TRAVAIL
naturelle ne peut atteindre son apogée sans un travail prépara-^ toire : elle ne saurait même se maintenir, si l'exercice fait dé* faut. L'abus est moins funeste que l'oisiveté. C'est une yérité dont on n'est pas assez convaincu en France; en ce qui concerne les chevaux, quand on ne les prépare pas aux exigences qu'on veut leur imposer, ils prennent d'eux-mêmes une sorte de condition par la force des choses ; mais elle n'est jamais complète, ils ne l'acquièrent d'ailleurs qu'aux dépens de leur qualité môme, et se trouvent tarés, usés, et souvent perdus avant l'âge, tandis qu'une préparation intelligente, une hygiène rationnelle, et un usage prudent, auraient pu les rendre, longtemps encore, aptes à de bons et utiles services.
L'homme de cheval (ou pour être plus exact, celui qui se sert d'un cheval, car un homme de cheval ne commet jamais une pareille faute) qm,au début d'une longue route, fait donner à sa monture le maximum de son train, ressemble à celui qui dépenserait en huit jours l'argent qui doit servir à le nourrir pendant un mois. Un vieux proverbe français, équivalant à l'axiome anglais dont nous avons parlé, dit : qui veut aller loin ménage sa monture. Le fond d'un cheval réside plutôt dans la manière dont on le mène, que dans la qualité de l'animal lui-môme. C'est une vérité dont devraient se convaincre tous les hommes appelés à se servir de chevaux, depuis le jockey jusqu'au cocher de fiacre.
TRAVAIL. Le travail est à la préparation ce que la cause est à l'effet (voyez Préparation), c'est-^-dire que,pour arriver à mettre un cheval dans l'état de préparation indispensable, pour qu'il puisse utilement se présenter sur un hippodrome, une certaine gradation de travail, qui compose la condition la plus essentielle de son entraînement, est nécessaire. Les trois mots, exercice , préparation et travail , sont , en général , employés comme synonymes, bien qu'ils aient chacun leur sens propre et distinct. L'exercice est la première phase du travail, celle ott l'on met le cheval en état de supporter son travail. Le travail constitue la partie la plus importante de l'entraînement," celle où se décide la destinée du cheval de courses. Il est impossible de se rendre compte de son mérite, avant qu'il soit arrivé àuncer*