ESSAI
avoir été mal fait, soit par une mauvaise répartition des poids, ou par la faute des jockeys qui ont monté.
Un essai est difficile à bien faire ; la meilleure preuve, c'est que certains entraîneurs sont connusi POur ne se tromper presque jamais; d'autres, au contraire, pour se faire toujours des illusions que la réalité fait tomber, mais qu'ils conservent cependant longtemps, bien que Pexpérience les ait fréquemment démentis. Cette inégalité fait souvent douter des essais, et certains amateurs de courses refusent de leur accorder aucune confiance. L'expérience a cependant démontré qu'un essai bien fait était plus juste qu'une course , en ce sens qu'il se trouve dégagé de toutes les chances aléatoires inséparables d'une course publique , comme faux ou mauvais départ, champ nombreux, tournants, etc., etc.; deux chevaux essayés l'un contre l'autre dans de bonnes conditions, le meilleur gagne presque, invariablement.
On comprend l'importance des essais pour un propriétaire , l'intérêt qui existe à s'assurer du mérite de ses jeunes chevaux, et surtout le soin que l'on prend de les cacher, afin que le résultat ne transpire pas dans le public. Par contre , les parieurs ayant eux-mêmes un très-grand intérêt à connaître les essais faits par les propriétaires, afin de pouvoir placer leur argent avec quelques données plus ou moins certaines , il en est résulté une lutte ouverte entre les deux partis, les uns pour dissimuler, les autres pour découvrir. Comme toujours, la spéculation s'en est mêlée, il s'est organisé une industrie interlope composée d'hommes ou sans profession, ou employés dans une écurie à un titre quelconque, qui font métier d'espionner les essais et de vendre des renseignements aux parieurs. Cette spéculation, plus ou moins honnête s'exerce au grand jour en Angleterre , et les hommes qui la pratiquent se nomment Tout (espion).
En France , cette industrie se cache davantage , mais elle existe également, dans une beaucoup moins grande proportion. Les entraîneurs, de leur côté, espionnés de toute manière, cherchent à tromper les indiscrets comme ib peuvent , soit en faisant arrêter le cheval qui gagnerait l'essai si on le poussait jusqu'au bout , à l'endroit où ils supposent les espions cachés ,
ESSAI. â71
sdt en dissimulant soigneusement, même aux hommes qui montent les chevaux, le poids relatif auquel ils sont essayés ; ou, ce qui vaut mieux encore, quand cela est possible, à une heure et dans un endroit où ils peuvent dépister toute surveillance. Néanmoins, quand. un essai important a été fait, il est rare qu'il n'en transpire pas quelque .chose.
Un semblable état de choses a nécessairement donné lieu à de nombreux abus; une législation spéciale est devenue nécessaire. Autrefois, aucun essai ne pouvait avoir lieu entre des chevaux n'appartenant pas notoirement à la même ëeurie, sans quUl en fût donné avis par une lettre adressée au secrétaire de la Société d'encouragement ; on devait consigner le nom et la désignation du cheval ou des chevaux essayés , ainsi qu6 rheure de l'essai.
Cette déclaration- devait être parvenue au secrétariat de la Société avant que vingt- quatre heures se fussent écoulées depuis Tessai, sous peine d'une amende de deux cents francs. Elle était immédiatement transcrite sur un registre, avec mention du jour et de l'heure de l'inscription.
Tout pari ou engagement concernant les chevaux qui avaient concouru à un pareil essai , fait entre le moment de l'essai et celui de son inscription sur le livre, que celle-ci ait eu lieu ou non en temps utile, pouvait être annulé. Tout cheval ayant couru, un engagement contracté entre le moment d'un essai de ce genre et celui de son inscription sur le livre, que celle-ci ait eu lieu ou non en temps utile, pouvait être disqualifié. L'impossibilité de faire exécuter ces dispositions les a fait abroger, et aujourd'hui, les propriétaires peuvent essayer leurs chevaux entre eux comme cela leur convient. Malgré cela, certaines, dispositions disciplinaires sont prises contre les entraîneurs , jockeys ou garçons d'écurie , qui suivraient le galop de chevaux appartenant à d'autres écuries. Ils peuvent être punis d'une amende de dix à cent francs. Les personnes qui veulent essayer des chevaux sur le terrain de Chantilly peuvent requérir Iç garde du terrain de faire éloigner toute personne étrangère de l'endroit fixé .pour la fin de Tessai. Tout entraîneur, jockey ou garçon d'écurie qui refuserait de s'éloigner peut être puni par les syndics d'une amende de dix