DERBY. SOI
sont de 50 livres par cheval, moitié forfait (voy. Formait). Les poulains et pouliches de 3 ans sont seuls admis à y prendre part. Les pouliches reçoivent une décharge de 5 livres. La distance est de 2^00 mètres. La valeur du prix s^élève en moyenne de 160 à 175 000 francs.
Le Derby fut fondé en 1780 par le comte de Derby qui a laissé son nom à la course la plus nationale d'Angleterre. Le premier Derby fut gagné par sir Charles Bumbury; le second par M. 0' Kelly ; le troisième échut à lord Egremont ; le quatrième à M. Parker; le cinquième à M.O' Kelly; le sixième à lord Glaremont ; le septième à sir Panton. Ce ne fut qu'à son huitième anniversaire qu^ la course fut gagnée par son fondateur, lord Derby, il gagna avec sir Peter-Zeagle monté par Sam Arnolt. On compte quatre vainqueurs du Derby dans la descendance de sir Peter-Zeagle , autant du Saint-Léger et deux des Oaks.
En 1788, le prince de Galles fut le vainqueur de cette course, la plus convoitée de toute l'Angleterre. En 1792, le vainqueur fut John Bull, monté par le célèbre jockey Buckle , qui gagna cinq fois le Derby et neuf fois les Oaks. En 1801 , ce fut une jument du nom d'Eleanor, appartenant à sir G. Bumbury. Eleanor donna lieu à un assez singulier événement: son entraîneur, éprouva aux approches de la course une si grande émotion qu'il tomba assez gravement malade pour que Ton se crût obligé de faire venir le pasteur. Ce dern'er l'exhorta à décharger sa conscience, mais ne put jamais en tirer autre chose, si ce n'est qu'Ëleanor était une drôle de béte, et que cela le tourmentait. En 1806 eut lieu la plus belle lutte à laquelle le Derby eût encore donné lieu. Les deux favoris Paris et Scrafulg restèrent tête à tôte jusqu'à vingt mètres du poteau d'arrivée, cependant Paris gagna d'une tôte difficilement.
En se rendant compte de l'importance du Derby en Angleterre, de l'amour- propre national attaché par les Anglais à cette course , on peut se faire une idée de l'émotion que dut causer la victoire d'un cheval étranger dans une lutte de cette nature. Les courses sont fondées en Angleterre sur les bases les plus- libérales , c'est-à-dire qu'elles restaient ou-
vertes à tous chevaux. Les Anglais firent mention des concurrents étrangers, seulement pour déclarer qu'ils seraient admis avec une différence de quatorze livres en leur faveur. Cette conscience de leur propre supériorité, ne s'était pas exagéré la distance qui séparait les chevaux anglais de ceux du continent, ou pour mieux dire des chevaux français, car la France était le seul pays où l'institution des courses s'était impatronisée d'une manière assez sérieuse pour affronter une lutte avec l'Angleterre, même dans des conditions aussi inégales.
Il fallut l'apparition de Monarque pour faire comprendre, en Angleterre, que le temps de cette inattaquable supériorité était passé, et que l'on devait désormais se résigner à battre les chevaux français à poids égal. Il y avait encore loin d'un semblable résultat à l'audacieuse entreprise de gagner la plus grande course d'Angleterre avec un cheval français. Cette pensée était loin de tous les esprits. Bien que M. le comte de Lagrange eût une écurie d'entraînement en Angleterre, et qu'il fit chaque année courir au moins un cheval dans le Derby, ce cheval comptait à peine dans la cote, et sa présence passait à peu près inaperçue.
La victoire de Gladiateur, en 1865, constitue peut-ôtre l'événement le plus saillant dont le Derby ait été l'occasion. Les Anglais eurent quelque peine à y ajouter foi, môme après l'événement. Plusieurs péripéties assez remarquables se produisirent, au reste, dans la course, et suffisaient pour lui donner un retentissement inusité. Gladiateur pris dans le peloton ne pouvait se dégager et restait confondu avec la masse des concurrents toujours très-nombreux. A deux cents mètres du but, il n'était pas question da cheval français. Quand Gladiateur parvint à se dégager, son jockey Grimshaw aperçut à cinquante mètres devant lui deux chevaux, Christmas-Carol et Ëlham, qui étaient en lutte et entre lesquels le résultat de la course paraissait circonscrit. Déjà le public, suivant l'habitude, criait alternativement le nom des deux adversaires, quand tout à coup l'assemblée tout entière sembla immobilisée par une sorte de stupéfaction : Gladiateur en deux bonds avait rejoint les deux premiers chevaux, les dépassait, et gagnait très-facilement. Ce fut à es moment une mémorable émotion.
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pour la première fois Téleyage Anglais éprouvait une défaite sur son propre terrain, et dans la grande course nationale.
L'année précédente déjà, Fille-de-rAir, appartenant également à M. le comte de Lagrange, avait gagné les Oaks, la seconde course d'Angleterre. Est ce à ces deux circonstances, qu'il faut attribuer d*avoir vu sensiblement diminuer la solennité du Derby en Angleterre ? Cette coïncidence a certes pu y contribuer , mais les causes de cette sorte de vulgarisation résident principalement dans Pimmense développement pris, en Angleterre, par l'habitude de parier. A ce point de vue, toutes les courses se ressemblent beaucoup. Le Derby, tout en conservant son importance et la primauté qui lui appartient sur toutes les autres courses, n'a plus autant aujourd'hui le privilège de captiver l'attention publique. Les faits qui le précèdent ou le suivent absorbent le monde des courses à un degré presque égal, l'intérêt technique, qui s'attachait autrefois à une course plutôt qu'à une autre, s'est effacé devant la spéculation également animée sur toutes.