VENIR. — VENTRE SAINT-GRÏS
Le second jour, le prix des Haras, 2000 fr., fat gagné par Théa, au comte F. de Lagrange ; le prix de la Société d'Anzin, 3000 fr., fut remporté par Dame-d'Honneur, compagne d'écurie de Théa; et enfin le grand Steeple-chase (handicap), 6000 fr. revient au célèbre Franc-Picard,
VENIR. Le mot venir ne s'emploie , du moins dans Tacception que Ton doit lui donner ici, qu'entre gens tout à fait spéciaux. Il désigne le moment où, à U un d'une course, un ou plusieurs chevaux se détachent du groupe pour entamer entre eux la lutte définitive qui doit décider le résultat de la course. On dit alors tel cheval est bien venu, ou venait très-bien, pour dire qu'il quittait facilement le peloton. Un cheval peut donc parfaitement venir, sans pour cela être certain de gagner; cela signifie seulement qu'au moment où il vient, tous les concurrents qu'il laisse derrière lui sont battus, et que la course va se décider entre lui et ceux qui sont devant lui ou à ses côtés.
VENTRE- SAINT- GRIS. Étalon bai, né en 1855 en France, chez M. Moloré de Frenaux, appartenant à M. le comte F. de Lagrange; par Gladiator et Belle-de-Nuit, issue de Young Emilius.
Ventre-Saint-Gris gagna le prix du Jockey-Club en 1858, avec une facilité qui ne peut appartenir qu'à un cheval de premier ordre; il fut à ce moment comparé à Monarque, bien que le prestige de la victoire ait été pour beaucoup dans cette assimilation. Une grande apparence , la longueur de ses lignes la justifiaient jusqu'à un certain point. Yentre-Saint-Gris n'avait jamais couru avant ce premier succès ; il éprouva, depuis, plusieurs échecs , qui ne peuvent en rien entacher sa valeur positive, car ils furent la conséquence de l'impossibilité de le remettre jamais dans la condition où il s'est tort heureusement trouvé le jour du Derby français. Les causes qui l'ont empêché de se retrouver dans sa véritable forme sont trop connues pour qu'on cherche ailleurs les motifs de sa déchéance apparente. Son entraînement présentait des difficultés dont l'habileté de son entraîneur n'a pu triompher qu'une fois seulement, et le jour où il a pu se montrer ce qu'il est réellement, c'est-à-dire, le premier cheval de son année. Il est évident que Tinfirmité (il