PRATT
succès d'ua heureux augure ; il gagna le prix du Jockey-Club avec Contran, qu'il montait, et qu'il avait entraîné. C'était la première fois que les couleurs de M. le baron Nivière recevaient ce baptême indispensable d'un sportsman sérieux. Depuis cette époque, G. Pratt s*est toujours, comme entraîneur, maintenu au niveau que promettaient d*aussi heureux débuts. Gomme jockey, il n'avait depuis longtemps plus rien à gagner. La manière de G. Pratt se rapproche beaucoup de celle d'Henry Jennings, sous lequel il a du reste appris Part difficile de l'entraînement. Les chevaux, tout en étant parfaitement à point le jour où il en a besoin, ne sont jamais surmenés, et accomplissent sans accidents, des saisons très-laborieuses. Il les conserve d'ordinaire sur leurs jambes pendant plusieurs années, particularité assez rare aujourd'hui, môme avec nos meilleurs entraîneurs, et qu'expliquent les exigences, auxquels sont soumis les chevaux de course.
Gomme jockey, G. Pratt a peu de rivaux; il possède surtout, à un degré excessivement remarquable, cette science du train, sans laquelle un jockey, quelles que soient d'ailleurs ses autres qualités, commet bien des fautes que ne peuvent réparer, ni la vigueur, ni l'énergie. Il a trois fois gagné le prix du Jockey- Glub : en 1865, avec Contran ; l'année suivante avec Florentin, à M. Delamarre; en 1870, avec Bigarreau, entraîné par- lui et appartenant à M. le Major Fridolin,
L'année 1870 fut pour G. Pratt l'occasion d'un triomphe bien rare pour un jockey et un entraîneur, môme pris isolément. Après avoir gagné le prix du Jockey-Glub avec Bigarreau, celui de Diane avec Sornette, les deux chevaux se trouvaient simultanément engagés dans le grand prix de Paris. L'opinion indécise flottait entre eux, prôte à se porter par un mouvement unanime, sur celui des deux champions, à qui serait réservé l'auxiliaire de G. Pratt, comme jockey. Des doutes très- fondés existaient à cet égard, bien que la prédilection de G. Pratt, pour la jument, fût bien connue. Quand on fut certain qu'elle ne serait pas privée de son jockey ordinaire, elle devint première favorite. La victoire de Sornette fut un des événements les plus saillants du tiïrf français, et eût eu un bien plus grand retentissepient, sans les graves événements que