ACTION
steppe, c*6st-à-dire qd trot élevé et cadencé, qui donne k l'animal una eitrème élégance très-rechercliée pour les attelages de luxe.
Cette inaniÈre de marcher serait ni au valse pour un troL- \qrt\ parce qu'elle est d'ordinaire exclusive de la TÎtesse,
Relativement au cheval de course, le mot action prend une signification plus positive. Elle est jugée bonne, qnand elle fait espérer que ranimai possédera la vitesse, le fonds et toutes les qualités indispensables pour la carrière à laq^^elle il est destiné. La forme même de T action est impossible à préciser. Elle varie suivant la construction et le caractère de FanimûL ëq principe on peut cependant établir une distinction pfircipaîe ; action légère et action lourde. On appelle action légère celle d'un cheval qui galope la tête haute et bieo placée, Tencolure légèrement rouée, lançant ses jambfïs en avant en pliant le genou, de façon à ce que ses pieds touchent le sol et rcboudissent immédiate na an t comme sur un tremplin. Action lourde, au contraire, est celle d'un cheval qui galopi? la tète basse, rejetant sa masse sur l'encolure, le rein et rarriëre^maîn élovés, relativement à Pavaut-maiu; ses pieds arrivent lourdement sur la terrain et semblent y reposer un inslant avant d^entamer une seconde foulée. L'aspect de Tact ion des chevaux de course varie à Tinfîni, mai^ cependant généralement les animaux de même famille ont une manière de galoper à peu près sembla* hle> La forme extérieure de Paction d^un cheval de course est une iudication^aiais ne peut jamais être prise comme un pronostic certain de sa qualité. Des chevauî galopant d*une manière toute difFéraote peuvent avoirlemême mérite, Leupsupérioritéouleur infériorité tiennent à un ensemble dontl'actionn^estqu^une partie. Ainsi Monarque galopait, comme on peut s'en rendre compte dans îe portrait qu'en a fait M. Delamarre, placé presque comme un cheval de selle ordinaire, lançant ses jambes de devant k la manière d'un cheval arabe. U était séduisant à voir pasfier et presque tous ses enfants ont hérité de sa magnifique action. Vermout s'étendait, semblant se coucher sor le terrain. Ses quatre jambes s'ouvraient et se fermaient alternativement, à la manière d^un compas dont le dos de Fanimal représenterait la charnière. On pourrait multipher ces exemples , n:iaU \\% suffi-
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sent pour faire comprendre Timportance que l'on doit atiadier ài'action d'un cheval de course; Monarque et Vermout galopant dans un style tout à fait différent étaient cependant Pun et l'autre des chevaux de premier ordre.
L'action d'un cheval de course n'est donc jamais, à proprement parler, absolument bonne ou mauvaise, puisque avec l'action la plus séduisante du mondé il peut ne rien valoir et réciproquement , qu'une action défectueuse à Pœil ne l'empêche parfois pas d'être excellent. Nous parlons nécessairement ici de l'action prise isolément. L'ensemble et l'aspect de l'animal constituent une indication beaucoup plus positive , mais parfois également trompeuse.
ADMINISTRATION. Le mot Administration relativement au Sport, s'applique uniquement à l'Administration des Haras. Elle existe depuis le règne de Louis XIV, avec divers changements ou interruptions subordonnés aux événements généraux.
Elle fut fondée par Colbert pour remédier à Tinsuffisance de la production française, qui se faisait déjà sentir à cette époque à la suite de longues, guerres et du goût de plus en plus dominant pour les chevaux étrangers. Ces derniers prenaient en effet sur le marché une prépondérance telle, que cet état de choses inspirait de sérieuses inquiétudes pour les intérêts de Tagriculture et du commerce national.
L'Administration des Haras fut fondée en vertu du principe sur lequel son organisation repose encore aujourd'hui. La forme impérative seule est changée, en raison de la marche générale des événements qui ne permettent plus de l'admettre.
Colbert, ou pour nous servir d'un mot plus générique, l'État, posant en principe que les éleveurs ne peuvent se procurer eux-mêmes les reproducteurs mâles dont ils ont besoin , ou ne sont pas capables de se rendre compte et d'apprécier ceux qu'il faut employer, intervient autoritairement dans la production chevaline pour la diriger dans le sens qu'il pense le meilleur.
C'est en un mot le système protectioniste, c'est-à-dire l'intervention d^ns une industrie particulière, de l'action de l'État avec toute l'autorité que comporte la forme du gouvernement, sous laquelle elle s'exerce.
-ADMlKïâTRATLON* S
Cette protection de-spoiiqtie avait peu deïimitessoasCoîberL L*État foornissait autant quê possible les étalons, accordait a certains parti ctil 1ers Je droit exclu&if d'en posséder. Défense absolue était f^ite aux éleveurs d'en employer d^autres sous peine d'amende ou do confiscation. C'était, comme on voit, nu système très-simple et poavant a e résumer en quatre m o* s: monopoleur prérogative^ despotisme et oppression,
Colbert ne pouvait au reste réolamer L'invention de cette doctrine^ il avait eu dans cette voie un prédécesseur^ dont U â^était inspiré probablement, mais avec des manières moins espéditives^ il faut en convenir.
Le roi Henri Vllï, voulant régénérer la race chevaline d'Angleterre, ne trouva pas de meilleur moyen que de donner J^ordre de faire tuer par des agents préposés à cet oDfet, toutes les jumeots dont la taille n'atteignait pas un niveau déterminé et de faire castrer tous les chevaujt ne se trouvant pas dans les conditions nécessaires pour la reprodiiciion» Ce n^est pas que Texpédient ne soit en lui-même radicalement pratique, mais outre qu'il ae trouve quelque peu attentatoire à la liberté individuelle, ses effets restent encore sul^ordonnés à la manière dont il ust exécuté^ c^est-a-dire au plus ou moins de capacité des agents cbargés de 2e mettre en pratique*
Nous doutons néanmoins beaucoup que la perfection des races anglaises ait un seiiiblaLle système pour point de dé^ part. Le roi Henri VllI, s'il faut en croire Thistoirej avait un goût assez prononcé pour ces procédés somniaires, puisqu'il les appliqua également à ses nombreuses femmes ; mais au moins dans cette hypothèse^ il était certain du succès, il les supprimait^ on ne peut le contester. Il a été moins heureux dans Tapplication de cette doctrine k Tespèce chevaline, car A existe aujourd'hui en Angleterre des chevaux de toutes les tailles, il y en a d^aussi petits que dans n'importe quel autre pays» Le roi Henri VlII n'a donc pu, malgré toutes ces esécutions^ faire dis* paraître dans la production du pays des inégalités inhérentes à la nature même et que subissent tous les élres vivants.
Le principe de l'Administra lion des Haras est donc^ comme on le -voit, très-discutable et a été de Mt fort discuté. Cette polémique a peu de raison d'être ioU ïiotre cadre no
nous permet guère d'y entrer. Nous nous bornerons à relater les phases diverses de TAdministration, en donnant un très* court aperçu de leurs résultats.
La forme autocratique dont nous venons de parler, celle adoptée par Golbert, non pas celle du roi Henri VIII, parait s^ètre continuée jusqu'à la Révolution. Nous sommes forcés de dire la première, celle de 1789 ; on pourrait confondre. La première République simplifia beaucoup la situation : on supprima tout, même, parait-il, par mesure économique, la nourriture des chevaux, sans s'occuper autrement de ce qu'ils deviendraient. Les révolutionnaires ont des manières à eux, d'une simplicité tout à fait primordiale.
Pendant toute la durée du premier Empire on s'occupa peu de ces questions ; on prenait à l'étranger les chevaux dcmt on avait besoin, il devenait donc inutile d'en créer. L'Administration fut cependant reconstituée, mais les documents manquent pour se rendre compte de son action sur l'ensemble de la production française.
Après la chute de l'Empire et à l'avènement de la Restauration, son existence continua, mais ne se révéla pas par des actes très-saisissables. C'est à cette époque que remonte le premier signe de Tintervention de l'État dans les courses comme moyen d'amélioration. C'était un nouvel horizon, dont la découverte est en partie due à M. le duc de Guiche. ^
A partir de la révolution de 1830 seulement le rôle, l'importance et l'influence de l'Administration des Haras deviennent appréciables pour les hommes de notre génération. Jusque-là l'Administration s'était bornée à acheter à l'étranger des étalons, plus ou moins bien choisis, et à les répartir pendant la saison de la monte dans diverses stations, c'est-à-dire les localités où ils avaient le plus de chance de trouver le nombre réglementafre de juments. L'action administrative s'exerçait donc dans toute son omnipotence, puisque personne ne pouvait lui faire concurrence. Il n'était en effet possible à aucun éleveur de donner au public un étalon à un prix de saillie aussi réduit que l'Administration qui, ayant son budget, n'avait à s'occuper ni de Tachât, ni de l'entretien de ses chevaux. C'était donc toujours un monopole, sinon imposé autoritairement, ré-
ADMIiVlSTïUTlON.
sultant au moins de la force même dea choses. Dans la pratiijno cela roTÎeDt absolument au mème^
Cotte possession traEquille d'au privilège incontesté ne larda pas à être quelque peu troublée.
lî se fonda à cette époque, à Paris, nne société, qui vînt émettre un principe nouveau^ destiné à faire son chemin daos le monde hippique. Elle prit le nom de Société d'encouragement ou Jockey-Club (Voy. ce mot). Elle se composait d'hommes jeunes, intelligecits , appartenant à un monde où le cheval et les connaissances qui s'y rattachent étaient en quelque sorte un apanage inné.
Cette nouvelle Société s'^appuyait sur tine doctrine asseE logi-* que t Les Anglais n'étaient arrivés à obtenir la grande supériorité qu^ils possëdeot dans la création des races de chevaux de toute espèces qu^aprÈs avoir éprouvé leurs reproducteurs par la plus sûre de toutes les sélections : la course, ayant ainsi créé, et confirmé une race do reproducteurs mâles et femelles dite pur-sang, S'appuyant sur un précédeut aussi péremptolre, la Société proclamait que des moyens analogues pouvaient seuls amener en France un résultat identique ; elle prit le nom de Somété tTeri' ûQuragement [mur Paméliordtion des races chevatinm m France^ organisa des courses, donna des prijc sur ses fonds particuliers^ Comme la Société agissait dans nu but et uoe pensée entière ment désintéressés, qu^elle était patronnée par M. le duc d'Orléans, héritier présomptif du trône, que le prince avait fondé lui-même une écurie de course, et partait un intérêt sérieux à cette Innovation, il n'était pas facile de lui susciter des obstacles.
Aussi Ja cloclie d^alarme sonna-t^elle bien fort au sein de rAdministratîon, Cette sécunté, cette prépondérance, dont on jouissait depuis tant d'années avec une si parfaite quiétude^ tout cela était attaqué par un envahisseur, jeune, actif, intelligent, hardi novateur^ qui venait saper le principe administratif dans Tessence même de sa raison d'être et de son existence.
Oo ne pouvait attaquer de front le nouveau principe, il avait pour lui Te^itpérience de plus d'un sièclCi i- attrait du sçecticle, le séduisant de la nouveauté, et par-dessus tout. Va puissance
de la vérité qufs'impose envers et contre tous. U était impossible d'empêcher le flot de monter ; on résolut de se faire porter par lui, et de composer en apparence, en attendant une occasion favorable et des temps meilleurs.
L'Administration feignit d'adopter la nouvelle doctrine, fonda à son tour des courses avec des conditions particulières, mais surtout différentes de celles de la Société. Les réunions du Jockey-Club avaient lieu, au printemps, celles de l'Administration à Tautomne, un règlement différent les régissait tour à tour. L'esprit de celui de l'Administration était surtout empreint du désir d'établir que la Société se laissait emporter par une sorte d'anglomanie, compromettante pour les intérêts de l'élevage.
Autour de ces deux principes opposés vinrent se grouper des intérêts également contraires, l'Administration réunit en faisceau autour d'elle les principaux éleveurs de demi-sang normands, intéressés directement à la conservation de l'ancien état de choses. On combattait pro aris et foeis, on établit les circonscriptions de l'Ouest et du Midi, afin de préserver du fléau de la contagion des contrées où l'influence administrative régnait sans partage. On fit jouer tous les ressorts pour exercer une prépondérance qui allait s'affaiblissant chaque jour.
Cet état de paix armée se prolongea pendant plusieurs années , mais la position se tendait chaque jour davantage. Les courses prenaient une extension croissante, de nouvelles écuries se fondaient, les ressources de la Société s'accroissaient chaque année; comme elle s'était interdit de faire un bénéfice de quelque nature qu'il fût, cette prospérité se traduisait par la fondation de piix nouveaux ou l'augmentation de ceux déjà existants. L'Administration eût certes succombé, si elle n'eût trouvé un défenseur aussi habile et aussi énergique que M. Gayot.
Les choses en étaient à ce point, quand éclatèrent les événements de 1848. Il y a cela de remarquable, que les phases importantes de l'existence de FAdministration des Haras se comptent par les révolutions. Rien ne fut modifié pendant quelque temps, mais à la suite d'incidents, sur lesquels il est superflu de nous étendre ici, M. Gayot fut renversé. Après lui.
TAdioinisiratioii dont il était Pincarnation, sabsistait encore» mais pieds et poings liés, et complètement à la merci de la Société. Jamais elle ne eourut un aussi grand danger, et ne fat plus près de sa perte. Son existence fat discutée dans le sein d'une commission nommée à cet effet : on voulut bien la laisser vivre à la majorité d'une voix. £Ue. dut son salut en cette suprême ocoasion à M. le général Fleury, alors colonel des Guides, qui rôvait de se mettre à sa tète, d'en fafre le moule de ses idées personnelles, et le piédestal de sa réputation, il voulait attacher son nom à une révolution dans l'élevage français, amélioration, il faut lui rendre cette justice, qu'il désirait mais ne comprenait peut-être pas sous son véritable jour.
Au début de la nouvelle organisation, TAdministration abonda dans le sens de la Société d'encouragement, tenta même parfois de la dépasser. Ayant reconnu l'inutilité de cette ambition, il fallut trouver autre chose et les hostilités recommencèrent. L'Administration chercha d'abord un contrepoids à l'influence croissante de la Société, en lui suscitant une rivale dans la création de la Société des Steeple-chases. La tentative réussit en partie relativement aux Stceple-chases eux-mêmes, mais échoua quant à Tesprit même qui Tavait inspirée. Un nouvel essai fut fait, en créant la Société pour l'amélioration du cheval de demi-sang par la course, puis vint le concours hippique au palais de l'Industrie. Toutes ces tentatives ne furent pas sans résultats, et laissèrent des traces plus ou moins profondes derrière elles, mais ne purent parvenir à arrêter l'essor de la Société qui était arrivée à un tel développement, grâce à ses ressources croissantes, et à l'immense extension prise par les course?, qu'elle dominait en réalité la situation.
L'antagonisme se trouva de nouveau posé aussi nettement que possible. Fidèle à son principe, dont elle ne s'était jamais écartée, la Société était devenue la personnification du développement de la race de pur-sang, et de son emploi comme régénérateur exclusif dans toute espèce de croisement, sauf celui du gros trait. L'Administration s'était faite l'expression de la doctrine contraire, et tout en ne rejetant pas absolument l'action du cheval de pur- sang dans la production, elle lui assignait cependant une limite asses bornée, en achetait un très-petit nom-