PLOMBS. — POIDS
faits pour un cheval qui ne part pas dans une course sont 60asidérés comme perdus et doivent être payés,
PLOMBS. On désigne ainsi des lames de plomb ayant peu d'épaisseur, et taillées de manière à pouvoir entrer dans les poches d'un tapis, disposé à cet effet ; on place ce tapis sous la selle du cheval de course, afin de compléter ainsi le poids qu'il doit porter, quand le jockey et la selle ne suffisent pas. On peut mettre jusqu'à trois de *ces lames de plomb dans chacune des poches et augmenter ainsi considérablement le poids sous la forme et le volume le moins incommode.
POIDS. Une fois admis le principe hors de discussion et consacré par Fexpérience, que le poids exerce sur le train d'un cheval une influencé dont on peut se rendre compte presque mathématiquement et d'une manière si exacte, que parfois une différence de trois livres peut suffire à intervertir le résultat d'une épreuve entre deux chevaux , il devenait indispensable de fixer le poids réglementaire que devraient porter les chevaux à^k^e différent, pour courir ensemble dans des conditions de parfait^ égalité. Sans cette pondération il eût été impossible d'admettre dans la même course des chevaux de trois, quatre et cinq ans. Les premiers, en raison de leur âge et de l'état de formation moins avancé de- leur constitution, se seraient trouvés dans des conditions d'infériorité qui eussent rendu la lutte impossible. Ces différences s'effacent, ou tout au moins s'amoindrissent, au fur et à mesure que les plus jeunes se rapprochent de leurs atnés. La môïne différence existe toujours entre eux, matériellement parlant; c'est-à-dire qu'un cheval de quatre ans aura toute sa vie une année de plus que celui qui n'est âgé que de trois ans à la même époque. Mais l'inégalité existant entre eux s'amoindrit, pour disparaître presque enttèreanenl, quand le cheval de quatre ans en a cinq, et celui de trois, quatre , parce que le premier, ayant atteint l'entier développement de sa croissance, étant tout à fait formé, reste staticffînaire, pendant que l'autre, au contraire, progresse encore et arrive au même point.
L'excédant de poids imposé à un poulain de quatre ans pour le mettre dans des conditions parfaites d'égalité avec ua de
trois ans, doit donc se modifier au fur et à mesure que l'on avance dans la marche de la saison. L'inégalité, existant entre eux au mois d'avril, n'est plus la même au mois de juin, et s'amoindrit encore à l'automne. Après de nombreuses expériences, ayant autant que possible permis d'apprécier la naesure exacte, il a fallu également tenir compte des distances, dont l'étendue rend plus sensible encore la différence existant entre chevaux d'âge différent. Les chevaux plus âgés y trouvent un avantage plus grand en raison du fond ou de la résistance à Ja fatigue,que donne toujours une constitution entièrement formée et n'ayant plus à subir le travail de la croissance et du développement normal de tout l'organisme. C'est sur ces bases qu'a été établie cette échelle proportionnelle réglée ainsi qu'il suit :
Pendant les mois- d'avril et de mai, pour des distances de 2000 à 2500 mètres, les chevaux de trois ans portent 51 kilos; ceux de quatre ans G2 kilos, cinq ans 65 kilos, six ans et audessus 66 tilos et demi.
Au mois de juin commence une progression légèrement ascendante pour les poulains de trois ans, et décroissante pour les vieux chevaux, parce qu'ils tendent à se rapprocher progressivement. A cette époque donc, les poulains de trois ans pour la même distance portent 52 kilos ; ceux de quatre restent à leur poids de 62 kilos; ceux de cinq, 6(i et demi au lieu de 65; ceux de six ans et au-dessus, 66 au lieu de 66 et demi. La môme progression continue, dans la même proportion, en juillet, et les poids respectifs sont ainsi fixés : 53 'pour les poulains de trois ans; 62 pour ceux de quatre; 64 pour ceux de cinq ; 65 et demi pour ceux de six et au-dessus. En août, 54 pour trois ans,
62 pour quatre; 6k pour cinq; 65 et demi pour six et au-dessus. En septembre, 55 pour trois ans ; 62 pour quaire ans; 63 et demi pour cinq ans ; 64 pour six ans et au-dessus. En octobre et novembre, 55 et demi pour trois ans ; 62 pour quatre ans ;
63 et demi pour cinq ; 64 pour six ans et au-dessus.
On doit remarquer que dans les modifications apportées à la répartition de ces poids, la progression ascendante pèse sur les deux extrêmes, c'est-à-dire le plus jeune et le plus âgé. Les chevaux de quatre ans restent stationnaires, parce que des cinq
catégories ce sont les seuls qui, é'ant absolament formés, sont à cette phase transitoire, où le travail de la nature, ayant atteint son apogée, reste un moment stàtionnaire.. Ce point culminant se produit pour la masse générale des chevaux à cinq ans, mais le cheval de course, en raison de la manière dont il est élevé, de la nourriture et du travail qu'il reçoit, se trouve toujours en avance d'une année sur toutes les autres espèces. Aussi, la différence établie entre les chevaux de qualre et cinq ans est-elle à peu près insignifiante, et diminue à cbaque n:ois pour ce dernier, tandis qu'elle, reste immuable pour ceux de quatre. Au mois de septeoQbre, il n'existe à vrai dire plus aucune inégalité. Les poulains de trois ans au contraire, suivant une progression ascendante beaucoup plus constante et appréciable, Téchelle des poids, qui leur ^Bont imposés, s'accroît dans la môme proportion.
Une gradation égale est observée quand les distances s'augmentent, c'est-à-dire que les deux extrêmes, les jeunes et les vieux chevaux, obtiennent, les premiers un avantage proportionné à Tétenlue de la distance, tandis que les seconds, au contraire, subissent une légère aggravation dans la diffé. renée de poids qui leur est imposée pour établir une juste parité entre eux. Le terme moyen, le cheval de quatre ans, reste, lui, toujours stàtionnaire, parce que la phase intermédiaire de développement quMl traverse en ce moment est assez avancée pour le rendre peu sensible à ce changement des conditions de la course. L'étendue plus considérable des distances est tout à l'avantage des vieux chevaux, et au désavantage des jeunes. Celui de quatre ans au contraire, éloigné de Tun et de l'autre dans une proportion inégale, car il se trouve beaucoup plus près de son adversaire de cinq ans que de celui de trois, participe également des deux, conserve encore la vitesse de la jeunesse, et a déjà acquis la force de ré^stance, apanage de la maturité. Il n'y a donc pLS lieu de modifier sa position.
La répartition des poids entre les mômes chevaux pour des distances de 3000 à 3500 mètres est établie ainsi qu'il suit:
Pour le mois d'avril et le mois de mai, trois ans, 50 kilos et demi ; qualre ans, 62 ; cinq ajos, 66 ; six ans et au-dessus, 67 et demi. Au mois de juin, trois ans, 51 et demi ; quatre ans, 62;
cinq ans, 65 et demi ; six ans et au-dessus, 67. En juillet, trois ans, 52 et demi ; quatre ans, 62 ; cinq ans, 65 ; six ans et audessus, 66 et demi. Au mois d'août, trois ans, 53 et demi ; quatre ans, 62 ; cinq ans, 65 et demi ; six ans et au-dessus, 66. En septembre, trois ans, 54 et demi; quatre ans, 62; cinq ans, 64; six ans et au-dessus, 65. Pour les deux derniers mois de la saison, octobre et novembre, trois ans, 55 ; quatre ans, 62 ; cinq ans, 64 ; six ans et au-dessus, 65.
On trouve la môme gradation dans les modifications qu'impose une épreuve plus longue.
Une proportion semblable et graduée de la môme manière existe également pour la répartition des poids dans la troisième catégorie des distances de course ordinaires ; elle s^établit ainsi qu'il suit de 4000 mètres à 6200, le plus long parcours existant en France.
Pendant les mois d'avril et de mai, trois ans, 49 kilos ; quatre ans, toujours 62 ; cinq ans, 66 et demi; six ans et au-dessus, 68. En juin, trois ans, 50 et demi; quatre ans, 62; cinq ans, 66 ; six ans et au-dessus, 67 et demi. En juillet, trois ans, 51 et demi ; quatre ans, 62 ; cinq ans, 65 et demi ; six ans et au-dessus, 64. En août, trois aas, 52 et demi ; quatre 4ns, 62 ; cinq ans, 65 ; six ans et au-dessus, 66. En septembre, trois ans, 53 et demi ; quatre ans, 62 ; cinq ans, 65 ; six ans et aunlessus, 66. Enfin, en octobre et novembre, trois ans, 54; quatre ans, 62; cinq ans, 65; six ans et au-dessus, 66.
Cette juste pondération, établie entre les chevaux d'âge ditférent dans les courses régulières, disparait dans les courses dites handicaps y pour faire place à un principe contraire; puisque le but de l'une et de l'autre est pour ainsi dire absolument opposé. Dans les courses régulières, on cherche à faire toujours gagner le meilleur cheval, celui dont la qualité intrinsèque est la plus réelle. Il est alors important que tous les concurrents se trouvent dans des conditions de parfaite égalité, et que le mérite d'aucun â'eux ne soit paralysé par des circonstances étrangères au résultat môme que Ton veut obtenir. Il faut que les adversaires soient mis à môme, de déployer leurs qualités respectives dans toute leur étendue. Des expériences répétées ont constaté que ces difFrrences de poids pou-
vaient être justement prises comme Téquivalent de rînégalité existante entre des chevaux d'âge différent, et qu'ainsi équilibrés, on devait les considérer comme parfaitement égaux. C'est cette échelle proportionnelle que Ton est convenu d'appeler poids pour âge. Quand des chevaux d'âge différent courent ensemble dans ces conditions, on dit qu'ils sont à poids égal^ c'est-à-dire que les poids sont répartis entre eux suivant leur âge, de telle façon qu'aucun d'eux n'a sur les autres un avantage résultant d'une autre cause que de leur mérite intrinsèque. Le meilleur doit donc gagner, puisque rien ne peut l'en empêcher si sa qualité est supérieure à celle de ses adversaires.
Dans un handicap (voy* ce mot), au contraire, on poursuit un but diamétralement opposé, puisque Ton cherche, nonseulement à empêcher le meilleur de gagner, mais encore à arriver par une inégale répartition des poids, à ce que le moins bon de tous ait une chance égale, si ce n'est supérieure, au meilleur. Ce résultat abstrait est, dans la pratique, impossible à obtenir, parce qu'il existe entre les chevaux de course des différences de qualité telles qu'aucun excédant de poids ne pourrait suffire à les combler, à moins d'écraser tellement les concurrents de première classe, qu'ils soient dans l'impossibilité absolue de galoper. Dans ces conditions ce ne serait plus une course. C'est cependant dans une certaine limite ce qui se produit pour les handicaps; car, si le handicapeur ne met pas par des Top-Weight (voy. ce mot), ou, si l'on aime mieux, par des poids trop lourds, les concurrents supérieurs hors de la course, l'équilibre de son handicap devient impossible à établir, et jamais il ne donnera aux autres une chance quelconque de gagner. C'est donc une nécessité à peu près inévitable. Néanmoins, comme il faut toujours qu'il fixe un poids quelconque à tous les chevaux engagés, il se trouve entre deux difficultés également ardues à résoudre, celle de passer pour notoirement injuste, ou d'enlever par avance l'intérêt de la course, en ne paralysant pas absolument un ou deux concurrents d'un mérite trop élevé pour le reste du champ. Le point intermédiaire est d'une si extrême finesse à toucher que le plus souvent on passe à côté, en deçà ou au delà. Le handicapeur d'ordinaire s'arrête à ce dernier parti et, contraint de sacrifier quelqu'un, il préfère
mettre un ou deux chevaux supérieurs hors de la course, que de condamner par avance la chance de tous les autres. Si malgré cela, et en dépit de toutes ces précautions, le meilleur cheval gagne, c'est une preuve convaincante ou de sa haute quali'é ou de l'infériorité de ses concurrents.
D'un autre côté, la tâche du handicapeur n*est pas moins épi neuse, en ce qui concerne une catégorie de chevaux toujours très-nombreuse dans ces sortes de courses. Ce sont des animaux tellement dépourvus de tout mérite, qu'aucun avantage de poids ne pourrait les amener à avoir une chance, môme avec des concurrents d'une qualité moyenne ordinaire, à moins toujours de mettre ceux-ci dans l'impossibilité de galoper. Mais cet expédient, praticable à la rigueur pour une ou deux supériorités, dont la présence bouleverserait l'équilibre de la course, ne saurait être appliqué quand il s'agit d'un certain nombre de chevaux qu'il faudrait sacrifier, pour laisser une chance à des animaux qui ne méritent plus le nom de chevaux de course. Au reste, le handicapeur a coutume de prendre avec cette classe de concurrents de grandes libertés, c'est-à-dire de leur donner des poids tellement légers que l'on trouve difficilement même des enfants pour les monter ; c'est la seule manière d'éviter les réclamations et de ne pas compromettre le succès de la course.
Il résulte de cette difficulté à établir une pondération juste et exacte entre des animaux aussi dissemblables, qu'un handicap important est presque invariablement gagné par un cheval d'un mérite secondaire, mais cependant réel dans une certaine mesure, parce que la force dej choses le place toujours dans une position meilleure, en raison de l'exclusion des supériorités par un poids trop lourd, et de l'impossibilité absolue de gagner, où se trouvent les infériorités en dépit d'un avantage de poids presque dérisoire. 11 existe donc une différence radicale •entre les courses régulières ou à poids pour âge, c'est-à-dire à poids égal, et les handicaps. Les premières sont, à de rares exceptions près,toujours gagnées parle meilleur cheval, les secondes, au contraire, par celui que le poids favorise assez pour lui permettre de ne rien perdre de sa qualité réelle, tandis que les adversaires qui lui sont supérieurs, se trouvent paralysées par u»
poids relativement trop élevé, en ce sens qu'il comble la différence absolue^existant entre eux et le vainqueur, dans une mesure suffisante pour intervertir le résultat, qui devrait logiquement se produire entre eux à poids égal. C'est en ce sens que Ton dit, lors de la publication des poids d'un handicap : tel cheval a trop de poids, il n'est pas assez bon pour gagner ; tel autre est très-bien dans la course. Gela veut dire que bien que le premier soit le meilleur, il ne l'est cependant pas assez pour porter l'excédant du poids qui lui est imposé, sur celui échu à son adversaire moins bon, mais qui cependant doit le battre dans ces conditions.
Les courses à poids pour âge, forment dune le principe même et la base de l'organisation du turf. E4es seules peuvent donner la mesure de la qualité des produits de même âge entre eux, et de leur mesure relative avec leurs aines. Les handicaps ne sont qu'une nécessité et un auxiliaire pour alimenter la saison à un moment, où sans cette combinaison artificielle, elle présenterait peu d'intérêt et pourrait difficilement se prolonger, une fois la mesure des chevaux de chaque âge parfaitement établie; le plus grand nombre s'abstiendraient d'affronter une lutte inutile. Avec la fiction des handicaps, beaucoup conservent au contraire une espérance sans cesse renaissante.
Le poids le plus léger qui soit admis aujourd'hui en Angleterre, même dans les handicap?, est de 5 stones, 7 livres, soit 35 kilogrammes. Autrefois on descendait beaucoup plus bas. Le Liverpool Autumn-Cup en 1859 et le Chesler-Cup en 1854, ont été gagnés par des chevaux qui ne portaient que 4 stones, 10 livres (29 kilogrammes 1/2), en 1846 le Godwood-Stake avait été gagné par Jonathan Wild, poulain de trois ans , au poids de *28 kilogrammes. La limite est plus restreinte encore en France oi!i le poids le moins élevé, même dans un handicap, ne peut jamais être inférieur à 40 kilogrammes.
L'emploi de poids aussi légers en deç^ de la limite de 40 kilogrammes était dérisoire , et comportait de graves inconvénients. Il devenait d'abord presque impossible de trouver, môme parmi les plus jeunes enfants, des jockeys d'un semblable volume, en état de mener leurs chevaux à peu près convenablement, et dans les conditions de sûreté nécessaires pour
eux et pour les autres. Le handicap ne présentait plus en outre une exactitude même relative, c'est* à- dire ne donnait plus réraluatioa par Pinégalité des poids , de la différence de qualité des concurrents. Il est aisé de comprendre qu'au-dessous d'une certaine limite, la diminution du poids devient insignifiante. Entre 30 et 40 kilogrammes la différence n'est plus la môme et se trouve insensiblement inférieure à celle qui existe entre ^1 et 51 et à fortiori entre 51 et 61.
Le poids sert également de terme de comparaison pour évaluer la supériorité relative d'un cheval sur un autre ; quand Ton dit, tel cheval est de six livres meilleur que tel autre , on entend par là qu'à poids égal, il le battrait facilement, mais qu'avec une surcharge de six livres, le résultat serait indécis, et tous deux auraient une chance égale. De même quand on dit qu'un cheval a gagné avec quatre, cinq ou six livres dans la main, on entend qu'avec ce poids en plus de celui qu'il portait déjà, il aurait encore gagné. Ce sont évidemment des appréciations très-approximatives, et rarement tout à fait exactes. Il est effectivement à peu près impossible d'évaluer mathématiquement, quand un cheval gagne facilement, combien il faudrait au juste de poids pour rendre sa victoire difficile ou douteuse. C'est au resta dans la justesse de cette appréciation que réside toute Thabileté spéciale d'un handicapeur (voyez ce mot).