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FERRURE

podes, antre garniture protectrice du sabot prenant son point d'attache sur le paturon. Le vétérinaire anglais Bracy-Clark a publié une reproduction de cet appareil. Le même savant considère comme le plus ancien fer à clous celui qui a été découvert dans le tombeau d'un roi des Francs (Ghildéric, mort en 481).

Les Barbares du nord de l'Europe devaient appliquer, sous le sabot de leurs chevaux, une ferrure plus ou moins grossière ^ car la corne est mauvaise dans les pays humides et froids ; elle est solide comme un caillou dans les pays chauds et montagneux. Sans cette précaution, jamais les peuples envahisseurs n'eussent pu accomplir ces pénibles déplacements qui assuraient la conquête.

Au dixième siècle, non-seulement le véritable fer à clous est connu, mais il est décrit.

A partir de cette époque, les documents aboiMlent. Du côté de l'Orient on retrouve, en Lycie, un fer qui a presque la valeur d'un symbole. On le rencontre sur une ancienne monnaie dite trigwtra, La légende mahométane dit que le cheval d'Abbas,. oncle du prophète, était ferré.

Jusqu'au jour où la ferrure fut pratiquée, l'homme ne possédait que la moitié du cheval. L'invention de la ferrure, on peut le dire, achève la conquête. On peut ajouter, pourtant, que bien souvent cette conquête est compromise par la maladresse,, la prétention, l'ignorance des ouvriers auxquels la ferrure est confiée. Mais,,dira-t-on, est-il possible d'exiger d'un maréchal les connaissances multiples indispensables pour appliquer une ferrure rationnelle ? L'entraîneur ou le propriétaire auront-ils,, toujours, une telle compétence que l'ouvrier n'aura qu'à suivre strictement des indications nettement formulées? Nous pensons que les efforts de l'un et de l'autre ne sont pas de trop pour réaliser une ferrure intelligente; car, ce n'est pas seulement le pied qu'il faui considérer, c'est la direction du membre, les aplombs réguliers ou compromis, la nature de l'exercice imposé au poulain, l'état du terrain sur lequel il galopera. Et bien plus, ne faut-il pas se rendre compte du mode, suivant lequel se font les réactions pour ne point en contrarier le fonctionnement ; donner au pied une protection suffisante, sans le trop charger de métal^ et, en maintenant l'intégrité de sa forme,

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tenir compte de Félasticité de la corne, de Técartement subît par les talons dans les efforts d'un galop puissant, etc.? Aucune de ces considérations ne devant être négligées, il est facile d'imaginer ce qu'une bonne ferrure exige d'expérience, d'observation, d'habileté, de tact ; aussi les très-bons ferreurs sont-ils extrêmement rares. Presque tous les ouvriers de mérite ont fait leur apprentissage dans les grands ateliers d'Angleterre, et c'est la ferrure dite anglaise qui est exclusivement réservée au cheval de course.

Nous n'avons pas à dire un mot de la ferrure pathologique, qui est une des meilleures armes de la chirurgie vétérinaire.

On ferre à chaud et à froid; mais cette dernière méthode n'apporte pas d'avantages bien marqués.

La forme du fer, son mode d'attache sous le pied, sont encore aujourd'hui l'objet de nombreuses recherches et d'inventions multipliées. La seule ferrure dite Charlier (consistant dans l'incrustation du fer sur le pourtour de la paroi) a donné lieu à des expériences sans fin, et à d'interminables polémiques. Ses partisans n'en connaissent plus d'autre, ses adversaires la proscrivent brutalement.

Le fer du cheval de courses est l'objet de soins particuliers. Ceux que porte l'animal pendant l'entraînement sont plus forts que ceux qu'on applique quelques heures avant la course.

FERVAGQUES. Étalon bai, né en 1864, au haras de Fervacques, chez M. le comte de Monlgomery, par TheUnderhand et Slapdash.

Fervacques est un des chevaux les plus heureux qui aient jamais existé. Il était en réalité d'une qualité très-médiocre et gagna néanmoins le grand prix de Paris, c'est-à-dire la course la plus importante de l'année.

Il y eut dead-heat entre lui et Patricien, et lorsque la course fut recommencée, les chevaux marchaient toujours si près l'un de l'autre, qu'il était difficile de dire qui des deux serait vainqueur. L'opinion générale était pour Patricien, un des meilleurs chevaux de son âge, et cependant Fervacques gagna d'une . demi-encolure, mais avec beaucoup de peine.

La victoire de Fervacques fut l'une de ces heureuses chances

fice;,le. — fili.e-de-l'air. 2B5

qu'un propriétaire de chevaux de courses ne rencontre pas deux fois dans sa vie.

Patricien n'était pas tout à fait bien, et de plus, la course fut très-malheureuse pour lui, car il pouvait, sans contredit, rendre douze livres à Fervacques et le battre très-aisément.

Pendant tout le cours de sa longue carrière, le mérite de Fervacques ne s'élève jamais au-dessus de celui d'un cheval de seconde classe; il courut souvent avec des alternations diverses , mais sans grand succès. Vendu par M. de Montgomery à M. L. André, il est actuellement en Angleterre.

FICELLE. Expression vulgaire pour désigner un cheval mince, étriqué, manquant d'étoffe et de substance. Ficelle comporte presque toujours un sens critique et déprédateur. Les amateurs de chevaux gros, forts, quant au volume s'entend, s'en servent pour manifester la dernière expression de leur dédain. Ils se trompent en cela, comme en beaucoup d'autres appréciations. Les ficelles, comme ils disent, sont d'ordinaire d'excellents chevaux, et si ceux qu'ils leur préfèrent étaient forcés d'attraper leur nourriture sur le dos de ceux qu'ils dédaignent tant, les premiers ne seraient certes pas aussi gras. Mais enfin toute fausse dans son application et triviale dans sa forme qu'elle soit, l'expression ficelle est consacrée.

FILET. Voy. Bridon.

FILLE -DE-L'AIR. Jument alezane, née en 1861, chez M. Benoist, par Faugh-à-Ballagh et Pauline. Elle appartient à M. le comte de Lagrange.

La carrière de Fille-de-l*Air considérée dans son ensemble est la plus remarquable qu'ait fournie un cheval français jusqu'à l'apparition de Gladiateur. Il était réservé à M. le comte de Lagrange de nous montrer ces deux grandes exceptions. Les performances de Fille-de-PAir à deux ans la firent considérer en Angleterre comme une pouliche tout à fait hors ligne. Elle fut fréquemment comparée à cette époque à la célèbre Crucifix. Cette opinion un peu exagérée fut la cause première du désappointement causé par la pouliche au commencement de la saison 1863; mécomptes, auxquels la presse anglaise a eu tort de dcmnef* un retentissement inconsidéré.

286 fille-de-l'air.

Comme Sérénade, Prédestinée, Jouvence, Mon-Étoile et presque toutes les juments célèbres, Fille-de::rAir a été sujette à de fréquentes inégalités. Ces défaillances s'étaient déjà produites à deux ans ; car aux trois brillantes victoires qui inaugurèrent son apparition sur le turf, on peut opposer six défaites successives. Elle inspirait néanmoins une confiance telle, qu'un étonnement général se manifesta quand elle fut battue pour les 2000 guinées. Elle succomba peu de temps après dans la Poule d'Essai devant Bayard et Baronello.

Il suffit de compulser les annales des- courses, pour se convaincre que Fille-de-PAir n'est pas la seule bête à laquelle on puisse reprocher ces défaillances inattendues. Bois-Roussel en donna^amême année,un exemple frappant, en gagnant facilement la Poule des produits, le prix de l'Empereur et enfin, moins aisément il est vrai, le prix du Jockey-Club, après avoir été battu dans la Poule d'Essai absjolument comme Fille-de-rÂir dans les 2000 guinées. En considérant le nombre et les époques des engagements de la jument, on doit reconnaître qu'aucun cheval au monde n'eût été capable de les remplir, au moins dans un état satisfaisant. Elle fut réservée cependant pour les deux plus importantes courses, les Oaks et le grand prix de Paris.

Môme dans le prix de Diane, que Fille-de-rAir a gagné dans un canter, elle n'était pas à point, mais cependant beaucoup mieux qu'à Paris dans la Poule d'Essai. Elle dut être à son apogée lors de sa brillante victoire à Epsom, car l'état nerveux et impressionnable, où elle s'est présentée dans le grand prix de Paris,^ semblerait indiquer qu'elle avait outrepassé son point.

Il résulte néanmoins de ces alternatives, que Fille-de-rAir était un cheval de courses de premier ordre. Ce fut la première fois , qu'une des deux grandes courses nationales d'Angleterre fut gagnée par un cheval étranger, et la gloire en restera acquise à la jument française.

Fille-de-PAir, à sa première apparition en France, ne causa généralement pas une impression très- favorable. On lui a reproché d'être un peu courte, et de manquer de distinction ; ni l'un ni l'autre de ces blâmes n'est entièrement mérité. Elle semble effectivement n'avoir pas toute la longueur désirable, mais il suffit d'examiner la distance séparant ses quatre

fille-de-l'air. $87

membres, pour affirmer que ce défaut n'est qu'apparent. On ne pourrait lui faire aucun reproche sérieux : son ossature est très-forte et ses articulations remarquables, son action, à la fois une des meilleures et des plus élégantes qu'on puisse voir. Son train était régulier et soutenu, sa vitesse excessive.

Fille-de-l'Air gagna en 1864 : le prix de Diane à Chantilly (16 300 fr.) ; le Grand Saint-Léger de France à Moulins (13 050 fr.); le grand prix du Prince Impérial à Paris (10 450 fr.)*, le Grand Saint-Léger continental à Bade (14 750 fr.) et le prix de Lichtenthal (2950 fr.) ; les Oaks à Epsom (5025 souverains ou 125 625 fr.); le Biennal Stakes à Brighton (230 souverains ou 5750 fr.), et à Newmarket le Newmarket Oaks (575 souverains ou 14375 fr.), le Newmarket Derby (650 souverains ou 17 250 fr.) et le Free-Handicap (450 souverains ou 11 250 fr.).

En 1865 elle gagna : le grand prix de Tlmpératrice à Paris (15 200 fr.); la coupe et un objet d'art (7000 fr.); le 7« prix biennal, 2« année (7550 fr.) ; le Derby-Trial Stakes à Newmarket (450 souverains • ou 11250 fr.); le Glaret-Stakes (750 souverains ou 18 750 fr.); la Alexandra-Plate à Ascot (1585 souverains ou 39 625 fr.).

La mère de Fille-de-l'Air, Pauline, a été peu entraînée et n'a jamais couru. Sortie de Bathilde, mère de Mika, Capucin, Inkerman et Hisber , elle a séjourné quelque temps dans l'écurie de M. de Morny, confiée aux soins de Tom Hurst ; ses essais n'ayant pas été satisfaisants, elle fut rendue à son propriétaire, M. Benoist, qui l'employa comme poulinière, et elle produisit Fille-de-l'Air.

Fille-de-l'Air est alezane, de taille moyenne, d'une construction parfaitement régulière, sans aucune tare. Elle a éprouvé dans la Prairie un accident dont elle porte la marque ineffaçable. Retirée de l'entraînement en 1866, elle fut à son tour livrée à la reproduction : on n'a vu encore qu'un seul de ses produits, Éole. C'est un beau poulain alezan, mais il est né avec un pied bot; cette infirmité ne permet pas de le mettre dans une condition suffisante, pour avoir une mesure exacte de ce qu'il peut faire. Éole étant par Gladiateur, aucun cheval n'est donc né pour avoir une qualité plus transcendante ; il a gagné deux ou trois assez mauvaises courses. Si incomplet que

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puisse être ce premier essai du mérite de Fille -de-r Air comme poulinière, il est suffisant cependant dans ces conditions pour permettre d'espérer que sa descendance deviendra digne d'elle.

FINIR. On désigne ainsi la dernière et la plus importante phase d'une course» celle qui décide du gain ou de la perte. C'est à cent mètres du but que ce mouvement décisif commence d'otdinaire à se dessiner. Les chevaux ayant, jusqu'à ce moment, parcouru la distance d'un train plus ou moins vite, mais régulier, sont généralement, sinon tous, un certain nombre du moins, encore suffisamment groupés, pour que les spectateurs ne puissent distinguer celui ou ceux qui ont le plus de chance de gagner. Cette indécision se dissipe au fur et à mesure que l'on approche du but; ceux entre lesquels doit avoir lieu le résultat final, se détachent et entrent en lutte. C'est ce mouvement,' auquel on a donné le nom de finir. Il exige de la part des jockeys, comme de celle des chevaux des qualités particulières et indispensables. Les premiers doivent" conserver tout leur sang-froid, se rendre compte de leur situation, de celle de leurs adversaires, et au moment opportun tirer de leur cheval tout ce qu'il est possible de lui faire donner. Suivant qu'un jockey démontre, dans cette rude et difficile besogne, plus ou moins de sang-froid, d'à propos ou d'énergie, on dit qu'il finit bien ou n^al.

Il en est de même des chevaux ; cette dernière partie de la course, si courte qu'elle soit, demande de leur part une bonne volonté et un courage gui font défaut à beaucoup d'entre eux. Ils viennent de parcourir une longue distance dans un train sévère : au moment où ils sont fatigués et essoufflés , on leur demande au contraire un effort plus grand. Aussi, un grand nombre, soit par suite d'une disposition naturelle de leur caractère , d'autres en raison du découragement de plusieurs luttes inutiles, où ils ont été durement montés, se refusent-ils à cette dernière exigence. Ceux-là finissent mal. Quelques-uns au contraire, doués d'un meilleur moral, et d'un courage plus persistant, s'emploient avec une inépuisable énergie, et répondent aux sollicitations de leurs jockeys. Ceux-

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