‹ Dictionnaire du pêcheur; traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée, histoire, mœurs, habitudes des poissons, crustacés, testacésChapitre 81 sur 112 · PERCHE. 2Ô · texte numérisé non relu

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kilogrammes. On en trouve en Sibérie et dans la Laponie d'une grandeur telle, que plusieurs écrivains les ont nommées monstrueuses. Suivant Bloch, on conserve dans une église de Laponie une tête de perche de plus de trois décimètres de longueur, et Ton peut d'autant plus, d'après ces faits, croire que les eaux des climats les plus froids sont celles qui, tout égal d'aiUeurs, conviennent le mieux à l'espèce dont nous parlons, qu'on ne peut pas dire que la grandeur des perches du nord de l'Europe dépende des soins que les Lapons ou les habitants de la Sibérie se sont donnés pour améliorer les poissons de leur patrie.

Les perches se plaisent beaucoup dans les lacs. Elles les quittent néanmoins pour remonter dans les rivières et dans les ruisseaux, lorsqu'elles doivent frayer.

La perche ne fraye qu'à l'âge de trois ans. C'est au printemps qu'elle cherche à déposer ou à féconder ses œufs. Ces œufs sont souvent de la grosseur des graines de pavot; mais, lorsqu'ils sont encore renfermés dans le corps de la femelle, ils n'ont que le très-petit volume de la poudre fine à tirer. Le nombre de ces œufs varie suivant les individus, et même selon quelques circonstances particulières et passagères. Harmer, Blochet Gmelin ont écrit que l'on devait à peine supposer trois cent mille œufs dans une perche de vingt-cinq décagrammes (ou une demi-

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livre) de poids. Mais Toici nue observation d'après laqnelienons devons croire qn'en général les perclies femelles pondent un plas grand nombre d'œnfs qu'on ne Ta pensé. Le citoyen Picot, de Genève, écrivait qu'il venait d'ouvrir une perche du lac sur les bords duquel il habite, que ce poisson pesait six cent cinquante grammes ou environ, qu'il avait trouvé dans l'intérieur de cette persèque une bourse qui conte* nait tous les œufs, que ces œufs pesaient le quart du poids total de l'animal, et que leur nombre était de neuf cent quatre-vingt-douze mille.

Le poisson que nous décrivons vit de proie. Il ne peut attaquer avec avantage que de petits animaux ; mais il se Jette avec avidité, non-seulement sur des poissons très-jeunes ou très-faibles, mais encore sur des campagnols aquatiques, des salamandres, des grenouilles, des couleuvres encore peu développées. 11 se nourrit aussi quelquefois d'insectes; et lorsqu'il fait très-chaud, on le volt s'élever à la surface des lacs ou des rivières, et s'élancer avec agilité pour saisir les cousins qui se pressent par milliers an* dessus de ces rivières ou de ces lacs.

La perche est même si vorace, qu'elle se précipite fréquemment et sans précaution sur des ennemis dangereux pour elle par leurs armes, s'ils ne le sont par leur force. Elle veut souvent dévorer des épinocbes; mais ces derniers poissons, s'agitant aivec vi* tesse, font pénétrer leurs piquants dans le palais de

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la perche, qui dès lors ne pouvant ni les avaler, ni les rejeter, ni fermer ^a bouche, est contrainte de mourir de faim.

Lorsqu'elle peut se procurer facilement la nourriture qui lui est nécessaire, et qu'elle vit dans les eaux qui lui sont le plus favorables, elle est d'un goût exquis« Sa chair est d'ailleurs blanche, ferme, et très-salubre. Les Romains la recherchaient dans le temps où le luxe de leur table était porté au plus haut degré; et le consul Ausone, dans son poëme sur la Moselle, la compare au muUe rouget, et la nomme délice des festins.

Les perches du Rhin sont particulièrement trèsr estimées. Un ancien proverbe, très-répandu en Suisse, prouve la bonne idée qu'on a toujours eue des qualités agréables et salutaires de ce poisson, et on a fait pendant longtemps, à Genève, un mets très-délicat de très-petites perches du lac Léman, que Ton appelait mille cantons lorsqu'on les avait ainsi préparées,

PICOTEUX.

Petits bateaux de la côte de basse Normandie, qui n'ont que treize pieds de longueur, et dans lesquels il ne peut tenir que deux ou trois hommes : ils sont pointus par les deux bouts, et n'ont ni avant ni arrière, ce qui est commode pour les échouages; on n'a pas besoin de retourner le canot pour le remettre à l'eau. C'est aussi un petit filet en tramail qu'on tend.

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et autour duquel on bat l'eau pour engager le poisson à donner dedans.

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MUgumus fossilis. — Loche ^éUmg^ en France. — Fisgum, en Allemagne. -— Pritzker on pitzker, ou peissker^ ibid. — Misgurn, en Angleterre. — Cobitis fossilis, Linné.

Ce poisson habite dans les étangs; on ne le voit du moins dans les lacs et dans les rivières que lorsque le fond en est vaseux. Il perd difficilement la vie. On le rencontre souvent dans les cavités de la terre humide qui faisait le fond d'un marais ou d'un étang dont on vient de faire écouler Teau. C'est ce qui a fait croire à quelques auteurs qu'il s'engendrait dans la terre, et qu'il n'allait dans les rivières ou les lacs que lorsque les inondations l'atteignaient dans son asile et l'entraînaient ensuite. C'est aussi ce qui lui a fait donner le nom de fossile. Il parvient à la longueur de trois ou quatre décimètres, et quelquefois il a montré celle de onze ou douze. Sa chair est molle, imprégnée d'un goût de marécage, et enduite d'un suc visqueux. Son dos est noirâtre; il est orné de raies longitudinales jaunes et brunes, sur lesquelles on aperçoit quelques taches. Son ventre brille d'une teinte orangée que relèvent des points noirs. Les joues et les membranes branchiales sont jaunes et parsemées de taches brunes. La dorsale, les pectorales et la

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