PONDS
1° Par un courant vif, fond de sable ou pierreux, de 65 à 130 centimètres (2 à 4 pieds) de profondeur, on prendra ablettes, éperlans, vandoises, goujons, de petits barbillons et du juerne.
2 e Grand courant, même fond, 16 à 26 décimètres ( 5 à 8 pieds) de profondeur, ou plus, on pren« dra juernes à la superficie, par les chaleurs, de fond au printemps , du barbillon, de la truite à la superficie s'il y en a.
3° Courant moyen, fond de vase, de 13 à 26 ou 32 décimètres (4 à 8 ou 10 pieds), on prendra gardons, brèmes, carpes, anguilles la nuit, chevannes par la chaleur, vandoises au printemps et à l'automne.
4° Eau tranquille , grand fond de sable fin , vase et herbes , on prendra grosses carpes , lotes , anguilles, tanches, perches, brochets, et généralement le fretin.
5° Dans les grands fonds rocailleux , eau bouillonnante, à cause des chutes, on prendra les plus
FOUANE. 147
gros barbillons, beaucoup de gardons et de grosses truites, si l'eau est froide.
FOUANE.
Instrument propre à percer les poissons pour les prendre. Il y en a de bien des formes : les unes sont une broche terminée par un dard, d'autres une lame barbelée ; d'autres sont formées de deux, trois, ou un grand nombre de lames, quelquefois ce n'est qu'une fourche. Cet instrument étant ajusté au bout d'une perche, on en perce les poissons qu'on aperçoit au fond de l'eau , ou on l'enfonce dans la Yase aux endroits qu'on juge cacher des poissons.
Choisissez d'abord les scions, et faites- en une ample moisson ; la pêche en consomme beaucoup. Vous les trouverez le long des haies vives plantées d'ormes; recherchez ces vieux têtards, ces troncs centenaires, coupés à trois ou quatre pieds de terre, c'est sur eux que vous trouverez les scions les plus droits, les mieux faits, les plus vigoureux ; choisissez ces rejets qui ne comptent pas plus de trois ou quatre années d'âge; préférez ceux dont l'écorce est lisse, fine et serrée, et qui sont nourris par une infinité de petites branches sans aucun enfourchement considérable; réservez attentivement leur pointe fine et déliée et ne les dépouillez pas de leur écorce. L'orme ne fournit pas seul les bons scions : le cornouiller, le troène en livrent aussi au pécheur; mais l'orme est plus commun et plus généralement adopté. — Un bois parfait pour faire les secondes , sur lesquelles ou ente le scion, c'est le noisetier, le coudrier. C'est vers les touffes grises du coudrier, sur la lisière des bois, sur la rive des ruisseaux que le pécheur doit diriger ses pas. Il choisira ces longues
pousses droites, lisses, rougeâtres; les plus fines lui serviront de secondes ou branchettes; les plus forte*, dont la hauteur est quelquefois de quinze pieds, lui fourniront des pieds de gaule légers, flexibles et maniables.
De 1» gaule a la volée.
Le pied de la gaule ne devra pas avoir plus de quinze lignes de diamètre par le bas, et pourra même à la rigueur n'avoir que dix pieds de hauteur, La seconde ou branlette. ne peut être faite qu'en coudre ; elle doit avoir la même longueur que le pied, mais être beaucoup plus mince; il faut la choisir menue et bien filée , faire en aorte qu'elle soit, par le bas, moins forte de quelque chose que le haut du pied ; on la taille par les deux bouts en bec de flûte, celui du bas très-allongé, afin de pouvoir être exactement ajusté sur le pied. Enfin le scion, long et menu , pourra avoir cinq pieds, sera taillé par le bas en bec de flûte, pour être ajusté sur la seconde, et devra également être calculé de telle sorte, que sa base ou la partie la plus forte soit plus faible de quelque chose que le haut de la seconde. On ente le scion sur la seconde, au moyen d'un fort fil ciré. Les pécheurs qui ne défont pas leurs lignes fixent eh outre le scion avec deux attaches de fil dé cuivre. La seconde s'attache sur le pied avec du petit fouet
ciré , fortement serré tout le long de la jointure. Après avoir lié sa gaule, le pécheur l'agite fortement en l'air : si elle a été bien faite ejle ne fera entendre aucun craquement, et Ton ne sentira dans la main aucun trémulement. Les bois dont on se sert pour faire les gaules doivent être coupés avant la fin de janvier ou dans les premiers jours de février au plus tard; passé cette époque, le coudre ressent les avant-coureurs du printemps, la sève commence à monter, et le bois n'a plus une qualité aussi parfaite. La gaule à la volée doit avoir de vingt à vingt-cinq pieds et plus , s'il est possible, et si le pécheur se sent la force de la faire mouvoir.
Gaules diverses*
Les gaules servant aux autres pèches n'ont rien de particulier ; ce sont quelquefois de longs roseaux, dans le bout desquels on fait entrer des scions divers, en ayant soin de mettre en accord la force des gaules avec celles des lignes, et en suivant la règle générale que plus une gaule est efûlée au bout, plus le coup de fouet est sur, mieux on pique, et moins on risque de casser la gaule ou la ligne.
Marcha, en Italie. — Wêls, en Allemagne. — Meerval, en Hollande. — The seatfish, en Angleterre.
Le glanis et un des plus grands poissons des
fleuves et des lacs. Un individu de cette espèce, vu près de Limritz, dans la Poraéranie, avait la bouche assez grande pour qu'on pût y faire entrer facilement un enfant de six ou sept ans. On trouvé dans le Volga des glanis de quatre ou cinq mètres de longueur. On prit, il y a quelques années, dans les en-» virons de Spandow, un de ces silures, qui était du poids de soixante kilogrammes , et un autre de ces poissons, péché à Writzen , sur l'Oder, en pesait quatre cents.
Le glanis a la tète grosse et très-aplatie de haut en bas; le museau très-arrondi par devant; la ma* choire inférieure un peu plus avancée que celle d'en haut; ces deux mâchoires garnies d'un très-grand nombre de dents petites et recourbées; quatre os ovales, hérissés de dents aiguës, et situés au fond de la bouchie; l'ouverture de la bouche très-large; une fossette de chaque côté de la lèvre inférieure ; les yeux ronds, saillants, très-écartés l'un de l'autre, et d'une petitesse d'autant plus remarquable que les plus grands des animaux, les baleines, les cachalots, les éléphants, les crocodiles, les serpents démesurés, ont les yeux très-petits à proportion des énormes dimensions de leurs autres organes. Le dos du glanis est épais ; son ventre très-gros, sa peau enduite d'une humeur gluante, à laquelle s'attache une assez grande quantité de la vase limoneuse sur laquelle il aime à ce reposer. La couleur générale de l'animal
est d'un vert mêlé de noir, qui s'éclaircit sur les côtés et plus encore sur la partie inférieure du pois son, et sur lequel sont distribuées des taches noirâtres, irrégulières. Il vit de proie, mais il ne pour* suit pas ses victimes. Il préfère la ruse à la violence; il se place en embuscade; il se retire dans des creux, au-dessous des planches, des poteaux et des autres bois pourris qui peuvent border les rivages des fleuves qu'il fréquente ; il se couvre de limon ; il épie avec patience les poissons dont il veut se pourrir. Ln couleur obscure de sa peau empêche qu'on ne le distingue aisément au milieu de la vase dans laquelle il se couche. Ses longs barbillons, auxquels il donne des mouvements semblables à ceux des vers, attirant les animaux imprudents qu'il cherche à dévorer, et qu'il engloutit d'autant plus aisément qu'il tient presque toujours sa bouche béante, en se tournant vers le haut.
La chair du glanis est blanche, grasse, douce, agréable au goût, mais mollasse, visqueuse et difficile à digérer. Les citoyens Duw, marchands poissonniers de Strasbourg, avaient apporté plusieurs de ces silures d'un lac situé dans la Souabe, à quelques milles de Doneschingen , pour les naturaliser dans ancienne Alsace. Mais depuis bien longtemps, lor&d'un événement extraordinaire, ces poissons furent enlevés, et il n'en reste plus dans les étangs du département du Bas-Rhin.
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