, selon cette parole de Salomon {Prov. xxA, 1) : le cœur au roi est dans la main de Dieut qui le pousse où il lui plaU. Dieu, en effet, changea en douceur la cruauté d'Assuérus, qui préuarait la mort des Juifs. C'est lui encore qui ut du cruel Nabuchodonosor un prédicateur de la puissance divine (Aiii. IV, 1 ieaq.) Quant aux tyrans qu'il juge indignes de conversion, il peut fek faire disparaître, ou les détrôner, selon cette parole du Sage [Eecli. x, 17) : Dieu a détruit le trône des orgueilleux^ et il amis à leur place des hommes pleins de douceur. C'est lui qui, voyant iTtfilictîon de son peuple en Elgypte, et*' élançant sa prière, précipita dans la mer le tyran Pharaon avec son armée ; c'est lui qui, voyant Nabuchodonosor inaugurer son règne par la tyrannie, le rejeta non*seulement du trône, mais du commerce des hommes, et le réduisit h la condition delà brute.
Son bras n'est pas raccourci, et il peut toujours délivrer des tyrans son peuple. II promet par Isaîeè son peuple de le délivrer des fatigues, de la honte et de la servitude ; et il dit par Ezécbiel (xxxiv, 10): Je délivre^ rai mon troupeau de ia dent de ces pasteurs qui se paissent eux-mimes. Mais, pour que le peuple mérite ce bienfait de Dieu, il doit renoncer au péché, parce que c'est pour punir le péché que Dieu permet aux impies de saisir le pouvoir, puisqu'il est dit dans Osée
ixiii, 11) : Je te donnerai un roi dans ma co^ ère : et dans Job (xxxiv, 30) : Un homme Ay- Socrite règne pour les péchés du peuple. 11 lot donc faire disparaître la faute, pour voir disparaître la place de la tyrannie. »
Mous espérons qu'on nous jpardonnera cette longue citation, qui rentre si bien dans notre sujet. Due analyse nous eût demandé moins de peine qu'une traduction ; mais elle n'eût pas si bien mis en lumière la pensée du saint docteur. Nous avons voulu d'aiUeurs
t)rocurer à ceux qui nous liront le plaisir de 'enlendre lui-même. Nous devons l'avouer : parmi les longues heures que nous avons passées sur les vieux in-folios qui contiennent les ouvrages philosophiques de saint Thomas, les plus heureuses ont été celles qui ont été employées h lire ce traité De regimtne
Îrincipum^ oui n'est pas décousu comme la omme^ et ou le cœur de l'homme se laisse apercevoir sous les conclusions du docteur.
En résumé, saint Thomas ne favorise ni le tyrannicide, ni la tyrannie. Il est pour la nécessité d'un gouvernementf et loin d'admettre , comme les utopistes modernes , une égalité absolue de droits politiques, il place l'inégalité hiérarchique, même dans l'état d'innocence. Il n'admet pas la légitimité de l'insurrection, il dit seulement, 1* qu^une loi
niuste, non-seulement lorsqi est opposée au bien commun, mais même quand elle ne lui est pas conforme , qnand le législateur dépasse son pouvoir, ou quand il ne répartit pas également les charges publiques; k" qu'une loi opposée à la loi divine, non-seulement peut être violée, mais doit l'être; 5* qu'en certains cas très-rares, quand il n'y a pas d'autre moyen de remédier au mal, et quand on n'a pas à redouter des inconvénients graves, un tyran qui se livre aux plus grands excès neut être dépossédé (>ar une autorité publique investie de ce droit.
Plus tard, en distinguant le tyran par usarpation, et le tyran par inconâuite, on soutiendra, par rapport au second, les conclusions de saint Tnomas; et l'on ira plus loin par rapport au premier; on donnera k tout individu le droit d'attaquer Vusurpateur^ en qui on ne verra qu'un agresseur, contre lequel chacun peut invoquer le droit de défense. Il y a certainement une différence etatre celui qui usurpe un f)ouvoir auquel il n'a aucun droit, et celui qui exerce mal an
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ÏouTOir légUimecnent acquis. Mais saint homas n*a uas tiré de cette distinction les mÂmes coasequeoces que plusieurs de ses disciples.
Quoi qu'i 1 en soit, i l est certai n que le Docteur aogélique» tout en proclamant cette vérité, que rÈglise devait définiri au concile de Constance, contre Jean Huss : QuHl iCtit pat permis à tout particulier de tuer tout ^jfrafiy est loin de consacrer le despotisme, puisqu'il déclare contrairement k Topinion que devait soutenir Bossuet, qu'il vient un moment où le soulèvemeni du peuple conire les excès de la tvrannie n'a plus le caraclèrd de la sédition.
Si nous ne craignions cTétendre outre mesure ce paragrapne, nous montrerions que notre anal vse est confirmée par les autres ouvrages ou saint Thomas a touché les questions relatives k la politique, comme les Commeutaires de tEfltre aux Aornaînt , les passages de la Somme où il parle de TAme, de Téiat dUnnocence^ de la création» des ange&y du péché originel, el enfin plusieucs parties des CommerUairee iur Arisk>te (notamment 3, disl. 44, quast. 2, art. 2). Nous ferions voir aussi avec quelle sagesse il etaminéydans le Traité des lois et oans celui de la justice, Torigine de la propriété et du Jroit de |mnir. Mais comme son opinion sur ces deux points ne peut offrir matière k diâcttssion, terminons ce paragraphe en disant quelques mots de son opinion sur les diveifaes£)rmes de gouvernement.
Après avoir énuméré (l-2,quiBsL 90, art. 8) la monarchie, Toligarchie* la démocratie, etc., il ajoute : Set etiam et o/ifiîad regimen ex istiê cammùtum^ giuod e$t opti^ mtim: 11 y aaussi un régime qui est un mékn^e des précédents, et c'est le meilleur. Puis (1-3, qu»sL 105,4Lrt. i) : « Pour la bonne disposition d'ungauvememeot dans un pays, il tàut deux eonditiuks : la première , c'est que tons aient quelque part daos le gouvernement : par ce moyeu, la paix est g^irantie, tous aiment et défendent le. gouvernement; la seconde condition, o^est qu'oa choisisse une bonne ibrme de gou^vetnement. Or, liuoiqu'ii y en ait beaucoup, les deux pria- L'i|>ales sont la BMNdarchle ou kr gouvernenuent d'un seul; et i'arîsiacraXie,.ou le gouvernement des meilleurs. Pow qu'un fiays aoit parlaitement ordonné, il Haut donc au'un seul gouverne, et quo^sous lui, tes meilleurs soieUt préposés aux^aaires ; car alors le gou- •rernement est par4a^»à quelque degré, par tout le peuple, puisque tous ont Te droit d*élire et d*étre élus. Un tel gouvernement est mêlé de mofiairehÂet en oe qu'uu seul
Biuverne.; d'aristocratie» ^»o ce que les meilura sent préposés aux autresp et de la démoerati^ en ce que tous le» membres du .peuple ont le droii d'élkte les membres de l'avisioeaalie» ei peuvent^ par aiûte de l'élocliofi, en faire pafrtieu »
On voit que le>{p>tii?erBemeni représenta- 4îf n'est pas une uivention moderne. Nous avMis vu qu'il eu est de même du principe «OBsAiluiioafiQl de riflvioliihiUté du souvp-
Wi PARALLELE. 4tss
rain. 11 suffit délire la quest.9S,art.ll de Is irpart. (fe leiSomme^ pour se convaincre qae, selon saint Thomas, c'est la loi qui gouTeroe et non la Tolonté des individus, j] montre môme admirablement, à l'endroit indiqué,
1>oorquoi il est utile de séparer le poiivoir é^islatif du pouvoir administratif et da pouvoir judiciaire.
1 11111. ^ PkfftlMiaB et adversaires ée la jfikVmr
filiie tfioiiilsli.
Noia venons de terminer l'exposé de b philosophie de saint Thomas. Il s agit mainlenant de suivre cette philosophie dans ses Vicissitudes jusqu'au xvi' siècl». Indiquons rapidement quel esprit a présidé à Texécutioo de cetto partie de notre tâche.
Un aperçu de lafphilofophie thomiste peadant le»trois siècles qui séparent ^iMThomas de Descartes est moins difficile à préseotor «n'en ne te eroîrait au premier abord. Le Docteuraagélkfue ayantformé une école que l'esprit de eorps de son mstilot devait rendre conpacle et disofpliDée, on pressent que ses écrits durent être pris oemme un texte,
3u*il sTagissait seulement 4e coomenCer. La ocililé avec laquelte saint Thomas avait suivi its maîtres, doetlîté dMt nous reparleroos au paragraphe suivant, jsour compléter ee que nous avons dit sur l0s sooroes de la doctrine thomiste, se^ reprodwisit, plus grande encore, h l'égard tfu Docteur anoilique, parmi ses Dombrem disciples. D'ua autre côté, un homme de génte, usembre d'en ordre rival de celui auquel apparteoait saint Thomas f résuma en fui toutes les op)M)9ltiens que la doctrine et ce dernier éevail soulever. La plupurt des doeleurs n'eurent qu'k choisir entre te drapeau de saint TImk nias ^t celui de Seot. Notre premier soin doit donc être d'indiquer eu quoi diffèrent les ot)inioQS de ces deux maîtres. Nous avons fait minutieuseoieot le relové de ees différences, et nous allons les faire connaître, en nous attachant surtout à être clair; puis nous parlerons des prmcipaux docteurs qui se détachent sur ht masse des deux groupesop^ posés, ainsi que de certains écrivains qoi j^araissent vouloir se tenir à part, et (^erroyer pour leur compte. D'aîlleurs, si les dinérences entre les Ifbomistes sont minimes, comme on a pu te remarquer parcelles Se nons avons signalées en passant , il 7 1 ns l'autre camp plus de variétés, et noos aurons soin de nous en souveuir.
f« Scoi attaque la division thomiste des vérités, eu vérités per ee notes in se, et per $€ notœ quoad noe. L'existence de Dieu, suivant aaint Thomas, est j»er ge fiola jH le, mais non jjMod ftoa« Les vérités per m notm owii M»$t dit ScQt, .sont seulement uoecwites, oamme tes autrea; sidas ne sonl pas nota ncltt; il n'y a donc nulte difféceuce. Ici Scot nous parait dans Terreur; car detxf classes de vérités j}euveni être Miet&iirej, et cependant différer grandement. Bt ec effet, il y â . une grande mfféreace entre les vérités noicifrtTea par évidence {notwjuoad nos}, et les