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PERSÉVÉRER

etse compose dedeux journées. C'est à Périgueux que se court le grand Saîi\,t- Léger du Midi.

En 1853 eurent lieu les premières courses de Périgueux. Cette année-là quatre prix furent courus ; le premier, le deuxième et le troisième prix de la Société et le prix du Ministère.

Le premier et le deuxième prix de la Société furent gagnés par Camus, à M. Dumas de la Vareille; le second par Arthenay, alors au comte d'Hédouville. Le prix du Ministère échut à Barricade, appartenant à M. Roffignac.

Puis il fut fondé plusieurs autres prix, tels que le prix du Gouvernement, gagné par Agar; et le grand prix du Périgord (dOOOfr.); le prix de l'Empereur (2000 fr.); le prix Principal (2500 fr.); le prix Impérial (4000 fr.); et enfin le grand Saint- Léger du Midi (^000 fr.)

PERSËVËRER. On dit qu'un cheval persévère , quand, se sentant battu avant Parrivée, il ne renonce pas cependant à la lutte, et continue à faire tous ses efforts, jusqu'au moment où le gagnant dépasse le poteau d'arrivée. La persévérance, en cette occasion, peut aussi bien être qualifiée d'entêtement, suivant qu'elle est employée à propos, ou sans discernement, c'està-dire que le cheval qui persévère peut encore conserver de Tespoir, ou doit absolument renoncer à toute chance de succès. Si un jockey, malgré Tétat d'épuisement de son cheval, s'aperçoit que ceux qui sont devant lui, ne sont pas loin de se trouver dans le môme état, et qu'en n'abandonnant pas la lutte ^ il lui est possible de les rejoindre et d'essayer encore de gagner, il a raison de persévérer. Si, au contraire, il ne peut espérer qu'être battu, d'un peu moins loin, c'est imposer à son cheval des efforts pénibles et une fatigue inutile, le mettre hors d'état, de recourir les jours suivants, et peut-être le décourager pour longtemps. Les chevaux de course se souviennent parfois toute leur vie d'avoir été poussés à outrance, quand leur état d'épuisement les mettait hors d'état de répondre à des exigences inconsidérées, qui se traduisent toujours, en fin de compte, par des coups d'éperons et de cravache. Ils prennent alors en dégoût la course et la lutte. Il est absolument inutile de provoquer cette disposition chez eux, pour^ arriver troisième au lieu de

quatrième, quand il n'y a aucun avantage à le faire, ou grâce à cette défense désespérée d^ôtre battu d'un peu moins loin. La persévérance, pour être une qualité, reste donc subordonnée au tact et au discernement avec lequel elle est employée.

PESAGE. Le mot pesage a deux applications distinctes dans le laogage usuel, Tune propre, la seconde prise au figuré. On a pris, par extension, l'habitude de donner le nom de pesage, à l'enceinte fermée où se promènent les chevaux avant la courite, et où se trouve la balance destinée à peser les jockeys, avant et après la course. Cette enceinte est réservée aux membres des sociétés de course, aux propriétaires, aux jockeys, aux entraîneurs, et enfin au public sous certaines restrictions, et moyennant un prix plus élevé que celui des autres places. On dit donc le pesage pour désigner celte enceinte. C'est une locution défectueuse ; il faudrait dire V Enceinte du pesage. Pour tout ce qui a rapport à cette signification dérivée du mot pesage, (voy. Enceinte).

La signification vraie du mot pesage sert à désigner la constatation légale du poids qu'un jockey doit porter dans une course. Le poids que (Chaque cheval doit porter dans une course étant déterminé à Pàvance, par les conditions du programme, légalement publié au bulletin officiel, il est indispensable de s'assurer, par toutes les précautions possibles, qu'aucune fraude ne se commet, ni ne peut se commettre à cet égard. A cet effet, les dispositions suivantes ont été prises :

A l'heure ûxée pour chaque course, une cloche placée dans l'enceinte du pesage sonne, et si, un quart d'heure après qu'elle s'est fait entendre, tous les jockeys ne sont pas prêts, on peut faire partir ceux qui le sont. Tous les jockeys sont tenus de se faire peser avant la course, devant les Commissaires ou leurs délégués, qui» constatent le poids de chaque jockey, mais ne sont pas responsables si ce poids n'est pas calculé correctement d'après les conditions de la course. Tout jockey qui, sans avoir obtenu la permission de la personne chargée du pesage, ne se fait pas peser devant elle avant la course, est mis à une amende de cinquante francs.

Cette disposition renferme u|ie clause d'une grande impc»*-

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tance, sur laquelle on ne saurait trop aitirer Tattention. Le pesage, avant la course, est obligatoire pour tous les iockeys. Mais une fois accompli, il nimplique nullement que le jockey pesé ait son poids réglementaire. Cette responsabilité lui est laissée tout entière , à^ lui ou au propriétaire du cheval. 11 ne pourrait donc en aucun cas, après la course, arguer de ce pesage officiel, sM lui manquait une partie de son poids, si légère qu'elle fût. Il ne saurait invoquer le témoignage de la personne chargée de la surveillance du pesage, pour prouver qu'il est bien parti avec son poids réglementaire. C'est pourquoi, pendant toute la durée du pesage préliminaire avant la course, là personne chargée de le surveiller, se tient immobile devant la balance. Aux questions que ne manquent pas de lui faire les jockeys ou les entraîneurs, dans le cas oti ils se trouvent avoir un peu trop juste le poids qu'ils doivent porter, cette personne ne répond jamais autre chose que : « C'est votre afifaire, cela ne me regarde pas, partez ainsi, si cela vous convient, nous verrons après la course. » Les causes de cette réserve sont faciles à saisir. Si la personne chargée de surveiller cette opération était responsable de sa légalité, un jockey pourrait pendant la course même, se débarrasser d'une partie de son poids, feindre l'étonnement, et s'en référer à la personne chargée du pesage, pour attester qu'il avait bien son poids réglementaire. Il serait fort difficile de le lui contester. Les règlements de courses ont malheureusement été obligés de prévoir toutes les fraudes, même les plus invraisemblables, car elles ont successivement toutes été mises en œuvre, pour tromper la bonne foi des juges. La constatation du poids est une des nécessités les plus indispensables d'une course, car la plus légère différence apportée sous ce rapport aux conditions régulières est suffisante pour changer le résultat.

Le jockey qui se rend à la balance, est, d'ordinaire, accompagné de l'entraîneur du cheval; celui-ci porte la selle, les tapis et tout ce que doit porter le cheval. Une fois le jockey dans la balance, il lui remet ce poids complémentaire. Pour le pesage préparatoire, il s'assure lui-même si l'aiguille de la la balance indique bien le poids réglementaire, puis, quand il croit en être certain, il reprend la selle et le poids mort des

mains du jockey» lui fait signe de quitter la balance pour céder la place à un autre, et va seller lui-môme le cheval, sans abandonner ni la selle, ni ses accessoires, afin d'être bien certain qu'il ne s'égare pas une parcelle du poids. Quand le propriétaire est présent, il assiste d'ordinaire lui-môme au pesage, et, en ce cas, l'initiative de l'entraîneur s'efface devant ]a sienne, pour indiquer qu'il trouve le poids bon, et que le jockey peut quitter la balance.

' Après la course, les choses se passent de la môme manière, en ce qui concerne le pesage isolément; mais un redoublement de précautions est nécessaire pour éviter toute fraude. Il est évident que si l'un des concurrents a agi de mauvaise foi, et soustrait une partie de son poids en sellant son cheval, c'est au moment de l'arrivée qu'il cherchera à dissimuler cette fraude et à rétablir le poids légal, en dessellant le cheval, comme il l'a enlevé en le sellant. Pour prévenir cette illégalité qui s'est plusieurs fois produite , après la course, les jockeys doivent rester à cheval, Jusqu'à l'endroit où ils sont pesés; s'ils descendent avant d'y arriver, les chevaux qu'ils montent sont distancés. De cette manière, si on a soustrait avant la course, une partie quelconque du poids placé sous la selle, il est impossible de le replacer. 'Malgré la rigueur de cette précaution, la mauvaise foi a encore trouvé moyen de l'éluder. Le fait s'est produit en Angleterre. Un jockey s'est fait peser, avant le départ, avec une cravache dont le manche était creux, et dans lequel on avait coulé du mercure. Avant de monter à cheval, la cravache frauduleuse était confiée à un compère et remplacée par une autre. Puis à Farrivéè, un nouvel échange facile à opérer au .milieu du tumulte d'une fin de course, rétablissait les choses dans leur état primitif. La découverte de cette ingénieuse filouterie a donné lieu à la règle qui impose aux jockeys l'obligation de se peser sans leur cravache.

Si un jockey se trouve, par suite d'un accident, hors d'état de revenir à cheval jusqu'aux balances, il peut, mais dans ce cas seulement, y être conduit ou porté. Si un cheval, après avoir dépassé le poteau d'arrivée, gagnant facilement, s'abattait, ce qui peut arriver, et^e le jockey se blessât dans sa chute et ne pût remonter à cheval, il serait sévère de lui faire perdre le-

prix, en raison môme de cet accident. On peut donc, dans ce cas, mais dans ce cas seulement, le conduire ou le porter à la balance. Il est toujours plus prudent, si cette éventualité se ' présentait, de réclamer de suite l'assistance d'un Commissaire, afin d'éviter toute réclamation.

Tout jockey qui ne se présente pas au pesage après la course, est mis à Tamende de 50 fr. Tout jockey, dont le poids après là course est inférieur de plus de 1 kilogramme au poids constaté avant la course , peut être mis à Une amende n'excédant pas 500 fr. Cette mesure est inexplicable en apparence, puisqu'un jockey ne peut, sous peine d'ôlre disqualifié, et de perdre la course qu'il aurait gagnée; présenter dans son poids à l'arrivée une différence, si minime qu'elle soit, avec celui qu'il portait au départ, en admettant toutefois qu'il portât uniquement le poids réglementaire. C'est précisément à cette circonstance que s'applique la disposition dont il s'agit. Il arrrv« parfois qu'un jockey se trouve trop lourd pour monter au poids de la course, et que le propriétaire, soit qu'il lui soit impossible d'çn trouver un autre, soit qu'il préfère celui-là, malgré ce désavantage, fait néanmoins partir son cheval. Celui-ci se trouve donc porter un poids supérieur à celui qui lui est assigné. Le propriétaire, en ce cas, est tenu d'en faire la déclaration, afin que le public, prévenu, s'il veut parier pour ce cheval, sache bien qu'il porto une surcharge de quelques libres. Il pourrait se faire que, par un artifice quelconque, un propriétaire augmentât intentionnellement le poids de soc jockey au passage préliminaire en faisant la déclaration de l'excédant. Une fois établi que le cheval partait avec quatre ou cinq livret de plus que le poids légal, on trouverait plus facilement à parier pour lui. Il deviendrait aisé alors d^enlever cette surcharge volontaire, de faire partir le cheval à son poids juste , et de prétendre après la course se trouver dans une position parfaitement légale , puisque le cheval aurait porté le poids spécifié au programme. C'est pour obvier à cet inconvénient, qu'une fois la déclaration faite, on doit représenter à l'arrivée le poids que l'on portait au départ. Un écart d'un kilogramme seulement est toléré en semblable cfrcon^stance.

Tout cheval n'ayant pas porté le poids fixé par les conditions de la course, est distancé, c'est-à-dire considéré comme n'ayant pas pris part à la course. Dans le cas où, un cheval dans ces conditions serait arrivé premier, il ne serait pas déclaré vainqueur, et le prix donné au second, à la condition que celui-ci se trouve remplir les conditions imposées. Dans le cas contraire, on irait, en suivant le môme ordre, jusqu'à ce qu'on trouvât un concurrent dans uoe position parfaitement légale.

On peut peser tout ce que porte le cheval, excepté les fers, c'est-à-dire qu'au cas, où un jockey se trouverait à l'arrivée ne pas avoir exact^pment son poids, il lui est loisible de mettre dans la balance la bride avec laquelle on ne pèse généralement pas avant le départ. Ce fait peut se produire sans intention de fraude aucune, soit que le jockey se soit pesé un peu trop juste avant la course, soit que par un temps excessivement chaud il ait perdu quelque chose en route. Dans ce cas, la bride est à peu près le seul auxiliaire sur lequel il puisse compter. Cependant, les termes du Règlement étant précis : tout ce que porte le chevaij excepté /es /ers, il est arrivé parfois que Ton y ajoutait les flanelles dont on enveloppe souvent pour une course les jambes du cheval, soit qu'elles donnent quelques inquiétudes , soit que Ton prenne cutte précaution dans les courses d'obstacles pour amortir les chocs sur les haies ou les barrières. En pareil cas, la moindre chose peut devenir un précieux secours et suffît pour faire pencher l'aiguille du côté du jockey, condition indispensable pour la validité légale d'un pesage. On a dû limiter, néanmoins, cette latitude, parce qu'en face d'un semblable embarras, les espérances déçues arrivent à émettre des prétentions touchant au grotesque. Quelques-uns ont voulu couper les crins de la crinière et de la queue du cheval, et les faire entrer en ligne de compte , il n'y aurait pas de raison alors pour ne pas couper un morceau de l'animal lui-même et le mettre dans la balance.

La règle fixe, qui exige qu'un cheval, 'pour avoir réellement gagné, ait rigoureusement le poid^ réglementaire indiqué au programme , admet deux exceptions seulement : en cas de fraude ou de violence, c'est*à-dire si, par fraude ou par violence, on crlevait une partie du poids d'un cheval ga-

gnaot, avant qu^il ait pu se présenter à la balance. Le fs^it s'est présenté en Angleterre, en 1863, dans le Gatnbridgeshire ; le vainqueur, Gatcb^em-Aline, s'est trouvé ne pas avoir son poids en rentrant au pesage. Il fut reconnu que la balance avait été faussée à Taide de plaques de plomb clouées sous le plateau des poidsi Le prix fut maintenu à Gatch'em-Aline. La môme décision devrait être prise si, après la course, on arrachait par violence à un jockey une partie des objets qui servent à compléter son poids. £n tout autre cas, le cheval, dont le jockey ne. peut après la course représenter son poids réglementaire, est disquaiiâé, et le prix ne lui est pas donné, bien qu'il soit arrivé premier. Cette règle absolue et nécessaire a été parfois même poussée aux dernières limites de son exécution la plus rigoureuse. En Angleterre, un jockey, dont Pétrivière s'était cassée après Parrivée, et dont Tétrier, tombé à terre, avait été volé, n'a pu faire pencher Taiguille de la balance de son côté. Le cheval a été disquaiiâé. Si Pétrier avait pu être rapporté, les juges auraient consenti à le laisser mettre dans la balance ; mais comme il n'a pu être retrouvé, la décision a été main« tenue. C'est une application sévère de la lettre stricte de la loi, et elle touche un peu l'axiome de droit summum jus, summa injuria. On pouvait aisément évaluer le poids de Pétfier restant, celui qui avait disparu ne pouvait être d'un poids différent, et évidemment le jockey avait couru avec deux étriers, il était aisé de s'assurer s'il avait bien réellement porté le poids réglementaire.

L'accomplissement de toutes ces formalités est indispensable pour qu'une course soit réellement gagnée. Aussi, après Tévénement, les perdants se rattachent-ils encore à ce dernier espoir, ils suivent anxieusement le vainqueur, assistent à l'enlèvement de la selle, ne quittent pas le jockey des yeux jusqu'à ce qu'il soit dans la balance, et dévorent du regard l'aiguille jusqu'au moment où, s'inclinant lentement du côté du jockey, elle provoque chez le juge le sacramentel : Cest bien! Alors, mais alors seulement, les partisans du vainqueur peuvent à leur aise pousser de fiénétiques hurrahs, et ses adversaires accepter l'évidence des faits et tirer leur argent de leur bourse.

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