‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 4 sur 118 · ÉTATS DE SERVICE DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

ÉTATS DE SERVICE DE L'AUTEUR

Luxsmbourg. — Au lieu d'aller à une petite école, il nous plaisait parfois de courir à une lieue de là sur les bords de la Bièvre, dans un endroit que Ton appelle la Glacière, à cause d'un petit étang sur lequel on va patiner l'hiver, et dont on tire la glace pour les cafés. — Nous appelions, nous, cet endroit le petit ruisseau. — Il faut dire que c'était alors une campagne charmante, sillonnée en lous sens par des ruisseaux de trois pieds et profonds de sept ou huit pouces. — Nous y allions prendre à la ligne et au filet des épinoches, — que nous appelions savetiers, à cause de leurs alênes. — Nous rapportions les prisonniers dans des fioles à eau de Cologne dérobées à nos mères. — Quelques-uns vivaient pendant quelques jours. Nous prenions aussi des têtards, grenouilles ébauchées, auxquelles nous donnions le nom de tête à caboche. Cette pêche était un digne pendant de la chasse aux lézards et aux papillons, que nous pratiquions avec une égale ardeur. Gatayes, au lieu d'apprendre ses leçons, en donnait aux lézards verts, et obtenait des résultats que nos professeurs eussent été bien fiers d'obtenir de nous.

C'est ce même Gatayes dont j'ai dit plus,tftfij|t avec tant de vérité :

Gatayes a plusieurs cordes à son'harpe.

En effet, musicien, harpiste, éeuyer, habile nageur, — unede ses plus récentes incarnations a été de se faire un écrivain très-justement estimé pour l'impartialité et l'élégance de ses articles sur la musique et sur le sport, sans que cela lui ait coûté d'autre travail, pendant le temps des études ordinaires, qu'une parfaite régularité dans l'exercice de l'école buissonnière ; — car, s'il a jamais appris à lire, ce ne peut être qu'à force de patiner sur les étangs de la Bièvre, **+ et je ne lui ai jamais vu de livres classiques qu'à l'état de canards, de bateaux de papiers et d'appendices désobligeants à l'abdomen des mouches attrapées en classe, les jours où la pluie l'obligeait à montrer au collège un visage inconnu, et à produire sur les bancs le scandale de sa présence inaccoutumée. Après ces pre* miers souvenirs de pèche, mes plus anciens remontent à Saint-Maur. — C'est là que mon cher père conduisait mon frère et moi faire de vraies

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