FOULD. — FRAIS
vage de pur-sang. Grâce à Tinfluence de M. Fould, le pays a toujours possédé des étalons d'un grand mérite. Le haras d*Ib'js, fondé par M. Achille Fould est un des plus grands établissements de France et des mieux tenus. Son écurie avait pris une notable importance et soutenait très-honorablement l'honneur de rélevage du midi, même contre les chevaux entraînés à Chantilly.
A la mort de M. Achille Fould on put craindre de voir cet ensemble se désagréger ; mais par suite d'une association entre MM. Adolphe et Édouaid Fould, son fils alué et son neveu, l'écurie prit, au contraire une nouvelle importance. Tout lui présageait un heureux avenir lorsqu'éclatèrent les événements de 1870. L'écurie Fould avait un établissement d'entraînement à Chantilly, un autre dans le midi et deux haras, l'un à Ibos, l'autre dans le Nivernais. De plus à la suite d'un marché conclu avec M. Hippolyte Mosselman, tous les produits du haras de Verberie, près Compiègne, entraient chaque année dans l'écurie. Plusieurs chevaux d'un mérite positif comme Rien-du-Tout, Bachelette et Miuotaure s'étaient déjà révélés. Pendant h guerre de 1870, M. Ed. Fould renonça à faire courir, et vendit son écurie en Angleterre. Les haras existent fort heureusement encore, et il faut espérer, qu'en des temps plus tranquilles, les couleurs de M. Fould reparaîtront sur l'hippodrome.
FOULD (M. Gustave). M. Gustave Fould, second fils de M. Achille Fould, possède plusieurs chevaux de courses plates et d'obstacles ; son écurie semble, depuis quelques années, prendre une certaine importance.
FOULÉE. On donne le nom de foulée à la battue de galop d'un cheval de course, c'est-à-dire à l'étendue de terrain qu'il couvre à chaque bond ; cette mesure varie d'ordinaire entre 18 et 22 pieds. Ëclipse couvrait, dit-on, 27 pieds anglais, soit 25 pieds français.
FRAIS. Un cheval est frais quand, en excellente santé, et n'ayant pas assez d'ouvrage, il se montre trop vigoureux, bondit, et manifeste enfin une exubérance de force, un état pléthori-
30a FRANC-PICARD.
que, qui le rendent quelquefois assez difficile à monter, jusqu'à ce que Texercice ait modéré cet excès de force. La gaieté se traduit chez le cheval à peu près de la même manière que la fraîcheur. Il existe cependant une différence : le cheval frais n^est gai qu'accidentellement et par manque de travail, la gaieté au contraire est une disposition naturelle, qui persiste chez le cheval, tant que la fatigue ne Ta pas abattu. Un cheval frais cesse de bondir et de jouer après un galop, Tautre au contraire redouble de gaieté en rentr.ant à l'écurie.
FRANC-PIGARD. Cheval bai, né en 1847, par Royal Oak ou Nautilus, et Niobé.
Il se trouvait à Chantilly dans une des plus obscures écuries d'entraînement, un pauvre cheval négligé et oublié. Après d'infructueux essais, à trois ans, son inaptitude absolue ayant été démontrée complètement, il avait été castré, et comme en outre il était corneur, on cherchait à le vendre pour un prix à peu près égal à celui que la remonte affecte aux chevaux de cavalerie légère. Il fut longtemps dans cette triste position, personne ne se montrant disposé à devenir Tacquéreur à'un animal aussi méprisé. Par une assez singulière circonstance, le propriétaire d'Émilius ayant remis à l'entraînement ce dernier, qui lui servait de cheval de chasse, vint à Chantilly pour chercher à le remplacer; il fut en marché pour acheter ce rebut de course qui embarrassait fort son propriétaire. Après quelque hésitation, il ne lui accorda pas assez de confiance pour le croire capable de suivre l'équipage de Chantilly.
Il eut lieu de s'en repentir, car la première année, ce cheval si dédaigné, qui s'appelait alors Babouino, gagna plusieurs steeple -chases dans lesquels Émilius fut constamment second.
Quelques mois plus tard, Babouino devenait Franc-Picard, c'est-à-dire le cheval le plus populaire qui ait existé, favori pendant plusieurs années du public parisien. Son entrée sur le terrain de La Marche était régulièrement salué par un murmure général qui lui souhaitait bonne chance; chacune de ses innombrables victoires était accueillie par des applaudissements frénétiques.
Idolâtré des habitants de Dieppe, il y était, chaque année, in-