BRIDON DE COURSE
de course étant exceptionnels et tout particuliers, il est aisé de comprendre, qu^à beaucoup de points de vue il sort de la loi commune. Son hygiène et son travail étant dirigés vers un but unique, il doit en être de même de presque tous les détails qui le concernent. La vie d'un cheval de course se partage exclusivement entre son entraînement et la course elle même. Ces deux destinations exclusives limitent donc singulièrement les moyens d'action, dont on a besoin vis-à-vis de lui. Eflfectivement, son travail se borne à marcher au pas, et galoper plus ou moins vite, soit en ligne droite, soit sur un hippodrome, c'està-dire un terrain préparé, où il est à peu près certain de ne rencontrer aucune de ces circonstances imprévues, qui forcent à de brusqua temps d'arrêt ou à de subits changements de direction. Il doit, d'ailleurs, pouvoir s'étendre dans la plus grande extension de son allure, avec pleine et entière sécurité. Dès lors, il n'est nul besoin d'employer vis-à-vis de lui ces engins dont la puissance et les effets immédiats, non seulement sont inutiles, mais encore seraient autant d'obstacles aux exigences qu'on lui impose. Un cheval de course (généralement un poulain) ne se sentirait pas en confiance avec un mors d'une certaine sévérité, il a, au contraire, besoin de s'y appuyer avec confiance. C'est donc avec raison que l'on a pris l'habitude de les monter sans autre embouchure qu'un simple filet. Mais c'est à tort, ou pour obéir à une manie, que certains cavaliers en ont induit que ce ménage était applicable à l'usage général du cheval dans la vie ordinaire. Le dressage et le ménage d'un cheval de course constituent une . spécialité, et n'ont rien de commun avec celui des autres chevaux, puisqu'on leur demande exactement le contraire. Un homme de cheval consommé peut parfaite^mcnt se servir d'un cheval entraîné pour la chasse ou pour la promenade ; mais c'est là une exception; la plupart des cavaliers seraient peu à leur aise, si on leur donnait un cheval de course avec un bridon pour se promener ou chasser. C'est donc par un esprit d'imitation, touchant parfois - au ridicule, que l'on voit quelques cavaliers passer sur un poney inoffensif affublé d'un bridon de course. Ils sont simplement mal portés, ou mènent leur monture imparfaitement, et sans sûreté pour eux comme pour les autres, dans le cas où elle
BREDON DE COURSE:.
pré sentirait quelques diCBciiHés. C'est absolu m«nt comme s% sortaient en terni c d^armes, parce qae leur professeur conserve lûDte la journée son plastron^ ses gants et son masque. Le bridon de course est la tenue de combat*
Le bridon de course difftre peu du bridon ordinaire, il est seulement plus mince, et fait, par conséquent, plus d'effet. U présente peu de variétés ; la principale est celle du filet à quatre anneau ï, La différence consiste en ce que le mors, au lieu de s^adapter directement au ï montants et aux rfines, s*y rattache par l'intermédiaire de deui anneaux de chaque côté, Tunàrextrémitéde chaque montant, l'autre à celles du mors lui-môme. Les rênes sont fixées aux anneaux faisant partie du mor:*, qui, ainsi ballûUéjJQue dans la bouche du cbevaL On emploie ce mode de bridon pour les clieTaux qu^nne disposition naturelle, ou rhabilude de s'appuyer s tir le mors, a rendus trop pesants à la main ; il est également excellent pour ceux qui ont Phabitude de chercher à se soustraire k l'action de la main, en levant la tête trop haut*
n j a quelques années, un ^rand nombre d'entratneurs avaient pris Thabitude de remplacer le mors de bridon par une chaîne de gourmette dont les anneaux étaient très*espacés. Ce fut une sorte de fureur, on ne voyait à Chantilly que des chevaux embouchés de celte manière. Puis, celte manîe, s'amoindrissant chaque jour, a disparu presque entiferement aujourd'hui.
Parfois, quand un cheval a la bouche susceptible, oUf ce qui revient au même, trop sensible, on Eubatîtut^ au filet un morceau de bois rond, auquel on donne ie nom de billot. Le billot rond et assez épais atténue, sur les barres du poulain, J 'effet irritant du bridou ordinaire. Mais c'est là une très- rare ex-* ception.
Le bridon est donc l' embouchure presque exclusivement employée avec les chevaux de course. Cependant, quand Tua d'eux devient trop pesant ou tirant trop à la main, on se sert d'une sorte de mors mixte appelé Palaam. Le palaam participe à la fois du bridon et du mors de bride ; il ne diJï^re en rien du crémier, quant à la partie placée dans la touche, et ressemble exactement au second dans Pappareil extérieur, c'est-à-dire les