‹ Dictionnaire du sport françaisChapitre 193 sur 339 · LUPIN. — LUTTER · texte numérisé non relu

LUPIN. — LUTTER

aujourd'hui elles ont une certaine importance. La réunion a lieu vers la fin d'août.

LUPIN (M. A.). M, Lupin est un des plus anciens propriétaires de chevaux de courses en France, et l'un des plus justement considérés. M. Lupin appartient à cette génération et à ce groupe de sportsmen auquel on doit l'institution des courses en France, et, par conséquent, le développement de notre race de pur-sang. M. Lupin fut l'un des premiers qui, au prix de gros sacrifices, importèrent en France des juments poulinières de haut mérite. Son haras de Vaucresson (près Versailles), est l'un des plus connus, et a donné naissance à un grand nombre de chevaux, dont les noms sont restés célèbres sur le turf français. Relativement aux sacrifices qu'il n'a pas épargnés , aux connaissances pratiques dont il est doué, M. Lupin n'a peut* être pas été aussi heureux qu'il le méritait. De fréquents acci- . dents lui ont causé de durs mécomptes. Cette mauvaise chance remonte à une date ancienne, et bien peu d'amateurs de courses sont assez âgés pour se la rappeler aujourd'hui. Dès les premières années où les courses commencèrent à prendre un certain développement en France, Fiametta, une jument de premier ordre, se cassa la jambe au Champ-de-Mars, dans une course qu'elle était à peu près sûre de gagner. Néanmoins, la persistance des efforts de M. Lupin triompha de cette mauvaise fortune, et aucune casaque ne peut revendiquer d'avoir porté plus haut la gloire de l'élevage indigène. M. Lupin est le premier éleveur français qui ait rapporté en France un trophée conquis sur le turf anglais : il gagna le Goodwood-Cup en 1855 avec Jouvence, une des meilleures juments que nous ayons jamais possédées. Dollar renouvela ce succès en 1864.

M. Lupin a gagné trois fois le prix du Jockey-Club : en 1850 avec Saint-Germain, en 1851 avec Amalfi, en 1853 avec Jouvence.

Il remporta quatre fois le prix de Diane ; en 1845 arveo Suar nita, en 1853 avec Jouvence, en 1865 avec Deliane, et en 1867 avec Jeune Première.

LUTTER. La lutte est la phase la plus décisive et la plus eourte de la course. Quand les concurrents» après avoir par-

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oeura la distance réglementaire, n^ont plus devant eux que cent ou cinquante mètres, avant dériver au but, si Tun des chevaux courants ne gagne {tas facilement, ceux qui ne sont pas battus à ce moment, entrent en lutte, c'est-à-dire se trouvant, à peu près, sur la môme ligne, cherchent à se dépasser. C'est à ce moment que cette première et indispensable qualité du cheval de course, le eœur, trouve l'occasion de se montrer, et assure, d'ordmaire, la victoire à celui qui en est doué au plus haut degré.

On définit ainsi les qualités primordiales d'un cheval de course : atteindre, lutter et dépasser. Lutter est la première et la plus importante, car sans elle, les autres sont inutiles. La faculté de lutter, autrement dit le courage, est inhérente à la descendance de certains étalons, comme d'autres, au contraire, en transmettent l'aversion à leurs produits. Les enfants de Monarque, par exemple, sont à peu près tous doués d'un courage inépuisable, et luttent môme quand ils sont battus déjà depuis longtemps. Ceux de The Baron, au contraire, dès qu'ils ne gagnent pas facilement, se découragent et renoncent à la lutte avant môme qu'elle ne soit commencée.

Il arrive fréquemment qu'un cheval, possédant naturellement une dose très- suffisante de courage, et par conséquent, luttant très-énergiquement, perde complètement cette qualité, précisément par l'abus que l'on en fait. Quand un cheval arrive second, très-près, mais que son infériorité est évidente relativement au vainqueur, un jockey sage et prudent se gardera bien de le faire lutter et de le fatiguer inutilement, puisqu'il ne peut gagner. Bien peu, malheureusement, font preuve d'une semblable prudence, et en excitant inutilement d'excellents chevaux, leç découragent et leur inspirent l'aversion d'un eôbrt très-pénible, dont l'impuissance leur semble démontrée. Une fois cette tendance quelque peu accentuée, la carrière du cheval est en grande partie compromise, car dès qu'il ne gagnera pas facilement et soupçonnera que son jockey va lui demander de lutter, exigence qui se traduit invariablement par des coups de cravache et d'éperons, il s'arrête ou se jette de côté, au lieu de faire ce qu'on lui demande. Un grand nombre d'excellents chevaux ont été perdus, à jamais, de cette manière. Quant à ceux

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