‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 111 sur 118 · TROUSSE DT PÉCHEUR · texte numérisé non relu

TROUSSE DT PÉCHEUR

1° Un fort couteau ; 2» une sonde ou plomb ; 8° un anneau pour décrocher les lignes. On en fait de simples et d'autres plus compliqués: le simple, qui suffît assez souvent, est un fort anneau en fer, de trois pouces à peu près de diamètre, pouvant peser une demi-livre ou trois quarterons, auquel est attaché un fort cordonnet. Lorsque la ligne est accrochée, on fîtlt passer cet anneau par la gaule, on le fait glisser le long de la ligne qu'on tient tendue ; tombée à terre, Il rencontre la pierre ou la racine qui retient lTia-

ipegon, et en tirant fortement à Mi, m ramène assez souvent sa ligne saine et sauve*

Le pêcheur ne devra jagiais se mettre en campagne sans être muni de plomb, de liège, de plumes, d'une ou deux pelotes de sole torse et d'une pelotte de ficelle de lin. Une botte en fer*Waac renfermera son appât.

Salmo trutta. — Trotta, en Italie.— Fore, en Allemagne»

— Trout, en Angleterre.

La traite n'est pas seulement un des poissons les plus agréables au goût, die est encore un des plus beaux, Les écailles brillent de l'éclat de l'argent et de l'or ;' un jaune doré mêlé de vert resplendit sur les côtés de la tête et du corps. Les pectorales sont d'un brun mêlé de violet; les ventrales et la caudale dorées; la nageoire adipeuse est couleur d'or, avec une bordure brune ; l'anale, variée de pourpre d'or et de gris de perle; la dorsale, parsemée de petites gouttes purpurines ; le dos est relevé par des taches noires, et d'autres taches rouges entourées d'un bleu clair réfléchissent sur les côtés de l'animal les nuances vives et agréables des rubis et des saphirs. — N. B. Malgré tout le respect que l'on doit à un homme auquel on emprunte, comme je fais à Lacépède, je ne puis m 'empêcher de dire qu'il flatte beaucoup la truite sous le rapport de l'édat ; jamais on n'a poussé aussi loin

la reconnaissance de l'estomac. On la trouve dans presque toutes les contrées du globe, et particulièrement dans presque tous les lacs élevés, tels que ceux du Léman, de Joux, de Neufchâtel.

Sa tête est assez grosse; sa mâchoire inférieure un peu plus avancée que la supérieure, et garnie, comme cette dernière, de dents pointues et recourbées. On compte six ou huit dents sur la langue; on en voit trois rangées de chaque côté du palais. La ligne latérale est droite; les écailles sont très-petites ; la peau de l'estomac est très-forte. Gepoisson ressemble beaucoup au saumon, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. La truite a ordinairement trois ou quatre décimètres de longueur, et pèse deux ou trois hectogrammes. On en pêche cependant, dans quelques rivières, du poids de deux ou trois kilogrammes. Bloch a parlé d'une truite qui pesait quatre kilogrammes,.et qu'on avait prise en Saxe.

Le salmone-truite aime une eau claire, froide, qui descende de montagnes élevées, qui s'échappe avec rapidité, et qui coule sur un fond pierreux.

Elle nage contre la direction des eaux les plus rapides avec une vitesse qui étonne l'observateur, et elle s'élance au-dessus de digues ou de cascades de plusieurs mètres de haut.

La truite se nourrit de petits-poissons très-jeunes, de petits animaux à coquille, de vers, d'insectes, et particulièrement d'éphémères et de phryganes, qu'elle

saisit avec adresse lorsqu'elles voltigent à la surface de l'eau.

Les truites du lac Léman et celles du lac de Neufchâtel remontent au printemps , pour frayer dans les rivières et même dans les ruisseaux. Dans les contrées sur lesquelles Bloch a eu des observations, ces poissons frayent dans l'automne; et dans le dé* partement de la Corrèze, les truites quittent également, au commencement ou vers le milieu de l'automne, les grandes rivières, pour aller frayer dans les petites ruisseaux. Elles cherchent un gravier couvert par un léger courant, s'agitent, se frottent, pressent leur ventre contre le gravier ou le sable, et y déposent des œufs que le mâle vient féconder. Bloch a trouvé dans les ovaires d'une truite des rangées d'œufs gros comme des pois.

D'après cette grosseur des œufs dans les truites, il n'est pas surprenant qu'elles contiennent moins d'œufs que plusieurs autres poissons d'eau douce; et cependant elles multiplient beaucoup, parce que la plupart des poissons voraces vivent loin des eaux froides, qu'elles préfèrent. La truite est fort craintive; le bruit du tonnerre l'épouvante et la rend comme immobile. En beaucoup de pays, on sale ce poisson comme le hareng, pour le transporter; mais alors il n'est pas si bon ni si sain que quand il est mangé frais.

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