LAMBALLE
débuts des produits français en Angleterre furent heureux, et, sans faire encore prévoir le résultat qui devait très-incessamment se produire , étonnèrent les Anglais. L'association dura deux années environ ; mais M. le comte de Lagrange continua seul cette œuvre si bien commencée. Les victoires de Fille-de* l'Air dans les Oaks, et de Gladiateur dans le Derby, furent le ûgnal d'une véritable révolution dans le turf français etcon* sacrèrent la parfaite égalité de notre production chevaline de pur sang et de celle de nos voisins.
Ce résultat est uniquement dû à M. le comte de Lagrange. l^uln'eûtosé» avant lui, entreprendre une aussi hasardeuse inva* sion sur le turf anglais. Le nom de M. le comte de Lagrange restera donc conmie la personnification de la seconde, et de la plus brillante période de l'élevage de pur sang français. Aucun éleveur n'a doté le pays d'un aussi grand nombre d'étalons de premier ordre, tous, à de rares exceptions près, issus de Monarque. Il suffit de rappeler ici les noms de Hospodar, Mandarin, Trocadéro, Monitor, Ouragan, et du plus célèbre de tous, Oladiateur, malheureusement acquis à l'Angleterre aujourd'hui.
La production chevaline eût pu profiter davantage encore de l'immense impulsion, qu'elle a reçue de M. le comte de Lagrange, sans le mauvais vouloir et l'opposition systématique faite indistinctement par l'Administration des Haras à toute la descendance de Monarque. Cette petite jalousie, dont l'unique cause réside dans les succès des enfants de Monarque, qui battaient partout les produits des étalons de l'Administration, a fait une seule exception. Elle devait, nécessairement, se produire en faveur du moins bon de cette brillante lignée, Auguste.
M. le comte de Lagrange a vendu tous ses chevaux en entraînement avant les événements de 1870, mais il a fort heureusement conservé Monarque et le magnifique lot de poulinières qui peuple le haras de Dangu depuis plusieurs années. Il faut donc espérer que ses couleurs, qui ont porté si haut la gloire de l'élevage français, reparaîtront bientôt sur le théâtre de ses anciennes victoires.
LAMBALLE. Hippodrome de Bretagne dont les courses sont exclusivement réservées aux chevaux du pays.
LA MOTHE. — LANERCOST. 393
LA MOTHE (M. de). M. de la Mothe est un des premiers sportmen français* qui se soient exclusivement adonnés à la spécialité des steeple-chases. Il fut un des gentlemen-riders le plus en réputation à Tépoque où ce goût était fort peu répandu en France. Quand M. de la Mothe cessa de monter lui-même en steeple-chase, il fonda une écurie importante uniquement destinée aux courses d'obstacles. Franc-Picard, the Colonel furent les deux plus célèbres héros de cette écurie, dont la création remonte à la fondation même des courses d'obstacles en France. M. de la Mothe appartenait à FAdministration des Haras et occupe aujourd'hui le poste d'inspecteur; il s'ost complètement retiré du turf depuis quelques années.
LANERCOST. Cheval bai brun, né en 1835, dans le Gumberland, chez M. Parkin : par Liverpool et Otis.
Jamais Lanercost ne courut à deux ans; à sa troisième année, engagé dans le Saint-Léger, il neput^rriverque troisième, ayant devant lui Don John et lohn. M. Ramsay Tacheta 1500 liv.
A sa quatrième année il gagna neuf courses, dont le Cambridgeshire. Peu de temps après, Lanercost fut battu d'une encolure par Melbourne ; d'une tête dans le Doncaster Gup par Charles XII, mais battant Beeswing.
En 1840, dans le Goodwood Cup, il arriva second parla faute de son jockey, devancé de fort peu par Beggarman à S. A. R. le duc d'Orléans. En 1841, il gagna très -facilement l'AscotCup, battant 'Saint-Francis et les meilleurs chevaux de T époque; mais dans le Vase de la Reine il succomba devant Satirist, gagnant du grand Saint-Léger la même année.
Vendu 3000 guinées à M. Kirby, il fit un nouvel essai dans l'Ascot Gup, mais il y éprouva une défaite complète, ayant subi un empoisonnement (voy. Manœtjvre) qui l'empêcha de courir.
Ce fut en 1843 que Lanercost commença à saillir : en 1847 ses produits, War Eagle, Van Tromp étant arrivés 2* et 3« dans le Derby, il fut très-recherché et rapporta 40000 fr. à son propriétaire dans cette seule année.
En 1853, acheté par l'Administration des Haras 12 000 fr., il fit la monte à Paris et à Chantilly. Il est le père de Van Tromp qui gagna plus de 300000 fr., somme rare à cette époque.