ESSAYER. — ÉTALON
à deaz cents francs; leurs maîtres sont responsables de Pa» mende , à moins quils ne préfèrent les renvoyer. Dan ce cas, les nouveaux propriétaires, au service desquels ils entreraient, deviendraient à leur tour responsables de Tamende.
ESSAYER. Le mot essayer, a deux sens bien distincts; il s'applique, dans sa signification propre , au fait d^essayer un cheval contre un autre. (Voy. Essai.) On s'en sert également dans une course» au figuré, pour dire qu'un cheval a tenté, à un moment quelconque de la course, de prendre une place ou de dépasser ses adversaires. S'il ne réussit pas dans cette ton* tative, on dit : « Il a essayé à tel endroit, mais il n'a pas pu. » Essayer ressemble donc un peu à effort; mais il existe cependant une différence essentielle : Teffort est définitif; s'il ne réassit pas, il n'y a plus à y revenir, ranimai a donné la dernière expression de son pouvoir. En essayant, au contraire, il tàte pour s'assurer du point où en sont ses adversaires ; s'il se sent supérieur, il passe; si, au contraire, il voit qu'il doit y avoir lutte, il attend pour recommencer un peu plus loin. Cette manœuvre demande, au reste, beaucoup de tact et de précision de la part du jockey qui l'emploie, car il peut ain» fatiguer inutilement son cheval. Celui-ci doit également avoir un excellent caractère et beaucoup de maniabilité^ beaucoup de chevaux s'accommoderaient mal d'être ainsi plusieurs fois dérangés de leur train pendant une course. C'est donc une manœuvre qui présente quelques dangers et demande à être pratiquée très-finement.
ÉTALON. Étalon est le nom donné à un cheval exclusivement consacré à la reproduction, qu'il ait, comme tous les éta* Ions de pur-sang, accompli une carrière active avant de recevoir cette destination, ou bien, comme cela arrive pour presque tous les chevaux de demi-sang, surtout ceux nés en France, que l'étalon ait été dès sa naissance employé à ce service.
L'étalon est la première, la principale et la plus importante base de toute production et de toute amélioration. Il existe de longues et interminables discussions sur la part plus ou moins prédominante que Ton doit attribuer au mâle ou à la femelle
dans l'acte de la génération Nous n'avons pas à entrer ici dans cette polémique ; une question , d'ailleurs, la domine tout entière. La reproduction et l'amélioration doivent s'appuyer forcément sur l'étalon, par la raison très-simple qu'un cheval saillissant trente ou quarante juments par saison, peut créer, sinon autant de poulains que de saillies, plus des deux tiers au moins, tandis qu'une jument, si bonne qu'elle puisse être, ne donnera jamais le jour qu'à un poulain par an. Sous ce rapport du moins, l'action dominante du mâle n'est pas contestable.
Lorsque Ton veut , ou fonder un haras, ou introduire une modification quelconque dans la production d'un pays, on çst donc forcé de recourir au mâle comme mode le plus prompt et le plus efficace d'amélioration et de propagation. Le choix d'un étalon devient, dans ces circonstances , d'une extrême importance. Il existe à cet égard presque autant de doctrines que d'éleveurs; mais deux opinions caractéristiques sont en présence, et personnifient en quelque sorte la discussion. L'une se désigne sous la dénomination d'amélioration par le pur-sang; la seconde, amélioration par le demi-sang^ c'est-à-dire que les partisans de ces deux opinions extrêmes prétendent employer comme mode unique d'amélioration et de reproduction : le premier, l'étalon de pur-sang, autrement dit le cheval de course; le second, l'étalon de demi-sang, expression générique pour désigner tout cheval qui n'est pas de pur-sang. Cette classification s^applique donc à un grand nombre d*animaux, différant essentiellement entre eux, et variant à l'infini. Sans entrer ici dans la discussion d'nne question qui comporterait un volume à elle seule, nous dirons seulement que le principe de Tamélioratlon par le cheval de pur-sang est le seul adopté en Angleterre, et que la production modèle de ce pays répond victorieusement à tous les arguments contraires. L'étalon de pursang est le seul, d'ailleurs, qui puisse présenter une garantie positive, puisque, avant d'être employé comme reproducteur, il a été éprouvé par la sélection la plus certaine : la course« C'est le principe créé et développé par la Société d'encouragement pour r amélioration des races de chevaux en France, c'est le seul qui s'appuie sur une donnée s^préciable ; tout autre
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^mode de procéder reste soumis au doute, à la discussion et à rexpérimentation.
Tout cheval de pur-sang n'est pas destiné à devenir étalon , mais c'est parmi eux que les étalons sont choisis. Quand un cheval a accompli une carrière de course plus ou moins heureuse, mais suffisante pour donner une preuve certaine de son mérite absolu, dont sa présence à Tentra Inement pendant un laps de temps plus ou moins prolongé est déjà une garantie, il est, en général, jugé digne d'être admis à la reproduction.
Il existe, en France, deux manières de l'employer : ou il est présenté à l'Administration des Haras, et, depuis quelques années, rarement acheté, l'Administration s'étant constituée l'expression du principe contraire. Dans le cas, cependant, où le cheval de pur-sang est, par exception, admis au nombre des reproducteurs de l'État, il est envoyé dans l'un des dépôts de l'Administration répartis sur différents points du territoire. Une fois le lieu de sa résidence fixé, l'étalon est mis, pour la saison de monte suivante, à la disposition des éleveurs, soit dans le dépôt même, soit dans l'une des stations adjacentes dépendant du dépôt auquel il appartient. Son succès, dans ces circonstances, devient au moins problématique, parce que, se trouvant en concurrence avec les étalons de demi-sang prônés par les agents de l'Administration, il a, parfois, quelque peine à parfaire son nombre de juments ; dans tous les cas, autant que faire se peut, les moins bonnes lui sont départies.
Si le cheval, comme cela arrive le plus souvent, n'est pas acheté par l'Administration des Haras, il rentre dans le domaine de l'industrie privée, c'est-à-dire qu'il reste la propriété d'un particulier. Celui-ci peut, il est vrai, l'employer à la reproduction pour son propre compté, et le mettre en même temps à la disposition du public moyennant un certain prix déterminé ; mais il se trouve alors en concurrence avec les étalons de l'Administration ; ceux-ci trouvent un énorme avantage dans la modicité du prix de saillie ; c'est le moyen le plus tenta* teur employé par l'Administration. Un propriétaire ne peut jamais baisser son prix à un semblable taux ; son cheval représente, pour lui, un capitel se détériorant chaque année, et
dont il lui faut trouver Tintérêt; rAdministration, au co&trairey jouissant d'un budget qui lui est affecté par TÉtat, n'a pas besoin de trouver une rémunération dans le prix de ses saillies.
Un semblable état de choses pourrait présenter un certûn avantage dans l'intérêt général, en ce sens qu'il pennettrait à la masse des éleveurs de pouvoir faire saillir leurs juments à bon marché par de bons étalons ; mais il faudrait d'abord que les étalons fussent bons, ce qui, en raison de circonstances sur lesquelles nous ne pouvons nous étendre ici, est au moins dis* . cutable. Il importerait surtout que l'Administration fût en état de répondre aux besmns généraux du pays , au moins comme nombre; or, l'Administration ne possède pas le cinquième des étalons nécessaires à la production française. Il en résulte que le plus grand nombre des éleveurs se trouvent sans moyen de faire saillir leurs juments, quand les reproducteurs de l'État ont satisfait à toutes les exigences qu'ils peuvent remplir, le plus souvent au delà des limites raisonnables.
Un grand nombre de chevaux de pur-sang qui pourraient être utilement employés dans la reproduction secondaire se trouvent donc sans emploi, castrés ou perdus, par suite de cette organisation vicieuse. Le plus grand nombre des. chevaux de pur-sang, devenus étalons, représente l'élite de la production de pur-sang, presque exclusivement réservés à Télevage de pur-sang, c'està-dire celui ayant uniquement le but spécial de la course. L'Administration des Haras ayant, sous prétexte du grand développement pris par l'institution des courses renoncé à posséder des reproducteurs de pur-sang d'élite, et les ^produits de ceux qui lui restent encore se montrant d'une infériorité absolue sur l'hippodrome, les propriétaires de chevaux de course ont dû chercher à s'en procurer eux-mêmes, soit en les achetant en Angleterre, soit en conservant les meilleurs sujets de leur propre élevage, comme Monarque, Vermout, Trocadéro, Patricien, Ruy-Blas, Light, etc., etc. C'est le système le plus généralement employé, l'expérience ayant démontré qu'il était le meilleur, les poulains des étalons français battant presque toujours les produits des reproducteurs étrangers, du moins en France.
Les propriétaires d'étalons de pur-sang de tète, n'ayant généralement pas un nombre suffisant de juments pour les chevaux qu'ils conservent comme reproducteurs, ou ne voulant pas donner toutes leurs juments au même cheval, les mettent à la disposition du public à un certain prix, qui varie suivant le mérite démontré par le cheval. Un étalon connu pour bien pro* duire constitue un revenu souvent considérable, car le chiffre de la saillie s'élève parfois à 2500 francs ; mais ce sont là des exceptions. Les prix de saillie d'un étalon de pur-sang de tête varient généralement entre 1000, 700 et 500 francs. Ce dernier chiffre peut être aujourd'hui pris comme terme moyen de la saillie d'un bon étalon de pur-sang. Chaque étalon saillit en moyenne, trente juments; ce nombre peut, sans inconvénient, être porté à quarante pour un cheval dans la force de l'âge, c'est-à-dire de sept à quinze ans environ. Passé ce terme, le chiffre des saillies doit être progressivement restreint, suivant l'état ou la santé de l'animal.
Les étalons de pur-sang vivent parfois très- vieux et se conservent môme jusqu'à un âge assez avancé ; il n'est pas rare de voir des chevaux produire d'excellents poulains de vingt à vingt-, cinq ans; ce terme passé, cette qualité devient exception. On a môme remarqué, à ce sujet, un fait assez étrange, auquel il serait impossible de trouver une explication plausible. Presque invariablement, les étalons célèbres donnent naissance à un et souvent à plusieurs poulains remarquables, la dernière année de leur monte; le fait s'est produit assez fréquemment pour être l'objet d'une mention spéciale ; on compte beaucoup de chevaux de course posthumes. Presque toujours les étalons vivent au delà de l'âge oti ils peuvent saillir ; généralement alors on les abat, car il devient absolument impossible de les utiliser à quoi que ce soit.
Il est assez difficile de préciser sur quelle donnée s'appuie le choix d'un étalon de demi-sang, et quelle garantie il présente : la fantaisie y joue le rôle principal. C'est en Normandie que réside surtout la pépinière de cette sorte çle reproducteurs. Elle constitue une industrie assez lucrative, au reste, quand elle se trouve favorisée par l'Administration des Haras. Tous les ans, on présente une quantité considérable de pou-